"...et deux ou trois pointures qui sortent du lot dans leur catégorie..."
Comme l’Argentin se déballonne, j’ai dû chercher moi-même... Et j’en ai trouvé une, de pointure, l’architecte de la Cité universitaire de Caracas, Carlos Raúl Villanueva (1900-1975), construite entre 1940 et 1960, et classée au Patrimoine mondial de l’humanité.
A cet propos, on note que le Vénézuela ne compte que trois biens inscrits dans ce prestigieux classement - à égalité avec la minuscule île de Malte -, un bien naturel, le parc de Canaima, la Cité universitaire de Caracas donc, ainsi que la ville de Coro et son port, un véritable joyau que l’Unesco présente ainsi :
Construite dans un style de construction en terre unique aux Caraïbes, la ville est le seul exemple qui subsiste d’une synthèse réussie de traditions locales et de techniques architecturales mudéjares espagnoles et néerlandaises. L’une des premières villes coloniales, elle a été fondée en 1527 et possède quelque 602 bâtiments historiques.
Or on apprend du même coup, sans vraiment être surpris, que ce trésor exceptionnel figure, depuis 2005, sur la triste liste du patrimoine mondial en péril. Le rapport de 2012 énumérait les raisons du maintien de Coro et de son port dans la liste des biens menacés :
a) Grave détérioration des matériaux et des structures ;
b) Détérioration de la cohérence architecturale et urbanistique et de l’intégrité du bien ;
c) Absence de mécanismes adéquats de gestion, de planification et de conservation ;
d) Absence d’information détaillée et technique concernant l’état de conservation du bien depuis 2007
e) Inondation et dommages causés par l’eau.
Mais le gouvernement chaviste ne restait pas inactif. Il annonçait sa volonté de :
a) Finaliser le processus d’approbation pour la création du bureau de l’Engagement de gestion et fournir des ressources adéquates lui permettant de fonctionner pleinement
b) Élaborer le plan de gestion du bien, y compris les programmes de conservation, utilisation publique et gestion des risques
c) Finaliser la délimitation du bien et de la zone tampon pour les éléments inscrits, assortie des mesures réglementaires correspondantes
Elaborer un plan, finaliser un processus d’approbation et la délimitation du bien, ça fleure la langue de bois des enterrements de première classe. Il est vrai que les vieilles pierres, ça n’a pas le droit de vote, alors...