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L’archéologie de la Grande Guerre : Une conférence de Gilles Prilaux (Ecole Nationale des Chartes)

L'archéologie de la Grande Guerre : Une conférence de Gilles Prilaux (Ecole Nationale des Chartes)

 

« Lors de la guerre 14-18, des millions d'hommes ont vécu l'enfer des orages d'acier et l'horreur des tranchées. (...) Il faut savoir qu'aujourd'hui encore, il y a 250 millions d'obus encore actifs sur les différents champs de batailles du Nord-Est de la France ainsi que les restes de près de 700.000 disparus toujours ensevelis. Fouiller les sols de ces lieux de batailles n'est donc pas sans risques car nous pouvons tomber sur des engins explosifs au moindre coup de truelle, mais c'est un travail historique que nous devons mener à bien pour la mémoire de ses soldats. »

 

Gilles Prilaux, le conférencier, archéologue au sein de l'INRAP (l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), est l'un des grands spécialistes de l'archéologie de la Grande Guerre. Depuis les années 90, il étudie cette période qui a longtemps été ignorée des autres. Après tout, elle est très bien documentée... alors à quoi bon ? Cette conférence qui s'est déroulée le 18 juin 2016 à l'École Nationale des Chartes est une réponse à cette question.

 

Elle explique toute la difficulté et les risques à réaliser ces fouilles mais aussi leur intérêt. Entre 150 et 200M d'obus non explosés dont 40 à 60M d'obus chimiques... forcément la collaboration archéologues-démineurs est vitale. L'armement bien entendu, mais aussi l'alimentation, l'artisanat de tranchée, les inscriptions laissées dans les immenses souterrains occupés par les combattants, les sépultures des soldats faites sur place, les restes humains, les abris de fortune, c'est tout cela qui est étudié et qui offre un nouvel éclairage sur la première guerre mondiale. Au travers d'exemples de stratigraphie inversée, de cas surprenants, on découvre ici un pan de notre histoire.

 

En complément, voici une vidéo (que l'on retrouve sur le site de l'INRAP) très intéressante sur le canal Seine-Nord Europe où Gilles Prilaux intervient également.

 

 

Conseil pour le visionnage : Hélas le son est inégal car le conférencier n'est pas toujours proche du micro. A partir de la 12ième minute vous pouvez monter le son car il est quasiment tout le temps debout jusqu'à la fin pour commenter les diapositives.

 

 

En savoir plus :

http://www.enc-sorbonne.fr/fr/actualite/journees-nationales-archeologie-2016

- Chaîne YT de l'INRAP

 

Source  : Chaîne YT de l'Ecole Nationale des Chartes qui propose de nombreuses conférences de grand intérêt. 

 

Tags : Guerre Archéologie


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6 réactions à cet article    


  • 2 votes
    berphi 30 janvier 14:57

    J’ai eu la chance enfant (12 ans) de pouvoir me rendre sur les sites interdits au public de Verdun accompagné par des responsables. La première chose qu’ils nous aient dite avant que entamions notre visite est que nous apprêtions à marcher sur des ossements - c’est terriblement marquant dans la tête d’un enfant. Et enfin, le plus surprenant c’est la beauté des forêts, la présence de ces arbres magnifiques qui occupent ces champs qui autrefois cultivés sont passé de champs de bataille pour finirent en forêt.

    Je regarderai avec beaucoup d’intérêt cette conférence,dès que le temps me le permet.

    • vote
      berphi 30 janvier 15:48

      * finir


    • 1 vote
      jean mouche jean mouche 30 janvier 23:57

      C’est extrêmement instructif dans la première partie.

      Puis à partir de la 30ème minute ça devient carrément de l’orgasme multiple sauce archéologique avec un picotement de plaisir intellectuel toutes les 2/3 minutes en moyenne, des énigmes résolues et d’autres restées en suspend !

      Je retiens surtout ceci, lors de la guerre de masse, onques porte bonheur n’est efficace.

      Par contre, c’est vrai que le son fait du yoyo, l’école des chartes pourrait investir dans un micro portable et de réquisitionner un étudiant pour s’occuper d’envoyer les diapos à la place de Gilles Prilaux. C’est honteux de voir un homme de cette envergure s’abaisser à cliquer lui même sur le mulot, .

      J’imagine qu’il ne voulait pas qu’un benêt touche à son ordinateur.

      Merci Qiroreur, si vous en avez d’autres du même intérêt, postez les sans hésiter.


      • vote
        Qiroreur Qiroreur 31 janvier 14:54

        @jean mouche
        N’hésitez pas à vous abonner à la chaîne youtube de l’Ecole des chartes que j’ai mis dans "l’article" parce que c’est vraiment une excellente chaîne avec de nombreux intervenants de haute qualité, comme Prilaux qui maitrise son sujet et est passionnant tout en restant accessible à tous (en témoigne les questions à la fin, hélas peu audibles... si j’avais le temps je m’occuperais de rééquilibrer le son pour un meilleur confort d’écoute).


      • vote
        jean mouche jean mouche 31 janvier 22:49

        @Qiroreur

        Vous ne croyez pas si bien dire, j’ai crée un compte* il y a quelques jours et je me suis abonné a leur chaine.

        J’ai de quoi occuper de longues soirées de menus travaux rébarbatifs avec de la bonne vidéo, cela me changera des podcasteurs extrémistes et autres égypto-ufologues de pacotille qui à trop haute dose lavent le cerveau à très haute température et l’essorent à 1300 tours/minute. Résultat, ça rétrécit... c’est bien peu honorable de regarder ça, mais ça aide à supporter l’idiocratie.

        * Et j’ai découvert quelque chose d’intéressant, les commentaires sont pipeautés sans vergogne.

        J’ai laissé un commentaire sur la vidéo de la chaine esprit viking sur soral, juste pour dire au jeune païen musculeux que pré-vendre un livre c’était pas très viking sur le plan philosophique, et aussi qu’en comparant son livre à un "nouveau testament" il allait se transformer en soral très rapidement. C’était acerbe, mais dans le fond c’était sympa de lui dire, comme de dire à un motard qu’il a oublié son casque et que sa bécane n’a pas de frein.

        résultat :

        Si je retourne sur la vidéo avec mon compte activé, je vois mon commentaire sans réponse ni réaction.

        Si je retourne sur la page sans mon compte activé, je ne retrouve pas mon commentaire, pernicieusement effacé.

        En fait les seuls commentaires critiques laissés sont les moins intelligents qui desservent le commentateur plus que le vidéaste.

        Du coup, espoir sur terre, le niveau n’a pas tant baissé qu’on pourrait le croire en lisant les commentaires de youtube.

        Bonne continuation Qiroreur.


      • 2 votes
        sls0 sls0 31 janvier 05:45

        Très intéressant.
        A 12 ans comme Berphi j’avais la chance d’être proche du champs de bataille et même très proche quand il fallait bêcher le jardin.
        La maison était excentrée par rapport au village mais elle se trouvait à l’emplacement de l’ancien village qui avait été rasé et complètement chamboulé à coup d’obus pendant 3-4 ans.
        Mon père qui n’aimait pas les cailloux de plus de 5-6mm nous les faisait enlever.
        60-70% c’était de la brique de 15 à 30mm, du mortier 10-20% et le reste des os humains rarement plus grand que 15-20mm.
        C’était la ligne de front au contact.
        Pour m’acheter de friandise, j’allais faire un tour dans les champs, en une heure j’avais assez de shrapnels en plomb pour m’en acheter.
        Dans les obus l’explosif ressemblait à des gros spaghettis, ça servait pour faire des fusées. Il y en avait beaucoup à l’endroit où il y avait eu un coup au but sur des explosifs. On étalait les fanes de pommes de terre du fermier et on y mettait le feu, avec les spaghettis on avait l’impression que tout le champ allait prendre feu, le record c’est peut être bien 400m², il faut dire que le champs même si ce n’était pas après du blé, ça ressemblait à de l’andain avec les spaghettis.
        Les munitions le ferrailleur les récupérait aussi mais sans la poudre que l’on faisait cramer.
        Rarement on trouvait un crane, on l’amenait à Jean le fossoyeur qui l’enterrait après l’avoir fait bénir par le curé. 
        Nos épées c’était des baïonnettes, la mienne était autrichienne.
        Les fusils le bois était pourri et la ferraille franchement piquée.
        Dans ces années là les personnes qui avait connu l’endroit juste après la guerre vivait encore, ce n’était pas de l’archéologie. Mon grand-père qui forgeait ne jurait que par l’acier des ressorts des canons allemands, de l’acier Krupp il en avait du stock, les douilles d’obus servaient pour tout réparer.
        A l’époque les obus étaient encore reconnaissable, de nos jours avec les concrétions je serait moins franc pour les manipuler, la peinture verte ou leur croix des obus pourris ne doit plus être trop visible, je comprends que les archéologues serrent les fesses. Chez moi la ligne de front c’était une rivière, je n’ai jamais vu d’obus à l’ypérite, ce n’était pas un endroit pour une attaque.
        C’est chez les démineurs avec qui j’avais de bonnes relations que j’en ai vu, c’est surtout du 105 ou 150mm.

        Dans la vidéo il s’inquiète pour la pollution du sol suite à une explosion.
        Une explosion c’est du gaz par la suite, quand on fait une étude d’impact pour une carrière employant des explosifs on en tient pas compte réglementairement.
        Par contre fulminate de mercure des détonateurs, plomb des shrapnels c’est pas ce qu’il y a de mieux pour l’environnement. Les vapeurs de mercure c’est pas trop bon suite à une explosion mais sous forme fulminate c’est une saloperie.



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