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La pensée économique par Omar Aktouf

Omar Aktouf sur la perte de sens induite par ce qu’il est convenu de nommer « la science économique ».

Hamza Touaibia

Tags : Economie Société Culture Finance



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15 réactions à cet article


  • 2 votes
    yoananda yoananda 24 août 10:21

    La science économique s’est beaucoup renouvelée avec l’apport de la systémique et la cybernétique. Ces critiques sont désuètes.


    • 1 vote
      psychorigide psychorigide 24 août 14:37

      @yoananda

      Systémique/Cybernétique.... vous pourriez creuser un petit peu, car j’ai rien capté *


    • 2 votes
      yoananda yoananda 24 août 15:02

      @psychorigide
      je vais essayer.

      L’économie était au départ plus philosophique qu’autre chose, puis elle a essayé de se formaliser et de se "scientifiser" avec les outils des maths et de la physique au 19ème / 20ème. [d’ailleurs même les maths se sont progressivement formalisés dans le même temps]

      Mais, à l’époque, pour ainsi dire, les maths n’étaient efficients que pour les équations linéaires. Donc, l’économie s’est retrouvée à se rabattre sur des systèmes linéaires, donc à faire des grosses simplifications pour fixer certaines variables et retomber sur ses pattes mathématiques. L’économie se résumait alors à la recherche d’équilibre et faisait coller ses axiomes de départ pour que ça marche.

      Dans les années 70 elle a commencé à se tourner vers les nouveaux outils de la systémique qui eux sont adaptés / découlent de l’étude des systèmes non linéaires.

      Pour te donner un exemple : quand tu as 2 corps, la gravitation te permet de calculer les équations du mouvement de ces 2 corps, en rotation l’un autour de l’autre, c’est stable, c’est prévisible, on a une solution à l’équation.

      Mais dès que tu as 3 corps, alors, on ne sait plus prévoir le mouvement de ces corps, ça ne tourne plus rond, ce n’est plus "linéaire", il peut y avoir d’un coup une accélération ou l’inverse, ou un crunch ou une explosion des orbites. On ne sait pas, ça dépends de conditions initiales. Tout ça est étudié dans la théorie du chaos mais aussi et surtout la systémique qui est l’étude des systèmes (complexes donc).

      Avec l’arrivée des ordinateurs et leur puissance de calcul on a pu aller encore plus loin en réalisant des simulations. C’est un domaine de recherche spécifique, ce serait un peu long d’expliquer leurs méthodo de recherche, ses limites, ses résultats. Mais, on a laissé tomber les équations des économistes anciens (jusqu’au néo-classiques en somme) pour remplacer par des simulations (je schématise hein smiley ).

      Ca, cette partie "simulation", c’est ce que j’appelle la cybernétique bien que la définition du mot soit plus large en général.

      Du coup, cette nouvelle "science" économique s’est développée à partir des années 70. La plupart des dirigeants actuels sont encore de la vielle école, parce qu’il faut du temps avant que les résultats de ces recherches ne diffusent dans l’enseignement général. Ce qui donne l’impression que la science économique en est encore au 20ème siècle.

      Les critiques de Omar parlent surtout de cette ancienne "science" économique.

      Premier point qui n’est pas tout à fait en rapport avec les propos d’Omar.

      2ème point, j’aurais du le mentionner, l’éthique, la morale, toussa toussa ont été étudiés par la théorie des jeux notamment et sont aussi intégrés dans la nouvelle science économique moderne, petit à petit.

      Donc, on n’en est plus a la morale arbitraire et finaliste d’antan. C’est difficile à expliquer pour ceux qui n’y sont pas exposés tellement tous les vieux concepts sont désuets dans la pensée moderne.

      Après moi je parle de la science économique ... pas de son application qui donc, est en retard smiley

      Enfin dernier point sur la "perte de sens" décriée par Omar. Ce n’est pas aussi simple. D’abord, le sens est toujours le même qu’avant, du point de vue physique : faire moins d’effort pour obtenir plus. Sauf qu’avant notre survie en dépendait et on avait moins de temps pour se poser des questions. Mais rien n’a changé à ce niveau la, pas plus ou moins de sens. Ensuite, il y a la question de la complexité. Il n’y a pas forcément "baisse de niveau" (un peu quand même mais pas c’est un autre sujet, pas forcément économique) mais adaptation à la complexité et spécialisation. D’ou en effet ce coté "on forme des serviteurs du système".

       

      Pour moi ce monsieur voit le monde avec les outils intellectuels du millénaire dernier. Il est dans la pensée "linéaire", la philosophie à l’ancienne. Le monde change, heureusement smiley




    • 5 votes
      maQiavel maQiavel 24 août 11:29

      Excellent exposé, tout est dit. En ce qui me concerne, je ne parlerai pas de pensée économique mais d’économisme, cette vision purement économique des sociétés humaines.

      On retrouve aux origines de cette idéologie le souci de se débarrasser de la subjectivité humaine dans la vie publique afin que chaque individu puisse vivre comme il l’entend selon ses propres normes tant qu’il ne nuit pas à autrui (puisque la subjectivité est nécessairement induite par un recours à des préceptes religieux ou moraux quelconques, elle est perçue comme source d’arbitraire et de violence, il faut se rappeler que c’est une pensée qui s’est développée en réaction aux guerres de religion). Il fallait créer une puissance publique axiologiquement neutre , autrement dit , débarrassée de toute référence normative qui ne devait plus être le vecteur d’une vision religieuse, morale ou philosophique de la société mais se réduire à une « administration des choses » , semblable au code de la route qui édicte des règles purement techniques pour éviter les accidents sans influencer le trajet de chacun. Plus tard va venir l’idée que cette administration devrait être scientifique, ce qui substitue la politique à l’expertise. L’administration des choses n’est plus alors un choix des dirigeants ou du peuple souverain, elle devient ce que les experts estiment être la meilleure solution rationnelle. 
      L’IA s’intègre parfaitement dans cette logique d’ailleurs, on peut facilement comprendre qu’elle constitue pour les partisans du gouvernement scientifique une avancée majeure puisqu’elle est à même de jouer le rôle de l’expert social débarrassé de toute subjectivité humaine résolvant les problèmes sociaux réduit à leur composante économique comme un électromécanicien automobile réparerait la panne électronique d’une voiture. 
      Quand on pense les sociétés humaines de cette façon, on perd évidemment la notion de sens et de finalités des actions humaines comme l’explique Omar Aktouf, on ne comprend même plus ce que c’est.

      La réalité est qu’il s’agit avant tout d’une idéologie servant des intérêts particuliers et non une science (ou alors une pseudo science). 


      • vote
        psychorigide psychorigide 24 août 14:35

        @maQiavel

        Sur le fond je suis d’accord avec vous.

        Sur la forme. Elle est bien votre nouvelle coupe de cheveux !


      • 1 vote
        maQiavel maQiavel 24 août 14:44

        @psychorigide
        D’accord , j’aurais du me limiter à "excellent exposé , tout est dit". Il vaut mieux ne pas expliquer en quoi et pourquoi on est d’accord pour que les coupes de cheveux restent intacte , je retiens la leçon. smiley


      • 2 votes
        Debrief 24 août 14:55

        Et oui, une très belle et lucide analyse de l’approche actuelle de l’économie : comment, sur quelques principes de base élémentaires maquillés en "science" et transposés dans les bases de connaissance de l’IA, faire un max de fric sans aucun paramètre lié au bien-être des sociétés.
         
        C’est logique, l’accumulation de richesse est limitée à une fraction de la population qui n’a que faire de la masse des prolos. Quant à l’IA, l’alibi scientifique, elle s’applique là où un expertise doit être acquise pour générer des comportements liés au contexte. Pour faire de la physique, pas besoin d’IA, faut juste savoir faire des maths.


        • vote
          cathy cathy 24 août 16:01

          Le noir et blanc est fait exprès ?


          • vote
            ffi 24 août 18:54

            Intéressant d’introduire le terme de chrématistique.
            J’ignorais ce qu’Aristote avait pu dire sur ce sujet.
             
            Le terme « économie », étymologiquement, désigne « les règles de la communauté ». Donc l’économie implique la politique.

            Mais Adams Smith est parti du principe que tout homme peut suivre ses finalités car une « main invisible » ferait que de ces finalités individuelles et égoïstes convergeraient nécessairement vers le Bien commun. C’est le libéralisme.

            D’où qu’il n’y a finalement plus besoin de règles dans la maison. Il n’y a plus d’économie, il n’y a plus qu’une éco-anomie, dont le trait dominant est la chrématistique.


            • vote
              maQiavel maQiavel 24 août 19:34

              @ffi
              Sur Aristote et la chrematistique, un article que j’avais relayé et qui pourrait t’intéresser : https://www.google.be/amp/amp.agoravox.fr/actualites/economie/article/aristo te-juif-l-argent-et-le-133082

              Et oui, évidemment que l’économie implique la politique, c’est même la politique qui en principe lui donne sa finalité, c’est une lapalissade qui est pourtant devenue révolutionnaire à énoncer de nos jours. 

              Et c’est aussi pour cela que la pensée économique tel que décrite dans la vidéo n’a plus aucun sens. 


            • vote
              ffi 24 août 21:57

              @maQiavel
              Hormis le titre (ER me gonfle avec leur fixette sur les juifs), l’article, que j’ai lu un peu en travers je l’admets, est excellent.

              C’est bien dommage que la modernité ait voulu ainsi évacuer Aristote des auteurs canoniques. Il réalisa pourtant une synthèse magistrale des connaissances de l’époque. Certes il s’est fourvoyé sur la cosmologie, mais c’est une des parties la plus spéculative de son œuvre. À sa décharge, il n’existait que très peu de moyens d’observation.

              Sur la politique, il y a d’excellentes conférences de l’abbé Billecocq qui font un bon résumé d’Aristote.


            • vote
              maQiavel maQiavel 24 août 22:02

              @ffi
              Oui je comprends pour E&R mais à ma décharge c’est un article qui date de 2013 et ce site n’était pas encore aussi caricatural qu’il l’est aujourd’hui. Comme tu dis l’essentiel est que l’article est très intéressant. 

              Merci du conseil sur les conférences de l’abbé Billecocq. 


            • vote
              Croa Croa 24 août 20:26

              « Ils deviennent des défenseurs du système qui les broie »...

              Et ils votent Macron !  (pour les français mais les autres font aussi ce qu’on leur dit de faire.)

              

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