Mon commentaire à tout à fait à voir avec le sujet.
Vous commencez par omettre les premiers paragraphes de mon texte, qui évoquent directement la vidéo, Roselyne Bachelot, son haussement de tête et le sens que vous et l’auteur prétendez lui donner, sans discussion possible. Je vous dis que rien ne vous autorise à affirmer que tel est son sens, et j’aimerais beaucoup que vous me prouviez le contraire !
Comme je l’écris, on peut trouver d’autres explications à cette image fugace, beaucoup moins négatives. Et je trouve particulièrement malhonnête d’oublier sciemment la réponse de Roselyne Bachelot, qui exprime un sentiment contraire à celui que vous affirmez être celui de la Ministre de la santé.
Cette façon qu’on certains -je vise surtout l’auteur- surtout sur internet, de prétendre expliquer les pensées de quelqu’un au prétexte de telle ou telle image subliminale, brève image vidéo, mot glissé en aparté, etc... Me semble intellectuellement très peu défendable. De la société de l’image reine à la tyrannie de l’apparence, il n’y a pas loin. Je préfère juger les gens sur leurs actes, leurs déclarations que sur leurs battements de cils.
Concernant la solution : puisque madame la Ministre est « méprisante », éprouve de « l’ennui » et a un comportement « honteux », malgré la solidarité nationale et les efforts pour essayer de régler de tels drames humains réaffirmés dans son intervention en question... Quelle est-elle donc cette solution évidente, selon vous ?
Comment « aider » quelqu’un qui ne veut pas de votre aide ? Comment sauver quelqu’un qui vous envoie au diable ? Comment faire entendre raison à un être humain que plus rien ne parvient à atteindre ?
Puisque je suis donc hors sujet en évoquant mon expérience concrète, je suppose que vous avez la solution : que faites-vous donc, vous, Philippe ?
Voilà ce qui s’appelle une simplification extrêmement malhonnête... Mettre l’accent sur une image qui serait évidemment plus parlante et plus pleine de sens que les mots qu’elle précède... Plusieurs raisons moins dégueulasses que celle proposée existent pourtant :
une lassitude à l’énoncé d’une question déjà maintes et maintes fois posée et à laquelle on a maintes et maintes fois répondu... Une question sortant du cadre convenu de l’interview... La fatalité de ces morts, tristes certes, mais évitables par quel miracle ?
Lorsque madame Boutin évoque la mise à l’abri contre leur gré de ces SDF, on parle de fascisme insupportable... Lorsque un autre membre du gouvernement évoque la liberté individuelle, on parle de cynisme abject... Bref, du moment que c’est le gouvernement, c’est salaud et compagnie...
On assiste à la même ronde puante avec monsieur Pelloux qui utilise avec une obscénité répugnante les morts d’un enfant et d’un cardiaque en fin de vie, en travestissant de façon éhontée les conditions de ces décès, pour appuyer sa thèse et mettre nommément en cause la minsitre, qui a le tort immense de n’être pas du même bord politique que lui... C’est d’ailleurs un sport d’un commun affligeant en ce moment sur Agoravox : dès que quelque chose ne vas pas, c’est la faute à qui vous savez : Sarko bien-sûr ! La bande de Gaza ? Que fait Sarko ? Les morts de froid ? Salaud de Sarko, salope de Bachelot ! Etc... Il est vrai que sous d’autres gouvernements, de droite et surtout de gauche, on ne mourrait pas sous les bombes en Palestine, et les clochards ne mourraient jamais de froid...
Il suffit d’avoir une fois participé à une de ces « maraudes » qui essaient de porter secours aux SDF pour savoir que tout cela est affreusement compliqué, et souvent sans solutions. Certains accidentés de la vie sont dans un tel état de désocialisation, de délabrement mental ou physique, qu’il parfois totalement impossible de les atteindre, de leur faire entendre raison.
J’ai souvenir d’un cas personnel, il y une quinzaine d’années. En ce temps là, j’avais voulu m’investir dans une action envers ces SDF, bouleversé comme beaucoup d’entre nous d’avoir vu arriver en France un phénomène que j’avais découvert des années auparavant avec horreur aux USA.
Lors d’une de ces sorties nocturnes hivernales en bordure de Bois de Boulogne, avec la jeune femme qui m’accompagnait ce soir là, je découvre entre 2 voitures, couché dans le caniveau et roulé dans ce qui avait été, des années auparavant, une couverture, un homme dans un état épouvantable : pas de chaussures, des pieds noirs et gonflés aux ongles en partie arrachés, un teint qui ne laissait aucun doute sur l’état d’imprégnation alcoolique de ce pauvre hère... Il s’était vomi dessus il y a peu, et une forte odeur d’excréments et d’urine mêlée prouvait que cela ne s’était pas arrêté là...
La jeune femme -Françoise- commence à lui parler, pour voir si il est conscient ou non. Il éructe un peu, grommèle encore, quelques jurons fusent faiblement. Nous essayons de lier contact tout de même, l’idée de le laisser là dans cet état nous étant insupportable. Au bout de quelques minutes, je me décourage, mais Françoise est plus volontaire que moi. Elle continue à lui parler, essaie de le convaincre de rejoindre un foyer pour la nuit. De sa douce voix, avec sa sincérité et sa vraie tendresse pour cet homme que peu auraient approché dans l’état où il était, elle essaie encore.
Soudain, il se retourne vivement, la repousse brutalement en lui jetant vers le visage une masse informe qui l’atteint en plein visage, la faisant basculer et se cogner violement la tête contre la voiture voisine. Puis d’une ruade, il lui donne un formidable coup de pied dans la mâchoire, lui cassant 3 dents et lui ouvrant la lèvre sur plusieurs centimètres.
Totalement surpris par cette réaction, je viens à son secours, essaie de la relever dans le caniveau où elle gît accroupie. Ses vêtements sont maculés de vomi, elle saigne abondamment de la bouche, est secouée de pleurs, de peur, de douleur. J’essaie d’essuyer son visage : la masse informe qui l’a atteinte au visage, ce sont des excréments...
J’ai terminé la soirée avec Françoise aux urgences à l’hôpital. Je me souviens de cette nuit comme si je l’avais vécue hier.
Ceux qui croient ou pire font semblant de croire qu’il y a une solution simple à ces situations terribles et souvent insolubles vivent au pays des Bisounours. Certains leur répondront, avec une mauvaise foi écoeurante, que la solution est enfantine et tient dans un mot : SO-LI-DA-RI-TE !
Et je le dis d’autant plus aisément que je ne suis pas de droite, même si je ne suis plus de gauche ni même pour l’ahuri du Béarn : Bonnes âmes de gauche, comme l’a dit en son temps un Président de la République à celui qui allait plus tard prendre sa place : « Vous n’avez pas le monopole du cœur » !
Il n’y pas moins de cœur sous les tailleurs Chanel rose fluo de la Bachelot que dans les pompes Berlutti du sieur Dumas ou les montres de luxe du révolutionnaire Julien Dray. Il n’y en a sans doute pas plus non plus.
Mais je propose à toutes les bonnes âmes si promptes à donner des leçons à tout le monde sur tous les sujets d’aller, rien qu’une fois, nettoyer en fin de matinée une salle d’accueil de centre d’hébergement où ont passé la nuit quelques uns de ces SDF lorsque l’on a finalement réussi à les convaincre. Celui qui n’a pas vécu cela au moins une fois ne sais pas de quoi il parle ! Coeurs sensibles s’abstenir, croyez-moi !
Mon cher Philippe, je vous ai déjà lu moins manichéen
Libre à vous de persister comme vous dites. Libre à vous de ne pas lire ce que j’écris, mais ce que vous avez envie d’en conclure. Libre à vous de m’assimiler à un fils à papa dont la retraite va être payée par des formidables jeunes gens que j’insulte, sans rien savoir de mon âge, de mon métier et de mon milieu social.
Comme Jeanson faisait dire dans le Film "Entrée des Artistes" à Louis Jouvet, "vous feriez un excellent critique : vous parlez fort bien de ce que vous connaissez mal".
Merci de me conseiller de réfléchir, vous êtes trop bon ! Je ne vous inciterai pas à le faire vous aussi, j’ai peur que cela soit inutile...
Vous écrivez :
"A quel autre président aurait-on fait ce genre d’affront ? Quel autre président à montré un tel mépris de ses petits électeurs (car les grands, il les a bien récompensés)"
Quel rapport ? Les abrutis qui avaient sifflé la Marseillaise au stade de France avaient donc été méprisés par l’hymne national ?
Vous écrivez aussi :
"Car une fonction, c’est aussi un homme"
Et bien non, justement Marcus : une fonction n’est pas un homme. Un homme peut incarner une fonction, ni plus ni moins. Et même si il l’incarne mal, le siffler dans une manifestation internationale et où il vous a lui-même invité est une insulte à la fonction elle même, et qui plus est une d’une goujaterie de bas étage quand il s’agit d’un hôte.
Mais je m’épuise à vous écrire des choses que vous ne lisez même pas, engoncé dans vos certitudes aveugles comme "les marrons dans le cul d’une dinde" (Pierre Desproges).
Fils à papa, moi ? Mon père est mort lorsque j’avais 9 ans, d’un cancer de l’amiante, laissant une veuve de 39 ans et 3 enfants mineurs, cancer attrapé sur les chantiers de tuyaux en ciment où il a détruit sa vie et où il avait commencé à travailler à 18 ans, à peine revenu de la guerre de 39-45, engagé volontaire à 17 ans, blessé de guerre durant la campagne d’Italie, dans les rangs des tirailleurs marocains.
Vos leçons de "peuple", vous pouvez donc les utiliser en suppositoire.
que Sarkozy soit ou non à la hauteur de la fonction - et je suis le premier à dire que la question peut à coup sûr être posée - n’a rien a voir : avoir sifflé le Président de la République Française est doublement lamentable :
Lamentable car siffler ainsi le représentant de tous les Français, et devant toute l’Europe, c’est insulter nos propres institutions.
Lamentable et carrément minable car siffler celui qui vous invite à une fête, tous frais payés est un comportement de merdeux. Lorsque l’on est invité, on respecte son hôte. Si on ne l’aime pas, on ne vient pas, c’est tout.
Que sarko soit ou non un bon président n’est pas une raison valable pour se comporter comme des ploucs mal élevés.
La vie en commun demande un minimum de bonne éducation et de respect, c’est du moins mon opinion.
Et si cela doit faire de moi à tes yeux un vieux con, alors je suis un vieux con.
Mais comme disais Brassens : "le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est..."