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Accueil du site > Actualités > Société > L’enseignement de l’ignorance

L’enseignement de l’ignorance

Lecture d’un extrait de « L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes" de Jean Claude Michéa.

 

 

Ce livre a eu le mérite de révéler et penser la catastrophe organisée qui frappe l’École de la République, depuis une quarantaine d’années maintenant, sous les gouvernements de droite comme de gauche. Voici présenté ici un résumé de L’enseignement de l’ignorance :

 

On constate de façon évidente le progrès de l’ignorance, à la fois comme défaut de savoir structuré, de capacité théorique élémentaire, et comme manque de sens critique, de jugement moral autonome.

 

Or l’ignorance des élèves ne constitue pas un dysfonctionnement, mais est un élément nécessaire et une condition du développement de nos sociétés modernes.

 

La cause en est que notre modernité se définit par la systématisation du capitalisme.

 

L’Économie politique veut ordonner la vie humaine de façon purement « rationnelle ». Elle prend pour modèle la mécanique newtonienne, et considère les individus comme des atomes unifiés par le Marché autorégulateur.

 

C’est le dogme capital de la doctrine libérale : laissé à lui-même, le Marché nous conduirait au Bonheur. Les réformes veulent donc supprimer tout ce qui lui fait obstacle, dans les lois et dans les mœurs.

 

Il faut donc, pour nos apôtres de la Révolution libérale permanente, (re)faire de l’homme ce qu’il est : un individu parfaitement « libre », c’est-à-dire parfaitement égoïste et ignorant. Aucune valeur absolue, affective ou morale, l’attachant à une terre et des hommes ou à des principes, ne doit venir entraver en lui le calcul des valeurs d’échange.

 

Or, si le capitalisme a pu se développer jusqu’à présent, être viable voire émancipateur, c’est en conservant une sphère d’action limitée, et en sachant s’appuyer sur les réserves de sociabilité des communautés traditionnelles. Mais vouloir rendre son règne absolu, supprimer tout ce pour quoi l’homme est capable de sacrifier son intérêt, c’est en finir avec la culture, avec l’humanité comme valeur. L’histoire de cette volonté est pourtant celle des trente dernières années.

 

Pour créer l’homo œconomicus que postule et veut la théorie, il faut donc que l’École cesse de transmettre des principes théoriques et moraux archaïques, qu’elle en finisse avec la culture classique et les humanités.

 

En France, l’esprit de Mai 68 permet la destruction de tout ce qui pouvait résister au capitalisme. Les naïfs libertaires servent le cynisme libéral en détruisant les valeurs qui ne sont pas d’échange, des autorités qui ne sont pas boursières. Ils offrent au système capitaliste l’élément anthropologique qui lui manquait en instituant le règne du consommateur, porté par la seule immédiateté de ses désirs.

 

Les réformes de l’École, dictées par les institutions internationales et les multinationales, fournissent ainsi à l’économie :

 

§ Une minorité d’excellence, où les enfants de l’élite continuent d’être éduqués de façon valable (i.e. où la valeur de la discipline et l’autorité du savoir conservent tout leur sens) ;

 

§ Un ensemble de cadres d’exécution, formés pour des routines dépendant du contexte technologique, se réadaptant grâce aux stages et didacticiels de l’enseignement continu ;

 

§ Mais pour les 4/5 de la population, voués à être inutiles économiquement, et dont on doit pourtant assurer la gouvernabilité, tout savoir serait inutile ou dangereux. Il convient donc d’enseigner l’ignorance, ce qui ne va pas de soi. Les professeurs en particulier doivent être rééduqués ; soumis aux gardes rouges des « sciences de l’éducation », ils doivent renier leur savoir, et devenir les animateurs d’une École-Lieu de vie grande ouverte à la société civile, à ses pulsions, ses intérêts, ses modes publicitaires.

 

Gauche libertaire et Droite libérale se donnent la main d’une façon qui n’est qu’apparemment paradoxale pour répondre aux exigences des soixante-huitards et du patronat. Les pédagogismes les mieux-pensants organisent la fin de la distinction par les humanités bourgeoises, et ouvrent la vieille École au monde moderne de la communication, de l’affiche publicitaire et de la culture d’entreprise. En fait, c’est bien la Gauche et son obsession du mouvement qui peut le mieux en finir avec la transmission des valeurs du passé, c’est-à-dire avec l’éducation. Elle nous abandonne ainsi, décomplexés, invertébrés, au marketing du présent.

 

La destruction de l’École s’accompagne, de façon plus efficace encore, d’un dressage anthropologique orchestré par les médias et les industries de loisir. Une culture jeune s’impose dans les esprits qui uniformément se veulent les hédonistes rebelles prônés par les multinationales du « tittytainment » (sorte de panem et cirenses post moderne selon lequel deux dixièmes de la population mondiale suffisent à assurer la production, la population surnuméraire devant être encadré en la dérivant vers un abêtissement généralisé).

 

Si par malheur le capitalisme a déjà produit en quantité suffisante l’homme nouveau conforme à sa vision ; si la domination spectaculaire a pu élever une génération pliée à ses lois et replier sur nous la boucle de l’ignorance ; si les charlatans sont déjà parvenus à conformer le réel à leurs dogmes absurdes, alors le vrai aura bien été un moment du faux, et toute résistance est devenue illusoire.

 

Sources : par Philippe B

 Florent Jullien

Tags : Enseignement




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81 réactions à cet article    


  • 26 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 13:24

    Il y a un fait révélateur : jamais Michéa ou Clouscard ne seront ne serait-ce que cités dans les Universités françaises acquises à la gôôôche.


    • 16 votes
      maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 13:32
      Ou alors, on le citera comme étant un rouge brun d’extrème droooate. Michéa face à la stratégie Godwin.

    • 9 votes
      Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 13:35

      À noter que Frédéric Lordon est l’un des rares penseurs "médiatiques" à être pris au sérieux à l’Université et que l’on a droit de citer dans les copies. Mais Lordon soigne davantage son image.


    • 7 votes
      Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 février 2014 13:40

      Et pourtant Lordon dit à peu près la même chose que Marine Lepen au sujet de la politique économique et monétaire. La vie est vraiment une pièce de théâtre comique !


    • 4 votes
      maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 13:51

      Lordon a l’intelligence d’  avoir une croyance sans limite face aux progrès sociétaux, c’est ce qui le sauve aux yeux du système.


    • 4 votes
      klendatu 14 février 2014 14:16

      Oui. C’est bien le problème avec Lordon. Michea vient pourtant également du marxisme et a fait une analyse autrement plus circonstanciée en ce domaine.


    • 2 votes
      Zatara zatara 14 février 2014 14:22

      Pourriez vous développez sur Lordon ?? Merci d’avance !



    • 7 votes
      Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 14:28

      Oui, c’est assez long à expliquer, disons que Lordon a tout de même, malgré la pertinence de ses analyses et une intelligence indéniable, le souci de faire parti du camp du bien, le camp du progrès inéluctââââble...


    • vote
      Machiavel 14 février 2014 22:05

      Dès la maternelle nos petiots doivent apprendre à se mettre en rang pour devenir les bons zombies du système " Metropolis " que leurs parents ont élu .
      il est jamais trop tard pour en prendre conscience ...


    • 4 votes
      Caracole Caracole 15 février 2014 13:35

      Pour info, au collège 1984 et la ferme des animaux d’Orwell font partie des oeuvres les plus enseignées (mais aussi Hugo, Flaubert, Balzac, Chateaubriand, des gauchistes aussi pour vous ?!).
      .
      Pour ce qui est de Michéa et Clouscard, ce ne sont pas des chercheurs mais des vulgarisateurs / idéologues, je ne vois pas dans quelle discipline ils pourraient être enseignés à l’université.
      .
      Arrêtez de voir tout à travers votre idéologie décadentiste qui vous place en inquisiteur permanent de la société. Si vous voulez changer l’école, devenez prof de droite (ca existe, vous ne serez pas seuls ne vous inquiétez pas) et vous choisirez les ouvrages que vous enseignerez, car à tout niveau, une grande liberté est tout de même laissée aux enseignants dans le choix des auteurs.
      .
      Voilà le problème de donner son avis sur tout, on applique bêtement un filtre idéologique globalisant, manipulant la réalité au service de son ego sans comprendre réellement les enjeux réels auxquels sont confrontés les enseignants et les élèves/étudiants.


    • 3 votes
      Zaraï Sarah 15 février 2014 13:50

      @Éric Guéguen


      "Universités françaises acquises à la gôôôch"


      @l’auteur

      "En fait, c’est bien la Gauche et son obsession du mouvement qui peut le mieux en finir avec la transmission des valeurs du passé,"


      Grosse erreur, la "droite" en fait tout autant mais de manière plus pernicieuse. 


      Arrêtez avec cette opposition factice "gauche-droite".


      De fait, les "réformes" ayant eu pour effet de dégrader l’instruction, sous les prétextes officiels les plus divers, ont commencé sous Pompidou et Giscard (RPR-UDF, aujourd’hui UMP-Nouveau Centre).


    • vote
      Éric Guéguen Éric Guéguen 16 février 2014 09:40

      @ Sarah :
       
      Les réformes imprudentes ont surtout toutes commencé après un certain mois de mai...


    • vote
      Éric Guéguen Éric Guéguen 16 février 2014 09:43

      @ Caracole :
       
      Clouscard est un "vulgarisateur" ? Caracole, à quel niveau d’implication dans le progrès n’est-on plus "vulgarisateur" ? La gauche s’est faite une spécialité de sujets sociaux qui n’ont rien à foutre à l’école, c’est un fait. Et c’est un fait que dénonçait précisément - en autres - Clouscard, homme de gauche.


    • vote
      Éric Guéguen Éric Guéguen 16 février 2014 11:19

      Errata :
       
      La gauche s’est faite une spécialité de l’introduction de sujets sociaux à l’école, alors qu’ils n’ont rien à y faire. Ça, c’est un fait. Et c’est un fait que dénonçait précisément - entre autres - Clouscard, homme de gauche.


    • vote
      Caracole Caracole 16 février 2014 13:04

      Pardon, "vulgarisateur" est une expression assez moche je vous l’accorde. Clouscard n’était pas un chercheur à proprement parler, bien plutôt un penseur politique, donc en effet, on pourrait l’étudier à Science Po, c’est d’ailleurs peut être le cas. N’ayant pas suivi cette filière, je ne me prononcerai pas la dessus.


    • 1 vote
      cathy30 cathy30 14 février 2014 13:38

      Une mécanique bien huilée !


      • 4 votes
        un primate un primate 14 février 2014 13:52

        Sans doute sommes-nous une des dernières générations éduquées "à l’ancienne".


        En dépit de tout le lavage de cerveau que nous subissons via le marketing, nous sommes encore humanistes, individualistes, râleurs, un peu enracinés, hétéro-normés. 

        La plupart d’entre nous n’est déjà plus d’usage pour le capitalisme actuel.

        Le futur proche ne sera pas radieux. Adieu ! 

        • 2 votes
          Caracole Caracole 15 février 2014 13:37

          Quand on voit le niveau d’analyse, on peut se dire que la fin de l’enseignement "à l’ancienne" comme vous l’appelez est plutôt une bonne chose.


        • 1 vote
          tousensemble tousensemble 22 février 2014 10:23

          UNE BENEDICTION OUI  POUR LES ELUS ET LEURS AMIS RICHES OU DU MEDEF !!!!!!!!!!!!!!!!!!

          salaire d’un instit en FRANCE : LA MOITIE DE LA PAYE D UN INSTIT US...ANGLAIS OU ALLEMAND MEME SUISSE
          IGNORANCE CALCULEE POUR TRANSFORMER LES CITOYENS EN MOUTONS ET LES GOSSES DE RICHES EN ELITES !!!!!!!!!!!!!!!!!


        • 1 vote
          Zatara zatara 14 février 2014 14:04

          Salut maq,
          toujours super intéressant, merci
          j’ai pas encore vu la vidéo mais par rapport à ton article, je pense qu’il faut avoir en tête que le but final, à mon sens, n’est pas, par définition, de préparer ou d’opérer un basculement global des masses, pour que tout le monde fasse partie du grand marché œcuménique. Je vois une version un peu plus...disons "elysiumienne".


          • 1 vote
            maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 14:26

            Je n’ ai pas vu le film Elysium , que voulez vous dire ?


          • 3 votes
            Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 14:30

            Un film très manichéen, un ratage politique, couru d’avance.


          • vote
            Zatara zatara 14 février 2014 14:51

            Je n’ai pas dis que c’était un bon film, ni que je voyais la chose exactement comme ce film, c’était juste pour l’image. Maintenant, pour être clair, je pense que le capitalisme tel qu’il est voulu (car finalement autorisé) aujourd’hui, c’est à dire sous une forme extrêmement libéral et agressif ( au passage, je ne suis pas anticapitaliste, je suis pour le démantèlement de toute forme de pouvoir abusif et sans contrôle) est vendu comme un accélérateur de mondialisation (et tout le baratin à base de disparition de guerre, etc). Plus il sera agressif, et plus vite sera réalisé la mondialisation (parce que la fin du pétrole arrivant, il reste pas beaucoup de temps pour déployer le grand marché) mais qui se trouve être un système permettant l’avènement d’une super classe internationale. Il ne doit y avoir qu’un seul chef


          • vote
            Zatara zatara 14 février 2014 14:59

            quand je dis qu’un seul chef, je sous-tends un seul organigramme. Et non, qu’on ne me ressorte pas ce bon vieux mot de conspirationniste. Il ne s’agit même pas d’un complot, ce n’est pas caché.


          • 8 votes
            Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 15:03

            Ça n’est pas caché, non, c’est ignoré, dans toutes les acceptions du terme.


          • vote
            Zatara zatara 14 février 2014 15:29

            je ne suis pas sûr de bien te comprendre (désolé) :
            ignoré dans le sens de ne pas savoir.
            ignoré dans le sens de, quand bien même on serait au courant, on s’en fiche parce que ça n’a aucun impact direct.
            ignoré parce que ça n’a tout simplement aucun sens, ce genre élucubration...


          • vote
            Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 15:44

            Tout ça à la fois.

            Ignoré au sens de boudé, et boudé parce que "prise de tête" et donc chiant à comprendre.

            Et ignoré au sens de non su par légèreté et imprudence.


          • vote
            Zatara zatara 14 février 2014 14:08

            Orwell s’est planté : à terme, le prolétariat n’a pas vocation à être intégré dans le nouveau "système"


            • 4 votes
              Phaeton Phaeton 14 février 2014 14:18

              Non Orwell ne s’est pas planté, il a écrit un roman pas une divination....
               

              Et puis vous le citez de nos jours, donc non tout va bien pour son oeuvre...


            • 10 votes
              Romios Romios 14 février 2014 14:21

              La sexualisation précoce que met en place l’OMS dans ses "Standards pour l’education secuelle en Europe" est un mécanisme pertubant l’enseignement normal des connaissances. 


              Les enfants précocement exposés à la sexualité, c’est à dire avant d’être capable de la gérer intellectuellement présentent systématiquement des troubles du comportement, des retards à l’apprentissage et des comportement agressifs et violents.

              C’est pourquoi la tradition protège "l’innocence enfantine" qui est en réalité un procésus protecteur de négation spontané de la sexualité aux ages pré-nubiles (âge de la pudeur) qui s’efface progressivement (avec les troubles qu’on connait) lors de l’adolescence.


              Voir page 38 : Enseignement de la masturbation infantile aux moins de 4 ans. Information sur l’homosexualite (toujours aux moins de 4 ans) et incitation à "jouer au docteur"

              • 6 votes
                Qamarad Qamarad 14 février 2014 15:12

                Salut MaQ,
                Excellent résumé de la thèse de michéa.

                Une précision cependant :

                Je tiens à préciser, pour avoir été dans une école catholique privé, que la baisse du niveau est généralisée ! Elles est moindre dans ses milieux certes, mais, j’ai toujours été atterré de voir le niveau même dans ses classes, qui ont le même programme que les autres avec seulement un peu de discipline dans les classes.

                Puisqu’on en parle, je dirais que le niveau de conscience critique d’étudiant de science po, du cadre d’entreprise et du salarié précaire est le même. La différence se situe dans l’acquisition, disons le bourrage de crâne, de certaines méthodes. Pour avoir vu certains étudiants de science po fiers de leur bêtise abyssale, et on constate que chez eux les savoirs fondamentaux sont également manquants par certains côtés, je peux vous dire que personne n’y échappera.

                Le seul maintien d’une forme d’excellence se situe néanmoins dans les mathématiques dans certaines filières. Ces gens iront malheureusement remplir, pour la plupart, des salles de marché.

                Je me demande même si ce n’est pas une contradiction supplémentaire de ce capitaliste consumériste : vouloir l’ignorance de tous et le savoir des uns pour que la machine fonctionne, alors que l’ignorance consumériste est tellement attractive que l’élite même commence à s’y adonner... Un peu comme si une contagion que l’on voulait restreinte se propageait à l’ensemble de l’architecture...

                D’ailleurs constatez le niveau des politiques formés "dans des filières d’excellence", le niveau est tel qu’il y a une désillusion généralisée.

                 


                • 7 votes
                  Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 15:20

                  Il suffit d’écouter parler notre Président :
                  "La France, il faut qu’elle s’en sorte... Le pays, il a du potentiel..."


                • 2 votes
                  maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 16:04

                  Salut Qamarad

                  Remarque intéressante. Il y’ a donc deux hypothèses :

                  - On peut penser que même l’élite se fera absorbée par l’ignorance généralisée.

                  -Ou alors elle arrivera à se préserver du phénomène global et fera office d’ilot du savoir.

                  S’il fallait décrire grossièrement la structure de classe vers laquelle nous conduit la dynamique, je spéculerai en disant qu’ elle serait constituée :

                  -D’une hyperclasse nomade : il s’agit du haut du panier, pas même 0.001 % de la population mondiale. Elle serait chargée de formuler les ordres en fonction de la situation tactique et au regard de la stratégie. Au regard de son role, elle doit échapper au phénomène global d’abrutissement et elle peut y arriver parce qu’elle est peu nombreuse et à condition de se structurer identitairement.

                  -D’une classe supérieure : les 1 %, qui doivent transmettre les ordres et, parfois, les interpréter. Le savoir reste une nécessité mais à un degré moindre, elle peut être atteinte par l’abêtissement généralisée mais pas trop en profondeur.

                  -D’une classe moyenne : les 20 % qui doivent comprendre les ordres et qui doivent donc être formé pour les exécuter, ce qui nécessite de la discipline. Le savoir n’est plus ceci une nécessité, seules les compétences techniques comptent. Pour la discipliner, elle doit passer par un bourrage de crane idéologique sans queue ni tête, par un conditionnement qui doit en faire des chiens de garde réagissant systématiquement de façon pavloviennes.

                  -D’ une classe inférieure : le reste, qui doit être maintenue au calme grâce à des dérivatifs abêtissant sans doute virtuel.

                  A ce schéma simpliste il faudrait rajouter plusieurs variables comme les oligarchies rivales etc. mais là ou je veux en venir, c’est que ce type de structure générale ne nécessite pour son fonctionnement que d’un noyau de capitaines (hyperclasse) d’un très bon niveau.


                • vote
                  maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 16:24

                  je dirais que le niveau de conscience critique d’étudiant de science po, du cadre d’entreprise et du salarié précaire est le même. La différence se situe dans l’acquisition, disons le bourrage de crâne, de certaines méthodes. Pour avoir vu certains étudiants de science po fiers de leur bêtise abyssale, et on constate que chez eux les savoirs fondamentaux sont également manquants par certains côtés, je peux vous dire que personne n’y échappera. D’ailleurs constatez le niveau des politiques formés "dans des filières d’excellence", le niveau est tel qu’il y a une désillusion généralisée.

                  —> Tout à fait. Le politicien moyen n’est qu’un exécutant faisant partie de la partie supérieure des 20 % oub alors pour les meilleurs, la partie inférieure des 1 %.

                  A vrai dire dans cette structure sociale, le seul rôle du politique est de faire perdurer l’illusion » démocratique « (notez bien les guillemets inversés) et de séduire les foules par les suffrages. Pendant ce temps, là les vraies décisions seront prises ailleurs.

                   

                  -Le seul maintien d’une forme d’excellence se situe néanmoins dans les mathématiques dans certaines filières. Ces gens iront malheureusement remplir, pour la plupart, des salles de marché. 

                  —> Exact  !


                • vote
                  Zatara zatara 14 février 2014 17:09

                  @ maQ fly

                  -D’ une classe inférieure : le reste, qui doit être maintenue au calme grâce à des dérivatifs abêtissant sans doute virtuel.

                  Je suis tout à fait d’accord avec la description du système que tu (si tu me permets) fais sauf que je me demande si, à plus long terme, la classe inférieur ne sera pas abandonner, laisser à son sort. Si on pousse la logique jusqu’au bout, cette classe demandera trop de ressource pour un retour sur investissement bien trop faible...d’ou une épuration par séparation physique (mur, enceinte, camp, etc), c’est à dire l’enfermer dehors si je peux me permettre, soit d’autre moyen pour y mettre en fin (y’a le choix les amis)


                • vote
                  maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 17:18

                  @zatara

                  C’ est bien dans ce sens là que nous emmène la dynamique, cette séparation en cours dans les Etats américain en faillite.

                  Si il y’ a de nouveaux débouchés énergétiques et en ressources, la classe inférieure pourra de nouveau être incorporé au schéma par la consommation.

                   On va effectivement vers un capitalisme latent de marché très petits de gens très riches. Si il y’ a de nouveaux débouchés énergétiques et en ressources, la classe inférieure pourra de nouveau être incorporé au schéma par la consommation.


                • vote
                  Zatara zatara 14 février 2014 17:23

                  super lien, merci maQ


                • 1 vote
                  Qamarad Qamarad 14 février 2014 19:08

                  @MaQ
                  "-D’une hyperclasse nomade : il s’agit du haut du panier, pas même 0.001 % de la population mondiale. Elle serait chargée de formuler les ordres en fonction de la situation tactique et au regard de la stratégie. Au regard de son role, elle doit échapper au phénomène global d’abrutissement et elle peut y arriver parce qu’elle est peu nombreuse et à condition de se structurer identitairement. "
                  Exact, quand je parlais d’abrutissement généralisé, je pensais en terme de nation, dans un cadre national. Ceci est déjà dépassé. L’hyper-classe a une éducation effectivement à part. En Inde notamment, les fils de milliardaires sont éduqués à l’ancienne : internat, rigueur militaire, journées longues et enseignement de qualité. L’hyper-classe du tiers-monde est encore figée dans le modèle ancien. En ce qui concerne celle en provenance d’occident (Europe +USA), j’exclus volontairement les pays asiatiques tels que le Japon, je suis un peu plus pessimiste pour celle d’occident qui fréquente les mêmes universités et écoles que la classe moyenne, et aussi la classe politique.
                  Le constat global se tient pour moi.

                  Sur les filières mathématiques dont Math sup, cela pourrait se retourner contre le système. Je connais des types brillants, géniaux qui ne se fourvoient pas dans le trading. Je remarque aussi que beaucoup de maghrébins ont réussi à s’élever socialement grâce à ces filières d’excellence. Ils y sont de plus en plus présents. Ces gens sont d’une intelligence supérieure, j’en ai fréquenté quelques uns. La France est vraiment en pointe en ce domaine, d’où l’excellence pas totalement potentialisée dans l’aéronautique, dans électronique aussi.
                   


                • 1 vote
                  bobforrester 14 février 2014 16:26

                  bonjour


                  Oui d accord mais pk évoquer les gardes rouges quand ce sont des socio démocrates = socialistes en paroles libéraux en fait qui sont aux manettes ? Il serait plus logique de parler de La Hitlerjugend !car nous sommes bien dans une dictature OUVERTE de droite depuis que les négationnistes d’un nouveau genre se sont assis sur le referendum de 2005 non ?


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