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Accueil du site > Actualités > Société > Albert Jacquard sur le danger du conformisme

Albert Jacquard sur le danger du conformisme

Albert Jacquard, en 1994, dénonce les dangers de la compétition et du conformisme. "On est en train de sélectionner les gens les plus dangereux", estime-t-il. Avant de préconiser, à la suite de Gaston Bachelard : "Il faut mettre la société au service de l'école, pas l'école au service de la société".

 

Tags : Société Education Philosophie Enseignement Système universitaire Université




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36 réactions à cet article    


  • 6 votes
    Jerome33 16 novembre 2013 23:17

    Qu’est-ce que vous trouvez à redire à ce discours. Celui qui le prononce ? encore une fois les idoles. Ca me gave ! pourquoi ne pas juste prendre l’idée, la réflexion. C’est limpide. On peut disserter dessus, c’est certain. Mais tout ce que je lis c’est la personne. L’empreinte de ce qu’elle a fait, la façon dont elle a profité d’un système. Mais vous ne faites pas la même chose ? Vous ne croyez pas qu’une personne issue d’un système que l’on désigne comme complètement pourri, à bout de souffle, prêt à rendre l’ame, ne puisse en aucun cas avoir une pensée critique et être en mesure de le dénoncer ?


    je ne comprends plus cette radicalitée. Je pense que ça nous tuera encore plus vite que le reste.

    Jérôme

  • 10 votes
    Powers D Powers D 16 novembre 2013 19:35

    CIA, Mai 68, Cohn bendit, CIA, Pompidou, Giscard, Rodschild, Miterrand, Julien Dray, BHL, Attali, Balladur, Sarkozy, BHL, CIA, et .... et .... SUPER MOU .... 

    Pauvre France....

    • 12 votes
      Bender Bender 16 novembre 2013 19:37

      Bravo, Albert Jacquart est un très grand monsieur. Je l’ai vu de son vivant en 1994 au cycle.
      Je partage absolument tout ce qu’il dit dans cette vidéo. Nous vivons dans une société ou il faut marcher sur la gueule des autres pour avancer. Cela fait bien longtemps que je refusé de le faire mais... gare à celui ou celle qui voudrait me marcher dessus !


      • 2 votes
        christophe nicolas christophe nicolas 16 novembre 2013 20:54

        L’esprit de vérité fait gagner et l’esprit de compétition fait perdre. Albert Jacquart a raison. Cependant les liens doivent être tissés dans la vérité. L’esprit de vérité n’est pas l’esprit de collaboration. Si collaborer signifie accepter la truande, il vaut mieux refuser car c’est la mafia qui se donnera bien sur un autre nom. Eux diront "famille", "traitre", ils inverseront les valeurs.


        • 4 votes
          maQiavel machiavel1983 16 novembre 2013 20:55

          Intéressant. Seulement l’extrait ne fait qu’un peu plus de 3 minutes difficile de savoir ce qu’il entend par « compétition ».

          Je pense que la compétition organisée quand il s’agit de la possession matérielle est mortifère, c’est que le système capitaliste organise de façon quasi institutionnelle, le plus compétant est celui qui est le plus performant pour rentabiliser le capital, et cela ne peut se faire que par prédation des uns sur les autres ! Le meilleur est en réalité le plus formaté et uniformisé, il est celui qui est le plus conforme possible au système !

          Il n’y a plus de système de valeurs communes, l’économie est le seul critère objectif : l’écrivain le plus performant est celui qui vend le plus de bouquin, l’émission télé la plus performante est celle qui fait le plus d’audimat, c’est le règne de la quantité inhérent à la domination du capital …

          Mais de l’autre coté il ne faut pas se leurrer, la compétition est dans la nature, pourquoi l’homme ferait il exception ? L’homme peut il s’en émanciper par la culture ?

          Sinon, je pense que la compétition n’a pas que des vices, comprise comme « émulation » elle a des vertus. On le voit dans le sport par exemple, elle n’empêche pas de tisser des liens avec des concurrents, bien au contraire, elle pousse à imiter ce qu’ils ont de mieux, à travailler ses propres points faible, à se dépasser etc.

          Tant que la compétition n’enlève rien aux uns pour donner aux autres dans un système de prédation, je n’y voit aucun inconvénient, au contraire elle peut être bénéfique à la collectivité !


          • vote
            christophe nicolas christophe nicolas 16 novembre 2013 21:23

            Il y a confrontation des idées mais tout est dans le but... gagner ou chercher la vérité

             

            Le gagneur a dans l’esprit "battre et intelligence", il produira du faux donc de la ruine

            L’esprit de vérité a dans l’esprit "bienveillance et intelligence", il produira du vrai donc de la richesse

            Quand on joue une partie de tennis avec un vrai gagneur qui voit les balles sur les lignes dans son sens, on n’est pas copain. S’il a l’esprit de vérité en jugeant les balles, on est copain. Le gagneur sans malveillance reproduit ce qui est en place, c’est un esprit de conformité qui reproduit, ce sont les esprits tièdes.

             

            Il a vraiment raison sur les prophètes Jacquart mais le prophète ne le sait jamais. C’est le signe de Jonas. C’est assez peu connu. L’église est vache car elle dit souvent. Attendons de voir si cela se réalise ! Elle devrait mieux connaître la bible...


          • 4 votes
            Jerome33 16 novembre 2013 23:22

            Il dit juste qu’il ne faut pas confondre "Emulation" et "Compétition". L’un tend à apporter le meilleur de soi, l’autre à affronter ses semblables pour régner.

            Pour moi c’est clair, lorsque tout devient une compétition, l’individualisme atteint son paroxysme et la société ou l’humanité est morte.

            Jérôme 

          • vote
            O Scugnizzo O Scugnizzo 17 novembre 2013 11:22
            Albert Jacquard sait bien que comme dans toute réalité il y a du bon et du mauvais, je ne pense pas qu’il fasse de l’angélisme. Et faudrait prouver que la compétition puisse être bénéfique, en y réfléchissant autrement qu’idéologiquement (à partir de nos présupposés occidentaux), je n’y vois rien d’automatique. La compétition augmente la performance dans un domaine très précis d’un individu, et on estime que la somme de ces performances soient absolument bénéfiques pour la société (faudrait encore préciser si c’est sur du court ou long terme). C’est quoi ce raccourci ? Je prends le développement d’Adam Smith, comment appuie-t-il son argumentation ? De manière religieuse (théodicée) ! Alors que l’on explique l’existence du mal dans le monde du Très Généreux Dieu pour conférer aux hommes le libre arbitre - ainsi un mal particulier créera un plus grand bien pour autant que ceux-ci ne se détournent pas de la voie du Seigneur -, Smith dit qu’un mal particulier - l’égoïsme - créera un bien plus grand bien, pour autant qu’on suive les lois du libre marché. Kropotkine a assez montré comment la compétition est essentielle à la survie humaine, individuelle, mais qu’elle empêchait le progrès social, celui-ci étant fruit de l’entr’aide.

            On peut d’ailleurs dire que le sport est un très mauvais exemple, il est hyper canalisé, les gens n’ont aucun pouvoir, incomparable avec la compétition des élites d’une société. Les sportifs avant d’être concurrents envers autrui sont d’abord très coopératifs entre pairs. Au foot, on a déjà vu des équipes de champions se ridiculiser car les vedettes n’arrivaient pas à coopérer. Et est-ce que la véritable compétition se passe entre sportifs ? Ceux-ci servent simplement à rentabiliser le capital de ceux qui misent sur les premiers. L’économie compétitive a ruiné le sport, elle a ruiné des hommes (Maradonna entre autres personnes). Trop de compétition ruine le sport - pourtant un des domaines d’excellence compétitive - alors imaginons ce qu’elle fera de notre avenir social.

            La compétition ça sert surtout au dressage anthropologique néolibéral, pour qu’on laisse les grands s’enrichir en corporations et autres oligopoles en pensant qu’ils se font la guerre, et que c’est mérité, finalement, leur richesse infinie, et que c’est humain, finalement, leur cupidité historique.

          • 1 vote
            maQiavel machiavel1983 17 novembre 2013 12:35

            @O scugnizzo

             

            -La compétition augmente la performance dans un domaine très précis d’un individu, et on estime que la somme de ces performances soient absolument bénéfiques pour la société (faudrait encore préciser si c’est sur du court ou long terme). C’est quoi ce raccourci ?

             

            R / La compétition organisé comme système et dans une société individualiste, non évidemment. La compétition dans une société individualiste est mortifère car on assiste à des luttes entre totalités, dans des collectivités communautaires, ces compétions se font entre différentes partie d’un tout, et si ces compétions permet aux parties d’augmenter leur performance comme vous l’admettez vous même, c’est le tout qui en bénéficiera …

             

            -L’économie compétitive a ruiné le sport, elle a ruiné des hommes

            R / Je suis d’ accord avec ce constat, mais c’est bien cette économie compétitive le problème et non la compétition sportive en tant que telle.

            Les deux ne sont pas inséparables. Je vous renvoie à l’excellent article d’Eric Gueguen « éloge politique de l’esprit olympique  ».

            -Et faudrait prouver que la compétition puisse être bénéfique, en y réfléchissant autrement qu’idéologiquement (à partir de nos présupposés occidentaux), je n’y vois rien d’automatique.

             

            Pour ne pas rester dans la théorie, j’ ai pratiqué un « sport » individuel extrêmement difficile et éprouvant tant physiquement que mentalement , j’ ai fait des stages avec mes rivaux direct , on souffrait ensemble , on mangeait ensemble , on dormait ensemble , on rigolait et faisais la fête ensemble ,on s’ entraidait , on se donnait des conseils , on se prenais des modèles au sein du groupe , l’ un pour sa détermination , l’ autre pour son physique et tel autre pour telle ou telle aptitude technique. Pourtant nous étions des rivaux, et ce n’était pas une question d’argent (il n’y avait pas grand-chose à gagner de toute façon)  mais pour avoir cet honneur d’être le meilleur parmi ses pairs.

            Et le meilleur n était pas forcément le plus honoré, il nous est arrivé d’être stupéfait de la détermination de perdants, de leur capacité  à se dépasser, à progresser, à s’accomplir.

            Rien de cela n’aurait été possible sans émulation, sans compétition entre nous et je pense que nous n’étions pas un cas particulier, on retrouve ce cas de figure non seulement dans le sport mais aussi dans certaines activités de la vie.

             Personnellement, je vois la compétition avec les autres comme un prétexte, le vrai combat est contre soi même , contre sa tendance à lâcher prise , à abandonner, se fixer pour objectif d’ être meilleur que celui qui est présentement meilleur que soi , c’ est aussi une manière de se donner les moyens de s’ extraire de sa propre condition en la dépassant.


          • 3 votes
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 19:50

            "Sinon, je pense que la compétition n’a pas que des vices, comprise comme « émulation » elle a des vertus. On le voit dans le sport par exemple, elle n’empêche pas de tisser des liens avec des concurrents, bien au contraire, elle pousse à imiter ce qu’ils ont de mieux, à travailler ses propres points faible, à se dépasser etc.

            Tant que la compétition n’enlève rien aux uns pour donner aux autres dans un système de prédation, je n’y voit aucun inconvénient, au contraire elle peut être bénéfique à la collectivité !"


            Salut Machiavel,


            Il y a une réponse très précise à votre remarque qui est bien connue en philosophie depuis longtemps car elle prend sa source dans la sagesse antique. C’est que la compétition qui prend la forme de l’émulation et très différente de celle qui prend la forme de la guerre. En effet, dans la guerre (même économique) ce sont les hommes qui s’affrontent directement, tandis que dans l’émulation, il s’agit de présenter la meilleure oeuvre possible, ce qui renvoie à un dépassement de soi-même. Or, ce n’est pas une simple nuance, c’est une différence radicale, qui constitue précisément une clef de la civilisation.


            C’est aussi pourquoi c’est l’art et non le sport qui permet un véritable dépassement de l’esprit de la guerre. Même si le sport constitue un stage intermédiaire de cette élévation civilisationnelle, il demeure dans le domaine de la quantité... et s’il ne demeure pas dans l’évaluation quantitative (courir plus vite, sauter plus haut), c’est qu’il inclut une dimension qualitative (évoluer avec grâce, par exemple), donc qu’il devient esthétique, émouvant, poétique et donc qu’il tend... vers l’art. 


          • vote
            O Scugnizzo O Scugnizzo 17 novembre 2013 19:51

            Dans l’absolu bien sûr je ne peux être que d’accord, mais il n’empêche que je ne vois pas en quoi se surpasser soi-même peut être bénéfique pour la collectivité, tu t’es surpassé et ça n’a pas servi à ton voisin. L’effort je vois, mais l’effort et la compétition ne sont pas forcément corrélés, d’autant plus que si chacun agit pour soi on perd la force collective (Proudhon), ce que Marx appelle en économie capitaliste la plus-value qui a tant enrichi les capitalistes. Le premier demandait si 100 hommes peuvent faire une pyramide en 2 jours, est-ce qu’un homme (fut-il en compétition avec les autres, pour rester dans le thème) peut construire une pyramide en 200 jours ? La compétition, j’en suis toujours plus convaincu, n’engage en rien le progrès. Elle peut servir à reproduire de la structure sociale, comme chez la plupart des sociétés améridiennes, où le plus généreux (qui doit également savoir parler) accède au statut de chef à partir d’une relation réciproque, c’est-à-dire empêcher le politique de transcender le social en restant dans la réciprocité, mais, en temps de paix, pas vraiment plus.


          • 1 vote
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 20:00

            "mais il n’empêche que je ne vois pas en quoi se surpasser soi-même peut être bénéfique pour la collectivité"


            S’il s’agit de surpasser sa médiocrité, sa mauvaise humeur, son égoïsme, alors il est facile de comprendre quel peut en être le bénéfice collectif. 

          • 1 vote
            O Scugnizzo O Scugnizzo 17 novembre 2013 20:12

            C’est clair ce que je voulais dire était plutôt que je ne vois pas en quoi l’instauration de la compétition pouvait permettre de se surpasser "dans le bon sens du terme", c’est-à-dire qualitativement et non pas seulement quantitativement, et donc je ne voyais pas en quoi un Samir Nasri qui se surpasserait le dimanche améliorerait ma qualité de vie. De manière générale, la compétition peut éventuellement être bénéfique en tant qu’elle permet la reproduction d’une structure sociale pertinente, mais n’est en aucun cas productrice elle-même de nouvelles structures potentiellement bénéfiques à la collectivité. Dit autrement, la compétition en tant que telle ne saurait permettre le saut qualitatif, alors que l’entr’aide, oui. Effort et compétition ne sont pas synonymes.


          • vote
            maQiavel machiavel1983 17 novembre 2013 20:21

            @Gaspard

            -C’est que la compétition qui prend la forme de l’émulation et très différente de celle qui prend la forme de la guerre

            R / Exactement. Et le capitalisme est précisément un système qui institue la guerre d’individus contre d’autres (ou de groupes d’individus contre d’autres). Et comme c’ ezst un fait social total, cette guerre se retrouve quasiment dans toutes les strates de la sociétés ( y compris dans la médecine comme l’ explique ici Albert Jacquard , et le sport moderne bien entendu ne fait pas exception ).

            -C’est aussi pourquoi c’est l’art et non le sport qui permet un véritable dépassement de l’esprit de la guerre(…), il demeure dans le domaine de la quantité... et s’il ne demeure pas dans l’évaluation quantitative (courir plus vite, sauter plus haut), c’est qu’il inclut une dimension qualitative (évoluer avec grâce, par exemple), donc qu’il devient esthétique, émouvant, poétique et donc qu’il tend... vers l’art. 

             

            R / Mais la vraie question est de savoir si pour courir plus vite et sauter plus haut, il ne faille pas précisément le faire avec grâce ? Vous savez quand un pratiquant du 100 mètre par exemple voit Usain Bolt courir, il est fort probable qu’il soit émerveillé par la grâce et l’esthétique de sa course et ce parce que c’est un connaisseur. Peut être que la performance sportive tend nécessairement vers l’art, qu’en dites-vous ?

            @O scugnizzo

            -mais il n’empêche que je ne vois pas en quoi se surpasser soi-même peut être bénéfique pour la collectivité,

            R / Je pense que des médecins, des infirmiers, des cuisiniers, des ingénieurs, des boulanger qui se surpassent, c’ est bénéfique à la collectivité (j’entends bien dans une collectivité communautaire et non individualiste, cette distinction est importante).

            -tu t’es surpassé et ça n’a pas servi à ton voisin

            R /Certes, dans le sport que je faisais, seulement j’en ai tiré des valeurs qui peuvent me servir dans des activités qui cette fois peuvent servir à mon voisin.

            -L’effort je vois, mais l’effort et la compétition ne sont pas forcément corrélés

            R / Je ne vais pas dire « forcément » mais il y’ a bel et bien une corrélation. Il est plus difficile je crois de s’affronter soi même sans étalon extérieur. Cet étalon extérieur booste au niveau de la motivation.

            -que si chacun agit pour soi on perd la force collective (Proudhon),

            R / Exactement d’ ou ma distinction entre collectivité communautaire et individualiste, cela change tout …

            Dans le cadre d’une communauté si chacun agit pour le tout et essaie de lui donner le plus qu’il peut et dans ce cadre la compétition n’a plus son aspect mortifère, elle devient émulation et est profitable à tous …


          • 2 votes
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 21:45

            "Peut être que la performance sportive tend nécessairement vers l’art, qu’en dites-vous ?"


            Il me semble que c’est l’esprit dans lequel on pratique une activité qui importe. Jouer du piano comme un singe savant uniquement pour montrer qu’on est agile des doigts est peut-être finalement moins artistique que de faire de l’escalade à mains nues en recherchant un accord avec la roche. Cependant, la notion de qualité me semble déterminante pour ne pas tomber dans le piège de la "croissance" adorée par nos politiques et économistes, qui aboutit toujours à une forme ou une autre de dopage. 

            Bref, "Toujours plus" est stupide, morbide, destructeur. 

            "Toujours mieux" est compatible avec une certaine intelligence, avec la subtilité, avec la sociabilité. 

          • vote
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 21:47

            Or, le "mieux" ne peut pas s’estimer en termes de performances quantifiables. Le poète qui est capable d’écrire le plus grand nombre d’alexandrins en un temps donné n’est pas le plus grand poète.


          • vote
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 21:51

            "Il est plus difficile je crois de s’affronter soi même sans étalon extérieur. Cet étalon extérieur booste au niveau de la motivation."


            D’accord, mais alors c’est le sens du "jeu" qu’il ne faut pas perdre. On fait "comme si" on s’affrontait. Le "comme si" est très important pour l’humain et la civilisation. Même en érotisme, on fait beaucoup de "comme si", par exemple "comme si on voulait se manger", sans être vraiment cannibale. 

          • vote
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 21:55

            "d’ ou ma distinction entre collectivité communautaire et individualiste"


            Je pense qu’il faudrait améliorer la sémantique de cette proposition. Communautarisme d’insectes ou individualisme du grand fauve ? Ni l’un ni l’autre. Oui à la communauté, oui à l’individu. Il ne s’agit pas de choisir l’un ou l’autre mais de trouver une relation fluide entre les deux. 

          • 1 vote
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 22:00

            "Dans le cadre d’une communauté si chacun agit pour le tout et essaie de lui donner le plus qu’il peut et dans ce cadre la compétition n’a plus son aspect mortifère"


            Mais est-ce que c’est encore de la compétition ? Une compétition altruiste et holiste ? On flirte quand même un peu avec l’oxymore à ce niveau là. 

            Incarnons la chose. Une maison est en feu et tout le village s’active pour éteindre l’incendie et sauver les habitants : sont-ils en compétition ? Ou bien, un enfant est malade et plusieurs médecins déploient leurs compétences pour lui sauver la vie : sont-ils en compétition ? 

          • vote
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 22:02

            O Scugnizzo : "Dit autrement, la compétition en tant que telle ne saurait permettre le saut qualitatif, alors que l’entr’aide, oui. Effort et compétition ne sont pas synonymes."


            Voilà !

          • vote
            maQiavel machiavel1983 18 novembre 2013 11:46

            @Gaspard

            -Il me semble que c’est l’esprit dans lequel on pratique une activité qui importe. Jouer du piano comme un singe savant uniquement pour montrer qu’on est agile des doigts est peut-être finalement moins artistique que de faire de l’escalade à mains nues en recherchant un accord avec la roche. 

            R /Je suis d’ accord avec cela.

            -Or, le "mieux" ne peut pas s’estimer en termes de performances quantifiables.

            R /Mais peut être est ce précisément le cas dans certains sport. Peut être qu’Usain Bolt court plus vite non seulement à cause de ses qualités physiques exceptionnelles mais aussi à cause de la qualité de sa course.

            En réalité, je ne connais pas de sport dans lequel la technique n’est pas déterminante.

            c’est le sens du "jeu" qu’il ne faut pas perdre. On fait "comme si" on s’affrontait. 

            Bien sur c’est ainsi que je le perçois …

            -Communautarisme d’insectes ou individualisme du grand fauve ? Ni l’un ni l’autre. Oui à la communauté, oui à l’individu. Il ne s’agit pas de choisir l’un ou l’autre mais de trouver une relation fluide entre les deux. 

            R /Bien sur.

            -"Dans le cadre d’une communauté si chacun agit pour le tout et essaie de lui donner le plus qu’il peut et dans ce cadre la compétition n’a plus son aspect mortifère" Incarnons la chose. Un enfant est malade et plusieurs médecins déploient leurs compétences pour lui sauver la vie : sont-ils en compétition ? 

             

            R / Bien sur, les médecins entre eux sont très souvent en compétition, c’est quelque chose par exemple que j’ai vu récemment à Cuba, il ne s’agit pas d’une compétition pour de l’argent ou pour un poste mais fondamentalement il s’agit de gagner le respect de ses pairs en étant considéré comme le meilleur dans sa branche. C’est une petite ile et les plus grands spécialistes se connaissent tous et se livrent une compétition cordiale et je crois que c’est une des explications de la qualité du système de santé cubain qui arrive à faire beaucoup avec peu de moyen …


          • 2 votes
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 18 novembre 2013 12:11

            "Peut être qu’Usain Bolt court plus vite non seulement à cause de ses qualités physiques exceptionnelles mais aussi à cause de la qualité de sa course."


            Probablement. Mais le fait d’apprécier le spectacle de sa course sous l’angle de la grâce ou sous l’angle de la performance quantitative, cela fait tout de même une sacrée différence idéologique et culturelle ! 

            Bref, je trouve que le danseur est à un cran civilisationnel au-dessus du coureur. Le danseur a aussi une technique et un corps poussé au bout de ses possibilités physiques. Mais la technique du danseur atteint quelque chose qu’on ne peut pas mesurer techniquement. Il me semble que l’humain s’affirme par ce que seul l’humain peut manifester, et cette singularité est en rapport avec "l’immesurable" et l’incomparable. Tant que les hommes veulent se mesurer les uns aux autres et se comparer les uns aux autres, leur véritable dignité leur échappe. 



          • vote
            funambule funambule 16 novembre 2013 21:05

            la "théorie trans-genre" lutte également contre les dangers du conformisme ...

            en tous cas, contre la théorie selon laquelle parce qu’il y a une différence statistique entre hommes et femmes, noirs et blancs, il faut créer des stéréotypes ...
            et contre la théorie selon laquelle, les frontières doivent préserver la diversités des stéréotypes qui a cours ... 

            • 4 votes
              LadyFel 16 novembre 2013 23:11

              Albert Jacquard disait aussi que dans notre société, le meilleur c’est le plus sociable. 


              • 4 votes
                Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 novembre 2013 19:55

                Et finalement, en privé, c’est ce que nous pensons tous. Avec qui souhaiterions-nous passer 10 ans si nous étions naufragé sur une île déserte ? Avec le meilleur chasseur, le meilleur constructeur de cabane, l’homme qui court le plus vite du monde... ou avec la personne la plus sympathique, la plus serviable, la plus attentionnée, la plus respectueuse, la plus honnête ? 


              • 1 vote
                funambule funambule 18 novembre 2013 11:47

                pour moi, ce sera la femme qui court la moins vite du monde


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                Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 18 novembre 2013 13:12

                Comme ça elle ne vous rattrapera pas facilement lorsqu’elle sera en chaleur. smiley


              • 1 vote
                Schweizer.ch 17 novembre 2013 12:25

                Yves Coppens est infiniment plus réaliste - ce qui n’est pas méritoire face à un Albert Jacquard (paix à ses cendres) - qui déclarait l’autre jour sur BFMtv :


                - En bon mammifère, l’homme compète tout le temps. Pour le pouvoir et pour les femmes...

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                  Schweizer.ch 17 novembre 2013 12:45

                  La citation littérale est : - L’homme est un bon mammifère qui compète pour les filles et le pouvoir.


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                  LadyFel 17 novembre 2013 15:08

                  Les filles aussi compètent pour séduire le mâle dominant... sinon on se demande bien ce que

                  Maud Fontenoy, Carole bouquet, Laurence Ferrari et d’autres ont pu trouver à un nain disgracieux et mal élevé. 

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                  edwig 17 novembre 2013 18:44

                  Oui mais voilà...l’homme n’est pas juste un mammifère ou un animal.
                  Il n’y a pas de chainon manquant. Nous sommes des êtres qui pouvons être ce que nous voulons, animal, homme, Dieu et j’en passe...

                  Certains humains ne sont pas mû que par le pouvoir et le sexe.
                  Soeur emmanuelle, theresa, l’abbe pierre...Agissent autrement.
                  Je ne parle pas de Dieu ou de religion, mais d’humains qui se " pensent " autrement que comme de vulgaire mamifères.
                  Quitte à parler compétition, j’admire infiniment plus le petit homme qui sauvent des vies, plutôt qu’un superman qui traversent les flammes sans aucun mérite parce qu’immortelle...
                  Si un individu nait avec un cerveau mieux fichu qu’un autre, je ne vois pas ou est le mérite ?
                  C’est exactement comme si à 20 ans vous receviez une médaille suivant votre taille...
                  C’est absurde.


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                  Schweizer.ch 17 novembre 2013 20:19

                  "Nous sommes des êtres qui pouvons être ce que nous voulons, animal, homme, Dieu et j’en passe..."


                  Je ne crois pas à cela, Nous sommes ce que nous pouvons être, pas plus pas moins, en fonction de nos prédispositions, bonnes ou mauvaises.


                  "Certains humains ne sont pas mû que par le pouvoir et le sexe."


                  Comme Michel Audiard le fait dire à Jean Gabin dans "Le Président" : - Il y a aussi des poissons-volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre. Pour ce qui est de la motivation, ce n’est pas le sexe, mais l’instinct de perpétuation de l’espèce. Comme tout ce qui ressortit à la nature humaine, il est plus prégnant chez certains individus, moins chez d’autres.


                  "Soeur emmanuelle, theresa, l’abbe pierre...Agissent autrement."


                  C’est pour cela qu’on les connaît nommément. Mais encore sans rien savoir de leurs motivations les plus profondes, les plus intimes.



                  "Quitte à parler compétition, j’admire infiniment plus le petit homme qui sauvent des vies, plutôt qu’un superman qui traversent les flammes sans aucun mérite parce qu’immortelle...
                  Si un individu nait avec un cerveau mieux fichu qu’un autre, je ne vois pas ou est le mérite ?
                  C’est exactement comme si à 20 ans vous receviez une médaille suivant votre taille...
                  C’est absurde."


                  Celui qui un cerveau mieux fichu qu’un autre assumera peut-être plus de responsabilités que cet autre, aura plus de préoccupations, fera plus pour la marche du monde, et il sera rétribué plus, ou beaucoup plus, que celui dont le cerveau est nettement plus limité. Il aura aussi plus de succès auprès des "filles" comme dit Coppens, et ça ne me paraît pas absurde...


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                  O Scugnizzo O Scugnizzo 17 novembre 2013 21:15

                  Compéter tout le temps ça veut aussi dire ne compéter jamais, ça n’a pas de sens. On peut aussi dire qu’on s’entr’aide tout le temps, on avance pas d’un poil. Si dans une société un homme est en compétition pour le pouvoir, mais un autre ne l’est pas, l’homme est-il en compétition ? Ce sont des généralisations qui ne mènent nulle part. Si l’homme comme l’animal vit en société, l’homme a besoin de produire de la société pour vivre. On peut également dire qu’il a besoin de produire du sens, il ne vit pas que pour perpétuer son espèce ou protéger son individualité, mais il doit savoir pourquoi et construire une structure qui lui dise pourquoi et comment. Cette considération ouvre des possibles inimaginables dans le règne animal. L’homme tout mammifère qu’il est n’est pas réductible à de l’évolutionnisme social, du malthusianisme vulgaire, même sous couvert de "réalisme" (ou, dit autrement, de détenir la seule vérité possible).


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                  Schweizer.ch 17 novembre 2013 23:53

                  "Si dans une société un homme est en compétition pour le pouvoir, mais un autre ne l’est pas, l’homme est-il en compétition ?"


                  A part Robinson et Vendredi sur leur île, je ne connais guère de sociétés à deux hommes, et on imagine que, par ses connaissances qui impressionnent son nouveau compagnon, Crusoë exerce un ascendant que Vendredi ne conteste pas.

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                  spoty spoty 17 novembre 2013 19:03

                  Il me gonflait l’humaniste lécheur de "sans-papiers" et donneur de leçons.



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