Antidote à la foule, devenir anachorète ou agoraphobe, plus de souci de foule, de se retrouver dedans, se faire écraser comme un cafard par des hystériques en colère qui canalisent souvent cette colère sur de mauvais boucs émissaires, ou de gentils supporters, qui se rendent à un match comme à une messe, et ces fans de x ou y, qui se regroupent comme on rentre dans une secte, tous ces solitaires qui s’additionnent, se multiplient pour devenir océans de chair...
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Je hais la foule, l’innombrable quantité d’individus qui se masse en nuée informe, beuglante et criarde, ses puanteurs de fluides corporels et d’haleines diverses qui émanent de bouches grandes ouvertes, unies pour brailler les slogans du moment. Que ce soit dans un concert, une salle, un stade, un parc d’attractions, une plage trop étroite, une manifestation, une révolution, je les exècre, tous ces communiants quand ils se déplacent, comme une nuée de sauterelles prédatrices, au son des tambours, des trompettes, des hurlements, sur un fond de techno ou un tube de Jean-Jacques Goldman, rajoutant encore à cet épouvantable brouhaha, avec ses cortèges de maillots colorés, de drapeaux, de pancartes, de perruques et déguisements de carnaval.
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Je les maudits, quand ils sont statiques comme des veaux parqués dans un lieu où toutes ces paires d’yeux sont braquées tour à tour sur un chanteur, un groupe, une équipe, un spectacle avilissant servi comme une soupe à des porcs affamés, avides et sans culture qui veulent leur part de confiture.
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Tous ces gens, assoiffés d’appartenance à quelque chose qui leur interdit de penser qu’ils sont insignifiants, se fondent dans la foule qui leur fait oublier que le goût de la solitude, même si il est impopulaire, peut parfois avoir des saveurs bien meilleures et subtiles, que celui de devenir une masse faussement compacte et unie, car quand la foule se fend et se disperse, l’individu redevient unique, seul, même si il la quitte accompagné, un jour ou l’autre, peut être avant de mourir, la solitude reprendra ses droits, car que l’on meurt dans une foule, dans un lit ou dans un endroit désert, on meurt seul, c’est peut être pour cela, qu’il n’y a pas foule d’amateurs de solitude...
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Et la foule sentimentale dans tout ça, elle est où ? Rangée au placard de la solitude des foules ?
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Mmmmmmh ?
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Un autre Alain S. en parle mieux que quiconque en chanson :
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http://www.youtube.com/watch?v=V_SNDGwwGFM
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