Il y a eu au cours de la dernière décennie (et il continue d’y avoir) d’énormes luttes d’influence au sein de l’armée et des services secrets russes. A la fin des années 90 et au début des années 2000, une partie du haut commandement de l’armée russe était main dans la main avec les néoconservateurs états-uniens. D’après Christopher Story, journaliste britannique spécialisé dans le monde du renseignement, une réunion entre des généraux russes et états-uniens auraient eu lieu en 2000 à Washington afin de planifier l’invasion de l’Irak. Toujours d’après Story, les services secrets russes sont depuis longtemps infiltrés par ce qu’il appelle l’intelligence sombre allemande.
Poutine aurait fait le ménage au début des années 2000 et plutôt avec succès apparemment. Il a d’ailleurs fait le ménage à peu près partout mais ça n’a pas été sans difficultés : il a eu énormément de mal à faire remplacer Gerachtchenko, le directeur de la banque centrale russe, qui menait des politiques économiques évidemment contraires à l’intérêt du pays, il a fait le ménage au sein du FSB et de l’armée, mais ça n’est pas terminé, loin de là. Le scandale le plus récent étant celui de Serdyukov, le ministre de la défense qui était impliqué dans une affaire de corruption de plusieurs milliards de dollars. Depuis, il a été remplacé par Choïgu, un authentique patriote et par ailleurs bien plus compétent sur les questions militaires. Je pense que Poutine s’en sort bien en ce qui concerne la dératisation du navire, mais je crois qu’il partait de très très loin.
Tout ça pour dire qu’au début des années 2000, ça devait être très compliqué pour le gouvernement russe de se prononcer sur la scène internationale à propos du 11 septembre, ils étaient déjà suffisament occupés chez eux. D’autant plus qu’un pays ne se résume pas à son président.