La Shoah dans la classe
Sous la direction de B. Falaize
(directeur de recherche, Institut National de Recherche Pédagogique) et
de Georges Bensoussan (Mémorial de la Shoah).
Les problèmes qui surgissent en classe sont issus de l’ignorance
des élèves et de la faiblesse de la réflexion. Six écueils favorisent
les problèmes :
- La sacralisation du sujet, sans
distance critique : celui-ci devient un objet intouchable sur lequel la
compassion se transforme en un rituel insupportable et que l’élève va
souvent remettre en cause.
- La victimisation des juifs,
étroitement liée à la question mémorielle. Elle provoque une tension
contre la culture juive reléguée à la place des victimes. La Shoah obère
l’avant et l’après du monde juif
- La saturation des élèves, face à un même discours déjà entendu au collège, les « effets d’annonce » écrasent la référence.
- L’effet de relativisation qui s’ensuit alors, tant du côté des élèves que de certains enseignants : « Il y a d’autres génocides, d’autres souffrances, pourquoi toujours les mêmes ? » .
Cette relativisation génère un effet pernicieux ravivé par la question
palestinienne : l’antisémitisme qui prend pour prétexte que « les victimes d’hier sont les bourreaux d’aujourd’hui » , voire que « Sharon = Hitler » ...
- Auschwitz n’est pas un accident de
l’Histoire. La Shoah est un phénomène unique s‘inscrivant dans le
temps, dans un processus, qui doit être abordé avec la plus grande
rigueur afin d’éviter toute banalisation de la Shoah par rapport aux
autres génocides.
- Le surinvestissement des
enseignants sur le sujet qu’ils considère (à juste titre) comme
incontournable, voulant ainsi éviter de faire des erreurs, sombrant
parfois dans une « ultravigilance » vis-à-vis des élèves
« arabo-musulmans » soupçonnés d’antisémitisme, pouvant réagir vivement.
Face à ces réactions, souvent de rejet, l’enseignant doit faire preuve
de rigueur scientifique, particulièrement dans le vocabulaire employé.
- http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/citoyen/05-06/quesensib/sensible-1.html