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Djam Djam 17 juin 11:46

Ce sujet est intéressant plusieurs titres :

1/ il met en évidence, comme avec beaucoup d’autres débats du même genre, l’opposition féroce entre la science matérialiste, qui entend garder la haute main sur le "vrai", et la science immatérielle qui est encore à ses débuts mais qui dérange fichtrement la première.
2/ il s’appuie sur une croyance, liée là encore à la science matérialiste, qui consiste à affirmer mordicus que la mémoire serait stockée à des endroits précis de notre cerveau.

Cette 2ème affirmation tient au fait que depuis des années des milliers d’observations sont faites avec les instruments qui permettent de visualiser de plus en plus de détails dans le fonctionnement organique du cerveau. Dès lors où ces instruments ont permis d’obtenir des images où l’on voit des zones "activées" en concordance avec telle pensée ou tel mouvement, les observateurs en ont déduit que notre cerveau était quasi sécable en zones multiples dont chacune aurait une fonction précise.

Cette affirmation relève d’une pensée limitée. Car si en effet le cerveau active ici et là selon ce qu’on fait ou pense, il n’est en réalité qu’une interface entre notre entité organique et un extérieur dont le fonctionnement nous échappe quasi totalement. Le cerveau agit comme une antenne ultra perfectionnée qui capte des informations circulant dans un espace temps hors de notre organisme. Les deux interfèrent mais le cerveau ne stocke pas de mémoire au sens où un ordinateur stocke des bits d’infos sur un disque dur. les zones qui s’activent sont juste comme une image sur un écran indiquant qu’à tel endroit dans un moteur il y a un problème ou une fonction activée, mais l’activité se fait hors de l’écran  !

Cette vision cerveau humain / ordinateur est une de ces croyances fermement entretenue qui permet justement de croire que peut-être demain les robots feront tout mieux que l’humain...ce mystère sur deux pattes qu’on ne peut définitivement pas imiter tant il demeure complexe dans son fonctionnement immatériel. Ceux qui pensent que demain un ordinateur pourra être plus "performant" qu’un humain se trompe juste de dimension. Car si un ordinateur pourra très certainement calculer plus vite qu’un cerveau humain, l’intuition, la nuance, la fulgurance, tout ce qui échappe justement aux scientifiques ne pourra jamais être théorisé en pensée d’ordinateur (langage binaire). François Cheng parle justement de l’âme dans son dernier livre et c’est précisément l’âme qui demeure un mystère et qu’aucun ordinateur ne pourra jamais porter... même en utilisant du matériel organique car l’âme est précisément LE mystère qui enquiquine les scientifiques depuis des siècles... c’est Cela que, par commodité, l’homme a nommé "Dieu" et c’est encore Cela que la modernité ultra technophile tente d’imiter par le transhumanisme et l’auto détermination très en vogue dans nos sociétés désacralisées.

Le cerveau fonctionne comme une antenne dans la mesure où il capte des flux. Son langage n’est pas binaire, il fluctue en fonction de paramètres qui restent totalement hermétiques à la pensée scientifique occidentale. La mémoire des traumatisés fait exactement ce qui est "bon" pour sauver l’édifice psychique. Les systèmes de "forclusion" (terme inventé par Lacan) sont des systèmes de sauvetage par neutralisation de ce qui pourrait faire voler en éclat une structure complexe dont l’objectif est de survivre. L’objectif du cerveau antenne est d’une complexité inouïe. Il consiste à non seulement maintenir l’homéostasie physiologique mais également psychique en faisant des "sacrifices" vitaux dans le champ psychique émotionnel.

Le surgissement d’une séquence mémorisée n’est possible que dans des circonstances particulières dans laquelle on plonge notre cerveau. Regarder un film par exemple en est une. Pendant la visualisation, le cerveau humain est exactement en état d’hypnose plus ou moins consciente. Ce n’est pas pour rien que le cinéma est devenu l’un des divertissements les plus soutenus économiquement dans nos sociétés de manipulation massive. Un individu qui regarde un film n’est plus du tout présent à lui-même. Si l’on ajoute une forte stimulation émotionnelle (bande son et images fortes) on obtient une modification des ondes cérébrales. En passant des ondes Bêta (état de veille) en ondes Théta (hypnose) la censure rationnelle (principe de sauvegarde par forclusion) est neutralisée... et certains souvenirs flottants autour du Sujet se reconnectent à l’antenne. Cette dernière réactive à son tour un relais organique qu’on appelle la mémoire cellulaire (tout le corps est un support cellulaire dans lequel s’engramme le vécu psychique). Les flashs, visions et autres prémonitions surgissent alors à la conscience d’une façon "accidentelle".

Il faut avoir que notre organisme est composé à 80 % d’eau... or, on l’a enfin démontré et reconnu aujourd’hui, l’eau est l’un des plus extraordinaires support de mémoire (voir les travaux de Benvéniste repris par Luc Montagnier qui a préféré les poursuivre en Chine parce qu’en France il risquait de subir le harcèlement qu’à subi Benvéniste). Lorsqu’on parle de mémoire cellulaire, de mémoire du corps, l’eau des tissus joue un rôle majeur.

Les faux souvenirs existent cependant. En effet, une autre fonction majeure du cerveau fait que nous interprétons absolument tout ce que nos sens perçoivent. Nous n’avons pas du tout accès à la Réalité objective, nous ne pouvons qu’interpréter ce que nous "voyons". Nous fabriquons donc notre propre réalité et par conséquent notre vision du monde et de nous-même. Les souvenirs sont à la fois vrais et faux car ils sont systématiquement interprétés par notre mental qui fabrique du sens à partir de croyances et valeurs intégrées très tôt dans la structure psychique.

Il y a des souvenirs vrais qui ressurgissent, selon le processus proposé plus haut, et d’autres que l’on s’approprient à partir d’une interprétation subjective d’une situation donnée. La difficulté est donc de réussir à distinguer le souvenir vrai et l’interprétation...

Et ça, c’est une autre paire de manche !




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