Le mot combat et guerrier sont chargés
de subjectivité.....
je donne un exemple concret et actuel.
Prenons le mot "jihad", un mot arabe.
Et bien, ce
mot si l’on le traduit, cela donne"lutte" ou « effort ».
Ce mot n’a pas été inventé par l’islam ou le coran, puisque la
langue arabe existait avant....
ce mot qui a été utilisé par
les leaders musulmans pour la conquête l’ont pratiquement limité à
la conquête, à la guerre sainte...au point que son étymologie soit
gommée du langage courant même académique et littéraire, il a
fallu l’irruption du djihadisme, pour que des musulmans soucieux de
leur image redécouvre son étymologie, s’en saisissent tentant d’atténuer le poids de ce mot et à dissocier
des versets et des hadiths appelant et exhortant au jihad des
pratiquent des djihadistes ( ce que je considère une illusion et une
perte de temps), cette utilisation du mot connoté religieusement
a laissé à travers les siècles une seule définition dans l’esprit
du musulman, celle du djihadisme que l’on connaît avec ces mouvances
terroristes...le djihad c’est prendre les armes ...
Mais à
la base, la lutte est de toutes les instances dans la vie des hommes,
notamment dans le désert (ou un milieux hostile), lutter pour
trouver son chemin, lutter pour trouver des points d’eau, lutter pour
apprendre, lutter pour élever des enfants, lutter pour écrire une
oeuvre, lutter pour devenir un grand poète, lutter pour sa vie en la
défendant etc
réduire la lutte et la guerre à la seule
confrontation violente entre deux hommes ou deux armés ou deux
groupes, c’est avoir l’esprit étriqué à tel point...
la lutte,
la guerre et le combat, ce n’est pas seulement une constatation (la
constatation n’est jamais dénuée de subjectivité, la même chose
n’est jamais regardée de la même façon, un arbre par exemple ne
sera pas regardé de la même façon par un peintre, un poète, un
botaniste ou bûcheron, ou un forestier...) ce sont aussi des
subjectivités qui émanent de l’être.
Prenant l’arbre, le bûcheron
voudra l’abattre, le poète le célébrer dans poème, le peintre le
dessiner et le peindre, le botanique l’étudier etc... mais l’arbre
reste l’arbre malgré la diversité des approches.
Donc refuser au criminel le
qualificatif de criminel et lui donner le qualificatif de guerrier
n’avance pas le schmilblick.
La différence avec les Etats c’est que
des crimes abominables ne sont jamais mis sur le devant de la scène
ni glorifiés, ce sont des actes camouflés et maquillés, personne
en se vante de tuer des innocents au nom de sa religion ou sa logique ou
sa stratégie, généralement il y a toujours de la triche, et des
prétextes afin de justifier l’injustifiable, c’est ce qui
différencie l’EI des pires crimes et le terrorisme d’Etat, l’EI
fait du crime un culte.
La victime reste victime et la
dévastation de la Syrie et de l’Irak ne sera pas réparée par le
qualificatif de « guerrier ».
Pour l’instant, et à court
terme, les actions des djihadistes n’ont aucune utilité ni pour les
populations locales ni pour la réputations des musulmans, c’est un
fait et ce n’est pas un jugement moral, les musulmans sont gênés et
ne savent plus comment gérer cette histoire du khalifat et de EI...
vouloir présenter des criminels et des mercenaires en héros
guerriers méritant le respect est une idéologie (sublimant
le physique et la violence) qui doit s’assumer en tant que telle, et
ne pas se cacher derrière une prétendue observation ou constatation
objective...il y a ceux qui aiment regarder des combats de box ou de
catch, et d’autres préfèrent l’escrime, d’autres ont un faible pour
la natation, ou l’équitation, le championnat du monde d’échec
etc.... des luttes et des combats pour une raison ou pour une
autre), et d’autres ont une fascination pour les meurtriers, et des
petites frappes qui se hissent opportunément à la tête d’une
équipe de frappadingues …
l’erreur est de prendre une évolution dynamique qui passe par
plusieurs phases en un tout, prendre une phase chaotique de crimes et
d’abjection et la draper de l’aura guerrière que font les
chroniqueurs a posteriori bien au chaud dans leur cabinet et devant
leur encrier pour asseoir la légitimité et donner un fondement
explicatif qui ne doit pas heurter la morale...
et on ne peut pas demander à la victime de se mettre dans la tête
de son bourreau pour comprendre son subjectivité et ainsi
relativiser son crime....comme on ne peut pas demander à n’importe
qui de se mettre dans la tête d’un criminel pour ne pas le juger
moralement même s’il n’en est pas une victime directe...
il y a une répugnance morale naturelle devant la mort en général mais alors la mort donnée
volontairement à son prochain ! ou de faire souffrir,
pour les pratiquer à grande échelle il faut un endoctrinement bien spécial
ou être naturellement attiré par le sang et la souffrance des
hommes...