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Qatar VS reste du monde Arabe

Penchons-nous un peu sur la situation au Moyen-Orient et essayons de comprendre quelle sont les inimitiés qui sans cesse menacent d'embraser la région. La vidéo ici :

 

 

 

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Tags : Moyen Orient Qatar Arabie Saoudite Daesh



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8 réactions à cet article


  • 1 vote
    La mouche du coche La mouche du coche 5 juillet 09:50

    Tout ceci n’est que du théâtre. Le Quatar n’est qu’une base américaine.


    • vote
      microf 5 juillet 16:47

      @La mouche du coche

      Vous avez peut être raison, mais même si c´est le cas, pendant qu´ils se battent entre eux, ils s´affaiblissent, et les autres se renforcent, c´est pourquoi c´est bon ce combat entre eux.


    • 1 vote
      maQiavel maQiavel 6 juillet 09:05

      Difficile d’aborder cette question à part car tout est interconnecté et c’est difficile de faire une synthèse car le moyen orient n’est qu’une case d’un échiquier global sur lequel se joue l’imperium mundi. 

      L’empire américain est en perte de puissance et cette dissipation de puissance est devenue l’élément structurant des relations internationales. La classe dirigeante américaine refuse la réalité du monde multipolaire qui s’impose à elle et active donc une politique de restauration de son hégémonie perdue. Du fait de sa dissipation de puissance, elle se heurte à des résistances de plus en plus efficaces. Il existe deux obstacles à la restauration de cette hégémonie : la Russie à court terme mais surtout et avant tout la Chine à moyen et long terme.

      La stratégie américaine pour gérer l’obstacle chinois consiste à continuer de faire du bisness avec la Chine mais mettre en place une politique de containement notamment en contrôlant ses voies d’approvisionnement en matière première, ce qui serait une épée de Damoclès sur les capacités productives Chinoise. Au moyen orient (48 % des réserves pétrolières mondiales et 42 % du gaz), cela se traduit par le contrôle des sources d’approvisionnement énergétique de la Chine et donc à tenir compte d’une potentielle alliance géostratégique sur le moyen et long terme avec l’Iran.

      Il semblerait (car la politique américaine est instable) que les classes dirigeantes américaines aient opté pour l’endiguement de l’Iran (il existait une autre option, celle de la cooptation de l’Iran pour le séparer de la Chine et de la Russie mais il semble qu’elle n’est plus d’actualité). C’est cette politique d’endiguement qui détermine les événements actuellement au moyen orient et elle se joue sur fond de rivalité religieuse entre sunnisme et chiisme et par conséquent de la rivalité entre la classe dirigeante iranienne et saoudienne, s’en suit un jeu de dominos sanglants dans la perspective d’un vaste marchandage politico-économico-militaire qui décidera de l’avenir de la Syrie, de l’Irak et des zones d’influence au Moyen-Orient entre USA- Russie –Chine et leurs vassaux respectifs.

      Se joue actuellement sur le théâtre d’opération militaire principal une bataille cruciale : une course à travers le désert pour le contrôle de la frontière syro-irakienne, l’armée syrienne et ses alliés ont reconquis la frontière irakienne et a établit un contact terrestre avec les forces chiites présentes en Irak, jonction qui ouvre la perspective d’une voie de ravitaillement terrestre allant de Téhéran à la Méditerranée. Les Etats-Unis exercent une grande pression pour empêcher la concrétisation de ce corridor qui donnerait à l’Iran une voie qui éviterait les eaux du golfe persique truffées de patrouilles américaines mais qui rendrait aussi possible l’acheminement par voie terrestre de troupes iraniennes et du Hezbollah aux frontières israéliennes. D’où le projet de création d’une OTAN arabe constituée d’une force de réserve de trois dizaines de milliers d’hommes qui permettrait par la même occasion à Washington de baisser ses dépenses en faisant participer les pays du golfe à leur défense , à réduire les effectifs des forces américaines de la région et enfin à faire engranger de gros profit à l’industrie militaro-industrielle ( 123 milliards de commande militaire pour les quatre prochaines années par l’Arabie Saoudite et éventuellement 300 milliards pour la décennie comme quoi la construction de l’ennemi Iranien rapporte gros smiley ). D’une pierre trois coups.

      Se dessine donc deux axes géostratégiques : Washington-Riyad-Tel-Aviv versus Moscou –Téhéran -Damas. Autour de ces deux axes oscillent Ankara, Doha et Bagdad. Ces puissances oscillent en fonction du contexte, des intérêts et des circonstances du moment. Au passage, drôle de coïncidence : Bagdad a été considérablement affaiblit par l’émergence de l’Etat islamique, Ankara a échappé de justesse à un coup d’Etat militaire et Doha est mise à l’amende par les puissances sunnites. smiley


      • 1 vote
        maQiavel maQiavel 6 juillet 09:09

        Comment expliquer les oscillations de Doha ?

        -Par des raisons économiques :

        Les Qataris ont pris acte de leur échec à renverser le régime Syrien et à éliminer l’influence iranienne en Syrie pour faire se rejoindre un futur pipeline « sunnite » des pays du Golfe et un pipeline turc de sorte à approvisionner l’Europe en gaz qatari. Par conséquent ils pensent à des projets alternatifs.

        En sauvant Damas et en se rapprochant à la fois de Téhéran et d’Ankara, la Russie force le Qatar à coopérer s’il veut vendre du gaz naturel en Europe. Avec le projet russo-turc relancé de pipeline « Turkish Stream »aucun pays producteur ne peut espérer vendre du gaz à l’Europe en passant par la Turquie sans l’accord de la Russie.

        Cette alternative s’est concrétisée en début d’année par l’investissement de 2 milliards de dollars dans l’entreprise Novatek qui est le plus important producteur indépendant de gaz en Russie. Cette alternative permettrait la construction d’une alliance Russie –Qatar –Iran qui représenterait 50% des réserves mondiales de gaz naturel, ce qui marquerait l’échec de la stratégie de l’Union européenne de diversification de ses sources d’approvisionnement de gaz naturel inspirée et voulue par les Etats-Unis et l’Otan.

        La perspective d’une telle alliance énergétique fait partie des causes de cette tentative de mise au ban du Qatar et elle explique également pourquoi l’Iran soutien les Qataris dans cette crise et l’exigence Saoudienne de fermeture de la base militaire turque.

        -Par des raisons politiques :

        Le Qatar ne souhaite pas devenir à l’instar de certaines pétromonarchies de la région, un satellite des Saoud. Donc Doha essaie d’affirmer une ligne diplomatique indépendante, d’où le développement des relations bilatérales avec l’Iran pour équilibrer sa diplomatie, ce qui déclenche l’ire des princes Saoudiens qui considèrent l’Iran comme le plus grand danger de la région et qui rend les américains dubitatifs.

        Tout cela se déroule sur fond de rivalité à l’influence idéologique sur le monde sunnite avec d’un côté le wahhabisme en Arabie Saoudite et de l’autre les Frères musulmans au Qatar et en Turquie, lutte qui se déroule par des moyens médiatiques (ce n’est pas pour rien que les Saoud et leurs satellites exigent la fermeture d’Al jazeera) et militaro-financiers (soutien massif en financements et en armes à des groupes proches des frères musulmans).

        Dans ce contexte, il fallait remettre le Qatar à sa place et mettre un terme à ces oscillations, les américains ont donc opté pour une petite fessée et ça s’est fait à la Trump. En principe, cette petite correction devrait mener à la soumission du Qatar mais là la fessée va beaucoup trop loin, le Qatar est devenu le souffre douleur des Saoudiens et de leur satellites et ça peut prendre une mauvaise tournure pour l’empire américain puisque ça pourrait faire basculer Doha et Ankara dans le camp d’en face , il y’aurait apparemment une frange au sommet de l’Etat qatari qui souhaite répondre de manière plus énergique au Qatar bashing quitte à basculer dans l’ axe Moscou –Téhéran.

        C’est pourquoi la ferveur avec laquelle Riyad entend administrer la fessée à Doha laisse les américains perplexes, le conseil de coopération du golfe vole en éclat et le front sunnite se fragilise. Comme le dit un ambassadeur iranien, « Les Américains se préparent toujours à un résultat et en obtiennent ensuite un autre qui n’était pas prévu », c’est en effet une constante dans la politique extérieure américaine depuis la chute du mur de Berlin. Le pentagone s’est désolidarisé des critiques de Trump et la diplomatie américaine envoie des signaux montrant qu’elle ne lâche pas le Qatar (exercice militaire conjoint, manœuvre diplomatique pour mettre fin à la crise) et de son coté, le Qatar recherche toujours le soutien américain (achat de 12 milliards de dollars d’équipement militaire), il vaut mieux quand on a sur son sol la plus grande base militaire américaine de la région.


      • 1 vote
        maQiavel maQiavel 6 juillet 09:10

        Est-ce que les américains vont parvenir à calmer les Saouds et sortir de la crise qu’ils ont eux même crée ? C’est la question.

        Soit ils y arrivent, le Qatar revoit ses ambitions à la baisse et cesse d’osciller. Dans ce cas, la manœuvre américaine aura réussit et on pourra même la qualifier de brillante.

        Soit ils ne parviennent pas à calmer les Saoud et de là trois scénarios sont possibles :

        -les pressions poussent l’élite Qatari à se rapprocher définitivement de l’Iran et de Moscou (qui sont en ce moment entrain de la cajoler).

        -la confrontation devient inévitable et les USA n’ont d’autres choix que de renverser l’émir pour mettre à la place un prince plus conciliant. Mais cela risque de pousser la Turquie à basculer dans l’axe Moscou –Ryad. Emmerdes en perspective.

        - Une escalade brutale du conflit sur le plan militaire. C’est le scénario le moins probable mais qui sait ? Le moyen orient est une véritable poudrière avec des puissances qui s’affrontent par proxys interposés, il n’existe pas de garantie que ça ne dérapera pas et que la région ne s’embrase pour de bon. Mais dans l’immédiat, c’est peu probable … j’espère !

        Petite remarque : je ne pense pas du tout que le contrat signé par Total en Iran soit un indice d’une opposition entre USA et UE. Déjà parce que Total est une multinationale et en tant que telle, elle a sa propre vision qui n’est pas totalement dépendante des facteurs géostratégiques des puissances politiques (une des raisons pour laquelle des officines comme le groupe Bilderberg existent, pour coordonner le monde politique avec celui des affaires). Le but d’une multinationale est d’engendrer du profit pour ses actionnaires et de ce point de vue, le south pars est un fantastique gisement. Et parmi les plus grands actionnaires de total on retrouve un fond chinois et …le Qatar.

        Sinon dans le fond Total a pris un risque dangereux ( des représailles américaines seraient catastrophiques surtout si elles consistent en la fermeture du marché américain ) qu’elle aurait compensé par des clauses protectrices. Il faudrait en savoir plus sur ces clauses.

        Et il ne faut pas oublier que l’Iran et la Russie sont concurrents sur le plan pétrolier et gazier et que l’exploitation du south pars entre peut être dans l’optique de la diversification des sources en approvisionnement en gaz pour de ne pas être dépendant du gaz russe, ce qui est en phase avec la politique américaine.


      • 1 vote
        ChroniquesHumaines ChroniquesHumaines 7 juillet 19:18

        @maQiavel
        Eh beh ! Merci bien pour toutes ces précisions mais tu aurais dû écrire un article !


      • vote
        microf 6 juillet 12:58

        @maQiavel.

        Très très bonnes analyses qui décrivent de manières précises, ce qui est entrain de se passer dans cette région du monde.
        Toutefois, les Usa ont perdu dans ce combat avec leur politique zigzag, car le simple bon sens aurait dû l´emporter dans cette crise oú les Usa ont tout á perdre si le Qatar rejoint l´axe Russie-Chine-Iran qui ne cesse de se renforcer par une politique constante.

        Les Usa qui ont une grande base militaire au Qatar, auraient tout fait pour règler cette histoire familiale afin d´éviter les débordements néfastes auquels le monde entier est témoin en ce moment, malheureusement pour eux, ils leur manque des visionnaires comme le Président Poutine.

        Mais il n´est jamais trop tard, je serais á la place des Usa, je ferais comme l´Angleterre qui au lendemain de la seconde guerre mondiale, de première puissance, l´Angleterre a laissé la place aux deux gagnants la Russie et les Usa mèner le monde, je laisserais cette première place á la Russie et la Chine, mais lá est une autre affaire, le manque d´ humilité des Américains va les entrainer vers la chute complète, et c´est peut être mieux ainsi, car le monde ne pourra que mieux se porter sans leur politique belliqueuse.


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          maQiavel maQiavel 6 juillet 15:04

          @microf
          Le problème , c’est que leur chute risque de faire très mal. Si l’empire américain acceptait le monde multipolaire et décidait de jouer le rôle d’une grande puissance , ça irait. Mais il le refuse catégoriquement et ça devient très dangereux , il suffit de voir ce qui se passe en Syrie actuellement , ça peut déraper. 

        

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