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Accueil du site > Actualités > Economie > Qu’est-ce que l’économie - Jacques Fradin

Qu’est-ce que l’économie - Jacques Fradin

En quelques épisodes Jacques Fradin défroque le mythe économique comme d'autres ont tué Dieu.

 

Le gigantesque organisme de mise en ordre économique des populations y est disséqué. A nous d'en disperser les fragments et de crever la bête.

 

source lundi.am

 

Tags : Economie Religions Philosophie



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45 réactions à cet article


  • 2 votes
    Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 15 décembre 2015 14:10

    Opposer d’emblée économie et démocratie n’est pas judicieux et témoigne de nombre d’a priori non dits.


    • 1 vote
      Avlula 15 décembre 2015 15:04

      @Jean-Pierre Llabrés
      Je crois que tu n’as pas compris qu’il parle vraiment de démocratie, pas du régime actuel qu’on appelle faussement démocratie.


    • 1 vote
      Guit’z 15 décembre 2015 19:37

      @Jean-Pierre Llabrés

      Bonsoir,

      Opposer économie et démocratie, ce n’est pas manquer de clairvoyance, c’est témoigner du moins d’a priori possible : 1/ l’économie n’est qu’un discours, a contrario de la production (praxis) ; 2/ et le discours de quelques uns (idéologie ; psyché factice). La production étant par nature le fait égal de tous (bien qu’à des niveaux divers), la démocratie est le seul système social requérant la parole de chacun, dans la mesure exacte où elle s’oppose au discours économique - discours de quelques uns, en l’occurrence les professionnels de la spéculation (curetons hier, banquiers aujourd’hui).

      Donc - et comme l’atteste son processus historique -, l’économie profitera toujours plus aux économistes et aux financiers, qu’aux travailleurs et à la conscience...

      Moralité : la démocratie, c’est l’indétermination maximale appliquée à la satisfaction la plus équitable des besoins. C’est la participation maximale de la conscience individuelle à la matière collective - la contribution optimale du bien-être au bonheur.

      La démocratie est la liberté vérifiée par sa propre postulation spirituelle. L’économie, l’esclavage vérifié par sa propre postulation matérialiste.


    • 1 vote
      Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 22:51

      @Guit’z
      "L’économie, l’esclavage vérifié par sa propre postulation matérialiste."

      L’éconocratie ?  smiley


    • 1 vote
      maQiavel maQiavel 16 décembre 2015 19:52

       -Une simple lecture de Smith, voire une simple volonté de compréhension, que la paresse ne permet pas toujours, nous fait désapprouver les pratiques néolibérales.

      Avec des raisonnements si clairs, on pourrait condamner les Apôtres pour l’Inquisition. 


      +1000

      On peut avoir le même raisonnement pour la lecture de Marx et les pratiques dites Marxistes !


    • vote
      maQiavel maQiavel 16 décembre 2015 22:12

      @Bainville

      C’est une très longue discussion et je n’ai malheureusement pas le temps de m’attarder là dessus mais concernant Marx, il existe une confusion récurrente entre ce qu’il dit du processus historique et ce qu’il souhaite. 

      Deux exemples :

      -Lorsqu’il dit que l’histoire de toutes les sociétés est celle de la lutte des classes, il ne souhaite pas la lutte des classes mais il la constate (à tort ou à raison, c’est une autre question). Le communisme pour Marx, c’est le processus d’abolition de toutes les classes. Si les classes sociales n’existent plus, elles ne peuvent pas lutter entre elles. smiley

      -Le fait que l’économie soit le centre de la société est une constatation de l’état capitaliste et non un souhait de Marx qui précise qu’il n’en a pas toujours été ainsi et que cet état de chose s’est installé progressivement. Le communisme est aussi le processus qui doit mettre fin à cet état. 

      On peut trouver de nombreux exemples de cette sorte ou ce que Marx dit de nos sociétés est amalgamé à ce qu’il en souhaite... 


    • vote
      maQiavel maQiavel 17 décembre 2015 00:09

      @Bainville

      Je vais tenter de répondre le plus brièvement possible à ceci : "Ce que je ne comprends pas chez lui, c’est cette critique de l’accumulation du capital ou du capitalisme".

      Vous posez le doigt là où il faut et s’il n’y avait qu’une seule question qui devrait être posé sur Marx ce serait la suivante :qu’entendait il par capitalisme ?

      C’est de la réponse à cette question que s’articule toutes ses thèses, cette question est à ce point fondamentale pour le comprendre. Malheureusement, il n’existe pas de réponses simple à cette question, dans son ouvrage "le capital ",il décrit dans plusieurs tomes pas facile à lire et à comprendre le processus capitaliste. 

      Si je devais toutefois tenter une explication brève et insuffisante, je dirai ceci : le capitalisme n’est pas un système économique mais un système social qui place au centre du processus historique l’accumulation de valeur d’échange. Ainsi, la production économique n’a pas pour objectif de satisfaire des besoins mais de se reproduire à l’infini de façon tautologique (car elle se reproduit elle même) autotelique (car elle n’a pas d’autres but qu’elle même ). L’economie, la politique, la culture, la nature, l’homme lui-même, ne deviennent que des objets de ce processus de reproduction quantitative de valeur marchande. 

      Ce que Marx appelle capitalisme et qu’il décortique dans ses analyses, c’est ce phénomène !


    • vote
      maQiavel maQiavel 17 décembre 2015 00:19

      @Bainville

      -Chez Marx la fin des classes me semble être de la pure imagination. 

      Je comprends ce que vous voulez dire, on peut dire la même chose de la main invisible d’Adam Smith. Ceci étant, l’homme a vécu bien plus longtemps dans des communautés sans classes sociales que dans les sociétés de classe, c’est en gros ce que nous appelons aujourd’hui la préhistoire qui comprend 90 % du temps de l’existence humaine... les sociétés de classe sont des nouveautés d’ à peine plus de 10000 ans... smiley


    • 1 vote
      Avlula 15 décembre 2015 15:15

      Quelle découverte ! Je n’ai vu qu’une demi-heure (c’est monstrueusement long, pourquoi est-ce que c’est resté aussi confidentiel tout ce temps ?). Je découvre lundi.am du même coup, site très mystérieux (pages vides... complètement inadapté à un PC... Pas de page "qui sommes-nous" ou de menu pour avoir une idée de tout ce qu’il contient...). Un whois nous apprend ceci :
       
      Administrative contact :
      Mathieu Burnel
      Lundi Matin
      78 rue de Constantine
      Rouen, 76000
      FR
      lundi.am@registr.am
      33.644049637

       
      Et vu la qualité de ce qui y est proposé, je vais certainement m’y intéresser et abonner !
      Cette série parle le même langage que moi, "dissident" lambda, ayant compris que la religion dominante et écrasante est l’économie, que c’est elle qui nous maintient au travail forcé, nous met à la rue, etc... Pour l’instant (30min j’ai dit), je n’ai pas entendu de dissonance, comme j’ai dit au monsieur plus haut quand on parle de démocratie, il va de soi qu’on ne parle pas de notre régime actuel... Bref ça commence très bien, je vais regarder ça avec curiosité et attention, et avec le moins d’a priori possible puisque je ne connais pas Jacques Fradin.


      • vote
        concombres 15 décembre 2015 22:31

        @Avlula
        Heureux de faire connaitre le site lundi matin - super site. Pas trop "d’actualités" donc encore pas mal de trucs à lire dans la bonne trentaine de lundis matins déjà parus si t’en as la curiosité smiley


      • vote
        Avlula 16 décembre 2015 01:54

        @concombres
        Ma curiosité est infinie, mais pas le temps dont je dispose ! smiley Je recevrai les prochains, et j’irai sûrement voir quelques séries (mais faut les trouver ! ou tout parcourir page par page...).


      • 1 vote
        Guit’z 15 décembre 2015 21:19

        @Bainville

        Mais, rendre à César, n’est-ce pas l’envoyer se faire foutre - lui, sa monnaie de singe (idolâtre car à l’effigie du Prince) et les impôts qui vont avec ?

        Un vieux Rabbin a dit un jour : "Trois choses meuvent ce monde : Volupté, Prostitution, Taxes." Je trouve excellemment résumé par cette phrase, l’ordre temporel sanguinaire - mensonger et spoliateur - de bout en bout. Le plan social sans amour parce que sans Dieu. Comme le sanglier est un super cochon, l’assassin est un super jouisseur.

        Jésus est un anarchiste absolu. Son respect de la loi ? Celui d’un rabbin enterrant pieusement les morts... M’étonnerait pas qu’il se fût converti - pour peu qu’il eût survécu aux intrigues des légistes et autres marchands du Temple...

        Sortir de l’économie n’est pas cesser de faire ce qu’il faut ; juste arrêter de se prendre au sérieux. Si au sérieux qu’on finisse par ne plus penser qu’à la rigolade, jusqu’à se décerner le droit de tuer.

         :->


      • 1 vote
        Guit’z 16 décembre 2015 00:01

        @Bainville

        C’est vrai que Jésus ne craint pas de parler d’argent. Maintes paraboles font référence aux biens matériels, à la nécessité de faire fructifier les talents reçus, lesquels s’inscrivent dans la quotidienneté, et ses inévitables occurrences matérielles. Jésus n’est pas un puritain, et comme il préfère le bon vin au mauvais, il parle volontiers de pognon (même si quelques minutes par semaine semblent lui avoir suffi sur le sujet).

        Mais Jésus, s’il n’hésite pas à multiplier les miracles, refuse catégoriquement de faire de l’or à partir de rien... Il s’énerve même si on le presse en ce sens. Lorsque Pierre se plaint à lui de ne pouvoir acquitter le droit d’entrée dans Jérusalem, et que Jésus lui promet que s’il mouille ses filets à tel endroit il en remontera un poisson avec une pièce d’or dans la bouche, ce n’est pas un démiurge tout-puissant qui parle mais la divine prescience d’un messie qui se découvre lui-même à mesure... Peu de miracles, donc (la magie n’est jamais la vérité...) ; et jamais, jamais, jamais de fausse monnaie ; jamais de chrématistique, d’argent pour l’argent. Sur ce point, la péripétie du carême au désert est lumineuse. Jésus, en déclinant l’offre du Tentateur, témoigne d’un parfait mépris, d’une aversion souveraine envers ce que j’appelle le "plan social" - le monde pour le monde, le monde contre l’Esprit.

        C’est pourquoi j’écrivais sans rire que rendre séparément à César et à Dieu, c’est à mon avis beaucoup plus que distinguer le temporel du spirituel : demi-tartuferie qui convient aussi bien à ces Catholiques du dimanche, banquiers la semaine... le tout sans aucun problème de conscience (je connais bien ce milieu-là). Rendre séparément à Dieu, c’est prendre César pour un mal inévitable, en tâchant de se défaire des chaines qu’il fait peser sur nous (et, pour revenir à la vidéo, notamment grâce au monopole discrétionnaire qu’il exerce sur le cours de l’or, dont la volatilité contrôlée par ses soins jaloux exerce une fascination sociale proportionnelle : abondant au fond des rivières, l’or n’intéresse personne). L’État n’est qu’une ordure, et à sa raie publique il faut pisser gaiment : voilà ce que me dit le Christ.

        Jésus, rabbin pieux fidèle aux prophètes, sait la tragédie du monde, l’épouvante qu’est la société enchainée à la nécessité - et, à force, au Veau d’or, à Baal... Et il se défie de cette apparente fatalité, en invoquant le destin de l’âme, qui est en Dieu. Les biens de ce monde ne valent que ce que le jour en demande. C’est pourquoi, à supposer que le monde devînt juste, notamment par le glaive (c’est tout le propos de Judas, boursier des Douze et indépendantiste de son état), la justice même ne serait pas la Charité - laquelle se passe bien de la sécurité sociale anonyme de l’État et ne peut exister que d’âme à âme, par le truchement de la grâce.

        Kierkegaard dit que le christianisme est la croix de la pensée... S’il veut dire que "l’espérance est le désespoir surmonté", que la vraie joie est en quelque sorte inhumaine autant qu’antisociale, je suis de cet avis. En un sens, le christianisme est une crucifixion quotidienne ou bien une résurrection dominicale ; l’individualisme intransigeant de l’âme ou bien la plus mollassonne des coteries. On chercherait en vain une quelconque doctrine sociale dans l’Évangile ; celle de l’Église et des Démocrates-Chrétiens n’est donc qu’aimable foutaise, contorsion de castrats et trafic d’Indulgences.


      • vote
        Guit’z 16 décembre 2015 00:24

        ERRATA :
        Mais Jésus, S’IL HÉSITE A MULTIPLIER les miracles, refuse catégoriquement de faire de l’or à partir de rien...


      • vote
        Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 19:25

        En remplaçant "économie" par "économisme" dans les propos de ce monsieur, tout devient plus facilement compréhensible. L’économie est une notion qui ne concerne pas seulement les humains, il y a par exemple une économie de la nature que l’on constate au simple fait que le cheval n’a pas 5 pattes car 4 pattes sont bien suffisantes alors qu’une cinquième serait encombrante (et laide, car il y a aussi une économie de l’esthétique). Mais attention, je ne dis pas que toute la nature est réglée par son économie, sinon, je ferais de l’économisme. Il est possible que certaines parties (ou certains moments) de l’univers manifestent une sorte de surabondance, de gratuité, bref de grâce. 


        • vote
          Guit’z 15 décembre 2015 19:53

          @Qaspard Delanuit

          Euh, cher Qaspard, il y a loin, ce me semble, de la biologie, fonctionnelle, à l’économie, discursive... La biologie est la "parole" muette (car esthétique... comme son Créateur) de la Nature ; tandis que l’économie est le discours, la prothèse, la cinquième patte artificielle de la Société par ses maitres amputée de ses ailes (il me semble que la finalité de l’économie est bel et bien la destruction de l’âme - ou son ombre - en nous ; l’extermination "rationnelle" de la transcendance par le bavardage consumériste).

          L’économisme est une réalité, ça je le sais bien : c’est un discours infini parce que sensé (pour quelques uns), plaqué sur un discours fini, comme tout discours sensé... De sorte que l’économisme est pour ainsi dire un autisme devenu fanatique ; tâchant sans espoir - puisque sans conscience partageable - de s’arrimer au monde...


        • vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 20:03

          @Guit’z
          "il y a loin, ce me semble, de la biologie, fonctionnelle, à l’économie, discursive"

          Certes, c’est pourquoi j’appellerais plutôt l’économie discursive "économisme". C’est justement une perversité de l’économisme... de se présenter comme "économie". 


        • 2 votes
          Guit’z 15 décembre 2015 20:10

          @Qaspard Delanuit
          Je voulais dire que l’économie nous éloigne autant de la nature... que de la production. Que l’économie n’a rien à voir avec la satisfaction des besoins - et tout avec la création, par les faux monnayeurs... de fausse monnaie !

          C’est le terme d’économie qui doit être répudié du social - après vigoureux châtiment conceptuel ! - Aristote lui-même, examinant l’activité productive de la Cité, qualifiait celle-ci de chrématistique (tentation de l’or pour l’or) : une approche naturaliste en somme, que reprendront les Pères de l’Eglise - et que les technocrates tarés inventeurs de l’économie/isme s’évertueront à évacuer du discours social. 


        • vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 20:38

          @Guit’z
          "C’est le terme d’économie qui doit être répudié du social"

           

          Moi je veux bien mais, dans ce cas, comment allons nous nommer l’art de bien gérer une ressource pour en tirer les meilleurs avantages pour le bien commun ? Lorsqu’une ville décide de créer une chaudière collective pour chauffer tous les bâtiments collectifs avec les résidus d’une forêt proche ou les ordures ménagères combustibles, ce n’est pas de l’économie ? Même un homme seul sur une île déserte fait des calculs économiques pour sa survie, il est économe (et non économiste) sinon il meurt rapidement. 


        • 1 vote
          Guit’z 15 décembre 2015 21:06

          @Qaspard Delanuit

          Alors mettons que je me sois mal exprimé (ça arrive, à l’heure de l’apéro :)

          Gardons si vous y tenez l’économie comme signifiant, signifié, tout ce qu’il vous plaira et dont, certes, nous avons besoin. Mais chassons-le comme Sens.

          D’ailleurs l’économie, c’est le calcul des besoins, comme vous le rappelez ; pas la mise en équation du désir ; laquelle est pourtant son orientation historique depuis le premier jour, comme le rappelle l’intervenant dans les autres volets de la vidéo ci-dessus.

          L’économe du monastère est vieux comme le monde. Mais l’économie n’est qu’une invention (comme l’a magistralement montré Serge Latouche dans son pavé sur la genèse du concept) ; un greffon conceptuel pervers, devenu pathologie universelle.

          Et toc !

           smiley


        • vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 21:14

          @Guit’z

          Dans les années 1980 en France la religion économique s’est imposée malheureusement non seulement comme Sens mais comme esthétique et même comme morale, c’était une grande laideur, une vraie pitié ! L’époque glorieuse de la montée de Bernard Tapie, du socialisme qui réussissait en bourse, etc. La France suivait le mouvement mondial imposé par les leaders idéologiques américains et anglais. Et en réaction à ce faux optimisme vérolé, il y avait le mouvement punk désespéré et cynique. 


        • 1 vote
          Guit’z 15 décembre 2015 21:22

          @Qaspard Delanuit

          Qaspard, j’ai souvent partagé vos vues (ce dont mon profil vous convaincra).

          Et là c’est vous qui voyez que nous sommes d’accord...

           smiley


        • 1 vote
          concombres 15 décembre 2015 22:35

          @Qaspard Delanuit
          Le type parle bien de l’économie, de la production de savoirs et de pratiques économiques. Il ne cherche pas à dévoiler des abus ou des dégénérescences de l’économie. Il cherche bien à détruire l’économie, un mode de gouvernement, un agencement des pouvoirs qui est économique.

          Je comprend pas bien le sens de la nuance que vous introduisez. Est-ce que vous voulez signifier que l’économie existe en soit ? Et qu’il ne tient qu’à nous de ne pas en faire une religion ou une idéologie ? C’est une erreur cosmique une aberration épistémologique bien répandue.

          Ton exemple de cheval à 5 pattes m’a bien fait marrer, c’est vraiment de la pataphysique et c’est exactement une intention économiste (pas au sens ou tu l’entendais je crois) - ramener des faits des observations ( en l’occurrence même du virtuel, le cheval n’a pas 5 pattes) à du savoir économique. C’est un espèce d’arraisonnement au sens philosophique

          Pourquoi les arbres sont fait de bois ? Parce-que s’ils étaient en pierre le ciseau à bois serait pas commode. Vous voyez le ciseau à bois précède l’homme - un truc de ce gout là.

          Si oikos veut dire le foyer, Nomos l’administration, la gestion. Economie c’est en fait en substance la comptabilité. Noter entrées et sorties de matières. Il s’agit là d’un acte et d’une production de savoir (qui est aussi un acte, au passage). Le 4 pattes du cheval sont dans ta tête tout comme l’est le cheval à 5 pattes.

          Plus globalement l’économie c’est le savoir technique des agencements entre agents économiques.

          Et un agencement économique est un agencement politique !

          Je crois que ce que tu entendais par économisme c’est l’idéologie économique. Mais toute économie est politique. La politique pour moi c’est comment est-ce qu’on s’agence ?

          qu’est-ce qu’il y a entre nous ? La réponse de notre civilisation qui n’est pas nécessairement celle de ta famille ou de ta communauté religieuse ? est : de l’économie.


        • vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 22:42

          @concombres

          C’est un débat de mots. Alors soyons simple. Si vous appelez économie "le savoir technique des agencements entre agents économiques", comment appelez-vous le fait qu’une communauté ou même un homme seul dans le désert économise ses ressources ? Il va nous manquer un mot pour décrire quelque chose, non ?


        • vote
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 22:48

          Et plus généralement comment nommer l’économie qui ne relève pas de l’échange entre les hommes mais seulement de leur rapport à la nature ? 


        • 1 vote
          lupus lupus 15 décembre 2015 19:29

          excellent le capitalisme est une religion :

          Divinités : L’argent, le profit, la propriété, le marché des marchandises et des valeurs boursières
          Mythes : La régulation de l’offre et de la demande par le marché (la fameuse "main invisible" d’Adam Smith), le self-made man, la libre entreprise, le libéralisme
          Symbole, totem : Dollar, les logos des grandes entreprises capitalistes
          Les oracles : Les analystes boursiers, les indicateurs économiques
          les élus parmi les élus : Les PDG du Dow Jones ou du CAC 40, les banquiers
           Le règne de Dieu  : La mondialisation, le libre échange, être le leader dans son domaine d’activité
          Rites : La présentation des résultats aux analystes financiers. Les plans de restructuration
          Les martyrs :Les licenciés sur l’autel du profit, les petits porteurs ruinés.
          Les boucs émissaires :Les concurrents, les impôts, les syndicats, l’état (sauf quand tout va mal)
          Cérémonies initiatiques : Harvard, HEC, Ecoles de Commerce.


          • 1 vote
            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 20:05

            @lupus
            Et son temple : la Bourse. 


          • vote
            ZardoZ ZardoZ 15 décembre 2015 22:01

            Et au milieu coule une rivière à truites Fario @Ted lupus.


          • vote
            Avlula 15 décembre 2015 22:09

            @lupus
            Il descend aux étages en-dessous, ce n’est pas le capitalisme qui est critiqué mais l’économie, soit (j’ai regardé les 3 premiers épisodes) le simple fait d’évaluer toute chose et de tenir des comptes écrits. C’est vraiment le sujet attrapé à la racine (un peu comme ce qu’on a vu sur les sujets concernant le don, par exemple Le nécessaire intérêt pour l’anthropologie du don).


          • vote
            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 22:35

            @Avlula
            "le simple fait d’évaluer toute chose et de tenir des comptes écrits."


            "L’économisme" donc, pas l’économie (qui consiste elle à garder des graines à replanter pour l’année suivante)


          • 2 votes
            concombres 15 décembre 2015 23:06

            @Qaspard Delanuit

            Garder des graines pour l’année prochaine n’est pas un savoir. L’économie est un savoir.

            Maintenant tu pourrais défendre que pour garder des graines il faut évaluer tenir des comptes auquel cas tu fais de l’économisme, selon tes dires. Il n’y a rien qui semble signifier quoique ce soit dans cette distinction économisme/économie.

            Moi je crois que garder des graines pour l’année prochaine c’est juste du bon sens qui bien longtemps a ignoré la raison économique et que maintenant toi tu as décidé de ramener ce bon sens à de l’économie.

            Si tu ne tiens qu’à cette raison là qui ignore la raison économique, et que tu veux vraiment l’appeler comme ça alors je te le laisse ton mot économie. Mais il faudrait pas que ca obscurcisse la cible à abattre voilà tout !

            "C’est un débat de mot. (...) Il va nous manquer un mot"

            Comment les gens s’oragnisent entre eux, avec le monde, avec les choses qui les entourent ? J’appelle ça de la politique.

            Quelqu’un qui économise ses ressources comme tu dis ca s’appelle de la clairvoyance. Et c’est marrant parce-qu’il explique très bien que l’économie c’est que de la prévisions. Comment les agents vont ou doivent s’agencer économiquement.


          • vote
            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 23:27

            @concombres
            "Garder des graines pour l’année prochaine n’est pas un savoir." 

               smiley L’agriculture n’est pas un savoir ? Ne faut-il pas savoir combien on peut en manger et combien il faut en garder en tenant compte du fait que toutes ne pousseront pas sur tel ou tel sol sous tel ou tel climat, avec plus ou moins d’eau, plus ou moins d’engrais ? Simple bon sens paysan, mais on n’est pas paysan de bon sens sans connaissance de la nature. 

             

            "Il n’y a rien qui semble signifier quoique ce soit dans cette distinction économisme/économie."


            J’appellerais plutôt "économie" le domaine des échanges nécessaires que l’homme entretient avec la nature, tandis que l’économisme concernerait l’administration des échanges économique entre les hommes - et bien sûr aussi la plupart des théories et des idéologies qui en découlent. Et je dirai qu’il ne faut pas justifier l’économisme (politique) par l’économie (naturelle), et que l’imposture et l’auto-justification autoritaire de notre organisation sociale reposent sur cette constante confusion.


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            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 23:32

            @concombres
            "Quelqu’un qui économise ses ressources comme tu dis ca s’appelle de la clairvoyance. comme tu dis ca s’appelle de la clairvoyance."

             

            Quelqu’un qui économise ses ressources, ça s’appelle de l’économie. Sinon on ne dirait pas qu’il économise. L’économie sémantique est aussi utile : dire les choses évidente avec simplicité. Quand il faut torturer le langage pour nier l’évidence, c’est qu’il y a un problème dans la théorie. 


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            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 23:39

            Dans une cité harmonieuse (rêvons un peu) nous n’aurions pas besoin d’économisme si d’économistes, mais nous aurions toujours besoin d’un sens de l’économie et donc d’économes. 


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            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 décembre 2015 23:40

            nous n’aurions pas besoin d’économisme NI d’économistes


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            Avlula 16 décembre 2015 02:10

            @Qaspard Delanuit
            J’ai déjà lu Lordon (il n’est pas le seul) parler d’économicisme, on n’en finit pas de faire des niveaux en -isme pour expliquer que le mal actuel n’est qu’une dérive extrémiste d’un socle neutre à garder ^^ Pourquoi pas économicisisme, voire économicizizisme ?

            C’est de toute façon une déconstruction radicale qui est faite, je ne sais pas où il va en venir mais ça remet probablement en cause, comme les exposés de Francis Cousin, comme l’article sur l’anthropologie du donc, carrément l’écriture et la sédentarité. On est dans l’utopie ou l’exception marginale, la libération que ça apporte est surtout intellectuelle (on dirait même spirituelle).


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            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 16 décembre 2015 03:41

            @Avlula
            Je comprends, mais il est parfois dommage de se couper de toute une partie du public seulement à cause d’un mot. Pour une très grande partie de la population, réduire l’économie à sa dimension de relation entre dominants et dominés sera interprété comme une déni de notre nature, un idéalisme planant. Car le premier rôle de l’économie est de répondre à nos besoins biologiques (manger, se protéger du froid, des maladies, etc.) Le propos de l’intervenant est très intéressant dans l’aspect déconstructiviste mais cet usage du terme "économie" pour désigner en fait l’économisme et ses divers avatars est source de confusion. 


          • 1 vote
            Guit’z 15 décembre 2015 21:08

            @ tous :

            Beaucoup de commentaires intéressants sur ce fil : du AV comme je l’aime !
             smiley
             


            • vote
              Avlula 15 décembre 2015 21:39

              @Guit’z
              Tu as quelque chose à voir avec cette vidéo ? Je trouve qu’elle est tellement de bonne qualité, presque professionnelle, je ne comprends pas que ça fasse même pas 2000 vues ! Un tel travail qui reste si confidentiel ? Bien sûr qu’elle a sa place sur AV, et dans tous les relais de vidéos habituels d’ouverture d’esprit.


            • vote
              Guit’z 16 décembre 2015 00:03

              @Avlula

              Ah non, rien à voir avec cette vidéo. Mais comme je l’ai trouvée intéressante et inspirante aussi, une fois n’est pas coutume je me suis fendu de quelques commentaires.

               smiley

            

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