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Vous
avez raison de rappeler que Jésus (Issa) a présenté la fidélité à la loi (la Torah)
comme un devoir pour ses disciples. Vous avez tort de valoriser ce commandement
puisque Jésus l’énonce sans faire la distinction entre le meilleur et le pire
dans le contenu de cette loi, alors que l’appel à n’appliquer que le meilleur
est par ailleurs l’essentiel de son message et le sens de toute sa vie. Et
puisque cette ambiguïté, cette insuffisance, ce manque dramatique a eu par la
suite les pires conséquences : les Pères de l’Eglise catholique ont inclu dans
ses bases théologiques la prétendue volonté de violence de Dieu ; Mohamed en a
fait plus tard le socle de sa nouvelle religion et elle est toujours, 2000 ans
après Jésus, l’horreur justifiée par les trois principaux monothéismes. Si vous
n’aviez refusé de lire ce que vous appelez dédaigneusement mon
"kampf" vous y auriez trouvé ceci :
""
Des analystes d’aujourd’hui réfutent pourtant cette idée d’une volonté, chez
Jésus, radicalement différente de celle du Dieu de l’AT. Pour moi cette
différence ne fait aucun doute même si subsistent, effectivement, des
ambiguïtés dans certains de ses prêches, des acceptations de fortes violences
dans certaines de ses paraboles. Je crois que Jésus était réellement un modèle
– humain, profondément humain – de pacifisme, d’amour et d’abnégation. Mais il
est tout aussi stupide de chercher des « bonnes explications divinement
inspirées » à ses faiblesses, bien réelles, que d’en chercher aux pires
massacres « commandés par » le Dieu de l’AT. Il voulait une profonde réforme
pacifiante de sa religion, dont il restait malgré tout fortement imprégné,
marqué, « encombré ». Il la voulut en donnant l’exemple d’un total don de soi,
jusqu’à l’acceptation de sa propre mort dans le martyre. C’est admirable, et je
crois qu’on ne se trompe pas quand on voit Jésus comme un des principaux
précurseurs des Droits de la Personne Humaine.
Parmi
les ambiguïtés énoncées par Jésus on rapporte souvent celle-ci : « N’allez pas
croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu
abolir, mais accomplir. Car je vous le dis, en vérité : avant que ne passent le
ciel et la terre, pas un i, pas un point sur le i, ne passera de la Loi, que
tout ne soit réalisé » (Mt 5 ; 17, 18). On en conclut que Jésus aurait approuvé,
comme aujourd’hui Benoît XVI, la totalité des intentions et des actes du Dieu
de l’AT, dont les plus épouvantables massacres. Sans trop entrer dans les
détails il me semble intéressant de relever, dans une autre Bible, une
traduction différente du même passage que celui qui est pris, ci-dessus, dans
la Bible de Jérusalem de 2001. La Bible Osty rapporte (en 1973) que Jésus dit
n’être pas « venu renverser mais compléter », ou n’est pas venu « abroger mais
parfaire » et elle avertit dans une note qu’il vaut mieux éviter l’expression «
abolir mais accomplir » parce que « ce dernier mot » est « amphibologique ». Une
autre note précise que Jésus « interprète, approfondit, amplifie, modifie et
même contredit « ce qui a été dit aux anciens ».
Cette
ambiguïté, ce possible double sens et cette possible « contradiction », par
Jésus, de l’enseignement « du Dieu de l’AT » devraient encourager les
pacifistes catholiques à résister aux théologiens papistes, refuser d’entrer
dans leur jeu, et dénoncer sans retenue leur énorme tricherie qu’ils qualifient
de « bonne interprétation », cette tricherie que réanime Benoît XVI pour faire
reculer sa religion et les religions en général vers les anciennes sources
dogmatisées de leur violence. Alors qu’il est plus que jamais nécessaire de
s’en débarrasser !
On
peut faire ici un parallèle entre les deux attitudes, religieuse et profane, qui
nous éloignent de l’accomplissement de cette nécessité : le pouvoir temporel
catholique efface les avancées précédentes vers la théologie non-violente en
même temps que le pouvoir politique détruit les acquis républicains qui
protégeaient la société profane de la violence religieuse. "" (voir texte au lien ci-dessous)
http://blog.sami-aldeeb.com/2011/09/18/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse/
Plutôt
que de s’acharner à justifier encore aujourd’hui la prétendue volonté de
violence de Dieu - qui fait durer la très concrète barbarie religieuse et
interdit la pacification du monde - les responsables des religions devraient la
rejeter très clairement avec la plus grande fermeté.
Et, répétons-le inlassablement, les gouvernants
laics devraient exiger qu’ils le fassent avant de leur accorder le droit
d’exercer leur religion.