http://www.la-question.net/archive/2011/04/01/les-papes-et-le-talmud.html
L’abbé August Rohling dans le « Juif talmudique »
révéla les passages censurés du Talmud.
Il faudra donc attendre le XIXe siècle - même si l’étude du Talmud en Pologne conduisit à une
impression de l’édition complète avec restauration du texte original
réalisée à Cracovie entre 1602 et 1605 (c’est dans un même esprit que
certains demandèrent un peu plus tard qu’une traduction soit réalisée et
à Vienne, demande qui fut même portée devant les corps législatifs)
pour qu’un prêtre, l’abbé Chiarini(1789-1832), professeur de langues orientales à l’université de Varsovie publie à Paris, en 1830, une volumineuse Théorie du Judaïsme,
dans laquelle il fit figurer une traduction partielle du Talmud dans
laquelle il révéla les passages qui avaient été expurgés et censurés, Talmud de Babylone traduit en langue Française et complété par le Talmud de Jérusalem, qu’il fit d’ailleurs éditer en 1831. Ce fut ensuit un autre ecclésiastique, l’abbé August Rohling (1839-1931), docteur
en théologie, professeur d’exégèse à l’Université de Münster, chanoine
de la collégiale de Prague, s’appuyant sur les travaux de Johann Andreas Eisenmenger (1654-1704), professeur d’hébreu à Heidelberg, qui
se pencha avec attention sur le sujet en utilisant des versions non
expurgées du Talmud, et fit paraître en 1871 un ouvrage en Allemagne : Der Talmudjude
(Le Juif talmudique), publié en France en 1888 par les soins de l’abbé
Maximilien de Lamarque, docteur en théologie, dans lequel il citait de
très nombreux passages censurés et expurgés du Talmud.
C’est à une initiative comparable que se consacra Justin Bonaventure Pranaitis
(1861-1917), prêtre catholique lituanien, professeur d’hébreu à
l’Université ecclésiastique impériale de Saint-Pétersbourg, qui édita un
livre qui aura un immense succès « Le Talmud démasqué », publié en latin en 1892 avec l’imprimatur de Mgr Kozlowski, l’archevêque métropolite de Moguilev, sous le titre : Christianus in Talmude Iudaeorum, — sive Ribbinicae doctrinae de christianis secreta (
« Le chrétien dans le Talmud des Juifs - ou les doctrines rabbiniques
secrètes au sujet du chrétien »), ouvrage qui fit ensuite l’objet d’une
polémique au prétexte que le religieux aurait utilisé des versions
fautives du Talmud pour rédiger son livre. L’ouvrage, qui se présente
comme une enquête approfondie sur les enseignements juifsantichrétiens,
cherche à révéler ce que le Talmud contient comme passages
blasphématoires, haineux et violents à l’encontre de la religion
chrétienne, offrant en regard de chacune des citations latines la
version hébraïque accompagnée des références contextuelles précises
afin, comme le précise Pranaitis : « d’écarter
l’accusation d’avoir utilisé une version falsifiée du Talmud ou de ne
pas l’avoir traduit et interprété correctement, comme cela est
généralement le cas lorsque l’on entreprend de révéler les secrets des
enseignements juifs. »
De nombreuses citations de Pranaitis
dans le « Talmud démasqué »,
sont identiques aux passages du Talmud
condamnés par les Papes.
Il
y a donc sur ce point, puisqu’une polémique surgira au sujet de
l’authenticité des citations, plusieurs choses à considérer. Tout
d’abord Pranaitis travaillait dans un pays orthodoxe, hors les
orthodoxes n’avaient pas obligé les Juifs à épurer leur Talmud comme
l’avaient fait les autorités catholiques, lui donnant d’accéder à des
textes inconnus des catholiques. Par ailleurs il utilisa des extraits de
l’Abhodah Zarah Tosepoth,
qui ne fait pas partie du Talmud en effet, mais est cependant un
recueil de commentaires du Talmud issu de ses enseignements, que l’on
peut donc admettre, non comme étant le Talmud lui-même, mais au titre
des ouvrages talmudiques. On voit donc que les reproches peuvent
apparaître comme des arguties afin de disculper le Talmud et les
ouvrages s’y rattachant, des blasphèmes antichrétiens qu’ils
contiennent, arguant d’une absence de référence des extraits cités de
Pranaitis dans les éditions du Talmud, ceci sans préciser évidemment que
lors d’un Synode, tenu en Pologne en 1631, les rabbins de nombreux pays
décidèrent officiellement de retrancher les passages antichrétiens afin
d’éviter des persécutions, quoique un "O" ou le mot "haiah"
(était) furent inscrits à l’endroit des passages censurés afin de les
marquer (les noms faisant référence aux chrétiens étaient également
remplacés par des mots se rapportant à des peuples païens disparus
depuis longtemps donnant aux Juifs de prétendre que ces passages ne
visaient pas les chrétiens mais des "idolâtres polythéistes"),
permettant à ce que ces textes soient enseignés oralement mais échappent
aux condamnations, prudence qui n’était pas celle des rabbins médiévaux
et des versions du Talmud qu’ils firent éditer et auxquelles put
accéder Pranaitis.
Voilà pourquoi si d’aucuns n’hésitent pas à soutenir un peu rapidement que le « Talmud démasqué » relèverait de la pure propagande et serait un faux contenant des citations imaginaires, l’assimilant aux Protocoles des sages de Sion, ce qui est pourtant très troublant c’est que les citations produites par Pranaitis
sont d’une nature absolument identique à celle des passages condamnés
par les Papes lorsque les versions non expurgées du Talmud furent
examinées par les théologiens catholiques, ce qui entraîna la
promulgation des multiples bulles pontificales qui jalonnent l’histoire
de l’Eglise du XIIIe siècle à nos jours.
On
trouve ainsi, pour prendre un exemple entre cent mais assez
significatif, positivement dans le Talmud l’affirmation que les non
juifs (goyim) ne sont pas des hommes dans Keritot 6b, affirmation réitérée dans Yebamot 61a : « Vous [juifs] êtes nommés ‘‘homme’’ [adam], et les nations du monde [goyim] ne sont pas nommées ‘‘homme’’ », ce que Pranaitis reproduit avec exactitude : « Vous [les Juifs], vous êtes qualifiés d’hommes, mais les goyim ne sont pas qualifié de la sorte. » (Cf. Kerithot 6b in Le Talmud démasqué, Imprimerie Impériale des Sciences, 1892, p. 28).
Il en va de même pour les mentions absolument blasphématoires concernant la « pendaison » de Jésus : « En
ces jours-là, il y eut de nombreux combats et de grandes dissensions en
Judée entre les Pharisiens et les « brigands » en Israël qui suivirent
Jeshu’ah ben Pandera le Nasoréen qui fit de grands miracles en Israël
jusqu’à ce que les Pharisiens l’aient vaincu et le pendirent sur un
poteau. » (Sanhedrin 67a, MS Hébr. 1280, fol. 123 v, BNF).
« La
veille de Pâques, on a pendu Yéshu (Jésus). Pendant les 40 jours qui
précédèrent l’exécution, un héraut allait en criant : « Il sera lapidé
parce qu’il a pratiqué la magie et trompé et égaré Israël. Si quiconque a
quelque chose à dire en sa faveur qu’il s’avance en son nom. » Mais on
ne trouva personne qui témoignât en sa faveur et on le pendit la veille
de Pâques. » (Sanhédrin 43a). [5]