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Kemi Seba expulsé du Sénégal vers la France – entretien avec Olivier Mukuna

Kemi Seba et le président sénégalais Maky Sall

 

Alors que Kemi Seba est en cours d’expulsion du Sénégal vers la France, nous avons souhaité recueillir la réaction et l’analyse du journaliste Olivier Mukuna.

Le militant panafricaniste Kemi Seba a été interpellé ce mercredi à Dakar ; aux dernières informations, il se trouvait dans les locaux du commissariat spécial de l’aéroport de Dakar. Il est sous le coup d’une procédure d’expulsion immédiate vers la France, qui lui a été notifiée en milieu d’après midi (voir ici plus de détails sur les conditions de son arrestation).

Cette arrestation fait suite à une première incarcération de 4 jours le 25 août dernier, suite à un geste symbolique qu’il a réalisé devant plusieurs médias, à savoir le brûlage d’un billet de 5 000 FCFA (soit 7,68 euros), afin de dénoncer cette monnaie créée par la France coloniale, et toujours en vigueur aujourd’hui dans une quinzaine de pays africains. La BCEAO, dont la plainte a été rapidement déboutée, était à l’origine de cette première incarcération.

Selon l’arrêté d’expulsion, Kemi Seba « s’est fait aussi remarquer pour les propos désobligeants qu’il formule à l’encontre des chefs d’État et dirigeants africains et envisagerait de mener des actions préjudiciables à l’ordre public en appelant à des rassemblements intempestifs sur la voie publique ». Le texte, signé du ministre de l’Intérieur, justifie la décision d’expulsion par le fait que sa présence au Sénégal constitue « une menace grave pour l’ordre public ».

Manifestation anti FCFA (16 septembre 2017)

L’appel lancé par le collectif d’organisations constituant le Front anti-CFA à une manifestation le 16 septembre prochain aurait servi d’accélérateur à la décision d’engager une procédure d’expulsion.

Voici en vidéo la réaction de Hery Djehuty, coordinateur stratégique de l’ONG Urgences Panafricanistes :
 

[ EXPULSION DE KEMI SEBA ] Hery DJEHUTY, coordinateur stratégique au sein de l'ong Urgences Panafricanistes fait le point sur la situation de Kémi Seba

Publié par Kemi Seba sur mercredi 6 septembre 2017

Entretien avec le journaliste Olivier Mukuna.


Cercle des Volontaires : Le militant panafricaniste Kemi Seba a été arrêté ce mercredi 6 septembre à Dakar (Sénégal) et est en voie d’expulsion vers la France. Quelle est votre réaction ?

Olivier Mukuna : Je ne pensais pas que les Autorités sénégalaises iraient jusqu’à cette extrémité… C’est une décision très rare et spectaculairement expéditive dans ce pays d’Afrique de l’Ouest concernant un Français. Celle-ci s’est visiblement déroulée à toute allure, selon les informations de Jeune Afrique. D’après cet hebdo, plus français qu’africain, l’arrêté d’expulsion de Kemi Seba a été signé ce mardi 5 septembre au soir par le ministre de l’Intérieur. Pour ce dernier, l’activiste franco-béninois représenterait « une menace grave pour l’ordre public »… C’est clairement une décision prise en perspective de la manifestation anti-CFA, prévue le 16 septembre à Dakar, afin d’en priver son leader attitré et de déstabiliser la contestation populaire et grandissante envers le franc CFA.

Olivier Mukuna

Olivier Mukuna, journaliste

Cela démontre aussi deux choses aux détracteurs de Kemi Seba. D’une part, sous son impulsion et par son activisme, ce mouvement anti-CFA a pris une véritable envergure sociale qui dérange sinon effraie l’Exécutif sénégalais et son président Macky Sall. D’autre part, cette expulsion pourrait bien cacher un ordre venu directement de l’Elysée. Je n’en ai pas les preuves ; j’use donc du conditionnel. Mais il s’agit d’une hypothèse de travail tout à fait crédible. En tout cas, cette expulsion inique et injustifiée relance le soupçon de la classique influence coloniale française. Kemi Seba vit au Sénégal depuis 6 ans et serait soudainement devenu aussi dangereux qu’un potentiel terroriste ? C’est ridicule : son activisme panafricain a toujours été pacifique et il n’a jamais appelé à la violence ou à la lutte armée. Je le répète : je vois très mal le laquais élyséen Macky Sall superviser une telle décision, lourde de conséquences intérieures, sans l’aval de la France voire l’exécuter à sa demande.

Enfin, toutes proportions gardées et avec quelques différences, cette expulsion de Kemi Seba m’en rappelle une autre : celle de Malcolm X en 1965 à Paris (1). A peine débarqué de l’avion, le leader afro-américain et panafricain avait été arrêté par les Autorités françaises et placé sur le premier vol vers les USA… à la demande expresse de l’ambassade des Etats-Unis à Paris.

 

CdV : Kemi Seba a fait parler de lui récemment pour avoir brûlé un billet de banque en Franc CFA, que pensez-vous de ce geste ?

O.M : Au-delà de ce que chacun peut penser de Kemi Seba, il s’agit d’un geste symbolique à effet catalyseur et mobilisateur. Du point de vue de la communication comme de l’activisme politique, ce geste est à saluer en tant que tel. Parce qu’il a atteint sa cible. Il visait à propulser à l’avant-plan de l’agenda médiatique une problématique lourde et complexe de servitude africaine. Une exigence d’émancipation et de souveraineté économiques et monétaires que certains Occidentaux et Africains préfèreraient voir rester dans l’ombre. Cette rupture dans « les convenances » a contraint chacun à se positionner, à débattre du franc CFA, à s’informer pour certains sur cette monnaie coloniale instaurée par la France dans 15 pays d’Afrique depuis 1945. J’observe non sans circonspection que même les présidents Idriss Deby (Tchad) et Roch Kabore (Burkina-Faso) appellent à la fin du franc CFA (2). Si plusieurs économistes et intellectuels avaient déjà travaillé et publié en amont sur le sujet, celui-ci avait besoin d’un « tremplin médiatique », d’une sorte de détonateur populaire, un passage de la seconde à la troisième vitesse. Si le geste de Kemi Seba, consistant à se faire filmer en train de brûler un billet de 5 000 francs CFA en place publique, a pu remplir ce rôle, ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre…

J’estime au contraire que ce geste transgressif s’apparente à celui posé en 1955 par l’Afro-américaine Rosa Parks. Celle-ci avait refusé de céder son siège à un passager blanc dans un bus bondé, au mépris de la loi ségrégationniste qui interdisait aux noirs de s’asseoir sur les sièges réservés aux blancs. Cet acte subversif, objectivement illégal, a surtout fait écho, de façon directe et accessible, au refus de voir se poursuivre ce type d’injustice raciale subies par des millions d’hommes, de femmes et d’enfants afro-américains. Dans un contexte d’ébullition sociopolitique et de ras-le-bol populaire, cet acte – qui pouvait passer inaperçu et/ou être réprimé dans une relative discrétion – a au contraire fait mouche, été récupéré par l’activiste Martin Luther King, a mobilisé l’opinion et centré le débat de fond sur une exigence d’émancipation et d’égalité citoyenne… Ici et maintenant, on verra bien jusqu’où cela ira, mais j’observe des similitudes dans l’indéniable soutien populaire qui a suivi le geste iconoclaste anti-CFA posé par Kemi Seba et son organisation Urgences Panafricanistes.

Ensuite, si l’on reste intellectuellement honnête, il faut leur reconnaître de ne pas s’être trompé, ni sur la puissance symbolique ni sur le timing de ce qui demandait également un certain courage. Ce geste subversif présentait un double risque que nombre de détracteurs ont passé sous silence. D’une part : l’éventualité d’une incarcération longue suite à une condamnation judicaire. Et soulignons que faire de la prison ferme en Afrique, c’est autre chose – en termes d’exiguïté, d’inconforts et de mauvais traitements assimilables à de la torture – qu’être incarcéré en Europe… D’autre part : l’éventualité d’être incompris par une majorité de Sénégalais et d’Africains francophones issus des classes populaires. Vu d’Europe, 5 000 francs CFA, cela équivaut à… 7,62 €. Soit à peine plus cher qu’un paquet de cigarettes. Au Sénégal, avec cette somme, 2/3 des familles parviennent à se nourrir pendant 5 jours…

Ce double risque participe de la puissance et de l’efficacité du geste posé, un acte auquel Kemi Seba a dit réfléchir depuis plus d’une année, en concertation avec ses proches et Urgences Panafricanistes. Maintenant, brûler ce billet a aussi divisé. S’il a logiquement énervé les pro-CFA, il a aussi mécontenté une partie des intellectuels africains et afro-descendants. Parmi eux, je ne citerai pas les collabos qui défendent le statu quo servile et ne sont guère crédibles. En revanche, pour certains de ceux qui prônent et travaillent depuis longtemps sur une alternative visant une souveraineté monétaire africaine, le geste de Kemi Seba les a pris de vitesse, leur a grillé la politesse, mis momentanément leurs noms dans l’ombre. On peut comprendre que cela les agace mais ces batailles d’égo sont stériles et surtout secondaires par rapport à l’appauvrissement sans perspective des jeunesses africaines de la Zone CFA. Les plus lucides des intellectuels l’ont d’ailleurs vite compris, tel l’historien Amzat Boukari, auteur d’un texte étincelant intitulé « L’Afrique se fera par la monnaie ou ne se fera pas ».

Dans son analyse, qui ne risque pas d’être reprise par Le Monde, L’Express, L’Obs ou Le Point, Boukari, également Secrétaire général de la Ligue Panafricaine Umoja, appelle clairement à l’unité : « Les manifestations menées dans plusieurs capitales africaines et occidentales par le Front Anti-CFA et les campagnes sur les réseaux sociaux ont définitivement popularisé un sujet qui avait déjà connu une forte médiatisation dans les luttes sociales et politiques qui avaient marqué l’émergence des sociétés civiles dans les années 1990. Ce rappel explique pourquoi toutes les personnes partageant la nouvelle dynamique de l’ONG Urgences Panafricanistes ont bien évidemment raison de s’engager dans la lutte contre le franc CFA et de vouloir forcer l’histoire car, jusqu’à présent, les dominants ont voulu l’écrire à notre place et sans nous » (3).

Pour revenir au geste posé, certains médias ont fait le parallélisme avec le chanteur Serge Gainsbourg. Au milieu des années 80, ce dernier avait brûlé un billet de 500 francs français à la télévision et produit également un effet catalyseur (4). Les gens s’étaient aussi arrêtés et se questionnaient. Gainsbourg a justifié son acte en estimant sa fortune était beaucoup trop taxée par les pouvoirs publics. Mais vu le passif non militant de l’artiste sur les questions sociales et cette question précise, le geste est vite retombé dans une perception anodine. Celle d’une simple provocation émanant d’un artiste connu pour ses extravagances et prestations télévisées sous influence alcoolisée. S’ajoutait à cela un timing inopérant où l’acte ne faisait pas écho à l’existence d’une contestation populaire française grandissante contre la hauteur des prélèvements du Fisc français. Bref, le parallélisme avec Kemi Seba s’arrête là : même geste, mais contexte politico-historique et écho populaire totalement différents.

 

CdV : Au-delà du geste, le message, les médias français ont surtout parlé du messager, Kemi Seba, que pensez-vous de ce traitement médiatique ?

O. M : Ce traitement des médias français est assez révélateur de leur perception du problème de fond.

Cette question du franc CFA soit ne les intéresse pas soit doit se calquer sur ce que préconise l’Etat français. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les Autorités françaises s’opposent à ce qu’une quinzaine de pays africains s’émancipent de cette tutelle coloniale et monétaire. Car il s’agit d’un vieux racket opéré par la France et notamment maintenu grâce à la menace de ses bases militaires présentes dans la plupart des pays africains situés en Zone CFA…

Lorsqu’on étudie de près la réalité du CFA, les beaux discours politiciens de liberté, d’égalité, d’universalisme ou de défense de la démocratie font « pschiiit », pour reprendre la célèbre onomatopée de Jacques Chirac ; le seul ex-président de la Vème République à avoir publiquement admis que la France « doit rendre aux Africains ce qu’elle leur a pris » (5). Au sein de ce long braquage, il y a assurément plus de soixante ans de domination et de racket monétaire via le franc CFA et la collaboration de divers présidents-pantins africains prenant leur feuille de route à l’Elysée.

Traiter de façon vraiment journalistique ce sujet reviendrait donc à mettre le projecteur sur un continuum colonial, farouchement nié par l’ensemble de la classe politique comme des médias français. Dans ce contexte, la facilité confortable est donc de s’attaquer au messager, à son passé, son parcours, rappeler les précédentes polémiques qu’il a déclenchées. Bref, tenter de le diaboliser afin de passer sous silence ou faire croire « inintéressant » le sujet pourtant d’intérêt public qu’il dénonce.

C’est devenu un classique chez les médias mainstream français, qui appartiennent, pour la majorité, à des milliardaires comme Vincent Bolloré. Ce dernier et ses homologues n’ont strictement aucun intérêt à voir des questions comme celle du Franc CFA sérieusement médiatisées, débattues et critiquées en France… A cet égard, j’ajoute que, selon le rapport 2017 de RSF (Reporters Sans Frontières), en matière de liberté de la presse, la France décroche péniblement la 39ème place mondiale sur 180 pays (6) ; derrière donc le Costa Rica (6ème), la Jamaïque (8ème), la Belgique (9ème), le Surinam (20ème) , le Ghana (26ème), l’Afrique du Sud (31ème), le Chili (33ème) ou la Lituanie (36ème). Ceci explique peut-être cela…

 

CdV : À titre personnel, que pensez-vous de Kemi Seba ?

O.M : Ce que je pense de lui a infiniment moins d’importance que l’actuelle cause qu’il défend, pour l’instant sans écueil ni dérive. Mais je vais vous répondre. Car il me semble important de pouvoir lire autre chose que les inepties diffusées à son sujet par la plupart des médias français. A les lire, on pourrait penser que Kemi Seba est une sorte de « djihadiste » de Boko Haram ou le fondateur d’une « résurgence nazie » en Afrique de l’Ouest. Pures stupidités de médias désinformateurs à qui plus personne ne demande de prouver ce qu’ils racontent. Bref, il est tout aussi ridicule de diaboliser Kemi Seba que de le prendre pour un prophète.

C’est en 2005 que j’entends parler de lui pour la première fois. Il venait de claquer la porte du « Parti Kemite », un groupuscule identitaire noir, pour fonder un autre « la Tribu Ka ». A l’époque, je le trouvais fort instable, excessif, trop vindicatif, racialiste, bref très jeune (il avait 24 ans) mais possédant déjà ce qui ferait plus tard sa force : une fierté de nègre marron, une dignité de fils d’Afrique.

Contrairement à nombre d’intellectuels afro-descendants, l’autodidacte Kemi Seba a vite compris qu’il fallait travailler à détruire le complexe d’infériorité noir. Dans des sociétés structurellement racistes et négrophobes, telles les sociétés française et belge, le vernis républicain ou pseudo-antiraciste ne trompe que ceux qui veulent l’être. En réalité, une hiérarchisation raciale qui ne dit pas son nom demeure en vigueur et concentre systématiquement les citoyens noir-e-s dans les fonctions subalternes de vigiles, d’aides-soignants, de sportifs ou d’amuseurs professionnels et, partout ailleurs, les utilise comme alibis de « diversité » (milieux politique et médiatique, grandes entreprises, industrie cinématographique, etc.). Dans ce contexte précis, le complexe d’infériorité noire reste prégnant et se double souvent d’un long déni ou tabou à dépasser pour les concerné-e-s.

Si, dès la diffusion de ses premiers discours et polémiques, Kemi Seba a été suivi par nombre d’afro-descendants, c’est parce qu’il réveillait en eux cette dignité enfouie. Avec un recours, souvent excessif, à la notion de « virilité » mais ils et elles se sont reconnus dans cette exigence d’autonomie noire, la fierté de ses origines africaines, ce rejet total et déterminé de « la malédiction de Cham », soit ce précepte biblique judéo-chrétien postulant qu’avoir la peau noire serait un châtiment divin, le signe d’une sous-humanité destinée à connaître, pour l’éternité, l’exploitation, l’oppression et la servitude.

Pour autant, du point de vue de l’efficacité sociopolitique en France, la plupart des choix de Kemi Seba ont été des tâtonnements, des erreurs ou des fautes. Plus particulièrement ses alliances avec des organisations d’extrême-droite comme ses accointances commerciales avec le boutiquier néofasciste Alain Soral. A mon avis, Seba paye encore aujourd’hui ces dérives qui ont écorné son image.

Ce n’est que 7 ans plus tard, en 2012 à Dakar, que je décide de le rencontrer et de l’interviewer pour le site belge d’infos auquel je collaborais à l’époque. C’était amusant, nous avions chacun une idée préconçue et critique de l’autre. Il se méfiait d’un journaliste, même belgo-congolais. Pour ma part, je voulais savoir s’il avait vraiment renoncé aux positionnements et ambiguïtés racistes ou « ethno-différentialiste », pour reprendre un néologisme qu’il n’utilise plus aujourd’hui. Il a accepté ma sollicitation. J’ai alors découvert un activiste qui avait évolué en profondeur, qui affirmait rejeter toute forme de racisme et désirait ancrer ses combats dans la défense et l’émancipation des Africains via divers sujets de société et d’actualité internationale. Son emploi de chroniqueur, en radio et télé sénégalaises, lui ont aussi conféré une stature et permis de perfectionner ses aptitudes d’orateur. Malgré que notre entretien ne contienne rien d’illégal ou de diffamatoire, le site belge d’infos l’a censuré et refusé de le diffuser. Comme les autres médias auxquels je l’ai proposé…

Pour avoir vécu au Sénégal, j’ai constaté que l’environnement sénégalais a « amélioré » le strasbourgeois Kemi Seba. Il a trouvé en Teranga des personnes qui le comprenaient, avec lesquelles il pouvait travailler et qui le respectaient. Tandis qu’en France ne l’attendait qu’une oppression politique maximale, l’enchaînement de provocations stériles en réponse et certainement plusieurs séjours en prison. Le Sénégal et le panafricanisme ont en quelque sorte « sauvé » Kemi Seba. De ce point de vue-là, l’expulsion inique dont il est aujourd’hui victime est d’autant plus cruelle. J’espère qu’il pourra revenir à Dakar sinon en Afrique de l’Ouest.

Pour autant, cela ne me fait pas oublier certaines de ses « rechutes », comme en 2014 avec son étrange implication dans « l’affaire Binti Bangoura ». Du nom de cette mannequin franco-guinéenne harcelée durant des mois et agonie d’injures racistes par Alain Soral. Lors du procès, la jeune femme a reproché à Kemi Seba (auquel elle s’était confié alors qu’elle était harcelée) de ne pas avoir dénoncé son tortionnaire virtuel, d’avoir joué une sorte de « double jeu » et tenté de protéger Soral. Le leader panafricain a été mis hors de cause par la justice française.

Néanmoins, sa volonté de ne pas condamner définitivement Soral voire de lui trouver des circonstances atténuantes, dans une affaire de sexisme négrophobe manifeste, en a déçu plus d’un-e. Je fus de ceux-là. Et je pressens que l’homme n’en a pas fini avec certaines dérives egocentriques ou vilement opportunistes. C’est son côté « diva » dont il ne parvient pas à se débarrasser. Pour le dire autrement, Kemi Seba possède un courage indéniable, une certaine authenticité militante mais il n’a pas encore entièrement démontré l’incorruptibilité dont il se réclame. Parce que, entre autres, il n’a toujours pas saisi que Soral et BHL sont les 2 faces d’une même pièce truquée.

 

CdV : Que pensez-vous de la façon dont la lutte contre le franc CFA est traitée en Afrique ?

O.M : D’un point de vue médiatique, s’il y a des manques et des améliorations à apporter ici ou là, le dossier du CFA est globalement bien traité par la presse africaine, en ce compris sur le suivi de la lutte des activistes et intellectuels contre cette monnaie coloniale. Même l’hebdo, souvent critiquable, Jeune Afrique a publié il y a quelques jours une tribune sur « l’après-CFA » (7).

D’un point de vue politique, c’est évidemment une autre chose. Comme je vous le disais, 2 présidents africains de la Zone CFA sur 15 se sont prononcés pour la fin de cette servitude monétaire. On peut estimer qu’ils tiennent enfin compte de leurs opinions publiques mais quelle est nature exacte de leur calculs pour s’accrocher au pouvoir ? Jusqu’où iront-ils pour défier la France et ses bases militaires implantées dans plusieurs pays de la zone CFA ? L’avenir nous le dira…

Il faut également se souvenir que le dernier président africain élu à s’être opposer au diktat de la France, c’est l’ivoirien Laurent Gbagbo. En 2011, celui-ci a été victime d’un coup d’Etat, piloté par la France avec la complicité de l’ONU, puis a été kidnappé pour être incarcéré à la Haye (Pays-Bas). Depuis 6 ans, il sort de sa cellule de temps à autre pour comparaître devant une Cour Pénale, aussi occidentale qu’ubuesque, qui ne parvient pas à fonder ni à démontrer les accusations de crimes et de massacres portées contre lui…

J’estime néanmoins, qu’à l’image de la plupart des dirigeants de pays d’Afrique de l’Ouest, trop de médias africains manquent cruellement de percussion critique à l’encontre de la « Françafrique » dont l’une des pierres angulaires est le CFA. Certes, ce n’est pas sans dangers, mais il s’agit ni plus ni moins du premier des enjeux pour l’Afrique francophone subsaharienne : achever enfin et complètement le processus de décolonisation.

Dans son dernier livre « La gloire des imposteurs », co-écrit avec la malienne Aminata Traoré, l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop n’est pas tendre envers cette « veulerie » des élites africaines, médias compris : « J’estime que les pays africains de l’espace anglophone ont tendance à beaucoup mieux se porter que nous… En tout cas, en ce qui concerne la question de la souveraineté qui ne se pose pas. Je le raconte dans notre livre, l’ex-ambassadeur de Grande-Bretagne au Sénégal m’a dit que pendant les sept ans où il a été en poste au Nigeria, s’il avait fait là-bas ce qu’il a vu l’ambassadeur de France faire dans notre pays, il n’en serait pas ressorti vivant… » (8).

 

CdV : Comment expliquez-vous qu’en 2017 le sujet du Franc CFA soit encore si peu et si mal traité dans les médias traditionnels français ?

O.M. : À nouveau, je pense que l’excellent Amzat Boukari explicite et résume parfaitement dans son dernier article la réponse à votre question. Permettez-moi de le citer à nouveau :

« Le contrôle de la monnaie CFA, notamment de son émission depuis les imprimeries de la Banque de France à Chamalières, permet à Paris de faire du chantage économique à tout régime qui ne suit pas sa politique. La menace d’une répression monétaire en bloquant également les réserves déposées par chaque pays dans les coffres du Trésor Français favorise un climat perpétuel de crise sociale en Afrique, climat propice à tout renversement de régime qui lèverait la voix contre ce système en favorisant justement l’utilisation des réserves monétaires pour mener une politique au service des populations.

La contrepartie est que la défense du franc CFA par les présidents africains adoubés par l’Elysée est en réalité un outil de corruption de la démocratie africaine […] La France n’a absolument pas renoncé à son projet colonial et la seule émergence possible pour lesdits pays est bien d’émerger du franc CFA. Ainsi, la déconnexion monétaire prendra le temps qu’il faut, sans doute avec de nouveaux dirigeants décomplexés, mais elle sera faite, et bien faite une fois pour toutes. »

Voilà les principales raisons pour lesquelles la plupart des citoyens Français ignorent ou n’ont jamais attendu évoquer sérieusement le franc CFA à travers l’information des médias qu’ils consomment. J’entends déjà certains confrères rétorquer : « C’est un sujet économique très complexe éloigné des préoccupations des Français », « Les experts économiques sont divisés sur le sujet » ; etc. C’est leur façon de masquer leur démission ainsi qu’un certain mépris pour le véritable exercice journalistique. Car, d’une part, d’autres confrères parviennent à traiter sérieusement le sujet (9) et, d’autre part, il s’agit d’une question éminemment politique et de justice qui intéresse autant les citoyens français que ceux d’Afrique francophone.

Il est aussi révélateur de constater que le seul candidat à la présidentielle 2017 qui s’est montré favorable à la fin du Franc CFA, c’est François Asselineau, président de l’UPR. Excepté le salutaire travail du Cercle des Volontaires (10), avez-vous vu ou entendu un seul journaliste l’interroger sur cette question ? La réponse est non. Concernant le franc CFA, si la pression populaire et citoyenne commence à devenir forte en Afrique de l’Ouest, en France, elle demeure de l’ordre du score obtenu par Asselineau au 1er tour de la présidentielle : 0, 9% …

Il y a indéniablement un consensus politico-médiatique français pour faire silence ou mal traiter cette question cruciale du franc CFA, une monnaie coloniale qui spolie et maintient dans la pauvreté les populations de 15 pays africains.

Propos recueillis par Nico Las (TDH) et Raphaël Berland


(1) : Vidéo de Malcom X

(2) : Article de La Nouvelle Tribune

(3) : Article de ByUs Média

(4) : Vidéo de Gainsbourg brûlant un billet de banque.

(5) : Vidéo de Jacques Chirac sur l’exploitation de l’Afrique par la France.

(6) : Reporters Sans Frontières, classement de la liberté de la presse dans le monde.

(7) : Article de Jeune Afrique.

(8) : Article de Montray Kreyol

(9) : Vidéo de France24  : Le Franc CFA est un outil de la servitude volontaire.

(10) : Interview de François Asselineau sur le Franc CFA

Tags : France Afrique Monnaie



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46 réactions à cet article    


  • 3 votes
    nephis 7 septembre 13:33

    Pour une fois qu’il y en avait un qui avait remigré de lui-même… smiley


    • 3 votes
      yoananda yoananda 7 septembre 13:47

      @nephis
      c’est la preuve de ce que j’ai toujours dit : la rémigration, même si on décidait de la mettre en place chez nous (ce qui en terme de chance est en dessous de la constante de planck politique), alors les pays d’origine n’en voudraient pas de toute manière (et eux mettraient en place ce qu’il faut pour éviter les retours ! sans aucun scrupule).

      Moi je prône la rémigration intelligence et voulue (c’est la seule attitude saine face au mondialo-sionisme), exactement la même chose que le musulman Semi Keba, mais ... même ça c’est compliqué.


    • 2 votes
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 15:43

      @yoananda
      Tu devrais toi aussi remigrer dans ton pays d’origine : l’enfer ... Satan m’a dit que ta souillure verbale lui manquait


    • 2 votes
      nephis 7 septembre 15:51

      @DJL 93VIDEO

      Tiens v’là le défenseur de la religion édifié par un pédophile… Va t’éclater avec tes houris (au sens figuré bien entendu) et fous nous la paix !


    • vote
      Babac 7 septembre 15:53

      @nephis
      Oui, mais le problème, c’est qu’il est originaire du Bénin, pas du Sénégal...


    • vote
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 15:55

      @nephis
      A qui tu parles petit homme ?
      Occupes toi de tes affaires si tu ne veux pas glisser ...


    • vote
      nephis 7 septembre 16:16

      @yoananda

      Et bien ça censure à tout de bras sur ago !


    • 2 votes
      yoananda yoananda 7 septembre 16:18

      @DJL 93VIDEO
      ouai, fais gaffe à pas glisser sur ta machette, un peu comme Théo ...


    • vote
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 17:49

      @yoananda
      Toutes les semaines j’aiguise ma machette avec une pierre et de l’eau ... Ma machette est réservé pour les sales racistes comme toi et le pire C que tu crois que je rigole ^_^ lol mdr ... Je te conseille vivement d’arrêter de me parler, nous n’avons rien à nous dire ... Un jour tu vas m’énerver, je vais porter plainte contre toi et j’aurais ton nom et ton adresse ... Et tu ne veux pas que G ton nom et ton adresse, hein !


    • vote
      nephis 7 septembre 18:03

      @AgoravoxTV

      Je ne comprends pas pourquoi certains de mes commentaires sont censurés alors que certains commentaires menaçants comme celui de DJL 93 sont tolérés. 2 poids 2 mesures ?!!


    • 2 votes
      Zatara Zatara 7 septembre 18:04

      @DJL 93VIDEO
      ....et lui de faire un back up de tous tes posts où tu parles de machette et autre menace de mort pour te prendre quelques mois de sursis.....

      Rarement vu pareil abruti aussi satisfait de lui même.....


    • 1 vote
      yoananda yoananda 7 septembre 18:05

      @DJL 93VIDEO
      non je veux pas que tu l’aie.

      non je ne crois pas que tu rigoles.

      par contre, celui qui peut porter plainte pour avoir reçu des menaces de mort, c’est moi.

      moi je ne menace personne.


    • 1 vote
      Semi Kebab 7 septembre 20:11

      @DJL 93VIDEO
      ULCAN, sort de ce corps difforme !!!!!


    • vote
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 8 septembre 02:51

      @Semi Kebab
      Est ce que tu négocies avec le diable ? ... moi pas.


    • vote
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 8 septembre 03:07

      @yoananda
      Arrête de commenter mes commentaires ...
      Arrête de me parler et j’en ferais autant ... Ignorons-nous, les femmes m’ont appris que l’ignorance est le plus grand mépris humain ...

       

      Fini le dialogue, hein !!! ... On ne veut pas aller dans une vraie guerre. hein , ni toi, ni moi, je suis qqu’un de paisible par nature ... Ce n’est pas possible de dialoguer entre une personne comme toi et une personne comme moi. Tu déplais fortement à ce qu’il y a de plus beau en moi et tu nourris mon coté diabolique, mon coté faux, violent et sale type, tu nourris mon orgueil, le plus grand des vices ... Je suis né à Barbès et G grandi dans une cité d’Aulnay sous bois dans le 93, disons qu’il y a une certaine rusticité en moi, il est con celui qui ose m’agresser ... Bonne route et loin de moi si possible ...


    • 2 votes
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 15:52

      Kemi Seba est un doux rêveur ... Bruler un billet de franc CFA n’arrêtera jamais la France sur son emprise monétaire ... La France a fait des guerres pour imposer des monnaies de singes à des pays étranger ...
       
      Je n’ai aucune confiance en Kemi Seba
      , je pense que si la France proposait à Kemi Seba un camion remplit de franc CFA à bruler, je pense qu’il choisirait de ne pas bruler cet argent, de le garder pour lui, et le soir quand il sera en public, il brulera 1 seul billet de franc CFA devant les caméras ...


      • 2 votes
        #WorldPeaceNow* #WorldPeaceNow* 7 septembre 18:49

        @DJL 93VIDEO
        Et toi que ferais-tu ?


      • 1 vote
        Semi Kebab 7 septembre 20:08

        @DJL 93VIDEO
        Ouais pis on a pas renvoyé Gainsbourg à Auschwitz quand il a cramé 500 balles chez Drucker, hein 2 POIDS 2 MESURES comme toujours avec les siounisssssssss$$$$$


      • vote
        DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 22:14

        @#WorldPeaceNow*
        Je ne négocie pas avec le diable, je le combat ... Mais j’avoue que je gagne pas beaucoup de bataille ces derniers temps ^_^ lol

        Si j’avais choisi cette cause, ce combat contre le franc CFA, j’aurais pris le camion plein de fric, et j’aurais acheté des sacs de riz, de l’huile, du sucre, des cahiers, des stylos, pour les distribuer aux pauvres et aux écoles ... J’aurais gardé un sac de billet à bruler en public, en n’oubliant pas dire d’où vient cet argent !


      • vote
        DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 22:20

        @Semi Kebab
        Comparons ce qui est comparable, Gainsbourg n’a pas bruler un billet pour réclamer la destruction du Franc ... Je pense qu’il aurait pû gouter à la prison s’il conspirait contre le Franc. Les Etats sont sans pitié quand on touche à leur monnaie. En France, si tu te fait attraper à faire de la fausse monnaie, tu prends une peine de prison à 2 chiffres !


      • 1 vote
        Zatara Zatara 7 septembre 22:34

        @DJL 93VIDEO

        En France, si tu te fait attraper à faire de la fausse monnaie, tu prends une peine de prison à 2 chiffres !

        et pour menace de mort, t’as une idée ?

        Article 222-17

        La menace de commettre un crime ou un délit contre les personnes dont la tentative est punissable est punie de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende lorsqu’elle est, soit réitérée, soit matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet.

        La peine est portée à trois ans d’emprisonnement et à 45 000 euros d’amende s’il s’agit d’une menace de mort.


      • vote
        DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 7 septembre 23:29

        @Zatara
        Fait pas ta pleureuse, je serais ravi de chanter ma version au juge, et il aura l’historique de l’harcèlement verbale et morale dont j’accuse Yoananda ... Si je l’avais en face de moi, je lui mettrais des coups de machette dans son crâne d’oeuf de zombi, en mode Walking Dead ... 

        Et puis ... occupes toi de tes affaires, çà vaudra mieux ^_^


      • 5 votes
        Zatara Zatara 8 septembre 10:17

        @DJL 93VIDEO
        mes affaires consistes à relever chaque connerie que tu débites à chacun de tes posts... incapable que tu es de te voir autrement qu’en moraliste/philosophe/protecteur de l’Islam/guerrier/ victime de racisme là ou il n’y a qu’un pathétique et suffisant petit trou du c.... arrogant et superficiel, en sous capacité cognitive.....


      • vote
        Babac 7 septembre 15:55

        Bon débarras.


        • vote
          Semi Kebab 7 septembre 20:09

          @Babac
          Heu non, qui c’est qui va ramasser le sac poubelle ? Le françaouis, comme toujours...


        • vote
          Qiroreur Qiroreur 7 septembre 16:25
          "Dans des sociétés structurellement racistes et négrophobes, telles les sociétés française et belge (...)"

          "En réalité, une hiérarchisation raciale qui ne dit pas son nom demeure en vigueur et concentre systématiquement les citoyens noir-e-s dans les fonctions subalternes de vigiles, d’aides-soignants, de sportifs ou d’amuseurs professionnels et, partout ailleurs, les utilise comme alibis de « diversité » (milieux politique et médiatique, grandes entreprises, industrie cinématographique, etc.)."

          Discours victimaire et profondément insultant pour les peuples français et belges, le genre de propos stupide qui entache le reste plus cohérent et intéressant sur le Franc CFA. Parce que je n’ai toujours pas compris... qui empêche les Noirs de faire des études de médecine, d’avocats, d’ingénieurs ? Vous pensez que Polytechnique et Normal Sup sont come des boîtes de nuit, avec un videur devant qui interdit à certaines personnes de rentrer ? Il y a même de la discrimination positive dans certaines études (Science Po par exemple), discrimination (tout court) qui prive des étudiants plus brillants d’un accès à ces études au profit d’autres. 
          Merci à l’interviewer de laisser passer ces propos imbéciles et mensongers de nature à attiser la colère d’autochtones qui n’ont jamais colonisé personne. C’est vraiment du bon boulot ça... continuez !

          • 2 votes
            yoananda yoananda 7 septembre 16:38

            @Qiroreur
            En France, il n’y a pas de politique d’état raciste.

            Il y a très très peu de racistes dans la population.

            Le peu qu’il y a sont EUX dans les postes subalternes, et ne peuvent pas bloquer l’ascension sociale des chances pour la France.

            C’est un discours victimaire, faux et insultant comme tu le dis en effet.

            MAIS

            dans tous les états multi-raciaux, il y a un ethno-stratification qui se met en place, c’est un phénomène émergeant.

            Ce n’est pas du au racisme de ceux qui sont en haut, mais au racisme de tout le monde (la tendance à vouloir vivre avec les siens) et au fait que certains s’organisent mieux que d’autres ou ... ont la meilleure place pour des raisons historiques (par exemple au hasard, avoir construit le pays pendant 1500 ans ...).

            Mais le discours marxiste et décolonialiste déforme cette réalité pour un faire un système d’oppression pour les allogènes par les indigènes : la raison est simple, faire un procès moral aux français par le biais de la caste bobogauchoïde qui ne jure que par les prébendes étatiques.


          • vote
            pegase pegase 7 septembre 19:12

            @Qiroreur

            Là où le discours de Kemi seba coince, c’est qu’il pointe du doigt la France, alors que ce pays n’est plus du tout souverain, sa propre création monétaire a été externalisée ...

            Donc Kemi Seba est un colonisé qui fustige d’autres colonisés ??? à quoi ça sert ?

            C’est à se demander s’il n’est pas là pour obtenir l’indépendance totale vis à vis de la France, avec abandon du franc CFA, mais au profit d’une autre nation ...


          • vote
            Semi Kebab 7 septembre 20:13

            @pegase
            Au hasard ... Israheil ? Mouais j’ai toujours pensé que Chichi était un raccourci du prépuce déguisé en Malcom X du pauvre, il aimait beaucoup le marais, lui aussi, c’est signé...


          • vote
            Qiroreur Qiroreur 7 septembre 20:55

            @yoananda
            "En France, il n’y a pas de politique d’état raciste."

            C’est peu de le dire. On a même une politique antiraciste, dans le mauvais sens du terme. Lutter contre le racisme est une très bonne chose en soi, à condition de lutter contre toutes les formes de racisme ce qui n’est évidemment pas le cas. 

            Ton propos est un peu contradictoire. D’un côté tu dis que très peu de gens sont racistes et en même temps que tout le monde le serait. Déjà je ne considère pas que vouloir vivre parmi les siens relève du racisme. Ce qui caractérise le racisme c’est (outre la croyance en une hiérarchie entre les races) une hostilité systématique envers un groupe d’individus. Selon cette définition, en effet les racistes sont ultra minoritaires parmi les Français dits de souche. Detoute ma vie je n’ai jamais rencontré de type haïssant un Noir juste à cause de sa couleur de sa peau mais je suppose que cela existe. Toujours est-il que parler de nos sociétés comme étant viscéralement racistes est complètement faux. 

            Ce qui dérange ce type en réalité c’est la politique française en Afrique (et ça lui fait dire n’importe quoi) et ça je peux le comprendre. On peut néanmoins objecter que c’est surtout son identité noire qu’il défend, comme Kémi Séba, né en France, de nationalité française, que personne ne rejette en réalité mais qui s’est découvert une âme de combattant panafricaniste (anciennement un authentique racialiste qui a quand même un peu évolué mais, qui ne renie rien pour autant... on situe la morale du personnage) et qui a sombré dans la paranoïa aigüe. 

            En réalité, lui comme Séba (comme Bouteldja et bien d’autres) sont restés Africains dans leur tête et avant toute chose et pratiquent l’inversion accusatoire : ils sont les racistes qui projettent leur racisme sur les autres pour mieux s’en défendre : c’est un mécanisme de défense bien connu en psychologie. Pour le coup Kémi Séba a été logique avec lui-même et est parti de France. Mais tous les autres restent, crachent sur ce pays tout en profitant de ses avantages. Ils veulent être traités pareil que les autres (ce qui est le cas) tout en revendiquant en permanence leur différence et se plaignant qu’à un moment donné certains Français qui en ont marre de se prendre ces procès d’intention malhonnêtes leur disent "vous commencez un peu à nous faire chier". 

            On est face à des gens revanchards, perdus s’agissant de leur propre identité et finalement illogiques et profondément malhonnêtes. La France (la Belgique, l’Occident en général et le Blanc en particulier) est l’objet de leur névrose. Ils pourraient étudier, réussir, s’épanouir, mais ils sont en échec et la seule explication qu’ils trouvent pour justifier leur médiocrité est un mélange de matérialisme qur fond de racisme imaginaire dont ils seraient l’objet. Celui qui parle très bien de tout cela est Tepa : un Français qui a des origines africaines, qui, sans les oublier, se considère avant tout comme un Français et son visage traduit le bonheur (celui de Séba la colère et la dépression). Et personne (à part un débile mental, mais ça il y en a partout) n’aurait l’idée de lui dire qu’il n’est pas Français parce que Noir. Il n’a pas la couleur de peau des gens d’ici, mais on s’en fout, il partage les mêmes codes culturels, la logique, et c’est amplement suffisant. Quand je vois ces gauchistes "bien de chez nous" et haineux à un point que cela relève de la psychiatrie, je me dis que le problème au fond est aussi profond chez les névrosés venus d’ailleurs que chez les névrosés bien d’ici.


          • 1 vote
            yoananda yoananda 7 septembre 21:32

            @Qiroreur
            "Ton propos est un peu contradictoire. D’un côté tu dis que très peu de gens sont racistes et en même temps que tout le monde le serait."

            Oui tu as raison.

            Parfois j’utilise "racisme" au sens usuel c’est à dire, vouloir vivre avec les siens, se méfier des autres (pas être hostile, juste méfiant), surtout quand je parle de "sociobiologie".

            Parfois j’utilise le racisme au sens politique de hiérarchie des races.

            Les français sont un des peuples les moins racistes (au sens politique ET usuel) de la planète :

            * au sens politique, des racistes suprémaciste ou même hostiles à l’allogène, c’est ultra-minoritaire

            * au sens usuel : même la, les français sont beaucoup moins racistes que les autres peuples de la planète (les occidentaux en général, les français en particulier). En France être natio c’est un gros mot, ailleurs, c’est la norme (sauf occident).

            Après, TOUS les humains s’organisent en groupe de coopération avec compétition contre les autres groupes. C’est biologique. C’est ce trait, plus ou moins exacerbé, qui fait qu’on est naturellement plus ou moins "raciste" (et ça peut se forcer dans un sens ou l’autre par la culture aussi). Les français aussi sont comme ça, sauf qu’il y a UN groupe prédominant, c’est l’état, et que l’état impose d’être ouvert aux autres, c’est un peu un cas particulier, un peu tordu smiley lol

            J’espère que c’est plus clair, mais tu as raison, je me laisse parfois aller à utiliser le mot "raciste" abusivement, vu que c’est la norme ...


          • vote
            Qiroreur Qiroreur 7 septembre 22:59

            @yoananda
            Oui et non. Justement que je pense que le Français, son logiciel, est fondamentalement antiraciste. Si moi, avec ma face de craie, je me pointe au Japon ou chez les Masaï et que je j’épouse leurs codes culturels, je ne deviendrais pas un japonais ou un masaï à leurs yeux. Tandis qu’en France, c’est parfaitement possible. Donc, non, justement, les Français "ne sont pas comme ça" comme les autres. Tu confies la pathologie ethno-maso des gauchiasses haineux de ce qu’ils sont, ayant incorporé, intellectualisé cette haine, avec une logique française bien comprise qui à mon sens est ouverte (c’est pour cela que je parlais de Tepa... un compatriote qui a tout compris). On est clairement pas d’accord sur le sujet en réalité, mais c’est pas grave...on discute au moins.


          • vote
            yoananda yoananda 7 septembre 23:17

            @Qiroreur
            oui et non. smiley

            Le logiciel dont tu parles est assez nouveau somme toute dans la mesure ou avant, disons 1900 la France était à 90% gallo-romaine et je pense jusqu’en 1970 >95% blanche.

            Il y avait aussi en France des endroits ou on était étranger d’un village adjacent à l’autre.

            Mais, disons que d’un autre coté, la France, si j’ai bien compris, a été un territoire celte/gaulois colonisé par les Francs, qui ont déclaré que tout homme qui en foulait le sol était libre.

            Ensuite, il y a eu la république, dont on sait quels sont les principes universels, mais à l’époque, il n’y avait pas les bateaux, avions, et voitures d’aujourd’hui.

            Donc, oui et non, on a toujours été universaliste, mais "raisonnablement raciste". En tout cas jusqu’à Dreyfus et la Shoah du moins, qui ont permis l’envol de l’anti-racisme institutionnel.

            Pour moi maintenant, il y a 2 peuples en France, enfin, 3 :

            * (1) les "racistes", c’est à dire les normaux

            * (2) les "anti-racistes", c’est à dire les sujets de l’état

            * (3) et les importés/divers/chances.

            les 2 premiers se foutent sur la gueule politiquement as usual. Le 3ème fou sur la gueule des 2 premiers tout court. [je parle de "peuples", donc, à l’intérieur y a de tout comme individu]

            La démographie condamne les 2 premiers.

            C’est simpliste, comme tout modèle, mais plutôt assez bon en terme prédictif.

            On peut rajouter un 4ème peuple, les "mondialistes", minoritaire, mais les plus puissants.

            Bon tu vas me dire que toi t’es ni 1 ni 2 ni 3 ni 4. C’est vrai smiley


          • 2 votes
            nephis 8 septembre 10:40

            @Qiroreur

            Justement que je pense que le Français, son logiciel, est fondamentalement antiraciste.

            Leur logiciel est antiraciste car ils ne sont plus français justement ! Ce n’est pas difficile à comprendre quand on a un minimum de profondeur culturelle et historique.

            Le corollaire du « tou li monde il i fwoncais », est que plus personne ne l’est vraiment quelque part !


          • vote
            Qiroreur Qiroreur 8 septembre 14:24

            @nephis

            Troll


          • vote
            nephis 8 septembre 14:48

            @Qiroreur

            Il est trop facile de s’en sortir de la sorte. En quoi serai-je un troll ?


          • 2 votes
            Tomac Tomac 8 septembre 14:51

            @nephis

            On ne naît pas antiraciste, on le devient avec une grosse propagande mondialiste. 


          • vote
            Tomac Tomac 8 septembre 15:14

            @Tomac

            L’antiracisme, c’est plus de clients pour le grand capital rien de plus.

            Un petite pub avec un enfant blanc, noir, jaune et des fruits de la même couleur et hope, tu deviens antiraciste. 

            Everybody is nobody. 


          • vote
            Qiroreur Qiroreur 9 septembre 16:51

            @nephis
            Sortir de quoi ?

            Quelqu’un qui parle de "nègres", de France "enjuivée" et ce genre de truc est un troll. Perte de temps que d’échanger avec toi car il n’y a généralement rien derrière, autrement tu aurais déjà développé. Conclusion : tu es sans intérêt, donc continues si ça t’amuse. Bye.


          • vote
            Tomac Tomac 10 septembre 13:09

            @Qiroreur

            Heidegger un troll qui aimait souvent utiliser le terme "enjuivé" c’est évident. 

            Ta conclusion tu peux te l’appliquer profondément, ça pourrait un peu être te faire passer à un niveau qui dépasse la surface des choses... 

            Ou bien t’es juste trop concerné par ce terme, possible aussi. 

            Allez Shalom. 



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