Bonjour à vous Qamarad,
"Sur l’homme, je ne pense pas qu’il soit irresponsable, vénal ou "mauvais" par nature. J’ai plutôt tendance à considérer la nature humaine sous l’angle inverse"
---> Et oui ! C’est bien là le fond du désaccord que j’ai avec MaQ et vous-même. Cela m’a paru fondamental de l’exposer, car la vision que l’on a chacun de la nature humaine explique, selon moi, en grande partie nos orientations politiques et philosophiques
"Un psychologue recrée un cadre carcéral avec une population tirée au sort sur un campus où sont choisis arbitrairement les détenus et les geôliers. On s’aperçoit rapidement que l’expérience vire à la barbarie : les geôliers deviennent de vrais sadiques prenant plaisir à maltraiter les détenus qui se décomposent en délateurs ou en soumis. Des cas de barbarie et de torture ayant été constatés, l’expérience fut arrêtée. Seul une poignée des détenus "résista" et refusa de se livrer à ce système de profonde laideur morale."
---> Oui, il y a même eu un film là-dessus :
l’expérience. Mais justement, vous apportez là de l’eau à mon moulin : cette expérience démontre de manière fulgurante la "laideur" humaine laquelle, lorsqu’on lui confie du "pouvoir", se comporte de manière animale avec ses semblables, quant aux "dominés", ils adoptent un comportement de "soumis".
Merci à vous pour cet exemple qui ne fait que me conforter dans le fait que le pouvoir, selon moi, ne peut être confié à n’importe qui...
"La masse n’est ni "bonne" ni "mauvaise" (vous l’aurez compris, je caricature à souhait), elle suit."
---> Mais justement ! La masse suit, précisément parce qu’elle est "mauvaise" (quoi que le terme n’est peut-être pas approprié, car il a une connotation "morale", ce qui n’est pas là mon propos). La masse suivra toujours "le plus fort" ou celui qui a le pouvoir. C’est ainsi...
"Trouvez un système global où l’on nivelle par le haut, où le bon , le beau et le vrai sont la base de tout lien, vous aurez une société globalement harmonieuse ! L’inverse, c’est la nôtre. "
---> 100% d’accord avec ça ! C’est la raison pour laquelle je plaide, moi, pour un système de régime ’mixte’ entre une démocratie et une aristocratie, système qui permettrait de valoriser les "meilleurs" d’entre nous
" Lorsque la laideur, l’individualisme exacerbé et la rapine s’instaure, il est des gens pour s’y opposer. En proportion, toujours moins de 5% de la population. "
---> Et encore, je crois que vous êtes bien au-dessus de la réalité...
"Si changement nous voulons, je me fais le disciple de Gustave le bon !
---> Ah Gustave Le Bon avait parfaitement décortiqué le phénomène des foules ! Je lui avais d’ailleurs consacré un article
"Sur la question du lien entre volonté de individualisme qui comprend l’extension continue et perpétuel des droits individuels et l’égalitarisme qui en gros l’individualisme pour tous, cela va fondamentalement de pair ! L’un servant de prétexte pour l’autre et l’alimentant ; et vice et versa !
---> Ah ! Très bien, alors vous êtes en phase avec moi là-dessus, si je comprends bien ?
"Lorsque vous réclamez plus de "libertés" (réelles ou supposées) par sentiment d’égalité, si elles ne concernent qu’un fragment de personne, vous introduisez un sentiment de privilège injustifié et nuisible pour leur maintien"
---> Lorsque vous dites "vous", il s’agit d’un "vous" générique ou c’est à moi que vous vous adressez ? Parce que ce n’est pas du tout cela que j’ai voulu dire lorsque j’ai parlé de liberté. Je suppose que vous faites allusion à mon commentaire à propos de Jacques Ellul. En fait, j’ai simplement voulu dire que l’homme, de par sa nature (mauvaise), est incapable d’accepter les "contraintes liées à la vraie liberté" (oxymore qui n’en est pas un) et que seul un petit nombre en est réellement capable.