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Accueil du site > Actualités > Société > Questions fondamentales sur la Science et l’Humanité : nanotechnologies, (...)

Questions fondamentales sur la Science et l’Humanité : nanotechnologies, immortalité, temps... (Etienne Klein)

Peut-on avoir confiance en la science ?

 

Qu’est-ce qu’on doit, qu’est-ce qu’on peut attendre de la science aujourd’hui ?

 

Et si jamais l’immortalité était possible ?

 ...

 

 

« Peut-on avoir confiance en la science ?

« On a l’impression que vous êtes un scientifique qui doute en la science ?

Non, pas du tout. Je considère que la science est une démarche de connaissance qui produit des résultats, qu’aucune autre démarche ne peut produire. Par exemple c’est grâce à la physique qu’on sait que l’Univers a au moins 13,8 milliards d’années. Personne ne l’avait dit avant les physiciens. Et les physiciens ont des arguments très solides pour étayer ce propos. Donc, non, je pense que la science a accès à des vérités d’un type très particulier qu’on pourrait appeler des vérités de science. Mais ce que je constate c’est que nous doutons collectivement, en tant que société, de l’idée que la science pourrait résoudre tous les problèmes que nous avons à résoudre et pire nous pensons que certains problèmes que nous avons sont dus à la science. Et j’observe aussi que certains voudraient qu’on liquide la science, au motif d’un mauvais usage du monde. C’est-à-dire, nous nous comportons mal, nous traitons l’environnement avec une certaine violence et ça finira par se retourner contre nous. Mais ce n’est pas la science qui décide de ce que nous devons faire des connaissances qu’elle nous permet d’obtenir.

Des indiens d’Amazonie, ont quand même un tout petit peu ébranlé votre foi dans le progrès, dans cette science ?

Disons, que j’étais naïf. C’est-à-dire que je pensais que nous les occidentaux nous étions des êtres rationnels, et que ceux qui n’avaient pas eu accès à la même raison étaient... notamment les indiens que j’ai pu rencontrer, qui étaient des Kayapos, et en discutant avec eux je me suis rendu compte qu’ils étaient tout aussi rationnels que vous et moi. Et la différence qu’il y a entre eux et nous, ça n’est pas la raison, c’est la science. Donc la science ne se confond pas avec la raison. Et en fait pour eux, la séparation entre, que nous nous avons faite, entre la nature et l’homme, ils ne l’ont jamais faite. C’est-à-dire qu’ils considèrent que la planète Mars, qu’on peut voir à l’oeil nu dans certaines conditions, fait partie de l’humanité. L’air qu’ils respirent fait partie de l’humanité. En revanche les tribus d’à-côté, où les types sont paints avec des couleurs bizarres, eux ce ne sont pas des membres de l’humanité, ce sont des barbares...

 

Qu’est-ce qu’on doit, qu’est-ce qu’on peut attendre de la science aujourd’hui ?

On ne peut pas en attendre le salut... Par contre on peut en attendre des connaissances, et je pense qu’il ne faut rien céder là-dessus ; sur les domaines qui sont dans son escarcelle, la science ne peut pas être mise en concurrence avec d’autres démarches de connaissance. Les connaissances que nous acquérons grâce à la science sont universelles, mais cet universel n’est pas complet. C’est à dire que la science ne répond qu’aux questions scientifiques. Or, l’ensemble des questions qui se posent à nous, la plupart d’entre elles en tout cas, ne sont pas des questions scientifiques : Comment vivre ensemble ? Comment fonder l’idée de justice ? Comment penser la liberté ? Au nom de quoi se tenir droit ? etc, etc. Ce sont des questions qui sont liées aux valeurs, et ces questions-là ne peuvent pas être répondues, si j’ose dire, par l’invocation de la seule science.

Einstein avait fait une très belle conférence en 1939 à Princeton. Il avait été invité par la faculté de théologie pour discuter du rapport entre la science et les valeurs. Et il avait expliqué dans sa conclusion, que "la connaissance de ce qui est, connaissance que la science permet, ne nous dit pas la connaissance de ce qui doit être". Autrement dit, ça n’est pas par la science que nous devons décider de ce que nous allons faire avec la science. La science elle ne dit rien, elle ne prescrit rien, elle nous empêche de croire certaines choses, mais elle ne dit pas ce que nous devons faire.

Alors de qui devons-nous attendre le salut ? Du philosophe, du prêtre, ou du politique élu ?

Moi je crois à une certaine intelligence collective. Par exemple, si vous prenez la biologie et les OGM. La biologie vous dit comment vous pouvez fabriquer des OGM. Elle ne vous dit pas si vous devez le faire. Qui va décider ? Personne n’a la réponse a priori. Personne ne sait s’il faut en faire ou non. Et donc la décision doit être le résultat d’une consultation, qui sollicite autant que faire se peut l’intelligence collective. C’est-à-dire que les innovations de la science doivent être insérées dans un projet de société. Aujourd’hui on ne peut pas dire qu’on ait un projet de société qui soit vraiment explicite, de sorte que les innovations sont interrogées pour elle-même, et non pas à l’aune d’un horizon qu’on aurait configuré à l’avance et permettrait d’atteindre.

 

Faut-il se protéger des scientifiques ?

Non, par contre il faut s’intéresser à ce qu’ils font, les interroger, et leur poser sans cesse la question : en quoi ce que vous faites est-il pertienent pour nous ?

Les nanotechnologies : de quoi s’agit-il exactement ?

Alors, je vais être clair. Je n’ai jamais travaillé sur les nanotechnologies proprement dites, parce que mon domaine c’est des particules qui sont beaucoup plus petites que les nanoparticules. L’électron, le proton, c’est des particules qui sont des millions de fois plus petites que les nanoparticules dont on parle. Par contre je me suis intéressé au débat que suscitent les nanotechnologies. Il y a eu un débat en France en 2010 et 2011. Très houleux... sur la gouvernance des nanotechnologies. Et en fait dans les années qui ont précédé, aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons en général, il y avait déjà eu ce type de discussions : Qu’est-ce qu’on fait avec les nanos ? Est-ce que c’est pas dangereux ? Qu’est-ce que ça promet ? Quels sont les dangers nouveaux auxquels ça expose éventuellement ? etc.

Alors les nanos ça vient du fait que nano ça veut dire nanomètre ; c’est-à-dire des particules qui ont la taille d’un milliardième de mètre. C’est à dire qui sont en gros 10 fois plus grandes qu’un atome. Et ces particules on sait aujourd’hui les manipuler. c’est-à-dire les déplacer et construire des édifices comprenant 10, 20, 100, ou plus, atomes, qui réalisent ainsi un substrat matériel qui a la capacité de réaliser certaines fonctions : par exemple la fonction transistor. C’est-à-dire qu’on peut, comme on dit, monumentaliser la matière à toute petite échelle.

Et pour fabriquer quoi ?

Toutes sortes de choses, puisque le fait de mettre par exemple des nanoparticules dans certains matériaux changent leurs propriétés électriques, magnétiques, mécaniques, optiques... Et donc, on peut avoir des matériaux qui ont des propriétés conformes à celles qu’on attend, qui sont très différentes de celles des propriétés des matériaux naturels.

Des exemples très concret ?

Par exemple dans certaines crèmes qui servaient à protéger contre les rayonnement solaire, on mettait des particules d’oxyde de titane qui permettaient à ces crèmes d’être transparentes et non pas blanches. Donc on peut changer les propriétés optiques de certains matériaux. Dans le domaine de l’aéronautique on peut envisager faire des alliages qui soient beaucoup plus résistants et beaucoup plus légers que les composants actuels.

(En 2002, Mihaïl Roco(*) et William Bainbridge ont rédigé un rapport enthousiaste à propos des nanosciences) Révolution pour notre civilisation ?

Si vous lisez leur rapport de 2002 qui annonce en effet une révolution de la civilisation, en disant que les nanotechnologies vont fournir à l’idée de progrès l’occasion d’une rédemption. C’est-à-dire que grâce à elles on va résoudre tous les problèmes qui se posent à nous. On va résoudre les problèmes qui se posent du fait de la matérialité de nos corps, on va estomper la barrière entre les langues, on va comprendre le cerveau, on va résoudre tous les problèmes liés aux maladies, et peut-être deviendra-t-on un jour immortel... c’est ça qu’ils annoncent. Evidemment, c’est délirant... c’est délirant d’enchâsser un projet technologique dans un projet métaphysique. Vous ne pouvez jamais savoir longtemps à l’avance quels seront les usages effectifs que permettront telle ou telle révolution technologique. En fait les nanosciences, c’est une révolution technologique ; c’est pas tellement une révolution scientifique, dans le sens où on n’espère pas découvrir de nouvelles interactions fondamentales. En fait c’est parce qu’on connait bien
les interactions entre particules qu’on est capable de prédire et de savoir comment fabriquer certains objets qui auront certaines fonctionnalités. Et donc je pense que la mission des scientifiques c’est de dire ce qu’ils savent, de dire ce qu’ils font, mais pas de dire qu’ils vont réaliser grâce à leurs travaux le salut de l’humanité.
 

 

Pourquoi ces nanotechnologies inquiètent-elles autant ?

 

Bon, il y a une raison objective, qui est que nous ne connaissons pas exactement la nanotoxicité, c’est-à-dire les dangers que représente la dissémination de nanoparticules dans l’atmosphère par exemple. Et donc il y a des recherches qui sont menées, qui sont difficiles, parce que les propriétés d’une nanoparticule ne dépendent pas seulement de ses éléments chimiques, mais aussi de sa taille, de sa forme et de son volume. Et donc, il y a toutes sortes de paramètres à étudier pour pouvoir mieux connaitre leur toxicité. Mais c’est surtout qu’elles symbolisent le fait que on entre dans un domaine d’action inédit. Et comme le disait Paul Valéry : "L’homme sait assez souvent ce qu’il fait, mais il ne sait jamais ce que fait ce qu’il fait". Autrement dit, nous avons conscience de faire des choses inédites, mais nous ne pouvons pas dire à l’avance quelles conséquences ces choses auront, sur nos modes de vie, sur les rapports que nous aurons entre nous, sur notre façon de communiquer, de vivre ensemble, etc.

Est-ce que la science doit permettre à l’homme de sortir de sa condition humaine ?

Ce n’est pas au scientifique de décider. C’est à la société à laquelle nous appartenons de dire : est-ce que nous voulons rester dans les limites de la condition humaine ? Ou est-ce que nous voulons lui échapper autant que faire se peut ? Est-ce que nous voulons procréer à n’importe quel âge ? Est-ce que nous voulons vivre le plus longtemps possible sans avoir trop d’effets liés au vieillissement ? Qui est capable de décider et de répondre pour
tout le monde à ces questions ? Moi je pense que les technologies, celles-ci comme toutes celles qui ont précédé, changent les conditions de vie humaine. Elles changent notre façon de travailler, de nous déplacer, de communiquer... Est-ce qu’elles changent la condition humaine ? C’est-à-dire le rapport à la vie, le rapport à la mort, le rapport à autrui ? A l’évidence oui, quand on a dépassé un certain seuil de modifications dans les conditions de vie de chacun. Et je pense que ces questions sont vraiment importantes. Malheureusement, lorsqu’il y a eu ce débat national sur la gouvernance des nanotechnologies, il y a eu très peu de public. Beaucoup de réunions ont été interrompues par des opposants, et on ne peut pas dire que ce questionnement ait passionné les foules. Alors que d’autres débats internes à la société, qui ont, certes leur importance, mais qui n’ont pas les conséquences qu’aura l’apparition des nanotechnologies dans nos vies. Comme par exemple la question du voile islamique qui a déchaîné les passions... Tous les élus de la république ont dit un mot sur la question. Mais aucun ne s’est prononcé sur l’avis qu’il entend défendre à propos des nanotechnologies. Autrement dit, les angoisses que vous évoquiez tout-à-l’heure, viennent en partie du fait que, les technologies nouvelles sont l’impensé du politique. Elles sont en quelque sorte en lévitation intellectuelle. Personne ne s’en occupe vraiment, de sorte que toutes sortes d’angoisses viennent du fait qu’elles ne sont pas discutées suffisamment.

Est-il possible d’arrêter cette technologie ? De mettre un coup de frein à cette nanotechnologie ?

Je lisais ce matin un rapport disant que la France prenait du retard par rapport à d’autres pays. C’est peut-être en effet parce que chez nous ces questions ont plus de mal à être discutées qu’ailleurs, comme la question des OGM et la question du nucléaire. Il y a des clivages qui apparaissent dès qu’on évoque ces questions, qui font que le débat en fait n’a pas lieu...

 

Si nous les interdisons ici, ces technologies pourraient s’acquérir ailleurs...

On pourrait toujours les interdire, mais il faut de bonnes raisons pour cela. On ne peut pas les interdire simplement parce que ça nous fait plaisir de les interdire, ou parce que on a peur qu’elles pourraient produire des effets que nous ne désirons pas. Il faut avoir des arguments. Et pour avoir des arguments il faut s’intéresser à elles. Et donc moi mon discours, c’est pas tellement de dire ce qu’il faut penser des nanotechnologies ; c’est de dire il se passe là des choses intéressantes, comme il s’en passe ailleurs en recherche fondamentale, par exemple tout ce qui se passe autour de la physique des particules aujourd’hui, avec le boson de Higgs... c’est des question absolument passionnantes et je pense que les physiciens doivent passer du temps à expliquer aux gens en quoi c’est passionnant. Et dans le domaine des technologies c’est de dire, voilà, ils se passent dans nos laboratoires des choses que nous n’avons jamais faites, qui sont très intéressantes. Parlons-en et essayons de décider ensemble des usages que nous pourrons réaliser à partir de ces avancées technologiques.

Le temps : nous avons dans nos sociétés modernes l’impression d’avoir de moins en moins de temps, comment ça se fait ?

Oui, vous faites allusion à cette expression qu’on entend de plus en plus souvent, qui est : "je n’ai pas le temps". C’est une expression que je n’aie jamais compris... Elle suggère que la possession que nous avons du temps serait intermittente. De temps en temps, si j’ose dire, le temps est à moi, et le reste du temps il n’est pas à moi. Je le possède, je ne le possède pas... Or, qu’est-ce qu’on veut dire quand on dit que on n’a pas le temps ? On veut dire que la liberté ou la disponiblité, qu’il nous faudrait avoir, pour faire ce qui nous est demandé, nous ne l’avons pas. Dans cette phrase "je n’ai pas le temps", le mot temps est synonyme de liberté. Je n’ai pas la liberté ou la disponibilié. Mais pourquoi vous n’avez pas la liberté ? Parce que le temps en passant contraint votre emploi du temps. Donc, si vous n’avez pas le temps, c’est précisément parce qu’il y a du temps qui passe, qui vous empêche d’avoir le temps.

Qu’est-ce que c’est que le temps pour vous ?

Le temps c’est cette chose dans l’univers au sein de laquelle nous ne pouvons pas voyager. C’est-à-dire c’est une sorte de prison à roulettes. Nous sommes prisonniers du présent dans lequel nous sommes ; à roulettes parce que ça avance, et sans qu’on puisse dire qu’est-ce qui fait que ça avance. Autrement dit le grand défi pour les physiciens aujourd’hui, c’est de comprendre la nature de ce qu’on appelle le moteur du temps. Qu’est-ce qui fait qu’un instant présent dès qu’il devient présent est aussitôt remplacé par un autre instant présent, et puis se retrouve lui emporté dans le néant du passé. Quelle est le moteur de cette transition ? Parce qu’on dit que le temps passe, mais en fait cette transition, ce renouvellement de l’instant présent, il ne cesse jamais... puisqu’il y a toujours du présent qui est présent. Autrement dit, le temps ne passe pas, puisqu’il ne cesse pas de renouveler l’instant présent. Et donc, ce qui passe ce n’est pas le temps lui même, mais la réalité qui le fait passer. Et lui il a un moteur qui a l’air d’être éternel.

Le temps est-il forcément irréversible ?

En tout cas les physiciens ont des arguments très sérieux, liés à ce qu’on appelle la causalité. La causalité c’est l’idée que ce qui a eu lieu a eu lieu. Donc ce n’est pas un préjugé métaphysique très violent... C’est-à-dire, vous dites, si une chose s’est passée dans le passé, il demeurera éternellement vrai qu’elle s’est passée ; même si il n’y a pas de témoins ; même si il y a des mensonges à propos de cette réalité ; même si on efface dans le présent les effets que ce phénomène du passé a pu produire, il restera éternellement vrai que ce qui a eu lieu a eu lieu.

Les récits de voyage dans le temps, c’est juste de la littérature ? C’est inenvisageable scientifiquement ?

Vous les avez lu ? Il y a toujours une contradiction, qui est que pour raconter un voyage dans le temps, il faut mettre en selle deux temps différents : le temps du voyageur temporel - le temps qu’indique sa montre personnel si vous préférez - et le temps au sein duquel il voyage. Autrement dit, on n’a jamais raconté un voyage dans le temps ; on a toujours raconté le voyage d’un premier temps dans un second temps. Donc pour raconter un voyage dans le temps, il faut deux temps. Et s’il n’y en a qu’un, il devient précisément la chose dans laquelle on ne peut pas voyager.

Et si jamais l’immortalité était possible ?

Mais comment on s’en rendrait compte ? Là nous sommes dans une société où les individus sont mortels. Imaginons que brutalement, pour je ne sais quelle raison, par exemple les nanotechnologies, certains d’entre nous deviennent immortels. Et comment on le saurait ? Pour le savoir il faut attendre l’infini du temps dans le futur pour constater que les gens ne meurent pas. Mais comment est-ce qu’on peut savoir à l’avance qu’on est devenu immortel, quand on a toujours été mortel ?

On a une certitude de l’infini du temps ?

Il a son mur de Planck. C’est-à-dire que l’origine du temps c’est comme l’origine de l’univers, c’est perdu dans les limbes. Puisque en amont du mur de Planck que vous évoquiez, nos équations deviennent contradictoires entre elles. Et on ne sait plus très bien comment décrire l’espace-temps avant ce mur de Planck. Puisque pour le faire il faudrait réconcilier deux théories qui aujourd’hui sont incompatibles : d’une part la théorie d’Einstein de la gravitation, qui s’appelle la relativité générale, qui décrit une seule force qui est la gravitation, et puis d’autre part les interactions électromagnétiques et nucléaires qui sont décrites par la physique quantique. Et l’espace-temps en physique quantique et l’espace-temps de la relativité générale ne sont pas du tout les mêmes. Et si on veut décrire cette phase qui est en amont de toutes les autres, il faudrait pouvoir avoir une description de l’espace-temps qui réunisse dans le même formalisme les principes quantiques et les principes relativistes. On y travaille. Beaucoup de gens y travaillent. Vous avez entendu parler de la théorie des supercordes ; c’est une des tentatives. Il y en a d’autres, mais il y a beaucoup de gens qui se posent des questions sur l’espace-temps à toute petite échelle : est-ce qu’il est continu ? discontinu ? est-ce qu’il n’y aurait pas des dimensions supplémentaires de
l’espace-temps ? etc. »

 

 

* * *

 

 

En complément :

 

 

L’Univers a-t-il une origine ? Peut-on penser l’origine de l’Univers ? (AgoraVox, le 24 septembre 2013 - l’univers, temps, espace-temps, théorie quantique, cosmologie, physique du futur, etc)

 

*

 

En cherchant Majorana. Le physicien absolu, de Etienne Klein. (Le rendez-vous littéraire par Patricia Martin, le 15 décembre 2013 - http://www.franceinter.fr/emission-le-rendez-vous-litteraire-etienne-klein)

*
 

« Étienne Klein est directeur de recherche au [CEA->http://fr.wikipedia.org/wiki/Commissariat_%C3%A0_l%27%C3%A9nergie_atomique]. Il dirige actuellement le Laboratoire des Recherches sur les Sciences de la Matière, installé à [Saclay->http://fr.wikipedia.org/wiki/Saclay]. Il a participé à divers grands projets, en particulier la mise au point du procédé de séparation isotopique par laser et l’étude d’un accélérateur à cavités supraconductrices. Au [CERN->http://fr.wikipedia.org/wiki/CERN], il a participé à la conception du grand [collisionneur de particules->http://fr.wikipedia.org/wiki/Acc%C3%A9l%C3%A9rateur_de_particules] européen, le [LHC->http://fr.wikipedia.org/wiki/Large_Hadron_Collider].

Il a enseigné pendant plusieurs années la [physique quantique->http://fr.wikipedia.org/wiki/Physique_quantique] et la [physique des particules->http://fr.wikipedia.org/wiki/Physique_des_particules] à l’[École centrale Paris->http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_centrale_Paris], et est actuellement professeur de [philosophie des sciences->http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_des_sciences]. Il est spécialiste de la question du [temps en physique->http://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_en_physique]. » (Wikipédia : [Etienne Klein->http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Klein])

 

 

*

 

 

(*) Mihaïl Roco intervient dans ce documentaire : Bienvenue dans le nanomonde

 

 

Tags : Recherche Nanotechnologies Science et techno




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11 réactions à cet article    


  • 6 votes
    ffi 21 décembre 2013 10:48

    Hallucinant ! Ce monsieur, Docteur es science, travaillant dans une des plus grands organisme scientifique d’État, croyait que les amérindiens était dénué de raison ! (En gros que c’était des animaux).
     
    D’où il conclut que la science ne doit pas être confondu avec la raison...
    Il serait temps.

    C’est quand même fou qu’il ait pu passer autant de temps dans l’éducation nationale sans que jamais personne ne l’ait instruit de cela... Cela fait pourtant parti des bases même de la philosophie classique.
     
    Je vous renvoie à Leibniz, dans la monadologie.
    Leibniz distingue divers de degré dans les monades (Leibniz fait une synthèse de l’époque)
    Les simples entéléchies, qui font ce pour quoi elles sont faites, dotées de perception et d’appétit.
    Les animaux, âmes dotés en plus d’une mémoire, qui imite la raison.
    Les hommes, âmes raisonnables ou esprits, c’est-à-dire doté de perception, d’appétit, de mémoire et de raison.
     
    Leibniz distingue ensuite deux formes de causalités :
    - la causalité nécessaire, qui concerne l’enchainement sans faille entre une cause et sa conséquence, qui est l’objet de l’entendement de Dieu, qui révèle une loi déterministe.
    - la causalité finale, qui concerne l’évènement contingent, donc indéterminable à priori et qui est le fruit de la volonté divine.
     
    Les scientifiques, donc la science par ses méthodes, n’ont pour objet que d’étudier la causalité nécessaire, afin de comprendre les lois déterministes.
     
    En revanche, tout ce qui concerne les finalités de la société est du ressort des philosophes, des prêtres ou des politiques, et ces finalités sont jugées en bien ou en mal par Dieu selon qu’elles sont fidèles ou non à sa volonté.
     
    Klein dit qu’il croit à "l’intelligence collective".
    Ici, le scientifique met son habit de prêtre.
    L’intelligence collective est un terme extrêmement confus et généralement mal défini.
    C’est en gros la loi organique qui émerge de l’agrégat des simples.
     
    Un peu comme si le comportement d’ un homme, qui suit parfois certaines lois quoique pas trop déterministes, émergeait de l’intelligence collective de l’agrégat de ses cellules.
     
    Mais évidemment, c’est relativement simpliste comme affirmation. En tout cas, cela ne repose pas sur une démonstration sérieuse. C’est une question de foi et c’est donc bien l’homme de foi qui parle ici.
     
    Certainement que Klein considère que la volonté et l’intelligence d’un homme sont une sécrétion de l’agrégat de ses chairs, chair elle-même en évolution. S’il jugeait possible que les amérindiens n’aient pas de raison, c’est donc qu’il devait les voir comme des êtres un peu primitifs, dans un stade antérieur de développement des capacités cognitives.
     
    Ce genre de pensée venant d’un homme aussi haut placé montre l’incroyable décadence culturelle et intellectuelle de notre pays dit des "droits de l’homme".


    • vote
      Socarate 21 décembre 2013 14:46

      Rien pigé !!

      .
      Fifi c pas le créationniste du site ? Non !


    • vote
      la mouche du coche 21 décembre 2013 18:26

      Ce monsieur est mûr pour faire le saut en lisant ce que Rousseau a écrit il y a bien longtemps : la science rend crétin. Et il l’a démontré. Et c’est ce que nous constatons dans le réel.


    • 3 votes
      christophe nicolas christophe nicolas 21 décembre 2013 13:22

      Bien répondu ffi, je dirais même que les peuples autochtones ont une vision bien plus large que la notre, ils sont moins conditionnée et vont mieux à l’essentiel.

       

      Concernant l’intelligence collective, comme c’est moi qui introduit la notion de psyché collective en science par la théorie de l’intrication et que Mr Klein était destinataire. J’aimerais apporter la précision suivante : Cet effet est sur la forme intentionnelle de l’esprit pas sur l’intelligence car c’est l’aspect instinctif de l’esprit qui ne se travaille pas par l’intelligence mais par l’émotion de constater que certains souffrent bar bonté. L’objet des religions révélées est de cultiver la forme intentionnelle de miséricorde afin d’accéder à la vérité. Normalement , la mère la donne à son bébé, puis les parents et la religion, puis les amoureux, les amis, etc...

       

      Moi les "gagneurs" ont tenté de me modifier ma forme intentionnelle pour haïr le monde extérieur, mettre les salariés à la botte en les espionnant afin de devenir membre d’un gang de pourris. Ils ont utilisé et pourri tout l’environnement pour s’y substituer et ont tout simplement essayé de me détruire l’âme. Ils disent que c’est un jeu, manipuler, truander et faire des faux témoignages est un jeu.


      • vote
        Socarate 21 décembre 2013 14:49

        Rien pigé non plus !!

        .
        Haaa ces philosophes de la sciences !!!!


      • vote
        Lisa Sion Lisa Sion 21 décembre 2013 16:43

        La science est à la religion ce que la boulette est à la viande, moins il y a de viande plus il y a de boulette socarate, facile, non ?


        • 4 votes
          Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 21 décembre 2013 23:45

          C’est quand même intéressant d’écouter ce monsieur (qui a une tête de fou) sans trop chercher à critiquer point par point. Ca ouvre des perspectives intéressantes, si on prend ses propos comme des ingrédients du possible et non comme une description de ce qui est. Il semble garder des portes ouvertes dans son système de connaissances, c’est agréable à écouter. Concernant les nanoteks, le grand public est encore très loin de se douter de ce qui arrive ! 


          • vote
            zendragon zendragon 22 décembre 2013 22:36

            La réponse d’Etienne Klein à propos de la rationalité des Kayapos est pour le moins surprenante.

            Je vais le contacter pour avoir des précisions. Peut-être osera-t-il répondre à un dragon, sait-on jamais... smiley


            • vote
              samagora95 samagora95 25 décembre 2013 14:27

              J’aimerais juste revenir sur sa remarque concernant l’age de l’univers, comment la physique peut-elle dire que l’univers est apparue il y a 13.8 milliard d’années ? alors même que cette même physique nous dit que l’espace/temps est relatif, si l’univers à connu et connait des phases d’expansion passant la vitesse de l’univers,les 13.8 milliards d’années ne signifient donc plus rien, puisque la notion de temps dépend de la vitesse !


              • vote
                howahkan hotah Buddha hotah 13 février 2014 17:34

                pour moi l’univers ne peut être en expansion, il est tout au plus en mouvement , limité a l’intérieur d’une sphère matière, au delà il y a quelque chose de non visible par l’œil ou la science, la science est limité à la matière et ne saura jamais le sens ni l’origine, c’est un outil de mesure ...je n’ai aucune preuve et peu importe ce sont juste des insights...mots anglais qui dit visions profondes involontaire et instantanées..de le dire n’a pas vraiment d’impact sauf pour une personne qui a eu un peu les même insights....


              • vote
                howahkan hotah Buddha hotah 13 février 2014 17:37

                quand je dis au delà c’est dans l’infiniment petit et l’infiniment grand....c’est le seuil d’avant la matière, l’ énergie originelle ..dont on ne sait rien,sauf wue la partie manquante de notre cevreau est un récepteur de cette énergie.....cela fut vu et vécu lors d’un expérience dite de kundalini ,mais aussi d’une autre encore plus intense .....



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