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Qu’elle talent ce Mec. M’sieurs dames... Oh mais allez-y madame ! Passez devant moi, Je vous en prie, hein, Savez, j’peux attendre, hein ? Ça fait un bout de temps Que j’attends, moi... Je suis né dans une bagnole Tout près d’un hôpital Depuis c’jour-là j’attends Qu’on prenne un peu soin d’moi Déjà à l’époque J’attendais ma maman J’attendais la récré J’attendais d’être grand J’attendais mon goûter. Qu’est-ce que vous voulez Que je vous dise ! On m’avait dit d’attendre, Alors moi j’attendais Et depuis tout ce temps là D’ailleurs j’attends J’attends qu’on me donne Du temps Du temps où j’attends pas Enfin ! Oh j’ai bien eu la copine En entrant au lycée Mais j’étais pas marrant J’lui prenais tout son temps J’attendais d’vant sa porte J’attendais qu’elle m’appelle J’attendais sa p’tite gueule Comme j’attendais son fion. J’l’attendais comme un con Au bout de mon hameçon J’l’attendais et j’l’attends encore Mais après ce long séjour en mer Elle m’attend P’têt au port... Non, j’fais le mariole mais J’attends, j’attends Ce qui est sûr maintenant C’est qu’y me reste Un peu moins de temps Et c’est pas plus mal Ah tiens, quand j’y repense... Comme j’avais pas trop suivi L’affaire scolarité Z’ont voulu m’envoyer Au service militaire J’attendais dans les rangs Et j’attendais les ordres J’attendais sans broncher J’attendais du respect. Mais là j’attendais pour rien Non, j’avais pas compris Qu’le temps ça se prend Ça s’attend pas le temps, Sinon ça se perd, tête d’âne Mais moi, j’étais une bourrique J’étais comme un con J’attendais sans comprendre J’attendais qu’le temps passe Sans faire trop de mal J’attendais, j’attends encore... Enfin, un jour... J’ai trouvé du boulot J’étais pas passionné Faut dire qu’être ouvrier C’était pas mon idée, C’était l’idée d’ma pauvre femme J’attendais qu’on me paie J’attendais 17 heures J’attendais le mois de Juillet Et j’attendais le soleil. Et pis vu qu’à la fin Y’avait plus trop d’boulot J’attendais surtout au bistrot Là bas, j’me sentais moins seul On attendait ensemble La fin du film Le moment où chacun Descend du manège On attendait les asticots Et le ciel noir Etoilé de pissenlits. Voilà... M’sieurs dames, La voilà ma vie Elle est comme ça, C’est la mienne ! Maintenant j’suis trop vieux J’attends plus j’regarde passer J’baisse les yeux et j’laisse pisser Toujours prêt à sortir du jeu J’fais poireauter la mort C’est à elle de bouger son cul J’ai trop attendu, moi. J’ai trop attendu Alors maintenant ben... Maintenant ben j’attends plus Voilà ! Allez, au plaisir ! J’ai autre chose à foutre, moi M’sieurs dames... |
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