C’est un peu l’image que j’en avais jusqu’à récemment, souvenirs vagues de collège, de livres d’enfance et de récits d’un grand père admirateur. Cette image a changé du tout au tout lorsque j’ai vu les émissions d’Henri Guillemin consacrées à Napoléon. Ça fait un choc mais le travail est là, les sources précises, étayées, imparables. Guillemin a peut-être un parti pris mais ça n’est pas sûr qu’il l’ait eu dés le début et ça n’enlève rien au travail d’historien et aux sources.
Tout ce qui me reste d’admiration pour napoléon c’est le champ de bataille et encore, entre la facile campagne d’Italie, le fiasco égyptien, Trafalgar, la Bérézina et Waterloo, ça vacille même sur ce point.
L’Egypte : une victoire facile contre les mamelouks qui n’avaient pas d’artillerie, le massacre de Jaffa, le repli face à St Jean d’Acre imprenable, la perte de la flotte, l’abandon de 30 000 hommes dont la plupart périront de maladie.
Le code civil : un projet engagé sous la révolution qui n’a pas eu besoin de Napoléon. Critiquable sur de nombreux points par ailleurs (notamment la sacralisation de la propriété).
Le maintien des valeurs. Guillemin apporte de nombreux éléments qui attestent que Napoléon était un opportuniste complet, laïque et bleu blanc rouge avec les républicains, royaliste avec les royalistes, chrétien avec le pape et musulman avec les imams, etc. La constance de Napoléon c’est son intérêt et son respect pour l’argent.
Au niveau architecture, aménagement, etc je ne sais pas trop, en tout cas le pays a été copieusement saigné par les guerres.
L’idée selon laquelle Napoléon aurait mené des guerres défensives est fausse, Guillemin le démontre de manière extrêmement convaincante. Il était guidé principalement par la voracité et il semble qu’aussi bien l’Autriche que la Prusse, l’Angleterre, l’Espagne ou la Russie se seraient bien passé d’une guerre contre la France, alors première puissance du continent.
A vous de voir et de juger si ça vous tente :