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Accueil du site > Actualités > Politique > Pas de pique-assiette au dîner du Siècle
par OUMMA TV (son site) mercredi 7 décembre 2011
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Pas de pique-assiette au dîner du Siècle

Bonne nouvelle : l’élite de France a festoyé en toute tranquillité. Le Siècle, association mondaine regroupant les principaux dirigeants politiques, économiques, culturels et médiatiques du pays, s’est récemment réuni en l’absence, cette fois-ci, de tout manifestant hostile. Reportage.

 

Exclusif. Des images ont pu être saisies lors de la sortie du dernier dîner du Siècle. En raison de la présence de nombreux policiers, la capture de la séquence vidéo a nécessité plusieurs contorsions pour manier la caméra en toute discrétion. Dans la pénombre, on peut néanmoins distinguer la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciuszko-Morizet (2’53), le directeur des Inrockuptibles David Kessler (4’17) ainsi que les journalistes David Pujadas (4’25) et Christine Ockrent (3‘18). Celle-ci s’éclipse de la soirée en adressant un au revoir de la main à l’attention de la ministre qui lui répond par un familier « Salut ». Tout naturellement.

 

En bonus  :

 

*** Le point de vue troublant sur le Siècle par l’un de ses membres, Alain Lambert, ex-ministre du gouvernement Raffarin. Pour avoir capturé et diffusé les images d’un dîner auquel il assistait, cet ancien sénateur UMP a dû faire amende honorable en retirant la vidéo de son site. Extrait d’un entretien avec Karl Zéro datant d’octobre 2008.

 

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Il est 22h30, place de la Concorde à Paris, ce mercredi 23 novembre. Un homme s’échappe à toute allure de l’Automobile Club de France : il s’agit de Denis Olivennes, patron d’Europe 1. Je l’interpelle afin de connaître son opinion sur le Siècle, ce club huppé et discret qu’il vient à peine de quitter. « Ah non ! Sûrement pas ! », s’exclame en hâtant le pas vers sa mini noire l’ancien dirigeant de la FNAC et du Nouvel Obs. Curieux manège : un mois plus tôt, c’est le même homme qui prit congé, toujours en premier, de l’assemblée mondaine.

 

Contrairement à la plupart des convives, il n’est pas demeuré sur le trottoir, à ces deux reprises, afin de prolonger la conversation avec les possédants du pouvoir. En cette fraîche soirée de novembre, il avait pourtant l’embarras du choix pour tenir causette : le présentateur David Pujadas, le Pdg de France Télévisions, Rémy Pflimlin, les ministres Nathalie Kosciuzko-Morizet et Xavier Bertrand, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, le président de l’Institut français, Xavier Darcos, l’ex-patronne de France 24, Christine Ockrent, ou le Pdg du fonds d’investissement PAI Partners, Lionel Zinsou.

 

Who’s who

 

Ce dernier, ancien associé de Laurent Fabius et administrateur de Libération, était déjà présent, comme Denis Olivennes, au dîner précédent -celui du 26 octobre. Il faisait partie de la poignée, avec le journaliste du Figaro, Alain-Gérard Slama, et l’associé-gérant de Rothschild & Cie, Hakim El Karoui, à quitter les lieux en dernier. L’air était plus doux et ils furent nombreux alors à prendre leur temps pour se dire au revoir : Rachida Dati, l’ex-journaliste Catherine Nay et Alain Terzian, président de l’Académie des Césars, s’en allèrent ensemble dans la voiture avec chauffeur de la maire du VIIème arrondissement de Paris tandis que l’ancien ministre du Budget, Eric Woerth, semblait quelque peu délaissé par ses camarades.

 

Autour d’eux, c’était le défilé des powerful people : le producteur de cinéma Marin Karmitz, les journalistes Arlette Chabot et Serge Moati, l’avocat de Jacques Chirac et DSK, Jean Veil, l’ex-Pdg de Renault, Louis Schweitzer, l’éditrice Teresa Cremisi, le chroniqueur littéraire Pierre Assouline, l’ancien balladurien Hervé Gaymard, l’eurodéputé socialiste Henri Weber, le ministre et membre du Nouveau Centre, François Sauvadet, l’éditorialiste Nicolas Baverez et l’essayiste François Heisbourg, entre autres.

 

En octobre comme en novembre, je n’ai pas aperçu les autres illustres happy few du cénacle, notamment Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et nouvelle présidente du Siècle, les socialistes Martine Aubry, François Hollande et Manuel Valls, le ministre des Finances, François Baroin, Jean-Christophe Le Duigou, syndicaliste de la CGT, Edouard de Rothschild, devenu copropriétaire -via une rencontre effectuée au Siècle- de Libération, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, le Premier ministre François Fillon, le directeur du Monde Eric Izraelewicz, son confrère de Libération, Nicolas Demorand, le Pdg du groupe RMC/BFM, Alain Weill, ou même l’actuel président de la République, Nicolas Sarkozy.

 

Le ghetto du gotha

 

Il y a foule sur le trottoir qui longe l’hôtel du Crillon. Pour cause : ils sont à peu près 300 à se réunir, dix fois par an le quatrième mercredi du mois, au dîner organisé par Le Siècle, une association surnommée le « cercle des cercles »qui comprend, de manière confidentielle, environ 900 personnalités -751 membres de plein droit et 159 simples invités- toutes issues du gratin hexagonal. L’ordonnancement de la soirée répond à un protocole strict : 40 tables de 8 convives disposés à l’avance se répartissent dans la salle, des thèmes de conversation sont prédéfinis et le repas débute à 21h après un apéritif au cours duquel on papote et on badine au-delà de l’échantillon de ses partenaires de table.

 

C’est le lieu par excellence pour tisser des réseaux. Cartes de visites et embrassades familières s’échangent, avant et après le dîner, au gré des croisements de fortune. Pas de conspiration mais de la connivence, des affinités, des stratégies de rapprochement : fondé sur la cooptation des pairs, le Siècle est un complot à ciel ouvert. Ni loge secrète ni salon mondain. Une caste transversale de privilégiés s’y retrouve, s’observe et s’entraide au besoin, discrètement si possible. La super-classe fréquente là son école de vanité. Aucun problème si ce n’est celui de l’étanchéité des élites et le double risque du conflit d’intérêts et de la collusion, entre grands patrons et syndicalistes d’une part, journalistes et hommes politiques d’autre part.

 

[Suite du reportage sur OUMMA.COM ]

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