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par Renaud SCHIRA vendredi 25 novembre 2011 - | 16 réactions
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Tuez-les tous !

Tuez-les tous ! Rwanda : Histoire d'un génocide « sans importance », est un documentaire français réalisé par Raphaël Glucksmann, David Hazan et Pierre Mezerette, diffusé le 27 novembre 2004.
 
Il y a 15 ans, entre avril et juillet 1994, un génocide a endeuillé le Rwanda : le génocide des Tutsi. Ce petit pays d’Afrique centrale a vu massacrés en 100 jours, entre 800 000 et 1 million de personnes sous le prétexte d’être Tutsi ou pour s’être opposé à cette extermination.

Ce dernier génocide du XXè siècle reconnu par l’ONU, a été planifié et a pu être mis en œuvre grâce au silence des grandes puissances et au soutien apporté par les autorités françaises aux génocidaires.

Cette allégation, difficile à croire et à concevoir pour les citoyens français, repose pourtant sur de nombreux faits mis au jour par diverses enquêtes.

Vous en retrouverez une partie dans ce documentaire.

Synopsis

D’avril à juillet 1994, un million de Tutsis sont massacrés au Rwanda par leurs compatriotes Hutus. Les causes de ce génocide prennent leur source dans la colonisation qui stigmatise une opposition entre deux castes sur de pseudo-scientifiques bases raciales. Le colonisateur s’appuiera sur la classe Tutsi puis par la suite sur celle des Hutus, majoritaires.

Sur le plan international, le Rwanda se situe à la limite de la zone d’influence française, placé entre le Zaïre et l’Ouganda qui est anglophone. Ce dernier soutient le Front patriotique rwandais (FPR), mouvement Tutsi qui cherche à renverser la dictature de Juvénal Habyarimana.

C’est à l’aube d’une grave crise économique que le pouvoir en place, incapable de faire face et menacé par le FPR, entame une campagne hostile à l’égard de la minorité Tutsi. Son ampleur le dépasse et l’assassinat du président Habyarimana déclenche le génocide.

L’ONU qui vient de traverser de graves difficultés en Somalie, se retire du Rwanda sans s’interposer entre les parties. La France a un rôle assez obscur dans ces évènements. Elle soutient Habyarimana jusqu’à son assassinat et reconnaîtra le gouvernement provisoire férocement génocidaire qui le suivra. L’envoi successif des troupes avant et pendant le génocide, qu’il s’agisse de rapatrier ses ressortissants (opération Amaryllis) ou mettre fin aux massacres (opération Turquoise), comporte un objet double et caché qui est celui de contrecarrer l’avancée du FPR au Rwanda. Le soutien français latent à une armée rwandaise qui, tout en combattant le FPR, planifie le génocide entretient l’ambivalence.

Commentaire

Le documentaire reconstitue l’enchaînement des évènements, leur cause et leur imbrication. Le dernier pan du film est entièrement dédié à l’intervention française. À cet égard, il ne se cache pas d’un parti-pris qui est celui de dénoncer une implication dans le conflit opposant le président puis le gouvernement provisoire au FPR. D’après le film, cette participation ignore délibérément le travers génocidaire de la politique du pouvoir en place pourtant notoire, ce qui accuse gravement la France. Cette position est étayée par divers témoignages (rescapés, journalistes, criminels ...). Cependant, des hommes politiques alors aux commandes, seul Hubert Védrine a accepté d’évoquer la position française — on notera au passage son regret d’avoir reconnu précipitamment le gouvernement provisoire rwandais — mais il élude les missions parallèles aux deux opérations, Amaryllis et Turquoise. À défaut, le documentaire intègre les auditions de la mission parlementaire sur le génocide rwandais. Édouard Balladur (alors premier ministre), Alain Juppé (ministre des affaires étrangères) et François Léotard (ministre de la défense) parlent d’une même voix pour défendre l’intervention française de toute implication dans le génocide. Il comporte des intervenant-clefs tels Boutros Boutros-Ghali, le commandant de la MINUAR, Paul Kagame, Patrick de Saint-Exupéry, le Général Quesnot, Hubert Védrine .... Il réunit diverses pièces tels les extraits sonores de la tristement célèbre radio des mille collines, notes de service, faxs ...

Fiche technique

Agir pour la vérité

Depuis les débuts, les objectifs de l’association Survie ont évolués autour de quelques points fondamentaux dont :

- La lutte contre l’impunité et la banalisation du génocide

Survie milite notamment pour que toute la vérité soit faite sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.

http://survie.org/?lang=fr

Tags : Afrique Histoire International Guerre

Réactions à la vidéo Faire un don
  • 5 votes
    par Catherine Segurane (xxx.xxx.xxx.233) 25 novembre 2011 13:29
    Catherine Segurane

    La France n’a apporté aucune aide à un quelconque génocide.

    Elle a été la seule à secourir les populations rwandaises dans des conditions dramatiques (opération Turquoise).

    L’actuel président Kagamé n’est pas blanc/bleu.

    Il est très fort pour donner des leçons à la France, mais son rôle dans l’assassinat du président Habyarimana, assassinat qui a déclenché le génocide, n’est pas éclairci.

  • 4 votes
    par Lou8 (xxx.xxx.xxx.46) 25 novembre 2011 13:31
    Lou8

    Paul Kagamé le criminel de guerre et ami des States a tué des centaines de milliers d’ Hutus et des congolais tout en faisant passer une loi de type Gayssot sur le génocide Rwandais en doublant le nombre de Tutstis tués ... Tiens ça nous rappelle un autre révisionisme historique ...
    Petit rappel son copain Oblabla le protège de toutes poursuites bien sur ...

    http://www.mediafreedominternational.org/2011/11/07/obama-requests-immunity-for-kagame-re-rwanda-genocide-and-congo-wars/
    Après avoir chassé le clergé catholique accusé de soutien au génocide, Paul Kagamé a installé 2 000 missionnaires évangéliques formés par le pasteur Rick Warren, et proclamé le Rwanda « nation conduite par Dieu ». — Barack Obama a choisi le pasteur Warren pour présider la partie religieuse de sa cérémonie d’investiture.
    http://www.voltairenet.org/Paul-Kagame-Our-Kind-of-Guy

  • 4 votes
    par cassia (xxx.xxx.xxx.104) 25 novembre 2011 13:55
    cassia

    La nécessité d’arrêter le génocide des Tutsis n’a jamais été dans les priorités de l’état français. Sa responsabilité dans ce massacre est largement démontrée dans cet excellent documentaire !
    Une telle barbarie reste et restera néanmoins incompréhensible !

  • 5 votes
    par Lou8 (xxx.xxx.xxx.46) 25 novembre 2011 14:35
    Lou8

    Ce documentaire pro US et anti français nous rappelle que quand les puissances coloniales ( US et la France ) se battent pour conserver leur sphère d’ influence c’ est le peuple Hutus ou Tutsti qui meure, mais ce docu passe sous silence les atrocités commises par le FPR de Kagamé au Zaïre et nous annonce un million de Tutstis tués un chiffre contesté puisqu’ en fait la population du Rwanda était composée à 91 % de Hutus, à 8,4 % de tutsis, à 0,4 % de twa et à 0,1 % de représentants d’autres groupes ethniques. De sorte que sur un total de 7 099 844 habitants en 1991, la minorité tutsie ne représentait au Rwanda que 596 387 personnes, pour une population hutue de 6 467 958 habitants ...
     Il semblerait que sur 800 000 à un million de victimes supposées du génocide, plus de la moitié étaient hutus ». Et il semble même extrêmement probable que ce soit largement plus de la moitié des personnes massacrées au Rwanda entre avril et juillet 1994, qui étaient en réalité des hutus . Et bien évidemment, après la prise de pouvoir du FPR, en juillet 1994, les massacres de hutus à l’intérieur même du Rwanda comme en RDC continuèrent de plus belle pour une décennie et demi de plus.

    • 2 votes
      par Catherine Segurane (xxx.xxx.xxx.61) 26 novembre 2011 06:50
      Catherine Segurane

      Quand une victime des massacres est hutue, la propagande la qualifie de "hutu modéré", sous-ententu hutu pro-tutsi, et finit par en faire une sorte d’assimilé-tutsi. N’empêche que c’est bien un hutu qui a été tué. Il faudrait éclaircir dans quelle mesure un "génocide" en cache un autre, de sens inverse.


      En réalité, les tutsi, minorité à l’origine privilégiée, étaient soutenus par tout l’appareil de propagande anglo-saxon, ce qui permet de raconter beaucoup de mensonges.

    • vote
      par phil303 (xxx.xxx.xxx.145) 26 novembre 2011 18:17
      phil303

      Nous avons la même analyse, ça me rassure de voir que je ne suis pas le seul à avoir compris comme cela la tragédie rwandaise qui n’est pas terminée d’ailleurs. Il existe une chape de plomb actuellement ou la vérité est bafouée, les familles hutus génocidaires sont détruites et spoliées. Nombre d’hommes sont emprisonnés et deviennent un "poids" pour la famille car il sont improductif et doivent être nourris par leur famille.

      En avril 1994 Kagamé n’a non seulement pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour stopper le génocide, mais en plus, il a profité de la confusion générale pour y participer, ce qui explique le nombre de Hutus assassinés avec les tutsis. En effet, ce ne fut pas seulement des "Hutus modérés" tués par les Hutus extrémistes, il ya eu également des Hutus massacrés par le FPR. Ce pan d’histoire a été occulté par les merdias de l’époque, le seul témoignage existant sur le net est celui du couple belge Gérin à voir absolument :

      http://www.rwasta.net/view/article/...

      Il faut aussi savoir que le FPR bien avant 1994 terrorisait les Hutus qui habitaient à proximité de la frontière ougandaise, ils faisaient des incursions la nuit et assassinaient des familles Hutus. Ces massacres ont contribué à alimenter la haine (par la peur) des Hutus envers les Tutsis, cette haine et cette peur ayant également été instrumentalisée par le FDLR pour légitimer les futurs massacres.

    • vote
      par phil303 (xxx.xxx.xxx.145) 26 novembre 2011 18:26
      phil303

      Vous aurez corrigé vous-même, il s’agissait du MRND et non du FDLR, le FDLR étant actuellement la milice Hutu qui sévit encore actuellement dans le Nord Kivu (RDC) et que personne, mais absolument personne ne défend (à part peut-être les milices maïmaï). Ils commettent certes des exactions (viols, pillages) mais pas plus que les autres milices de la région. Par contre tout le monde est d’accord pour les anéantirs. Moi ça m’interroge...

  • 1 vote
    par fwed (xxx.xxx.xxx.241) 25 novembre 2011 16:54
  • 5 votes
    par Marc (xxx.xxx.xxx.125) 26 novembre 2011 06:37
    Marc

    Mitterrand.
    Digne Héritier de Hitler et de Pétain. Je me rappelle la liesse quand il a été élu. Depuis ses successeurs ne cessent d’essayer de battre ses records de cadavre. Le nabot est sur la bonne voie.
    Rwanda, l’art de de l’oligarchie française de combattre l’oligarchie israelo us par viande interposée.
    C’est à vomir.
    Honte à vous qui votez encore !

  • 1 vote
    par Chris (xxx.xxx.xxx.240) 26 novembre 2011 09:37

    Plus personne ne nie la réalité du génocide rwandais, même les plus farouches opposants au régime de Paul Kagamé. Ce qui est affligeant, c’est l’instrumentalisation de ce génocide pour faire oublier les crimes encore plus graves dont les dirigeants actuels du Rwanda se sont rendus coupables. Il s’agit des massacres des Hutus au Rwanda (http://www.dailymotion.com/video/xb...) et dans l’est du Congo et plus généralement des massacres contre les populations congolaises au cours des deux guerres menées au Congo par le Rwanda et qui ont coûté la vie à six millions de Congolais. Par conséquent, si vous essayez de faire pleurer le monde, dans l’absolu, vous trouverez plus de Congolais et de Hutus pleurant leurs six millions de morts que de Tutsis pleurant les huit cent mille morts, encore que la moitié des victimes du génocide étaient des Hutus dits modérés. Vous êtes toutefois libre de relayer la propagande du régime dictatorial de Kagame sachant que tous les dictateurs finissent par tomber un jour. Le malheur pour les victimes du génocide rwandais, c’est qu’après la chute de Kagamé, on voit mal ses successeurs, surtout s’ils sont Hutus, poursuivre la politique des mensonges actuels sur le génocide. Ce génocide pourrait ainsi malheureusement tomber dans l’oubli.

    • 1 vote
      par william7 (xxx.xxx.xxx.187) 28 novembre 2011 05:52

      La théorie du double génocide est immonde. Et après ce sont ces petits fachos qui parlent de révisionnisme. C’est pas Orwell qui parlait de novlangue ?

      http://lmsi.net/Genocide-des-Tutsi-et

      La France a coopéré avec le régime rwandais qui a prémédité et mis à exécution le génocide des Tutsi avant, pendant et après la catastrophe. Ce fait est avéré et amplement détaillé dans le rapport de la Commission d’Enquête Citoyenne (CEC) initiée par Survie :

      Complicité militaire, avec notamment l’entraînement des forces rwandaises, la fourniture d’armes, la coopération militaire avec l’armée rwandaise, l’opération Turquoise et le Commandement des OpérationsSpéciales (COS).

      Complicité financière, avec notamment les transactions passées auprès de grandes banques françaises et la mise en oeuvre de projets, avec d’autres bailleurs bilatéraux et multilatéraux, qui ont financé un million de machettes.

      Complicité diplomatique, avec la reconnaissance notamment du Gouvernement intérimaire rwandais (GIR), les réunions de hauts représentants français et rwandais jusqu’en juillet 1994, etc.

      En outre, la France, mieux que tout autre pays, savait ce qui se passait au Rwanda, et ce qui pouvait survenir. La France, et plus généralement la Communauté internationale, auraient pu mettre fin à l’entreprise meurtrière, mais cette action n’a jamais été envisagée.

      Les crimes avérés du FPR

      Avant, puis au cours du génocide et de la guerre civile, le FPR a commis des crimes, tout aussi avérés que l’est le génocide, notamment dans sa reconquête du Rwanda, puis, à partir de 1996, lors de l’invasion du Zaïre et durant l’occupation de la partie est de ce pays, devenu la République démocratique du Congo (RDC) [6]. Quelle que soit la difficulté de la situation dont il a hérité, sa gestion du pouvoir est à bien des égards critiquable. Survie n’a jamais cherché à minimiser ces crimes ainsi que la nature autoritaire du nouveau régime de Kigali. Le régime de Paul Kagame (actuel président du Rwanda) et ses méthodes militaires et policières, ont plusieurs fois été dénoncés, notamment dans Billets d’Afrique et d’ailleurs qui parlait en novembre 2003, lors de l’élection présidentielle au Rwanda, de « gestion policière de l’opinion, qui amalgame l’indispensable disqualification des discours de haine à toute contestation... » [7]. Dans Noir silence, François-Xavier Verschave écrit :

      « On peut et on doit dénoncer les crimes de guerre commis par l’Armée patriotique rwandaise (APR) [8] lors des conflits où elle a été successivement impliquée, au Rwanda (1990-1994, 1995 à Kibeho, 1997-1998) ou au Congo-Zaïre (1996-1997 et 1998-1999). En 1997, le massacre au Zaïre de dizaines de milliers de réfugiés hutus relève du crime contre l’humanité, imprescriptible. » [9]

      Certains auteurs et journalistes (tels Stephen Smith et Pierre Péan...) s’appuient sur la véracité de ces crimes pour étayer une thèse proche de celle du double génocide fortement suggérée par François Mitterrand : le FPR aurait commis parallèlement un génocide à l’encontre des Hutu, c’est la fameuse thèse du « double génocide » destinée à minimiser la nature et l’ampleur du génocide contre les Tutsi.

      Survie appelle à faire la nécessaire distinction entre les crimes commis par le Front Patriotique Rwandais (ou sa gestion du pouvoir) d’une part, et le génocide des Tutsi d’autre part, commis avec préméditation et dans l’intention d’exterminer un groupe de personnes pour ce qu’ils sont.

      D’autre part, de par son objectif de dénoncer les relations franco-africaines développées dans le mépris de la démocratie et des aspirations des peuples, Survie s’intéresse avant tout au rôle de la France, impliquée dans le génocide rwandais et non dans les crimes commis par le FPR.

       

  • vote
    par william7 (xxx.xxx.xxx.187) 28 novembre 2011 05:55

    Rwanda, l’enquête inachevée (Par Colette Braeckman) [6]

    Autant être clair : le génocide des Tutsis au Rwanda, d’avril à juillet 1994, n’est pas un sujet de polémique. C’est une réalité, confirmée par d’innombrables témoignages, enquêtes et rapports, par des récits, des accusations, des aveux. Les faits sont précis, concordants, vérifiés : plus de 800 000 Tutsis ont été mis à mort en trois mois, de manière systématique, grâce à des listes, des dénonciations, des chasses à l’homme, avec des armes à feu et des machettes qui avaient été depuis longtemps distribuées à des miliciens formés pour tuer.

    Cette histoire, qui voit les Tutsis, minoritaires, être considérés comme des étrangers dans leur propre pays, ne remonte pas à 1994, ni à 1990, lorsque des exilés déclenchent la guerre aux frontières : elle date de 1959, lorsque les Hutus, encouragés par le colonisateur belge, sont poussés à une « révolution » qui, au lieu de les dresser contre leurs maîtres européens, est détournée contre leurs compatriotes tutsis devenus suspects depuis qu’ils ont eu l’audace de revendiquer l’indépendance.

    Depuis cette date, à chaque fois que les Tutsis exilés tentent de revenir les armes à la main, à chaque fois qu’à l’intérieur du pays ils s’efforcent de regagner du terrain sur le plan social ou politique, la réponse du pouvoir hutu est identique : des civils sont massacrés. Durant des décennies, c’est au nom d’une légitimité fondée sur le concept de « majorité ethnique » que les Belges puis les Français ont appuyé les régimes rwandais successifs.

    Lorsque, en 1990, le Front patriotique rwandais (FPR) lance une offensive au départ de l’Ouganda, les Belges s’effacent devant une France qui ne ménage pas son soutien politique et militaire au pouvoir de Juvénal Habyarimana. Sans rien ignorer de la dérive génocidaire inscrite au coeur du régime hutu. Deux ans plus tard, directeur des affaires africaines, Paul Dijoud va jusqu’à mettre en garde Paul Kagamé (chef tutsi du FPR et actuel président rwandais) et les siens, les prévenant du risque qu’ils font courir à leurs familles.

    Consciente des dangers, la diplomatie française prône la négociation, le partage du pouvoir. Mais la coopération militaire, elle, s’engage sans cesse plus avant : elle arme et entraîne soldats et gendarmes, elle dresse les plans des batailles et barre au FPR la route de Kigali. Des soldats français participent aux manoeuvres et on les retrouve même aux points de contrôle, triant les citoyens rwandais en fonction de leur ethnie, inscrite sur les documents d’identité.

    Lorsque, en décembre 1993, le contingent français se retire, cédant la place aux 500 casques bleus censés faire appliquer les accords de paix d’Arusha, il laisse au Rwanda des « coopérants militaires » en civil (25 officiellement et sans doute le double) dont on ignore à quoi ils s’occupent aux côtés de leurs alliés hutus. Malgré l’embargo, les livraisons d’armes se poursuivent, non seulement jusqu’à la veille du génocide, mais bien après qu’il a commencé : des observateurs onusiens relèvent que les avions de l’opération Amaryllis, venus pour évacuer les expatriés, déposent des caisses d’armes sur le tarmac de l’aéroport. Même lorsque ses alliés hutus se lancent dans le massacre systématique des Tutsis et que les corps s’amoncellent, enlevés dans les rues de Kigali par les bennes de la voirie, la coopération militaire française ne désavoue pas ses alliés : en mai encore, six semaines après le début du génocide, le général Huchon promet à un émissaire rwandais, le colonel Ephrem Rwabalinda, de lui livrer non seulement des munitions, mais des postes sécurisés, afin d’assurer les communications directes entre l’état-major français et ses alliés, dont les troupes passent plus de temps à massacrer et à piller qu’à se battre.

    Rappeler tout cela, ce n’est pas adopter une position antifrançaise : c’est aligner des faits réels, observés sur le terrain, c’est s’interroger sur la pertinence et les raisons d’un tel soutien. Ces questions n’occultent en rien le fait qu’en face, la guerre menée par le FPR fut impitoyable, qu’elle charria des crimes et des massacres dont l’ampleur ne se révéla qu’au fil du temps.

    Aujourd’hui encore, Pierre Péan (dans son livre Noires fureurs, blancs menteurs) [7] tente de « retourner l’image » de la tragédie rwandaise en occultant la spécificité du génocide - cette entreprise d’extermination dont les Tutsis ont été victimes - et en soulignant les crimes de guerre commis par le FPR à l’encontre des Hutus.

    Occultant le soutien militaire apporté par la France aux militaires et miliciens auteurs du génocide, accompagnés jusque dans les camps du Kivu où ils représentèrent un élément de déstabilisation durable pour toute la région, il met l’accent sur les aspects humanitaires de l’opération « Turquoise ». Sans relever que, si le premier but de cette opération avait été de secourir des civils, il aurait peut-être mieux valu amener en Afrique des camions et des ambulances plutôt que des Mirage et des hélicoptères de combat, des infirmiers plutôt que des fusiliers marins et des commandos...

    Tout à son entreprise de réhabilitation, M. Péan, qui a cherché la vérité dans les tiroirs de l’Elysée au lieu de se rendre sur le terrain, ne craint pas de se mettre en porte-à-faux avec la France d’aujourd’hui ; dans son ambassade à Kigali, une plaque rappelle désormais les employés tutsis abandonnés en 1994.

    Il faut évidemment parler de l’attentat : le tir de missiles qui a abattu l’avion ramenant de Dar es-Salaam le président Habyarimana et son homologue du Burundi fut l’élément qui déclencha un génocide depuis longtemps préparé. Le véritable scandale est que, onze ans après l’assassinat de deux chefs d’Etat en exercice, aucune enquête internationale digne de foi n’ait encore été diligentée. Pierre Péan, lui, se fonde sur l’enquête du juge Bruguière - un magistrat dont lui-même dénonçait en 2001 le « côté barbouze » et les « méthodes expéditives » - pour dénoncer la responsabilité du FPR.

    Il est vrai qu’au cours des années, le silence persistant de Kigali, le refus de communiquer tout élément d’information au sujet de l’attentat ont donné à cette hypothèse-là plus de poids qu’elle n’en avait en 1994. Mais il n’empêche que d’autres témoignages, qui avaient amené à une lecture des faits différente, n’ont jamais été pris en compte...

    Multipliant les attaques personnelles recopiées au départ de fiches de renseignement, la méthode de Péan insulte les victimes et salit une France mitterrandienne que l’auteur croit avoir défendue, mais qu’il a réussi à amalgamer avec les tenants du pouvoir génocidaire.

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