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Nazisme et management, des logiques communes

Historien du nazisme et de sa vision du monde, Johann Chapoutot a récemment fait paraître un essai dont la réception n’a pas été unanime : Libre d’obéir : le management, du nazisme a aujourd’hui. Il revient avec Julien Théry sur la démarche du livre et profite de l'occasion pour répondre aux objections qui lui ont été opposées.

C’est la lecture de l’abondante littérature nazie sur la Menschenführung, la conduite des hommes, qui a attiré l’attention de Johann Chapoutot sur les similitudes frappantes entre les discours de l’époque sur la nécessité de « faire mieux avec moins » et ceux qui prolifèrent aujourd’hui aussi bien dans la sphère entrepreneuriale que dans celle du gouvernement néolibéral. Avec l’expansion du Reich au fil des conquêtes hitlériennes et le développement de l’effort de guerre, la nécessité d’administrer le plus efficacement possible avec des moyens réduits devint une obsession pour les cadres nazis. Et si le nazisme fut tout entier « un grand moment managérial », c’est parce que son idéologie poussa à l’extrême l’utilitarisme qui dominait en Occident depuis les débuts de la Révolution industrielle. Le darwinisme social cultivé en Europe depuis le XIXe siècle, tout particulièrement en Angleterre et en France, fut porté à son paroxysme par l’anthropologie nazie. Pour cette dernière, seule l’utilité d’une vie humaine pouvait justifier son existence – son utilité pour la prospérité et la promotion de la race germanique, appelée à dominer les autres sur tous les plans.

Dans son livre, Johann Chapoutot examine en particulier le cas emblématique de Reinhard Höhn (1904-2000). Jeune et brillant juriste engagé très tôt dans le militantisme nationaliste et antisémite, Höhn intègre le SD, c’est-à-dire l’élite de la SS, au début des années 30. Adjoint de Reinhard Heydrich, il devient, tout en montant les échelons de la hiérarchie dans la SS jusqu’au grade de général, professeur de droit à l’Université Humbold de Berlin et directeur de l’Institut d’études sur l’État, voué à des recherches en matière d’organisation institutionnelle adaptée au gouvernement du Reich par la race supérieure. Après la défaite de 1945, Höhn se fait discret pendant quelques années, avant d’être embauché par un think-tank patronal qui lui confie la fondation d’une école de management à Bad Harzburg en 1956. Ses techniques de « management par délégation de responsabilité », dont l’élaboration a commencé dès le temps du Reich, connaissent un immense succès et son Akademie für Führungskräfte der Wirtschaft forme plus de 600 000 cadres allemands jusque dans les années 80 : autant dire que son influence est dominante dans le « Miracle économique allemand »… Höhn publie, dans le même temps, une série de manuels qui se vendent abondamment.

Non seulement un penseur nazi du management, ancien dignitaire du Reich qui ne s’est jamais repenti en aucune manière de son engagement, a joué un rôle de premier plan dans l’essor économique de la République Fédérale d’Allemagne, mais ses idées sur l’organisation des hommes et de la production ont été pleinement en phase, et même pionnières à certains égards, dans le développement du management lui-même.

Non seulement la « délégation de responsabilité » renvoie à l’engagement personnel, à l’esprit d’initiative et à la culture d’entreprise prisés aujourd’hui par la science managériale, mais la substitution d’agences autonomes, flexibles et temporaires à l’administration d’État, théorisée par Höhn au cours de sa seconde carrière, correspond pleinement à l’esprit du « New public management » devenu dominant depuis les années 1980 (et inculqué par exemple aux élites françaises à l'ENA). Paradoxalement, souligne Johann Chapoutot, l’ordo-libéralisme, version allemande du néolibéralisme, a été promu par d'anciens opposants au nazisme, autour du chancelier Adenauer, mais la vision purement utilitariste, productiviste de l’humanité qui le caractérise a pour résultat une réification des « ressources humaines » qui n'est pas sans similitude avec celle opérée par l’idéologie nazie.

Motion design Kilian Le Dantec. Montage Alexis Debaye. Une émission de Julien Théry.

* A 46:34, une erreur a fait naître Hermann Goering en 1901 et l'a fait mourir en 1945. Les bonnes dates sont 1893-1946.

 

 

A lire aussi :
* Bilan moral du nazisme, au prisme du monde actuel
* Extrait de l'article : "l'inavouable essence du nazisme"

 

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Tags : Economie Politique Histoire Entreprises Multinationales




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26 réactions à cet article    


  • vote
    vesjem vesjem 7 mai 19:02

    et sionisme et management, çà t’inspire ?


    • vote
      Ozi Ozi 7 mai 19:02

      Intéressant !


      • 6 votes
        Norman Bates Norman Bates 7 mai 20:55

        Confinement au Bates motel. Rapport de situation. Episode 40.


        L’actualité du jour est chargée comme l’haleine d’un Jean-Vincent Placé des soirs de fête...(je viens d’accorder à l’intéressé un furtif sursis avant sa disparition définitive dans l’oubli...)

        Vous êtes au courant, la guerre prendra une nouvelle tournure dès lundi...il y eut aussi des événements considérables sur ma position stratégique...Cline Tistevoude a lâché son dernier rot...

        Mais peu importe...je profite de mon audience exceptionnelle et planétaire pour sonner le tocsin...pousser un cri strident pour décomater les consciences engourdies...mouliner des bras pour attirer l’attention d’une populace distraite par le superflu sur l’essentiel...

        "Nazisme et management, des logiques communes".

        Lorsque j’ai lu ces mots à voix haute ma langue a été saisie d’une crise de panique, elle a pris le chemin de l’œsophage pour se réfugier à la cave...ou voulait-elle simplement par ses mouvements électriques et désordonnés infliger un juste châtiment aux cordes vocales coupables de vocaliser et verbaliser l’Indicible, à savoir la banalisation d’une idéologie qui a enfanté l’Innommable, le Crime des crimes...

        Cette banalisation est déjà monnaie courante...combien de camions sans plaque commémorative fixée à proximité du pot d’échappement.. ? combien de magasins Décathlon sans une petite télé avec une référence aux heures les plus sombres dans le rayon des chambres à air.. ? combien de trains auxquels on accède sans verser sa petite et légitime dîme aux descendants et arrières-descendants et futurs arrières-descendants... ? 

        A quand un module intitulé "nazisme et yoga, des logiques communes".. ? ou "nazisme et chasse aux papillons, des logiques communes".. ?

        Qu’attendent les fossoyeurs du devoir de mémoire pour exhumer les travaux du docteur Mengele pour y trouver un vaccin au covid 19.. ? pourquoi pas un prix Nobel à titre posthume au docteur Petiot pour ses travaux sur la combustion moléculaire.. ?

        Je souffre, oh oui je souffre, de cette criminelle amnésie porteuse des pires atrocités dont mes doigts perclus de chagrin ne peuvent tracer les mots...

        Je suis choqué, traumatisé...et même à la limite du caca nerveux... smiley


        • vote
          ged252 8 mai 07:05

          ya vraiment des cinglés, je parle de ceux qui écrivent des commentaires :

          https://ripostelaique.com/askolovitch-dieudonne-et-dhorasso-encouragent-les-islamos-a-tuer-zemmour.html


          • vote
            rita rita 8 mai 07:57

            L’Allemagne d’aujourd’hui, est le prolongement du nazisme en effet, la conquête de l’Europe en est la preuve et Merkel le nouveau Kaiser du IV Reich !


            • vote
              Jean Robin contre Fantômette Jean Robin contre Fantômette 8 mai 08:36

              @rita

              Ach ! Le fantasme asselinien du renouveau nazisme technocrate est-il de l’ordre de la croyance religieuse rétrograde ou de la pure raison émancipatrice ? Les "casques à pointe" ne sont pas morts ! Ils revivent ! 


            • vote
              rita rita 8 mai 09:27

              @Jean Robin contre Fantômette
              La réalité est que nous avons gagné la guerre de 1945, mais que l’Allemagne à gagné la guerre économique d’aujourd’hui ?


            • vote
              Jean Robin contre Fantômette Jean Robin contre Fantômette 8 mai 12:23

              @rita

              L’Allemagne est habituellement un pays mieux géré que la France, l’Etat y est moins cher notamment. C’était déjà vrai avant l’euro ! Les Français projettent leurs défauts et imperfections sur l’Allemagne. Que l’Allemagne tire son épingle du jeu à l’intérieur de l’UE ne signifie que toute la construction européenne était destinée à ce résultat ; cela signifie plutôt que l’euro n’est pas adapté au continent entier, que certains pays comme la France n’ont fait aucune réforme structurelle tout en s’engageant à en faire, que l’Allemagne n’a pas fait la bêtise de se désindustrialiser...


            • vote
              rita rita 8 mai 13:18

              @Jean Robin contre Fantômette
              Vous avez raison, d’ou une sortie de cette UE faite pour les banquiers et les actionnaires !


            • 1 vote
              pegase pegase 8 mai 14:05

              @Jean Robin contre Fantômette

              l’Allemagne n’a pas fait la bêtise de se désindustrialiser...


              -
              La France n’a pas fait non plus "la bêtise de se désindustrialiser"

              , la désindustrialisation s’est faite toute seule faute aux traités européens, notamment l’article 63, un traité qui ne profite qu’à l’Allemagne ...

              ça c’est la propagande du FN ou de NDA "la France a fait la bêtise de se désindustrialiser" C’EST FAUX, c’est l’article 63 qui fout le bordel , d’où la nécessité du Frexit puisqu’il est impossible de modifier les traités ...

              Voir cet excellent reportage (pas pour vous, je sais que vous n’allez même pas prendre la peine de regarder)
              https://www.youtube.com/watch?time_continue=3569&v=rxRsyJ4xuRU&feature=emb_logo


            • 1 vote
              pegase pegase 8 mai 14:09

              à partir de cette séquence Asselineau explique dans les détails pourquoi l’article 63 pose problème (vers 55 minutes) ...

              https://youtu.be/rxRsyJ4xuRU?t=3313


            • 2 votes
              Jean Robin contre Fantômette Jean Robin contre Fantômette 8 mai 15:23

              @pegase

              La secte des asseliniens avec son culte formel des articles européens, j’adore...

              Ce serait un article qui aurait obligé la France à la désindustrialisation et pas l’Allemagne ? La désindustrialisation commence dans les années 1970 en France : fermeture des usines de textile, des mines, fermeture de Manufrance, de Renault Billancourt...

              La France dès 1992 a accepté une monnaie trop forte pour elle sans faire les réformes structurelles qui s’imposaient (moins de dépenses, moins d’impôts et de fonctionnaires), au contraire... les dépenses se sont succédées, on a créé des postes de fonctionnaires inutiles et supprimé des postes utiles (soldats, policiers, enseignants, infirmiers), on a grossi le para-scolaire, le para-médical, le para-social, l’assistanat direct ou indirect de façon démesurée et toujours de nouveaux impôts et toujours un Etat trop cher... les Allemands ne sont absolument pas responsables de cette situation.

              Les Français ont ragé en 2005 mais ils ont quand même continué à voter pour les candidats "européens" (2007, 2012 et 2017) qui ont poursuivi la même politique qu’autrefois...


            • 1 vote
              Étirév 8 mai 08:07

              Joseph de Maistre disait : « L’histoire est une conspiration permanente contre la vérité ».

              Heureusement, un certain nombre d’hommes courageux ont de tout temps lutté contre le mensonge et l’hypocrisie.

              Persécutés ou mis au ban de la société par ceux qui écrivent « l’histoire » à l’enseignement « obligatoire », ils ont néanmoins laissé des témoignages qui remettent l’Histoire à l’en-droit.

              Saint-Loup était de ceux-là, qui écrit : 

              « Maître Kleist : Je ne mets pas en cause le Juif de la rue, honnête boutiquier généralement, ni la bourgeoisie juive. Je dénonce la caste dirigeante et secrète de ce peuple. » (…) « Lorsque le sionisme cherche à faire croire au reste du monde que la conscience nationale des juifs trouverait satisfaction dans la création d’un État palestinien, les juifs dupent encore une fois les sots goïmes de la façon la plus patente. Ils n’ont pas du tout l’intention d’édifier en Palestine un État juif pour aller s’y fixer ; ils ont simplement en vue d’y établir l’organisation centrale de leur entreprise charlatanesque d’internationalisme universel ; elle serait ainsi doué du droit de souveraineté et soustraite à l’intervention des autres États ; elle serait un lieu d’asile pour tous les gredins démasqués et une école supérieure pour les futurs bateleurs. » (Hitler ou Juda ? Un second procès de Nuremberg, ouvrage de Saint-Loup citant un extrait de Mein Kampf)


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                Buk100 8 mai 09:25

                @Étirév

                Du mal à voir le rapport entre l entretien avec Chapoutot et votre commentaire. Vous l’avez regardé ? 


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                maQiavel maQiavel 8 mai 18:41

                Remarquable. Tout simplement remarquable cet entretien, c’est la meilleure vidéo que j’ai vu de Johann Chapoutot et la meilleure que j’ai visionné tout court depuis longtemps.

                Seul bémol : ces traits communs au régime nazi et au néolibéralisme que Johann Chapoutot décrit, cette « conception réifiante, chosifiante et objectifiante de l’individu » comme il le décrit lui-même, cette vision du monde qui a structuré la modernité, il semble l’attribuer au social-darwinisme. Il y’a moyen de remonter plus loin, ce social darwinisme est lui-même issus d’une matrice qui est née avec la révolution industrielle, qui s’est imprégné de la biologie moderne, qui a transféré ses catégories dans la philosophie politique et dans les sciences de l’organisation du travail et qui a intégré cet impératif d’adaptation aux changements de l’environnement , cette matrice c’est l’industrialisme. Si ce n’est pas déjà fait, il devrait aller voir du côté des thèses défendues par Saint Simon, c’est saisissant. 

                PS : Le passage sur la conception nazie de l’administration française m’a souriresmiley



                • vote
                  Mr.Knout Mr.Knout 9 mai 14:33

                  @maQiavel

                  On peut toujours remonter plus loin, les physiocrates par exemple.


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                  micnet micnet 8 mai 23:17

                  Très intéressant et très juste à beaucoup d’égard ! Par contre, il manque un point essentiel à la démonstration de Johann Chapoutot afin que celle-ci soit complète : le régime nazi, comme toute forme de totalitarisme quel qu’il soit pour pouvoir émerger s’appuie sur la masse ! Un totalitarisme s’appuie nécessairement sur le pouvoir du "nombre" que l’on qualifie d’ochlocratie et qui dérive directement...de la démocratie !

                  Donc la vraie question que Johann Chapoutot ne pose pas, même s’il gravite autour durant toute l’interview sans oser franchir le pas, est de savoir quelle est la matrice, autrement dit quel est le régime le plus favorable à partir duquel un totalitarisme peut émerger ? En effet, puisqu’il y a beaucoup de similitudes entre néolibéralisme et nazisme, quel est le régime commun qui permet à ces 2 idéologies de s’épanouir ?

                  Réponse : la démocratie ! Car c’est bien la démocratie qui est le régime qui possède les "défenses immunitaires" les plus faibles puisque celle-ci s’appuie sur l’égalité des individus entraînant ainsi une absence de hiérarchies et en définitive un nivellement par le bas des consciences. Car précisément, un régime qui s’appuie sur la puissance du nombre est beaucoup moins sensible à la raison et, de fait, beaucoup plus perméable à la manipulation.

                  "Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

                  Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

                  C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait."

                  Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique


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                    Gollum Gollum 9 mai 09:13

                    J’ai pas encore regardé cette vidéo mais quand même...

                    Que le management d’une entreprise ait tout de l’emprise sectaire suffit d’avoir bossé un peu en entreprise pour s’en être aperçu tout seul...

                    Et c’est la raison pour laquelle, très tôt, et dès que j’ai pu, j’ai mis les voiles...

                    Le fameux concept de culture d’entreprise qui n’a de culture que le terme n’est rien d’autre qu’un mot vague pour essayer d’obtenir le consentement de l’individu. Le tutoyage systématique (on est tous copains et à égalité) aussi.. Le "faut pas compter les heures" présenté comme allant de soi évidemment...

                    Sinon la remarque de micnet est très pertinente mais faut aller plus loin. C’est quoi la démocratie ? C’est le règne du peuple, donc des Sudras en théorie.

                    Or ces derniers n’aspirent qu’à des bienfaits matériels, à s’enrichir, enrichissement qui leur passe sous le nez au bénéfice des Vaishyas, avec, en fin de parcours une caste des Sudras toujours aussi pauvre et mise de ce fait en tutelle financière de par un endettement massif et l’obligation de travailler ad perpetuam.. et à l’inverse une caste des Vaishyas hyper riche et qui ne fait qu’accroitre cette richesse..

                    Avec les Sudras qui bavent d’envie devant les autres. D’où l’exploitation du ressentiment opéré par les marxistes, ressentiment vu comme une force révolutionnaire mais au bénéfice de quelques uns là aussi, les dirigeants du Parti.

                    Dans les deux cas les Sudras sont couillonnés.

                    Tout cela découle bien évidemment comme le note MaQ de la révolution industrielle et de son matérialisme latent, de son mécanisme larvé et de sa rationalité à courte vue. Exit le spirituel, déjà complètement galvaudé de par la faute d’un christianisme de masse superstitieux, dirigé par une caste de vieillards bigots et ne comprenant rien au monde en train de naitre..

                    Alors si la démocratie est née en 1789 on le doit à ce christianisme de masse qui a proclamé l’égalité des hommes et donc le salut pour tous, ce qui était déjà le germe du nivellement par le bas.. et de la flatterie typique de notre époque (le fameux : vous le valez bien).. Et du pas besoin de beaucoup pour obtenir le maximum. Pour Luther croire suffit pour être sauvé. A la fin de l’évangile de Marc on a : celui qui croira et sera baptisé sera sauvé.. Pas trop fatigant n’est-ce pas ? Cela convient à merveille à l’homme de la masse...

                    Et les exploiteurs religieux, les hommes d’église, ne furent rien d’autre que l’équivalent des dirigeants du Parti marxiste. Ils remplacèrent le paradis de l’autre monde par le paradis socialiste qui devait arriver sous peu, comme le retour de Jésus devait arriver sous peu aussi..

                    Bref, l’exploitation des masses, vues comme un troupeau bêlant à exploiter, ça ne date pas d’hier... Et le résultat final est que les gens sont réduits à des objets et donc traités comme tels.

                    Point de vue d’un guénonien. smiley


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                      beo111 beo111 9 mai 09:40

                      @Gollum

                      Le "faut pas compter les heures" présenté comme allant de soi évidemment...



                      Moi le truc le plus hallucinant que j’ai vu, c’est une boîte où l’on se serrait la main en arrivant pour dire bonjour, mais aussi en partant pour dire bonsoir.

                    • vote
                      Gollum Gollum 9 mai 10:32

                      @beo111

                      Moi le pire que j’ai vu ce sont les offres d’emploi avec comme logo un bonhomme en costard cravate  attaché case à la main, et enjambant en courant une barrière comme dans les courses d’obstacles aux JO...

                      C’était des offres d’emploi censées motiver les candidats éventuels... smiley

                      Jamais vu une telle faute de goût, révélant la bassesse même des concepteurs de ces offres.. Et ce ne fut pas anecdotique. J’ai revu ce même logo un nombre de fois incalculable..

                      Je ne sais pas si ça existe encore.

                      Mais inutile de dire que je ne répondais jamais à de telles offres.. smiley


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                      maQiavel maQiavel 9 mai 13:46

                      @Gollum

                      Toi, tu as un vrai problème avec le christianisme, c’est incroyable smiley . Bon, comme tu as déjà expliqué d’où tu viens et tes origines sociales, je comprends que tu aies des comptes à régler mais tu exagères. smiley

                      Juste sur ceci : "Le fameux concept de culture d’entreprise qui n’a de culture que le terme n’est rien d’autre qu’un mot vague pour essayer d’obtenir le consentement de l’individu". 

                      C’est tout à fait juste, c’est en gros l’idéologie du bien-être qui se fonde sur les théories du développement personnel. Dans un livre très intéressant, des auteurs émettent l’hypothèse que cette idéologie plonge ses racines dans le puritanisme protestant ( et le propos de Johann Chapoutot sur l’apparition de cette idéologie dans l’Allemagne protestante de l’entre-deux guerres m’a directement rappelé cette hypothèse), il y’a un très bon article sur le livre. Bon, je dois avouer que j’ai hésité à dire ça, parce que tu vas utiliser ça pour tirer encore à boulet rouge sur le christianisme smiley , mais l’article est vraiment intéressant je te le recommande.


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                      yoananda2 9 mai 09:36

                      Déjà à la base, une entreprise établi un lien de subordination, donc, après, tout se greffe la dessus.

                      Pourtant en France, les coopératives existent. Alors pourquoi si peu des "opprimés" / "exploités" salariés choisissent cette option ? rien les empêche de se regrouper avec le statut qu’ils veulent.

                      80% des millionnaires sont des gens "partis de rien" et pas des héritiers.

                      D’ailleurs les libéraux (économiques) qui font de la liberté d’entreprendre leur alpha et omega oublie de voir que ces entreprises sont le lieu même de la négation de la liberté, pour le salarié qui se renie au profit du patron, et pour le patron, qui se renie au profit du marché.

                      C’est donc que les salariés veulent être salariés. Ils échangent leur consentement (et leur surplus) contre la sécurité. Oui, gérer une boite c’est la gestion du risque et du stress, les patrons plus vite que les autres et bossent généralement H24. Mais le patron abandonne son "humanité" (dans le sens il devient un dictateur) pour pouvoir accumuler.

                      La liberté à un prix, voila tout. Ni les salariés, ni les patrons ne sont prêt à la payer.


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                        Gollum Gollum 9 mai 10:38

                        @yoananda2

                        C’est donc que les salariés veulent être salariés. Ils échangent leur consentement (et leur surplus) contre la sécurité.

                        Ben oui. La mentalité du Sudra c’est une certaine passivité et la recherche de la sécurité, de la monotonie même.

                        En fait la mentalité Sudra c’est un peu celle du paysan, celui attaché à sa terre et qui ne veut pas en bouger.. Les paysans d’aujourd’hui sont d’ailleurs les moins conscients de leur exploitation, ils se révoltent très peu, malgré l’évidence de cette exploitation, ne votent pas comme les ouvriers et sont très sages électoralement parlant.. continuent de serrer les mains des dirigeants au salon de l’agriculture, etc... Faut dire qu’ils ne forment aucune force réelle maintenant ils sont devenus trop peu nombreux..


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                        maQiavel maQiavel 9 mai 13:49

                        @yoananda2

                        Je trouve la structure de ton commentaire étrange.

                        Tu commences par dire que les salariés sont libres de choisir l’option de la subordination ou de la coopérative. Donc tu commences par affirmer leur liberté. Ensuite tu expliques que les entreprises sont la négation de la liberté, pour le salarié qui se renie au profit de son patron et pour ce patron qui se renie au profit du marché. Donc tu affirmes ensuite la contrainte. Et tu enchaines avec les salariés qui veulent être salariés. Tu reviens encore une fois à la liberté. C’est comme si tu alternais selon tes envies entre liberté et contrainte pour arriver à ta conclusion.

                        Mais ce qui m’intéresse c’est ceci : le patron, qui se renie au profit du marché. Là je suis tout à fait d’accord avec toi, le marché est une puissance contraignante. Mais le marché du travail ça existe aussi et il est extrêmement contraignant surtout dans un contexte de chômage structurel. Et les gens ont besoin de vivre et de faire vivre leur famille, ce n’est pas comme si un salarié pouvait décider d’un claquement de doigt de quitter une boite pour en rejoindre une autre comme s’il était totalement libre de faire ce qu’il voulait. A ce compte-là, on pourrait dire des employés de France télécom qui se sont suicidés "ils sont bêtes ou quoi, si leur management était si tyrannique, ils n’avaient qu’à démissionner et aller ailleurs" smiley . Bah non, ça ne se passe pas comme ça, beaucoup de salariés n’ont pas d’autres choix que de rester dans leur entreprise meme lorsqu’ils y sont malheureux. smiley

                        Cela dit, même s’il y’a des études contradictoires sur le sujet, on peut effectivement dire que la grande majorité des salariés en France est satisfaite de son emploi et y trouve son bien-être, ils veulent être salariés pas seulement pour devenir millionnaire mais surtout à cause du sens qu’ils lui donnent, pour vivre confortablement et avoir une bonne retraite, la fameuse sécurité. Donc sur le fond je suis d’accord avec toi mais je trouve juste ta façon de présenter les choses étranges.

                        Sinon, il est de moins en moins clair d’opposer subordination et coopérative en entreprise, il y’a de plus en plus dans l’ entreprise classique de management collaboratif ( qui se rapproche justement des modèles de coopératives) et les coopératives peuvent aussi se révéler incroyablement tyranniques car si l’idée d’absence de patrons et de hiérarchies officielle peut être séduisante, on peut y voir réapparaitre des patrons et des hiérarchies officieuses qui sont encore pires car fonctionnant selon des règles tacites et arbitraires.


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                        yoananda2 9 mai 14:09

                        @maQiavel
                        je zappe la première partie de ton commentaire, qui n’est pas foncièrement fausse de toute manière. Je me suis peut-être mal exprimé, tant pis.

                        Sinon, il est de moins en moins clair d’opposer subordination et coopérative en entreprise, il y’a de plus en plus dans l’ entreprise classique de management collaboratif ( qui se rapproche justement des modèles de coopératives) et les coopératives peuvent aussi se révéler incroyablement tyranniques car si l’idée d’absence de patrons et de hiérarchies officielle peut être séduisante, on peut y voir réapparaitre des patrons et des hiérarchies officieuses qui sont encore pires car fonctionnant selon des règles tacites et arbitraires.

                        Je l’ignorais (pour le management "collaboratif" je veux dire, pour les scop et même pour les assos censées ne pas avoir de patron, oui, je connais).

                        Mais le lien de subordination est contractuel non ? alors n’est-ce pas un peu pipeau ces histoire de management collaboratif ? genre, surtout adressé aux salariés pour qui le marché du travail est défavorable à l’employeur ? on n’attire pas les mouches avec du vinaigre.

                        Et je doute que les boites se fassent chier avec ce genre de conneries avec des gus qui sont la pour la soupe et qui n’ont pas le choix.


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                        maQiavel maQiavel 9 mai 16:24

                        @yoananda2

                        Ouais, c’est du pipeau, c’est toujours dans cette optique d’exploiter la main-d’œuvre le mieux possible dans les limites du droit du travail en faisant participer le salarié à sa propre exploitation, il s’agit de lui donner l’impression d’être libre pour qu’il se sente tellement investi dans son travail qu’il s’identifie complètement à lui. Dans les faits, ça crée une individualisation des objectifs et des récompenses et ça instaure une concurrence féroce entre les salariés, ce qui permet d’aller chercher leur performance maximale, il n’est plus besoin de les contraindre à la productivité : ils s’en occupent eux-mêmes !

                        Bien sûr, le management va dissimuler tout ça derrière de jolis discours sur l’autonomie et la responsabilisation des salariés. Mais dans les faits, cette autonomie n’existe que dans les limites qu’autorisent la direction.



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