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L’enseignement de l’ignorance

Lecture d’un extrait de « L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes" de Jean Claude Michéa.

 

 

Ce livre a eu le mérite de révéler et penser la catastrophe organisée qui frappe l’École de la République, depuis une quarantaine d’années maintenant, sous les gouvernements de droite comme de gauche. Voici présenté ici un résumé de L’enseignement de l’ignorance :

 

On constate de façon évidente le progrès de l’ignorance, à la fois comme défaut de savoir structuré, de capacité théorique élémentaire, et comme manque de sens critique, de jugement moral autonome.

 

Or l’ignorance des élèves ne constitue pas un dysfonctionnement, mais est un élément nécessaire et une condition du développement de nos sociétés modernes.

 

La cause en est que notre modernité se définit par la systématisation du capitalisme.

 

L’Économie politique veut ordonner la vie humaine de façon purement « rationnelle ». Elle prend pour modèle la mécanique newtonienne, et considère les individus comme des atomes unifiés par le Marché autorégulateur.

 

C’est le dogme capital de la doctrine libérale : laissé à lui-même, le Marché nous conduirait au Bonheur. Les réformes veulent donc supprimer tout ce qui lui fait obstacle, dans les lois et dans les mœurs.

 

Il faut donc, pour nos apôtres de la Révolution libérale permanente, (re)faire de l’homme ce qu’il est : un individu parfaitement « libre », c’est-à-dire parfaitement égoïste et ignorant. Aucune valeur absolue, affective ou morale, l’attachant à une terre et des hommes ou à des principes, ne doit venir entraver en lui le calcul des valeurs d’échange.

 

Or, si le capitalisme a pu se développer jusqu’à présent, être viable voire émancipateur, c’est en conservant une sphère d’action limitée, et en sachant s’appuyer sur les réserves de sociabilité des communautés traditionnelles. Mais vouloir rendre son règne absolu, supprimer tout ce pour quoi l’homme est capable de sacrifier son intérêt, c’est en finir avec la culture, avec l’humanité comme valeur. L’histoire de cette volonté est pourtant celle des trente dernières années.

 

Pour créer l’homo œconomicus que postule et veut la théorie, il faut donc que l’École cesse de transmettre des principes théoriques et moraux archaïques, qu’elle en finisse avec la culture classique et les humanités.

 

En France, l’esprit de Mai 68 permet la destruction de tout ce qui pouvait résister au capitalisme. Les naïfs libertaires servent le cynisme libéral en détruisant les valeurs qui ne sont pas d’échange, des autorités qui ne sont pas boursières. Ils offrent au système capitaliste l’élément anthropologique qui lui manquait en instituant le règne du consommateur, porté par la seule immédiateté de ses désirs.

 

Les réformes de l’École, dictées par les institutions internationales et les multinationales, fournissent ainsi à l’économie :

 

§ Une minorité d’excellence, où les enfants de l’élite continuent d’être éduqués de façon valable (i.e. où la valeur de la discipline et l’autorité du savoir conservent tout leur sens) ;

 

§ Un ensemble de cadres d’exécution, formés pour des routines dépendant du contexte technologique, se réadaptant grâce aux stages et didacticiels de l’enseignement continu ;

 

§ Mais pour les 4/5 de la population, voués à être inutiles économiquement, et dont on doit pourtant assurer la gouvernabilité, tout savoir serait inutile ou dangereux. Il convient donc d’enseigner l’ignorance, ce qui ne va pas de soi. Les professeurs en particulier doivent être rééduqués ; soumis aux gardes rouges des « sciences de l’éducation », ils doivent renier leur savoir, et devenir les animateurs d’une École-Lieu de vie grande ouverte à la société civile, à ses pulsions, ses intérêts, ses modes publicitaires.

 

Gauche libertaire et Droite libérale se donnent la main d’une façon qui n’est qu’apparemment paradoxale pour répondre aux exigences des soixante-huitards et du patronat. Les pédagogismes les mieux-pensants organisent la fin de la distinction par les humanités bourgeoises, et ouvrent la vieille École au monde moderne de la communication, de l’affiche publicitaire et de la culture d’entreprise. En fait, c’est bien la Gauche et son obsession du mouvement qui peut le mieux en finir avec la transmission des valeurs du passé, c’est-à-dire avec l’éducation. Elle nous abandonne ainsi, décomplexés, invertébrés, au marketing du présent.

 

La destruction de l’École s’accompagne, de façon plus efficace encore, d’un dressage anthropologique orchestré par les médias et les industries de loisir. Une culture jeune s’impose dans les esprits qui uniformément se veulent les hédonistes rebelles prônés par les multinationales du « tittytainment » (sorte de panem et cirenses post moderne selon lequel deux dixièmes de la population mondiale suffisent à assurer la production, la population surnuméraire devant être encadré en la dérivant vers un abêtissement généralisé).

 

Si par malheur le capitalisme a déjà produit en quantité suffisante l’homme nouveau conforme à sa vision ; si la domination spectaculaire a pu élever une génération pliée à ses lois et replier sur nous la boucle de l’ignorance ; si les charlatans sont déjà parvenus à conformer le réel à leurs dogmes absurdes, alors le vrai aura bien été un moment du faux, et toute résistance est devenue illusoire.

 

Sources : par Philippe B

 Florent Jullien

Tags : Enseignement




Réagissez à l'article

68 réactions à cet article    


  • 26 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 13:24

    Il y a un fait révélateur : jamais Michéa ou Clouscard ne seront ne serait-ce que cités dans les Universités françaises acquises à la gôôôche.


    • 16 votes
      maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 13:32
      Ou alors, on le citera comme étant un rouge brun d’extrème droooate. Michéa face à la stratégie Godwin.

    • 9 votes
      Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 13:35

      À noter que Frédéric Lordon est l’un des rares penseurs "médiatiques" à être pris au sérieux à l’Université et que l’on a droit de citer dans les copies. Mais Lordon soigne davantage son image.


    • 7 votes
      Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 février 2014 13:40

      Et pourtant Lordon dit à peu près la même chose que Marine Lepen au sujet de la politique économique et monétaire. La vie est vraiment une pièce de théâtre comique !


    • 4 votes
      maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 13:51

      Lordon a l’intelligence d’  avoir une croyance sans limite face aux progrès sociétaux, c’est ce qui le sauve aux yeux du système.


    • 4 votes
      klendatu 14 février 2014 14:16

      Oui. C’est bien le problème avec Lordon. Michea vient pourtant également du marxisme et a fait une analyse autrement plus circonstanciée en ce domaine.



    • 7 votes
      Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 14:28

      Oui, c’est assez long à expliquer, disons que Lordon a tout de même, malgré la pertinence de ses analyses et une intelligence indéniable, le souci de faire parti du camp du bien, le camp du progrès inéluctââââble...


    • vote
      Machiavel 14 février 2014 22:05

      Dès la maternelle nos petiots doivent apprendre à se mettre en rang pour devenir les bons zombies du système " Metropolis " que leurs parents ont élu .
      il est jamais trop tard pour en prendre conscience ...


    • 4 votes
      Caracole Caracole 15 février 2014 13:35

      Pour info, au collège 1984 et la ferme des animaux d’Orwell font partie des oeuvres les plus enseignées (mais aussi Hugo, Flaubert, Balzac, Chateaubriand, des gauchistes aussi pour vous ?!).
      .
      Pour ce qui est de Michéa et Clouscard, ce ne sont pas des chercheurs mais des vulgarisateurs / idéologues, je ne vois pas dans quelle discipline ils pourraient être enseignés à l’université.
      .
      Arrêtez de voir tout à travers votre idéologie décadentiste qui vous place en inquisiteur permanent de la société. Si vous voulez changer l’école, devenez prof de droite (ca existe, vous ne serez pas seuls ne vous inquiétez pas) et vous choisirez les ouvrages que vous enseignerez, car à tout niveau, une grande liberté est tout de même laissée aux enseignants dans le choix des auteurs.
      .
      Voilà le problème de donner son avis sur tout, on applique bêtement un filtre idéologique globalisant, manipulant la réalité au service de son ego sans comprendre réellement les enjeux réels auxquels sont confrontés les enseignants et les élèves/étudiants.


    • 3 votes
      Zaraï Sarah 15 février 2014 13:50

      @Éric Guéguen


      "Universités françaises acquises à la gôôôch"


      @l’auteur

      "En fait, c’est bien la Gauche et son obsession du mouvement qui peut le mieux en finir avec la transmission des valeurs du passé,"


      Grosse erreur, la "droite" en fait tout autant mais de manière plus pernicieuse. 


      Arrêtez avec cette opposition factice "gauche-droite".


      De fait, les "réformes" ayant eu pour effet de dégrader l’instruction, sous les prétextes officiels les plus divers, ont commencé sous Pompidou et Giscard (RPR-UDF, aujourd’hui UMP-Nouveau Centre).


    • vote
      Éric Guéguen Éric Guéguen 16 février 2014 09:40

      @ Sarah :
       
      Les réformes imprudentes ont surtout toutes commencé après un certain mois de mai...


    • vote
      Éric Guéguen Éric Guéguen 16 février 2014 09:43

      @ Caracole :
       
      Clouscard est un "vulgarisateur" ? Caracole, à quel niveau d’implication dans le progrès n’est-on plus "vulgarisateur" ? La gauche s’est faite une spécialité de sujets sociaux qui n’ont rien à foutre à l’école, c’est un fait. Et c’est un fait que dénonçait précisément - en autres - Clouscard, homme de gauche.


    • vote
      Éric Guéguen Éric Guéguen 16 février 2014 11:19

      Errata :
       
      La gauche s’est faite une spécialité de l’introduction de sujets sociaux à l’école, alors qu’ils n’ont rien à y faire. Ça, c’est un fait. Et c’est un fait que dénonçait précisément - entre autres - Clouscard, homme de gauche.


    • vote
      Caracole Caracole 16 février 2014 13:04

      Pardon, "vulgarisateur" est une expression assez moche je vous l’accorde. Clouscard n’était pas un chercheur à proprement parler, bien plutôt un penseur politique, donc en effet, on pourrait l’étudier à Science Po, c’est d’ailleurs peut être le cas. N’ayant pas suivi cette filière, je ne me prononcerai pas la dessus.


    • 1 vote
      cathy30 cathy30 14 février 2014 13:38

      Une mécanique bien huilée !


      • 4 votes
        un primate un primate 14 février 2014 13:52

        Sans doute sommes-nous une des dernières générations éduquées "à l’ancienne".


        En dépit de tout le lavage de cerveau que nous subissons via le marketing, nous sommes encore humanistes, individualistes, râleurs, un peu enracinés, hétéro-normés. 

        La plupart d’entre nous n’est déjà plus d’usage pour le capitalisme actuel.

        Le futur proche ne sera pas radieux. Adieu ! 

        • 2 votes
          Caracole Caracole 15 février 2014 13:37

          Quand on voit le niveau d’analyse, on peut se dire que la fin de l’enseignement "à l’ancienne" comme vous l’appelez est plutôt une bonne chose.


        • 1 vote
          tousensemble tousensemble 22 février 2014 10:23

          UNE BENEDICTION OUI  POUR LES ELUS ET LEURS AMIS RICHES OU DU MEDEF !!!!!!!!!!!!!!!!!!

          salaire d’un instit en FRANCE : LA MOITIE DE LA PAYE D UN INSTIT US...ANGLAIS OU ALLEMAND MEME SUISSE
          IGNORANCE CALCULEE POUR TRANSFORMER LES CITOYENS EN MOUTONS ET LES GOSSES DE RICHES EN ELITES !!!!!!!!!!!!!!!!!


        • 10 votes
          Romios Romios 14 février 2014 14:21

          La sexualisation précoce que met en place l’OMS dans ses "Standards pour l’education secuelle en Europe" est un mécanisme pertubant l’enseignement normal des connaissances. 


          Les enfants précocement exposés à la sexualité, c’est à dire avant d’être capable de la gérer intellectuellement présentent systématiquement des troubles du comportement, des retards à l’apprentissage et des comportement agressifs et violents.

          C’est pourquoi la tradition protège "l’innocence enfantine" qui est en réalité un procésus protecteur de négation spontané de la sexualité aux ages pré-nubiles (âge de la pudeur) qui s’efface progressivement (avec les troubles qu’on connait) lors de l’adolescence.


          Voir page 38 : Enseignement de la masturbation infantile aux moins de 4 ans. Information sur l’homosexualite (toujours aux moins de 4 ans) et incitation à "jouer au docteur"

          • 6 votes
            Qamarad Qamarad 14 février 2014 15:12

            Salut MaQ,
            Excellent résumé de la thèse de michéa.

            Une précision cependant :

            Je tiens à préciser, pour avoir été dans une école catholique privé, que la baisse du niveau est généralisée ! Elles est moindre dans ses milieux certes, mais, j’ai toujours été atterré de voir le niveau même dans ses classes, qui ont le même programme que les autres avec seulement un peu de discipline dans les classes.

            Puisqu’on en parle, je dirais que le niveau de conscience critique d’étudiant de science po, du cadre d’entreprise et du salarié précaire est le même. La différence se situe dans l’acquisition, disons le bourrage de crâne, de certaines méthodes. Pour avoir vu certains étudiants de science po fiers de leur bêtise abyssale, et on constate que chez eux les savoirs fondamentaux sont également manquants par certains côtés, je peux vous dire que personne n’y échappera.

            Le seul maintien d’une forme d’excellence se situe néanmoins dans les mathématiques dans certaines filières. Ces gens iront malheureusement remplir, pour la plupart, des salles de marché.

            Je me demande même si ce n’est pas une contradiction supplémentaire de ce capitaliste consumériste : vouloir l’ignorance de tous et le savoir des uns pour que la machine fonctionne, alors que l’ignorance consumériste est tellement attractive que l’élite même commence à s’y adonner... Un peu comme si une contagion que l’on voulait restreinte se propageait à l’ensemble de l’architecture...

            D’ailleurs constatez le niveau des politiques formés "dans des filières d’excellence", le niveau est tel qu’il y a une désillusion généralisée.

             


            • 7 votes
              Éric Guéguen Éric Guéguen 14 février 2014 15:20

              Il suffit d’écouter parler notre Président :
              "La France, il faut qu’elle s’en sorte... Le pays, il a du potentiel..."


            • 2 votes
              maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 16:04

              Salut Qamarad

              Remarque intéressante. Il y’ a donc deux hypothèses :

              - On peut penser que même l’élite se fera absorbée par l’ignorance généralisée.

              -Ou alors elle arrivera à se préserver du phénomène global et fera office d’ilot du savoir.

              S’il fallait décrire grossièrement la structure de classe vers laquelle nous conduit la dynamique, je spéculerai en disant qu’ elle serait constituée :

              -D’une hyperclasse nomade : il s’agit du haut du panier, pas même 0.001 % de la population mondiale. Elle serait chargée de formuler les ordres en fonction de la situation tactique et au regard de la stratégie. Au regard de son role, elle doit échapper au phénomène global d’abrutissement et elle peut y arriver parce qu’elle est peu nombreuse et à condition de se structurer identitairement.

              -D’une classe supérieure : les 1 %, qui doivent transmettre les ordres et, parfois, les interpréter. Le savoir reste une nécessité mais à un degré moindre, elle peut être atteinte par l’abêtissement généralisée mais pas trop en profondeur.

              -D’une classe moyenne : les 20 % qui doivent comprendre les ordres et qui doivent donc être formé pour les exécuter, ce qui nécessite de la discipline. Le savoir n’est plus ceci une nécessité, seules les compétences techniques comptent. Pour la discipliner, elle doit passer par un bourrage de crane idéologique sans queue ni tête, par un conditionnement qui doit en faire des chiens de garde réagissant systématiquement de façon pavloviennes.

              -D’ une classe inférieure : le reste, qui doit être maintenue au calme grâce à des dérivatifs abêtissant sans doute virtuel.

              A ce schéma simpliste il faudrait rajouter plusieurs variables comme les oligarchies rivales etc. mais là ou je veux en venir, c’est que ce type de structure générale ne nécessite pour son fonctionnement que d’un noyau de capitaines (hyperclasse) d’un très bon niveau.


            • vote
              maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 16:24

              je dirais que le niveau de conscience critique d’étudiant de science po, du cadre d’entreprise et du salarié précaire est le même. La différence se situe dans l’acquisition, disons le bourrage de crâne, de certaines méthodes. Pour avoir vu certains étudiants de science po fiers de leur bêtise abyssale, et on constate que chez eux les savoirs fondamentaux sont également manquants par certains côtés, je peux vous dire que personne n’y échappera. D’ailleurs constatez le niveau des politiques formés "dans des filières d’excellence", le niveau est tel qu’il y a une désillusion généralisée.

              —> Tout à fait. Le politicien moyen n’est qu’un exécutant faisant partie de la partie supérieure des 20 % oub alors pour les meilleurs, la partie inférieure des 1 %.

              A vrai dire dans cette structure sociale, le seul rôle du politique est de faire perdurer l’illusion » démocratique « (notez bien les guillemets inversés) et de séduire les foules par les suffrages. Pendant ce temps, là les vraies décisions seront prises ailleurs.

               

              -Le seul maintien d’une forme d’excellence se situe néanmoins dans les mathématiques dans certaines filières. Ces gens iront malheureusement remplir, pour la plupart, des salles de marché. 

              —> Exact  !


            • vote
              maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 17:18

              @zatara

              C’ est bien dans ce sens là que nous emmène la dynamique, cette séparation en cours dans les Etats américain en faillite.

              Si il y’ a de nouveaux débouchés énergétiques et en ressources, la classe inférieure pourra de nouveau être incorporé au schéma par la consommation.

               On va effectivement vers un capitalisme latent de marché très petits de gens très riches. Si il y’ a de nouveaux débouchés énergétiques et en ressources, la classe inférieure pourra de nouveau être incorporé au schéma par la consommation.


            • 1 vote
              Qamarad Qamarad 14 février 2014 19:08

              @MaQ
              "-D’une hyperclasse nomade : il s’agit du haut du panier, pas même 0.001 % de la population mondiale. Elle serait chargée de formuler les ordres en fonction de la situation tactique et au regard de la stratégie. Au regard de son role, elle doit échapper au phénomène global d’abrutissement et elle peut y arriver parce qu’elle est peu nombreuse et à condition de se structurer identitairement. "
              Exact, quand je parlais d’abrutissement généralisé, je pensais en terme de nation, dans un cadre national. Ceci est déjà dépassé. L’hyper-classe a une éducation effectivement à part. En Inde notamment, les fils de milliardaires sont éduqués à l’ancienne : internat, rigueur militaire, journées longues et enseignement de qualité. L’hyper-classe du tiers-monde est encore figée dans le modèle ancien. En ce qui concerne celle en provenance d’occident (Europe +USA), j’exclus volontairement les pays asiatiques tels que le Japon, je suis un peu plus pessimiste pour celle d’occident qui fréquente les mêmes universités et écoles que la classe moyenne, et aussi la classe politique.
              Le constat global se tient pour moi.

              Sur les filières mathématiques dont Math sup, cela pourrait se retourner contre le système. Je connais des types brillants, géniaux qui ne se fourvoient pas dans le trading. Je remarque aussi que beaucoup de maghrébins ont réussi à s’élever socialement grâce à ces filières d’excellence. Ils y sont de plus en plus présents. Ces gens sont d’une intelligence supérieure, j’en ai fréquenté quelques uns. La France est vraiment en pointe en ce domaine, d’où l’excellence pas totalement potentialisée dans l’aéronautique, dans électronique aussi.
               


            • 1 vote
              bobforrester 14 février 2014 16:26

              bonjour


              Oui d accord mais pk évoquer les gardes rouges quand ce sont des socio démocrates = socialistes en paroles libéraux en fait qui sont aux manettes ? Il serait plus logique de parler de La Hitlerjugend !car nous sommes bien dans une dictature OUVERTE de droite depuis que les négationnistes d’un nouveau genre se sont assis sur le referendum de 2005 non ?

              • 2 votes
                maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 16:32

                Bonjour.

                Je vais vous dire franchement , pour moi , le clivage gauche /droite en terme de domination n’ a absolument aucun sens
                Il s’ agit de deux faces de la même médaille , des deux jambes sur lesquelles s’ appuient le système dans sa marche en avant. Et notez bien que je ne parle même pas de partis politiques ( l’ UMP et le PS sont exactement les mêmes quand on évacue la posture , pareil pour les républicains et démocrates ) , mais de partis idéologiques ( la gauche pour le progrès et la droite pour la réaction ).


              • 1 vote
                rakas 15 février 2014 19:50

                Tout à fait d’accord.

                Le problème est qu’il y a beaucoup plus de critiqques du progressisme sur agoravox que de critique de la réaction alors que les deux sont au service du capital.

              • vote
                maQiavel maQiavel1983 15 février 2014 20:42

                C’ est vrai  !


              • 3 votes
                herve_hum 14 février 2014 18:03

                Excellent maQiavel

                je note ceci
                 
                 Une minorité d’excellence, où les enfants de l’élite continuent d’être éduqués de façon valable (i.e. où la valeur de la discipline et l’autorité du savoir conservent tout leur sens)
                 
                Ce qui conforte bien ceci "la liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune car celle ci est imposé de l’extérieur".
                 
                En d’autres termes, l’enseignement de l’ignorance, consiste bien à limiter la capacité des gens à l’autodiscipline émancipatrice, pour les maintenir dans une apathie et incivilité passive ou faiblement active, justifiant leur mise sous tutelle étatique. Ce que dit très bien le doc à la 4ème minute.

                Personnellement, lorsqu’on a été aussi longtemps en condition d’esclave et péniblement élevé à la condition de serviteur, le passage à l’autodiscipline est un travail sur soi très long et éprouvant, dont j’avoue butter encore sur la dernière marche.

                 
                Pourquoi ? Parce que l’autodiscipline repose, prend appui sur sa propre volonté et non plus celle d’autrui. Voilà pourquoi elle est si difficile à atteindre et maintenir et si facile de se laisser aller au confort douillet de la tutelle étatique.


                • vote
                   Qanelle Qanelle 14 février 2014 20:03

                  salut MaQ, tu l’a en entier la conférence de Michéa sur l’enseignement de l’ignorance ?

                  Voila un chouette boulot pour moi.

                  • vote
                     Qanelle Qanelle 14 février 2014 20:06

                    tu l’as en entier.


                  • 1 vote
                    maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 20:11

                     Salut Qanelle.

                    Non , je ne l’ ai pas , je ne suis même pas sur que ça existe sur la toile.

                  • 1 vote
                     Qanelle Qanelle 14 février 2014 20:15

                    MaQ t’es ignorant ?


                  • 2 votes
                    maQiavel maQiavel1983 14 février 2014 20:39

                     smiley ......


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                    Socarate 14 février 2014 20:51

                    Zemmour soutient la "théorie du genre"... Il l’a montré ce week-end encore, sur Itélé, lors de son débat hebdomadaire avec Nicolas Domenach, en exhibant des "preuves" de la complicité sournoise de l’Education nationale. Des documents trouvés sur le site du théoricien d’extrême-droite, le désormais fameux Alain Soral, qui démontreraient que l’école publique française transforme d’ores et déjà les pré-adolescents de France en êtres hybrides, ni filles, ni garçons, et pire encore, peut-être en homosexuels.
                     Cette affaire de "théorie du genre", qui par ailleurs n’existe pas, est la dernière marotte des adeptes de la "manif pour tous". L’année dernière ils défilaient contre la loi sur le mariage homosexuel, pour les mêmes raisons proclamées. Non pas par aversion pour les homos, disent-ils, mais parce que derrière cette loi l’Etat viserait à détruire la famille. Avec la "théorie du genre", sortie toute chaude des cortèges de 2014, le péril serait encore plus catastrophique. Il s’agirait de détruire les enfants.
                     "On veut du sexe, pas du genre"’ proclamaient ainsi, hardiment, les banderoles de la semaine dernière. Ce qui fait horreur à Zemmour, dans cette "théorie" qui vise à pointer les modèles sociaux et culturels qui déterminent les garçons à se conduire d’une certaine manière, et les filles d’une autre façon, c’est qu’elle tendrait à abolir les lois naturelles, c’est à dire génétiques, qui font que les garçons sont des garçons et les filles sont des filles.
                     Un questionnaire a effectivement été mis en place à l’époque de Luc Chatel, et conservé depuis lors, qui demande aux lycéens et collégiens comment ils s’identifient sexuellement. Il serait selon Zemour la preuve du complot des adeptes de la "théorie du genre". La preuve que le virus est dans la place.
                     Et c’est là que commence l’équivoque.
                      Car officiellement Zemmour et ses amis, au premier rang desquels Béatrice Bourges, ne sont ni homophobes, ni adversaires de la recherche scientifiques. Ils ont seulement horreur du totalitarisme qui voudrait remodeler les garçons et les filles avec "des méthodes staliniennes".  Ils veulent uniquement protéger les jeunes générations.
                     Les préserver de quoi ? D’une théorie qui ferait d’eux des mutants androgynes. C’est donc qu’ils considèrent qu’un peu de propagande suffit à balayer "la loi naturelle", celle qui court dans nos gènes. En quelque sorte, à les écouter, l’être humain, garçon ou fille, pourrait ne pas être le produit de la nature, mais seulement d’une culture qu’on lui aurait imposé ! C’est la définition même de la" théorie du genre" telle que la présentent les plus extrémistes de ses partisans. Il suffirait d’un peu de conditionnement pour programmer une fille ou un garçon, et d’un peu de propagande pour les déprogrammer.
                       Zemmour et ses amis de la manif pour tous pensent qu’un simple formulaire suffit à transformer les garçons et les filles et ça les traumatise. S’ils combattent la "théorie du genre" c’est parce qu’ils y croient comme des damnés. Ne les bousculez pas. Ne leur dites pas trop fort que la nature est plus solide qu’ils le redoutent, ils seraient traumatisés. Laissez les faire leur "outing".


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                      Ricoxy2 Ricoxy2 15 février 2014 11:55

                      On en revient à « 1984 » de George Orwell : « L’ignorance, c’est la force »


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                        Caracole Caracole 15 février 2014 13:51

                        1984 d’Orwell étant je le répète largement enseigné en classe de 3ème au collège. L’ignorance, vous faites bien d’en parler.


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                        Caracole Caracole 15 février 2014 13:53

                        Oui, l’école va mal, mais pas pour les raisons que vous évoquez : la plupart des écoles ont de moins en moins de moyens, de nombreuses classes sans prof de francais ou de maths, des formations inutiles déconnectées du métier, pas assez de solidarité et une perte de conscience collective des enseignants.
                        .
                        La pédagogie au contraire n’a jamais été aussi riche et diversifiée. Alors c’est quoi vos propositions pédagogiques ? Moi je suis preneur hein ! J’ai étudié de nombreuses pédagogies des plus classiques aux plus alternatives, et je peux vous dire ma conclusion : tous les moyens sont bons, tout est dans l’adaptation à chaque situation. Etant confronté à des situations de plus en plus complexes, avec des élèves dont les parcours sont très divers, les niveaux très contrastés, les effectifs trop nombreux, il me semble impossible de revenir en arrière dans l’instruction magistrale d’une culture uniforme, et tant mieux !



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