Heure de vérité :
"Effondrement des bourses en Grèce, en Espagne et au Portugal, le
Portugal rate une émission monétaire, on ne sait pas ce qui est arrivé
à celle de la Grèce, les renflouements ne suffisent plus, la
crédibilité des Etats s’effondre, Athènes est mise sous tutelle.
L’heure de vérité approche.
En réalité, deux choses arrivent en même temps, définissant les
conditions d’une désintégration de la zone euro et de tout le système
financier et monétaire international.
La première est la spéculation effrénée d’établissements financiers
qui attaquent la Grèce, le Portugal et l’Espagne en espérant, comme
Goldman Sachs ou Black Rock, gagner très vite un maximum d’argent. Ils
jouent avec la dette des Etats, avec la richesse des économies et la
vie d’êtres humains, comme s’il s’agissait d’un produit financier parmi
d’autres.
Cependant, l’essentiel n’est pas là. Derrière la danse du scalp des
cupides se trouve la stratégie des milieux financiers de Londres et de
Wall Street, jouant leur va-tout contre les Etats-nations en prenant en
otage les plus faibles. La City se divise, dans les circonstances
actuelles, en deux blocs, différant non pas par l’objectif, qui est
d’imposer à tous l’une des plus terribles austérités sociales de
l’histoire, mais par les moyens. Le premier bloc veut que la zone euro
tienne, au moins quelque temps, pour pressurer à mort la France et
l’Allemagne en les faisant couvrir la dette des pays méditerranéens et
de l’Irlande au profit des banques britanniques prêteuses et de leurs
associées, y compris françaises et allemandes. Le second bloc veut en
finir une fois pour toutes, incitant la Grèce et l’Espagne à quitter la
zone euro et espérant alors régner sur ces ruines contre ce qui reste
de résistances à Paris et à Berlin.
Deux choses doivent être bien comprises. La première est que les
pays visés ne sont pas les seuls à être en faillite virtuelle. Les
Etats-Unis et le Royaume-Uni sont, en termes purement financiers, dans
une situation pire. La différence n’est que dans le rapport de forces
brutes. Aux Etats-Unis, la moitié des Etats sont officiellement
insolvables, les faillites personnelles sont en hausse de 15% et 30%
des Américains sont dans une situation de grande précarité. Les
touristes fortunés disent n’en avoir rien vu, mais ils ne voyaient pas
davantage pendant les années trente. Les banques du Royaume-Uni sont
imbibées d’effets toxiques et leur alliée, la Banco Santander, est
dopée à l’argent de la cocaïne qui a servi à financer l’immobilier
espagnol aujourd’hui en déconfiture.
L’austérité draconienne imposée à la Grèce et à l’Espagne est donc
une escroquerie obscène, un arrêt de mort sans autre raison que la
volonté de puissance de l’oligarchie.
Que fait pendant ce temps Christine Lagarde ? Apparaissant au G7
avec Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor américain, elle déclare
que la baisse de l’euro « est une amélioration » et que le plan mis en place par les autorités helléniques « sera géré ».
Qu’ils mangent de la brioche… Il apparaît bien ainsi que malgré ses
tirades de Davos, Nicolas Sarkozy accompagne la manœuvre de
l’oligarchie anglo-américaine comme un mousse à bord du bateau pirate.
Michel Pébereau est le vrai sous-chef à bord, qui mène l’équipage vers
les récifs de la science fiction financière. A l’opposé, notre campagne
en Bretagne donne à voir avec les yeux du futur." Jacques Cheminade