Marcel est propriétaire d’un bistrot.Il réalise soudain que tous ses clients sont des alcoolos qui
n’ont pas de boulot et ne peuvent donc plus fréquenter son comptoir, car
ils ont vite dilapidé leur RSA. Il imagine alors un plan marketing
génial : « Picole aujourd’hui, paie plus tard ».
Il tient rigoureusement à jour son ardoise de crédits, ce qui équivaut donc à consentir un prêt à ses clients.
Chiffre d’affaires et bénéfices explosent et son bistrot devient vite, sur le papier, le plus rentable de la capitale.
Les brasseurs et grossistes se frottent les mains, et allongent bien volontiers les délais de paiement.
Les clients de Marcel s’endettant chaque jour davantage
acceptent sans rechigner des augmentations régulières du prix du godet,
gonflant ainsi (toujours sur papier) les marges du bistrot.
Le jeune et dynamique représentant de la banque de Marcel, se
rendant compte que ce tas de créances constitue en fait des contrats à
terme (Futures) et donc un actif, propose des crédits à Marcel avec les
créances-clients en garantie.
Sa trouvaille géniale vaut au banquier visionnaire un plantureux bonus.
Au siège de la banque, un trader
imagine alors un moyen pour se faire de belles commissions : il convertit
les dettes en PICOLOBLIGATIONS. Les Picolobligations sont alors
« titrisées » (converties en paquets de titres négociables) afin d’être
vendues sur le marché boursier.