Après avoir mis un terme au règne de Mouammar Kadhafi, Bernard-Henri Lévy, jamais à court de challenges, s’est donné pour mission d’éliminer Marine Le Pen dans la course à l’Elysée. Chaque jour, sur son site La règle du jeu, il propose une idée pour combattre la bête immonde. Ou plutôt, dans la mesure où il lui arrive heureusement parfois d’être à court d’idées, il ouvre les colonnes de son site aux citoyens pour faire face, tous ensemble, au grand danger qui plane selon lui sur la démocratie. Au bout de deux jours, où en sommes-nous ?
La première idée est celle de Teemour Mambety, qui nous est présenté comme "auteur et rappeur". En fait, ce rappeur, fils du cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambéty, est aussi président de Maag Daan Crossmedia, une société de communication visuelle qui compte parmi ses clients Orange, Euro RSCG C&O, la BBC, Universal, The World Bank, ou encore Advanced Finance & Investment Group. Il travaille aussi pour la Clinton Global Initiative University.
Teemour est néanmoins un bon rappeur, largement meilleur que nombre de ses confrères actuels, avec des textes bien écrits où s’exprime brillamment, il faut le dire, sa fierté d’être africain...
Dans ce deuxième titre, sorte de rap identitaire africain, il rend notamment hommage à "la noble Libye dans son immense majesté"... que son ami BHL a fait récemment bombarder :
Teemour Mambety prône des modifications substantielles dans les programmes de l’éducation nationale : "une “dose de proportionnelle injectée” dans le programme de l’éducation nationale – en cursus primaire et secondaire – permettrait à toutes les civilisations dont la population française cosmopolite est légataire, d’être mieux connues, et à leurs héritiers d’être plus valorisés socialement." Il se justifie ainsi : "L’enseignement de l’Histoire et celui de la géographie, tout particulièrement, portent encore l’empreinte de l’impérialisme idéologique du leadership des siècles passés. A défaut de recherches auto-didactiques, on y apprend longtemps la grandeur et le génie des uns, et la soumission et le mimétisme des autres. C’est là un des facteurs qui font de l’école un terreau fertile pour le mépris, l’éthnicisme et l’adhésion à des théories suprémacistes."
La deuxième idée pour contrer Marine Le Pen, émise ce jour même, ne manquera pas de faire frémir la patronne du FN... Il s’agit de l’appeler par son vrai nom ! En effet, Marine n’est pas le vrai prénom de la dernière fille de Jean-Marie Le Pen. G. Blanchet écrit à ce sujet : "Le FN ayant pour cible principale les classes populaires il serait important de dénommer Marion Anne Perrine Le Pen de son vrai prénom et non pas son diminutif « Marine ». Cela « casserait » un peu plus l’image de proximité avec ces personnes que le FN abuse. Il s’agit d’une idée tirée d’une chronique de Stéphane Guillon sur Libération." On recycle donc les idées de Stéphane Guillon chez BHL... ça vole pas haut.
Je parie donc, sans grand risque de me tromper, que l’une des prochaines idées proposées sera de médiatiser les liens entre Marine Le Pen et le "très dangereux" Alain Soral...
... quoique, je suis pas sûre que ce serait une très bonne idée, car la riposte est déjà toute trouvée :
Dans sa prestation sur France 5, BHL s’en est pris au "rire gras" de Marine Le Pen. Sans doute un prochain angle d’attaque ? Il a aussi affirmé que les Le Pen avaient une "détestation de la France" et étaient animés "d’une haine névrotique de ce qu’est leur pays". Il a encore qualifié les gens du FN de "voyous".
BHL a également affirmé que Marine Le Pen avait soutenu Kadhafi comme elle faisait aujourd’hui l’éloge des répressions de Bachar el-Assad en Syrie, ce qui, à ma connaissance, est faux. Dans le monde simpliste de BHL, on est pour ou contre les dictateurs, on est bon ou on est méchant... Pour rétablir la vérité, Marine Le Pen n’a jamais soutenu Kadhafi ou Bachar el-Assad, mais elle s’est opposée aux interventions militaires, jugeant qu’il fallait privilégier d’autres voies, plus diplomatiques. Quand on écoute bien BHL, tout concourt à diaboliser celui qu’il s’est représenté comme étant son ennemi. Il simplifie tout, il caricature, il y a le Bien et le Mal, rien d’autre... il ment... il prépare ainsi le terrain pour le lynchage.
Pour résumer, selon BHL, Marine Le Pen a la haine de la France, une haine "névrotique", elle soutient les dictateurs qui massacrent leur peuple, et fait même l’éloge des massacres... et en plus, elle a un rire gras ! Après avoir entendu ça, on n’a plus qu’une seule envie : pendre haut et court un tel monstre (je parle de Marine Le Pen... car il pourait y avoir un doute), ou, du moins, le sortir du jeu politique et démocratique. Moi je pense que, pour l’intelligence du débat, il faudrait commencer par sortir BHL du jeu médiatique, ou alors le forcer à se pointer sur les plateaux avec un nez rouge et une passoire sur la tête. Pour que plus personne ne le prenne pour un philosophe, mais bien pour ce qu’il est : un clown triste et dangereux. |
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