"Ici les unités
de productions seront autonomes donc pas de planification à l’échelle globale.
La concurrence ne sera pas abolie en tous cas c’est ainsi que je comprends le
projet …"
Moi, je le comprends comme la mise en oeuvre du "vrai
communisme" tel que le voyait Emma Goldman, et que je résumais ainsi, il y
a peu : « … il apparaît admirablement conçu pour un moyen âge post-industriel
où vivront, côte à côte, une mosaïque de communautés pratiquement autarciques,
où ceux qui auront trop de patates, les échangeront avec ceux qui auront trop
de blé, ceux qui auront trop de friteuses, les échangeront avec ceux qui auront
trop de mixeurs plongeants, et ceux qui auront trop de scanners médicaux, les
échangeront avec ceux qui auront trop de balayeuses industrielles… » J’ajouterai
maintenant, pour être de plain-pied avec l’actualité que ceux qui auront trop
d’Airbus 350 les échangeront avec ceux qui auront trop de TGV...
" Ils n’auront
qu’à travailler pour toucher quatre. C’est liberticide ?"
Ce n’était pas mon idée, j’avais cru comprendre que pour
gagner quatre, il fallait faire preuve de qualités, de talents, de compétences
et d’aptitudes hors du commun, pas simplement marner quatre fois plus.
"Alors en quoi le
système de Friot poserait plus de problèmes que le système actuel ?"
En cela que, dans le système actuel, les gens vivent sinon
dans la résignation, à tout le moins dans un certain fatalisme, tandis qu’avec
le système Friot, ils entreront dans l’espoir d’un monde réellement meilleur,
dont ils découvriront très vite, qu’il ne diffère pas foncièrement de celui
qu’ils ont quitté. Après tout, pendant des décennies, les fonctionnaires ont
bénéficié de la garantie de l’emploi et ils ne donnaient pas, ni aux guichets
ni ailleurs, l’impression de baigner dans l’allégresse.
Je voudrais ajouter pour conclure que les syndicats
helvétiques ont d’ores et déjà pris position contre l’initiative préconisant
l’instauration d’un salaire universel qui a été lancée par un collectif d’hurluberlus,
et que les Suisses, qui l’an dernier, avec un grand sens des responsabilités, ont refusé de porter
la durée des vacances obligatoires de quatre à six semaines, enterreront ce
projet-là par plus de 80 % des votants, et non 70, comme je l’avais hâtivement
écrit sous un article, largement erroné, de l’inénarrable Cabanul.