Désolé pour la longueur, mais le sujet est capital...
Les français ont perdu le contact avec la terre mais inconsciemment beaucoup veulent y revenir.
En 1947, environ 7 millions de paysans faisaient vivre leur famille et plusieurs autres, sur 40 millions d’habitants. Aujourd’hui, environ 600 000 seulement nourrissent moins le pays qu’une bonne partie du monde (3/4 à l’exportation pour le blé).
Depuis les années 50, les gouvernements ont décimé le monde agricole en favorisant plusieurs choses dont on parle très peu et dont on mesure mal les implications et les conséquences :
-la Révolution verte : la révolution de la chimie pour l’alimentation, des variétés à très haut rendement. Merci aux généticiens de la fondation Rockefeller, tout ceci était censé supprimer la famine dans le monde, c’est exactement les mêmes arguments des pro-OGM aujourd’hui...
-l’accès des paysans à la mécanisation et surtout, à l’endettement pour se mécaniser : merci les capitalistes du Crédit Agricole qui ont dépassé leurs prérogatives, poussant les paysans au surendettement. Nombre de ceux qui ne pouvaient rembourser leurs traites voyaient leur matériel et leur ferme saisis, autant de vies détruites et ayant pour résultat l’accaparement des terres par les plus gros exploitants, souvent parties prenantes dans les caisses locales du Crédit Agricole...
Bref, la disparition des paysans était programmée à partir de ce moment (il y aussi les problèmes de succession à ne pas négliger, mais tout de même de moindre importance), ainsi que la transformation en industriel des plus gros parmi eux.
Le problème, c’est que c’est le mode de vie d’une grande partie des gens qui disparaît aussi, des gens qui s’en vont gonfler les villes, les usines et le monde en toc du tertiaire. Pourtant à une époque, sur les billets de banque français (quand le gouvernement n’était pas complètement sous le joug des internationalistes de la finance), on faisait dire à Sully « Labourage et pastourage sont les deux mamelles de la France »... On avait encore conscience de l’importance du mode de vie rural de millions de gens.
Aujourd’hui, beaucoup veulent revenir à la campagne. C’est ce qu’il faut faire. Relancer des exploitations à taille humaine (on devrait déjà interdire aux céréaliers de posséder plus de 100 hectares et même chose pour les éleveurs, limiter le nombre de têtes à 15/20 vaches pour les laitières) et changer radicalement la PAC à orientation productiviste (il faut travailler pour chaque pays sur la souveraineté alimentaire), qui de toutes façons, ne permet pas de mieux gérer la répartition alimentaire, mais permet l’engraissement des plus gros, des plus industriels et des plus pollueurs.
Parce que le prix à payer, c’est qu’aujourd’hui, 95% des rivières sont polluées, votre bouteille d’eau minérale française est remplie de nitrates, il y a des pesticides partout et pour ceux qui mangent de la viande, ils bouffent déjà des OGM ingérés par les animaux dans leur nourriture qui vient d’Amérique du Sud. D’ailleurs, les éco-mondialistes du WWF -dont l’ancien directeur en Belgique travaillait pour CocaCola- négocie avec Monsanto, Cargill, Maggie en Amérique du Sud sur le déboisement et le soja OGM depuis des années.
Bref, l’agriculture -on devrait dire la paysannerie plutôt que ce terme de technocrate boîteux- est à ramener au centre de nos préoccupations, car le contrôle de l’alimentation est en marche depuis longtemps également. Il faut le reprendre.