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Commentaire de Pierre Régnier

sur Médiapart ou quand le journalisme s'effondre


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Pierre Régnier 2 février 2013 09:11


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Vous avez raison de rappeler que Jésus (Issa) a présenté la fidélité à la loi (la Torah) comme un devoir pour ses disciples. Vous avez tort de valoriser ce commandement puisque Jésus l’énonce sans faire la distinction entre le meilleur et le pire dans le contenu de cette loi, alors que l’appel à n’appliquer que le meilleur est par ailleurs l’essentiel de son message et le sens de toute sa vie. Et puisque cette ambiguïté, cette insuffisance, ce manque dramatique a eu par la suite les pires conséquences : les Pères de l’Eglise catholique ont inclu dans ses bases théologiques la prétendue volonté de violence de Dieu ; Mohamed en a fait plus tard le socle de sa nouvelle religion et elle est toujours, 2000 ans après Jésus, l’horreur justifiée par les trois principaux monothéismes. Si vous n’aviez refusé de lire ce que vous appelez dédaigneusement mon "kampf" vous y auriez trouvé ceci :

 

"" Des analystes d’aujourd’hui réfutent pourtant cette idée d’une volonté, chez Jésus, radicalement différente de celle du Dieu de l’AT. Pour moi cette différence ne fait aucun doute même si subsistent, effectivement, des ambiguïtés dans certains de ses prêches, des acceptations de fortes violences dans certaines de ses paraboles. Je crois que Jésus était réellement un modèle – humain, profondément humain – de pacifisme, d’amour et d’abnégation. Mais il est tout aussi stupide de chercher des « bonnes explications divinement inspirées » à ses faiblesses, bien réelles, que d’en chercher aux pires massacres « commandés par » le Dieu de l’AT. Il voulait une profonde réforme pacifiante de sa religion, dont il restait malgré tout fortement imprégné, marqué, « encombré ». Il la voulut en donnant l’exemple d’un total don de soi, jusqu’à l’acceptation de sa propre mort dans le martyre. C’est admirable, et je crois qu’on ne se trompe pas quand on voit Jésus comme un des principaux précurseurs des Droits de la Personne Humaine.

 

Parmi les ambiguïtés énoncées par Jésus on rapporte souvent celle-ci : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Car je vous le dis, en vérité : avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur le i, ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé » (Mt 5 ; 17, 18). On en conclut que Jésus aurait approuvé, comme aujourd’hui Benoît XVI, la totalité des intentions et des actes du Dieu de l’AT, dont les plus épouvantables massacres. Sans trop entrer dans les détails il me semble intéressant de relever, dans une autre Bible, une traduction différente du même passage que celui qui est pris, ci-dessus, dans la Bible de Jérusalem de 2001. La Bible Osty rapporte (en 1973) que Jésus dit n’être pas « venu renverser mais compléter », ou n’est pas venu « abroger mais parfaire » et elle avertit dans une note qu’il vaut mieux éviter l’expression «  abolir mais accomplir » parce que « ce dernier mot » est « amphibologique ». Une autre note précise que Jésus « interprète, approfondit, amplifie, modifie et même contredit « ce qui a été dit aux anciens ».

 

Cette ambiguïté, ce possible double sens et cette possible « contradiction », par Jésus, de l’enseignement « du Dieu de l’AT » devraient encourager les pacifistes catholiques à résister aux théologiens papistes, refuser d’entrer dans leur jeu, et dénoncer sans retenue leur énorme tricherie qu’ils qualifient de « bonne interprétation », cette tricherie que réanime Benoît XVI pour faire reculer sa religion et les religions en général vers les anciennes sources dogmatisées de leur violence. Alors qu’il est plus que jamais nécessaire de s’en débarrasser !

 

On peut faire ici un parallèle entre les deux attitudes, religieuse et profane, qui nous éloignent de l’accomplissement de cette nécessité : le pouvoir temporel catholique efface les avancées précédentes vers la théologie non-violente en même temps que le pouvoir politique détruit les acquis républicains qui protégeaient la société profane de la violence religieuse. "" (voir texte au lien ci-dessous)

 

http://blog.sami-aldeeb.com/2011/09/18/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse/

 

Plutôt que de s’acharner à justifier encore aujourd’hui la prétendue volonté de violence de Dieu - qui fait durer la très concrète barbarie religieuse et interdit la pacification du monde - les responsables des religions devraient la rejeter très clairement avec la plus grande fermeté.

 

Et, répétons-le inlassablement, les gouvernants laics devraient exiger qu’ils le fassent avant de leur accorder le droit d’exercer leur religion.



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