|
Jacques Attali était hier l’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV pour commenter le discours de Nicolas Sarkozy sur “l’héritage chrétien de la France” (au cours duquel le président de la République a, on l’a peu dit, également loué les racines juives et arabes du pays).
Selon l’ancien conseiller de François Mitterrand, l’héritage chrétien n’est pas dominant en France. Le judaïsme était selon lui présent partout en France avant le christianisme et même l’islam était présent avant la religion chrétienne dans certaines régions.
Attali aurait-il pris des cours d’histoire auprès de Jamel Debouzze, selon lequel l’islam est en Europe depuis 3000 ans ? Plus sérieusement, chacun pourra consulter avec profit cet article de Wikipédia sur l’Islam en France ; on y lit notamment :
Attali a aussi préconisé un financement par l’Etat de nouvelles mosquées, mettant à mal l’idée même de laïcité. Il se montre ainsi en accord avec l’UMP Benoît Apparu. A noter que, contrairement à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen (qui affichent un son de cloche dissident), il considère que les prières de rue s’expliquent bel et bien par le manque de mosquées.
Au fond, Jacques Attali est dans sa logique, déjà exposée le 21 septembre 2010 sur le plateau de Ce soir ou jamais, selon laquelle "l’islam est une des dimensions fondatrices et positives du passé et de l’avenir de l’Europe". Selon lui, "l’islam est une des dimensions de la civilisation européenne, depuis l’origine de l’islam et depuis l’origine de l’Europe". Ce qui étonnant, c’est qu’une telle assertion - qui devrait aller de soi si le lien décrit par Attali est réellement si profond - nous étonne tant. Car nous devons indéniablement faire un effort pour admettre comme une évidence ce qu’il nous dit là. La faute à notre inculture ?
Dans cette même émission, l’intellectuel déclarait que tous les Français étaient par nature des étrangers. Reste à savoir si, pour Attali, tous les citoyens du monde, de quelque pays qu’ils soient, sont par nature des étrangers, ou si ce n’est le cas que des Français, des Américains et de quelques autres.
Peut-être faut-il comprendre cette obsession attalienne à vouloir "déraciner" les peuples et fusionner les civilisations par son rêve ultime : la création d’un gouvernement mondial...
... dont la capitale serait Jérusalem ? (voir à 10 min 30 dans la vidéo) Attali, qui réduit l’humanité aux trois monothéismes, considère en effet que Jérusalem est "le point de rencontre de tout le monde". Pas sûr que les athées, les bouddhistes, les hindouistes, les animistes... s’y retrouvent.
Selon Attali, la démocratie ne peut pas exister avant l’avènement d’un gouvernement mondial ; pour ma part, j’imagine difficilement autre chose qu’un totalitarisme mondial... mais je manque peut-être d’imagination. Quand on voit déjà à quoi ressemble la "démocratie" européenne...
... voire même la "démocratie" française (cf. Hervé Kempf, ici ou là).
Voici le monde radieux que nous annonce Attali, en 5 étapes :
1. La prolongation de l’Empire américain
2. Son déclin, avec 11 puissances qui se partagent le pouvoir
3. Un marché planétaire vers 2030 - Le marché sera plus fort que la démocratie (car le marché a la capacité à devenir universel, contrairement à la démocratie qui a besoin de frontières, et qui ne peut même pas se créer, reconnaît-il, au niveau de l’Europe). Le pouvoir sera assuré par des substituts aux Etats : les compagnies d’assurance et les organisations de distraction. "Là, c’est le chaos total", reconnaît Attali, avec une exacerbation des inégalités et une lutte entre armées privées.
4. L’hyperconflit, c’est-à-dire la violence totale et une guerre absolue d’une brutalité extrême (sic).
5. Le gouvernement mondial, rendu possible par toute l’horreur qui aura précédé (et qui ne sera probablement pas démocratique, puisque Attali a reconnu que la démocratie ne pouvait pas se mondialiser).
Bref, Attali juge incontournable l’avènement du gouvernement mondial, et craint que seul le chaos et l’horreur amènent les hommes à son acceptation. Vision prophétique ou folle ? Une chose est claire : si un autre monde que celui que nous promet Attali est encore possible, attachons-nous à ne pas le laisser détruire par ces cauchemars mondialistes. Et si la bonne vieille démocratie des Etats-nations (chère à Eric Zemmour), aux identités affirmées - et non pas diluées, était notre seul recours ? |
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.