Pour sa septième édition, la Semaine du Son nous a de nouveau ouvert les oreilles du 12 au 16 janvier à Paris et du 18 au 24 janvier dans 40 villes françaises. Cette manifestation organisée par l’acousticien Christian Hugonnet propose des événements remarquables pour éduquer un sens souvent sous-estimé : l’ouïe. Dans un monde fasciné par l’image, il est bon de fermer les yeux. Au moins un fois par an... C’est l’occasion de découvrir un autre univers, un univers dans lequel nous baignons, souvent sans en avoir pleinement conscience. Le son, ce n’est pas la musique et ce n’est pas non plus le bruit. Pourtant, comme l’a remarquablement explicité le compositeur canadien Murray Schafer, il existe bien des paysages sonores. Il faut parfois qu’ils disparaissent, comme l’on se retrouve dans le silence oppressant de la campagne, pour mesure leur impact sur notre perception du monde. Le son se révèle alors essentiel pour construire le décor dans lequel nous vivons. C’est lui, tout autant que l’image, qui donne leur personnalité aux lieux. Désagréable, il devient bruit et nous cherchons à nous en prémunir. Si nous n’y parvenons pas, il peut rendre fou. ce qui n’arrive jamais avec l’image. Il suffit en effet de fermer les yeux..
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Mais nous ne fermons jamais nos oreilles. Elles restent branchées en permanence, protection ultime contre un danger imprévu, sur notre environnement. Ce système de surveillance intégré est également un capteur extrêmement puissant et sensible qui révèle une multitude de caractéristiques d’un lieu. Le vent, l’écho, la force ou la douceur du son, sa texture, son absence, sa densité, sa durée, sa modulation sont autant d’informations intimement lié à un endroit particulier de la planète mais également à une époque. Ecouter peut n’être qu’un réflexe utilitaire. Cela peut aussi devenir un exercice volontaire d’une profonde richesse. C’est ce que nous propose chaque année la Semaine du Son.
En 2010, elle a rendu hommage à Murray Schafer, théoricien majeur de cette relation active avec le son qui nous entoure. Lors de la soirée d’ouverture, le 12 janvier au Réfectoire des Cordeliers, à Paris, les spectateurs ont pu apprendre à mieux connaître ce personnage hors du commun. Ils ont également pu expérimenter la mise en son de ce lieu historique grâce à la compagnie Décor Sonore avec la performance de Michel Risse qui s’est servi du Réfectoire lui-même comme instrument de musique.
Une conférence de l’ethnomusicologue Michel de Lannoy a permis de laisser trainer une oreille dans le quartier de l’Odéon. Un débat avec Murray Schafer a donné à ce dernier l’occasion de réaliser quelques exercices d’audition avec la salle. Enfin, la soirée s’est achevée avec le Quatuor N°3 du compositeur.
M.A. |
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