Je comprends qu’il y ait des plaintes pour agression classées sans suite : des cas où l’agresseur est inconnu, ou bien si l’agression n’est pas flagrante (une gifle, par exemple), ou si la plainte est douteuse (pas de blessure, pas de témoin). Mais dans les cas où les agresseurs sont connus, où l’agression est explicitement revendiquée, où les dégâts sont réels (agression dans la librairie), et où il y a de nombreux témoins...là je comprends moins, désolé.
Le but de la vidéo n’est pas de chialer ou de réellement demander à Valls de faire son travail : ils ont compris depuis des lustres que leur appel sera sans écho au ministère. Le but est plutôt de réagir avec humour à un énième exemple accablant de deux poids deux mesures, ce qui a pour effet de désamorcer un peu les tensions que ce type d’injustice peut exacerber. Soral aurait pu tenir un discours en traitant ses agresseurs de tous les noms, comme il en a l’habitude, mais une telle attitude provoquerait sûrement des vocations chez ses auditeurs un peu trop pressés d’en découdre. Au contraire, la solution qui est envisagée est de renvoyer chacun à ses responsabilités, et de démontrer par l’exemple que le discours qu’il tient d’habitude est justifié par ce genre d’abus, et qu’il ne le tiendrait pas si la Justice suivait son cours normal, car il ne peut y avoir réconciliation s’il n’y a pas justice. La montée d’un certain discours ne vient donc pas d’un délire paranoïaque, mais d’une certaine situation d’impunité dont on a encore une fois la preuve, et que le pouvoir, s’il en avait réellement la volonté, pourrait faire cesser immédiatement. C’est ce que cette vidéo montre de manière relativement décontractée, malgré l’agacement qui peut être celui de Dieudonné et Soral.
Aujourd’hui il serait IMPOSSIBLE d’être invité à la télé publique avec un roman pareil.
Et Steiner qui s’explique parle très calmement sur le plateau d’une « arrogance raciale » , d’ « aristocratie de la souffrance » , c’ est incroyable , aujourd’hui il croulerait sous les procès et serait anathématisé !
Comme le passage où Alain Danielou parle du "racisme positif". On voit bien que les autres sont extrêmement choqués, mais aucun ne l’agonit d’injures ou ne lui fait la morale, comme cela arriverait invariablement avec les flics de la pensée qui sont invités systématiquement sur tous les plateaux (Taddéï excepté) aujourd’hui. Et je n’ai pas connaissance que la LICRA ait engagé une action en justice à l’encontre d’Alain Danielou suite à ses propos. C’est en regardant ces "vieilles" émissions que l’on se rend compte à quel point la liberté de parole, la tolérance et l’intelligence ont fait un plongeon vertigineux.