@Qaspard Delanuit
« ...quelle
serait par exemple, une aspiration essentielle de l’humanité ? »
Pourquoi voulez-vous que l’humanité,
dans l’infinitude de sa diversité, ait une aspiration essentielle en commun ?
Elle n’a en commun que les instincts vitaux, qu’elle ne satisfait d’ailleurs
pas de manière identique dans chaque civilisation.
« "Toutes sortes
de gens" ne sont pas capables de dire ce qui constitue l’essence de
l’humanité. »
Et bien, cela veut peut-être
tout simplement nous indiquer qu’il n’y a pas d’essence de l’humanité, qu’il s’agit là d’une
spéculation ne reposant sur rien d’instinctif, de spontané, donc de conforme à la nature
humaine.
« Faire un répertoire
d’opinions stupides n’aide en rien à comprendre quoi que ce soit. »
Donc, les masses sont
connes, elles ne comprennent rien à rien, et c’est là qu’intervient notre pote le philosophe qui leur dit, du haut de sa
sereine supériorité : - Alors, voilà ce que t’es, voilà ce que tu
dois penser et voilà ce que tu dois faire. (Il pourrait être intéressant d’observer comment lui-même s’aligne sur ses propres injonctions, au.delà du cas de Rousseau, théoricien de l’éducation en même que père indigne).
« Pour la plupart, les
"gens" n’ont jamais vraiment réfléchi à la question de la liberté et
ne seraient pas plus capables de formuler une réponse intéressante sur ce sujet… »
Vous confirmez par là que l’aspiration
de l’homme à la liberté est loin d’être une réalité profonde. C’est bien une
invention de philosophe, qui cherche à l’inoculer aux autres par le discours, sans
doute afin de légitimer le droit, inventé par l’inepte Rousseau, de les forcer,
le cas échéant, d’être libre.
Dans « De la horde à l’Etat », le psychosociologue
Eugène Enriquez pose une question qui le taraude :
« Pourquoi les hommes, se voulant guidés par le
principe de plaisir et les pulsions de vie, aspirant à la paix, à la liberté et
à l’expression de leur individualité, et qui, consciemment, disent désirer le
bonheur au profit de tous, forgent-ils le plus souvent des sociétés aliénantes
favorisant plus l’agression et la destruction que le vie
communautaire ? »
Je ne sais pas si le doute l’a déjà effleuré que l’idée qu’il se
fait des hommes, ne correspond à rien de profondément ancré en lui, mais ressortit
à un idéal évanescent, affleurant de
temps à autre, chez certains sous l’effet de l’alcool
, sans être accompagné par l’illusion de sa matérialisation future.
A mon tour de vous poser une question : vous semblez croire à
l’existence d’une essence commune de l’humanité, si tel est le cas, dans
l’optique de quelle finalité, tout aussi universelle, l’inscrivez-vous ?