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Le 7 mars sur France Inter, l’ancien garde des Sceaux de François Mitterrand a dit son indignation devant la stigmatisation des musulmans opérée par le gouvernement avec son débat sur la laïcité. Robert Badinter a rappelé fort justement que la France était une république laïque dans laquelle il ne doit y avoir aucune discrimination en fonction de la religion.
Comment ne pas souscrire à ses propos ? Seulement voilà, Robert Badinter a-t-il songé à remettre sur les rails la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, qui a pratiqué un communautarisme échevelé à Lille, réservant des horaires de piscine aux femmes musulmanes (ce qui est de la discrimination et une entorse grave au principe de laïcité), ou encore tolérant les prêches de l’imam Amar Lasfar, un islamiste des plus agressifs, recteur de la mosquée de Lille Sud devenu par la suite président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) ?
Pour rappel, dans un entretien à la revue Homme et migration en 1999, Amar Lasfar récusait le concept de citoyenneté républicaine auquel il substituait l’appartenance à la oumma, où la charia serait amenée à remplacer les lois de la république dans des enclaves territoriales : "Dans l’islam la notion de citoyenneté n’existe pas, mais celle de communauté est très importante, car reconnaître une communauté, c’est reconnaître les lois qui la régissent. Nous travaillons à ce que la notion de communauté soit reconnue par la République. Alors, nous pourrons constituer une communauté islamique, appuyée sur les lois que nous avons en commun avec la République, et ensuite appliquer nos propres lois à notre communauté". Lors d’une conférence à l’Alliance régionale du Nord, le 9 octobre 1997, il déclarait encore : "L’Assimilation suppose que les populations islamiques se fondent à terme dans la population. Ceci est exclu car cela signifie l’abandon de la loi islamique […] Il n’y aura pas de dérogation à cette règle".
Martine Aubry approuve-t-elle ces propos ? Regardez cette vidéo édifiante, qui mêle différents documentaires passés à la télévision, sur Arte et la RTBF :
Par ailleurs, Robert Badinter est-il allé tirer les oreilles du maire de Paris Bertrand Delanoë et du maire du XVIIIe arrondissement Daniel Vaillant, qui tolèrent depuis des années des prières de rue dans la capitale (au mépris le plus total du principe de laïcité) ? On a pu constater qu’une telle tolérance exacerbait les tensions et l’islamophobie... à croire que c’est voulu : d’un côté on crée les conditions de l’intolérance et du racisme (et du vote FN), de l’autre on vient dénoncer le fascisme qui vient et on se présente comme les sauveurs de la république. La ficelle est grosse...
Selon Badinter, si Le Pen a atteint le 2e tour de la présidentielle en 2002, c’était à cause de la dispersion des voix à gauche (qui n’a donc rien à se reprocher sur le fond...). Ne lui vient-il pas à l’esprit que si ce "cataclysme" s’est produit et risque fort de se reproduire (à une bien plus forte échelle d’ailleurs), c’est que la gauche a renoncé à ses beaux principes sur le terrain, en pratiquant les "accommodements raisonnables" et en demandant à la majorité silencieuse d’accepter que des minorités religieuses bénéficient de privilèges (horaires séparés, prières publiques, etc.) ? La France est un pays qui a un goût exacerbé pour l’égalité et la justice. Les socialistes l’ont-ils oublié ?
Martine Aubry tolère donc qu’un imam ouvertement communautariste et pro-charia prêche dans sa ville, de même que l’UMP Chantal Brunel inaugure une mosquée parrainée par un jihadiste notoire, et tente d’introduire la charia dans notre droit (scandale heureusement dénoncé par un autre socialiste, Henri Emmanuelli). Intéressant parallèle entre ces deux femmes... Si les propos récents de Chantal Brunel ont "effrayé" Martine Aubry, pour ma part, c’est leur laxisme commun avec nos principes républicains qui m’effraie, et même me glace le sang.
"Le PS est dans une attitude suicidaire" : c’est ce qu’a récemment déclaré Anne Zelenski, présidente de la Ligue du Droit des femmes, cofondée avec Simone de Beauvoir en 1974. Invitée le 9 mars à un colloque par la commission « Droits des femmes » de la fédération du Parti Socialiste de Haute-Garonne, elle en a été désinvitée à la dernière minute par les instances dirigeantes du PS local. Le crime d’Anne Zelenski : avoir critiqué l’islam. Qu’en dit Robert Badinter ?
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