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Rock-Sun

J'avais vingt ans...

L’âge où l’on vainc le temps

http://www.lejournaldepersonne.com/2012/05/rock-sun/

 

 

 

J’avais vingt ans

L’âge où l’on vainc le temps

Où rien n’est vain... parce que tout est vain

Où l’on se cherche en vain

J’avais vingt ans

Pour vous, je ne sais pas ce que c’est qu’un an

Mais pour moi, c’est toujours l’hiver...

Jamais le printemps

J’avais vingt ans

Quand je tombai amoureuse d’un homme

Qui en avait vingt de plus ...

Quarante ans

Avec le visage d’un enfant

J’en étais éperdument éprise... compromise

Il était poète... poétiste... artiste

Sans emploi, sans logement et sans ambition

Je l’aimais comme on devrait aimer son destin : Amor Fati

Et tous les matins, on se voyait

Et tous les soirs, on se quittait

Du lever jusqu’au coucher

De lumière, nous étions enlacés

Et à chaque rencontre j’avais toujours mal au ventre

La peur, de voir un jour le soleil s’éclipser

Peur que nos amours se laissent surprendre par la nuit

On se regardait, on se dévorait du regard

Pourquoi c’était forcément l’amour ?

Avec un grand A... total, fatal ?

Parce que nous ne l’avons jamais fait

Nos âmes étaient trempées

Mais nos corps n’étaient pas souillés

Aucun hic

Mon amour était platonique

Et tous les jours, on revivait le premier jour

Je lui offrais des présents

Un présent par jour

J’étais riche comme crésus

Il était pauvre comme Job

Un présent pour faire acte d’amour

C’était ma façon de lui dire : bonjour

Pour lui les vers et pour moi les couverts

Joli casting

J’avais la sotte impression

D’entretenir sa flamme...

Et un soir, ce fut le présent de trop

Nous étions face à face dans un bistrot

Il m’a regardé les yeux dans les yeux

Et m’a dit : Rock-Sun

Tu m’entends Rock-Sun

Ou tu me surprends ou je te quitte

Les carottes étaient cuites

Ou tu me surprends ou je te quitte

J’ai baissé les yeux versé deux ou trois larmes

Puis je les ai relevés en lui disant :

Que j’étais ... une prostituée

Une putain... de femme

Il fit comme si de rien n’était...

J’ai quitté les lieux sans lui dire adieu

En me disant que s’il ne m’a rien dit

C’est que je ne l’ai pas surpris

Je ne l’ai plus jamais revu

Ni téléphoné, ni écrit pour lui dire

Que j’avais menti

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