C'est toute l'histoire de l'anarchisme...
http://www.lejournaldepersonne.com/2011/12/humaine-trop-humaine/
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Elle : tu as de beaux yeux tu sais Moi : je ne le savais pas... mais maintenant, je le sais Elle : pourquoi tu te moques de moi ? Moi : je ne me moque pas... parce que je n’ai pas d’yeux... j’ai l’œil Elle : l’œil de l’âme, à la source de tous les drames Moi : ça dépend comment on l’exerce madame Elle : je suis au courant, j’ai feuilleté ton recueil Moi : tu y as décelé des contradictions, des inepties ou des écueils ? Elle : que des monts et point de merveilles Moi : tu veux dire que c’est toujours pareil... Elle : oui, rien de nouveau sous le soleil Moi : si tu étais à ma place, tu ferais quoi ? Elle : je n’y suis pas mais je veux bien essayer Moi : vas-y arrache-moi ce masque sans lequel je ne saurais exister... vas-y ! Elle : j’y suis... je suis anarchiste... Moi : et alors ? Elle : j’ai le sol qui se dérobe sous mes pieds Moi : tu as le vertige ? Elle : non... je donne le vertige... Moi : Tu fais comment ? Elle : je sape les fondements de tout ce qui est établi, admis ou béni ! Moi : comme quoi par exemple ? Elle : l’identité... l’autorité... la propriété... toutes les mauvaises hypothèses Moi : c’est toute l’histoire de l’anarchisme Elle : l’anarchisme n’a pas d’histoire... puisqu’il se propose de la défaire Moi : je veux dire que ce sera toujours une devise sans prise sur le réel... Elle : le refus de l’identité... le refus de l’autorité... le refus de la propriété... c’est toute l’actualité Moi : mais toujours sans impact Elle : parce que la théorie est mal comprise : pour être plusieurs à désobéir... il en faut de la matière grise. Moi : point commun avec l’église : une terre promise. Elle : ni Dieu, ni maître ; ni Prêtre... Moi : c’est l’ordre qui te pose problème ? Elle : non... la hiérarchie... le désordre établi... le supérieur et l’inférieur... Moi : c’est l’inégalité naturelle Elle : la nature s’en charge... mais de l’inégalité institutionnelle, c’est moi qui m’en charge Moi : c’est une promesse qui ne sera jamais tenue... Elle : abattre les cloisons c’est à la portée du premier venu... Moi : Ni état... ni police... ni armée... ok mais qui va garder la cité ? Elle : Des hommes libres... conscients et heureux de s’auto-diriger Moi : Mais à quelles conditions ? Elle : Pas d’oppression (étatique), ni répression (policière) ni dépression (religieuse) Moi : censure de la censure ? Elle : non rupture avec l’idée d’une nature humaine... Moi : en pratique, on fait quoi ? Elle : on arrête la machine et on cesse de courber l’échine Moi : je crois que je vais reprendre mon rôle... C’est pas drôle ! Elle : je ne suis pas une machine... et je refuse de courber l’échine Moi : rends-moi mon masque s’il te plaît ! Elle : Je ne plaisante pas... je me bats déjà Moi : non, moi je me bats, toi tu collabores
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