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La société automatique, par Bernard Stiegler

 

InriaChannel 

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L'intelligence artificielle permet actuellement de clôner à 'identique
des voix humaines, pas l'esprit. Un esprit libéral ou malhonnête
peut donc se faire facilement avoir par ces voix ou messages, incitant souvent au secret. En début d'année les voix artificielles ne répondaient pas à la question "Etes-vous un robot ?". Maintenant, elles ont trouvé le ton pour dire "Non". 
 
Bernard Stiegler , Philosophe, directeur de l'Institut de recherche et d'innovation du Centre Georges-Pompidou . Présentation par Pascal Guitton , Directeur de la recherche Inria.

La numérisation généralisée qui est en cours conduit à l'automatisation intégrale, et ce fait emporte des questions épistémologiques aussi bien qu'économiques, sociales et politiques de première grandeur. Cette conférence s'attachera tout d'abord à esquisser le contexte de cette métamorphose des sociétés — qui se décline aussi bien du côté du calcul intensif et de la smart city que de la production robotisée, de la neuro-économie, du corps et de la transformation des conditions de la décision dans tous les domaines. Elle tentera ensuite de montrer que toute l'organisation économique qui s'était concrétisée au cours du XXè siècle autour de l'organisation fordiste et keynésienne de la production et de la consommation s'en trouve compromise. Elle soutiendra enfin qui, d'une part, loin d'être le contraire de l'automatisation, la capacité de décision la suppose, et d'autre part, seule l'automatisation qui permet la désautomatisation est productrice de valeur durable — c'est à dire de néguentropie.

Biographie :

Sous la direction de Jacques Derrida, Bernard Stiegler soutient sa thèse à l'École des hautes études en sciences sociales en 1993 et obtient un doctorat de philosophie. Il axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles — sociales, politiques, économiques, psychologiques — portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques. En 1987, il conçoit l'exposition « Mémoires du futur » et en assure le commissariat au centre Georges Pompidou. A partir de 1988, il enseigne à l'Université de technologie de Compiègne (UTC), et y devient directeur d'une unité de recherche qu'il fonde en 1993, « Connaissances, organisations et systèmes techniques ». Il lance en 1989 le projet LECAO (« lecture et écriture critiques assistées par ordinateur ») avec le soutien du ministère de la Recherche ; il crée et lance également le séminaire de sciences et technologies cognitives de Compiègne, qui se poursuit depuis chaque année au cours de la dernière semaine de janvier, et qui aura reçu plus de mille doctorants et chercheurs français et étrangers ; il lance le programme OPEN (« outil personnalisable d'édition numérique ») puis conçoit la station de lecture audiovisuelle (SLAV) du dépôt légal de l'autiovisuel pour l'INA. Bernard Stiegler devient directeur général adjoint de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) en 1996, directeur général de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) en 2001, puis il fonde l'Institut de recherche et d'innovation au Centre Pompidou en 2006, d'où il anime le réseau international digital studies network. Il a été professeur à l'université de Londres de 2008 à 2014, et visiting professor à Northwestern, Cambrige et Zurich. Il est fellow des universités de Lüneburg et de Dublin, et il enseignera à partir de 2015 à l'université Humboldt de Berlin.

Bernard Stiegler est fondateur et président depuis 2005 d'ARS INDUSTRIALIS, une association d'étude et de réflexion transdisciplinaire sur le nouveau monde industriel qui émerge avec le numérique. Posant qu'il n'y pas de vie de l'esprit sans instruments spirituels, Ars Industrialis s'est fixé pour but de concevoir un nouveau type d'agencement entre culture, technologie, industrie et politique autour d'un renouveau de la vie de l'esprit. Inscrite dans cette démarche, s'est ouverte en septembre 2010 l'école de philosophie d'Epineuil-le-Fleuriel, où Bernard Stiegler propose des cours de philosophie en ligne (www.pharmakon.fr) et anime un séminaire doctoral en visioconférence qui rassemble quarante chercheurs de quinze pays.

Bernard Stiegler est membre du Conseil national du numérique, du comité de prospective de l'Arcep, du comité d'orientation d'Etalab, du comité d'orientation stratégique France univesité numérique, de l'institut Diderot et de l'Institut de la mémoire B2V. Il est l'auteur de trente ouvrages.
 

Tags : Economie Politique Information et Médias Emploi Société Entreprises Robotique Informatique Droits de l’homme Prospective et futur Science et techno Intelligence économique Travail Polémique



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4 réactions à cet article


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    sls0 sls0 28 octobre 2015 21:31

    Message un peu redondant avec l’autre vidéo, mais c’est toujours intéressant.

    Je m’intéresse un peu à la domotique et la robotique, j’aime être de ceux qui maitrise, donc je robotise, plus par hobby que par obligation.

    La dernière fois que l’on est venu me voir, on m’a fait la remarque que le pays où je résidais faisait un peu penser à la France des années 60.
    C’est vrai.
    Les avantages, le voisin n’est pas inconnu, l’entre aide, ça ne discute pas de prostate au bistrot, c’est bio, le non bio coute cher, bref une vie heureuse des années 60 différente des années heureuses actuelles en France, on gaspille moins.
    Les inconvénients, difficile de gaspiller car on ne trouve pas tout et en quantité, la technologie c’est plus par imitation que fonctionnelle il y a moins d’efficacité, j’ai dû former des garagistes au diagnostic avec l’OBD, le courant est alternatif, en France aussi il est alternatif, ici il est alternatif dans le sens qu’un coup il y en a, un autre il y en a pas. J’ai le seul Karcher à un km à la ronde.

    J’ai quand même une carte bancaire, c’est vrai que je ne peux pas m’en servir partout, déjà un billet équivalent à 20€ c’est pas sûr qu’au magasin du coin il ait la monnaie, la carte c’est surtout pour éviter de faire la queue au guichet et pour les grands magasins.

    Comme j’apprécie plus les avantages que les inconvénients, je préfère ce ’’retard’’, j’ai des gouts simples. Ici vivre heureux sans consommer plus d’une tonne d’équivalent pétrole par an c’est faisable, on risque pas d’être regardé de travers, c’est la moyenne.

    Localement une moyenne d’âge de 23 ans et un pays qui peut permettre une vie qui pourra encore évoluer, pas jusqu’à notre niveau mais à un niveau où l’argent supplémentaire n’apporte plus de bien être supplémentaire. Il y a des regards envieux vers nos contrés, on me pose des questions pour émigrer.
    Le salaire est mis en avant, quand je parle du cout de la vie et du seuil de pauvreté ça fait réfléchir.
    Si le pays offre des possibilités de développement moindres, dans les pays développés avec l’automatisation, il n’y a qu’une branche qui pousse fort, les autres meurent. Si on fait le bilan, je préfère le futur local, ça montera sans la robotisation, moins haut que chez nous actuellement dans 10-20 ans je ne serai pas étonné que les courbes se croisent, même si ça monte doucement, l’autre descendra.

    Pour celui qui insiste, je lui dit de me faire le schéma de principe pour un drone condition pour qu’il ait un profil intéressant. Ca clos la discussion, s’il y en a un qui peut répondre, il n’a pas besoin de partir, malgré une demande moindre locale, il y a plus de demandes que d’offres.

    Une espérance de vie d’une vingtaine d’années fait que je peux regarder l’avenir d’une façon sereine, l’avenir local sera moins chaotique, pour la sérénité c’est plus intéressant.


    • 1 vote
      matthius matthius 30 octobre 2015 13:05

      Michel Serres philosophe, Bernard Stiegler analyse...


    • 1 vote
      howahkan hotah howahkan hotah 29 octobre 2015 08:50

      intelligence artificielle...rien que l’expression on dirait du Dieudonné... smiley

      deja que les humains en sont dénués, l’intelligence pour moi ne pouvant etre que globale...alors artificielle vous pensez..cela dit il est vrai que c’est un de ces mots fourre tout, comme une poubelle car on peut y mettre ce que l’on veut sans aucun trie sélectif..

      mais bon l’auto satisfaction ,auto décerné tourne a fond...

      ayant vu se révéler le programme de la pensée je vois clairement ce qui se passe et pourquoi nous faisons cela...

      ceci n’est pas du domaine de la pensée et l’info étant là pour qui va sur le bon chemin.................sans restriction aucune.....

      ce qui nous reste de cerveau est une machine aussi..le truc c’est que cette machine ne sait pas qu’elle est une machine...que sait elle d’ailleurs de profond a part la superficialité de niquer les autres et faire des machines.. ??? RIEN....


      • vote
        pegase pegase 1er novembre 2015 23:13

        On en est loin, j’ai voulu sortir dernièrement une banale feuille de calcul excel à l’imprimante, on a failli devenir fous, impossible de la redimensionner à la taille de la page avec cette foutue imprimante (alors qu’on a déjà fait ça 10000 fois), à deux dessus on a tout essayé, dont une personne connaissant parfaitement excel (donc ce n’était pas moi), probablement il y avait un sérieux bug quelque part, pour finir on l’a sorti au traceur avec lequel l’interface permet plus de possibilités .....



        Bref , vous me faites rire avec votre intelligence artificielle smiley ... déjà pas foutu de faire fonctionner une imprimante sans devenir fou !
        

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