Marine Le Pen est dans la tourmente. Sa candidature est de plus en plus improbable, compte tenu de sa difficulté à récolter 500 promesses de signatures. Mais surtout, la polémique née de sa participation à un bal viennois, antre de l’extrême droite européenne, risque de constituer le coup de grâce à sa tentative de normalisation...
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BHL l’a lui-même écrit : Marine Le Pen vient sans doute de ruiner ses dernières chances d’être présente au second tour, et peut-être même au premier... La candidate du FN s’est contentée, en guise de réponse, de traiter BHL de "clown" (ce en quoi elle n’a pas tort), affirmant même qu’il devait être "l’homme le plus détesté et le plus méprisé de France".
Selon le journaliste Hervé Gattegno, "le bal [auquel a participé Marine Le Pen] est celui d’une organisation qui réunit des nostalgiques du nazisme. C’est une organisation à laquelle l’appartenance est secrète, interdite aux juifs et aux femmes". Ce bal ferait régulièrement acclamer les antisémites et les négationnistes de la pire espèce.
Jean-Marie Le Pen, invité d’honneur de ce bal en 2008, n’a pu s’empêcher de déraper (à sa façon si caractéristique, en se marrant...) sur France 3, en affirmant : "C’est Strauss dans Khan, si vous voulez"... Une saillie que d’aucuns, comme Gattegno, qualifient d’antisémite...
Laurent Wauquiez (UMP), dont le leader est irréprochable (on le sait bien...), a eu des mots très durs envers l’attitude de Marine Le Pen : "C’est à la fois lugubre et macabre". Il a aussi insisté sur son absence totale de programme... c’est-à-dire, en vérité, de toute proposition conforme aux siennes.
Ce matin, c’est Jean-Michel Aphatie, sur RTL, qui, en fin d’interview, a demandé à Marine Le Pen des explications sur ce faux pas de Vienne... Il lui a fait remarquer que le bal tombait cette année le 27 janvier, à savoir le jour de la libération du camp d’Auschwitz, devenu le jour de commémoration des victimes de la Shoah. La réponse, ferme, de Marine Le Pen : "Vous rentrez dans des polémiques qui sont absolument, regardez-moi, ignobles."
Il y a quelque temps déjà, nous découvrions Marine Le Pen, lors d’un voyage en Italie, s’entretenir très chaleureusement avec Assunta Almirante, la veuve de Giorgio Almirante, leader historique du MSI, le plus important mouvement néofasciste italien de l’après-guerre. Au centre de ce voyage, un proche de Marine Le Pen : Frédéric Chatillon, dont la candidate du FN ne cesse de minorer le rôle auprès d’elle (comme ici sur France Inter). Selon elle, il ne serait qu’un "prestataire de service"...
Bref, on ne sait pas bien sur quel pied danser avec Marine Le Pen, qui semble parfois sincère dans sa démarche de dédiabolisation, mais qui régulièrement se fait rattraper par les vieux démons de son camp... Comme le dit parfois Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen est prisonnière du FN, et c’est pourquoi elle ne pourra sans doute jamais rassembler une majorité de Français. |
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