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Commentaire de nefertari

sur Le libre arbitre scientifiquement réfuté


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nefertari 18 septembre 2016 09:32

En fait pour des raisons sociales nous sommes formatés très tôt dans l’illusion du "je" qui est très pratique déjà pour les parents, puis la société. On n’a pas la chance comme les entités d’Asimov dans "The Gods Themselves" de savoir d’expérience notre pluralité (chaque individu existe sous trois formes physiques psychologiquement typés avant de fusionner à l’âge adulte en un corps unique dans son roman).
En fait, de mémoire, l’évolution du cordon neural vers le cerveau humain sur 250 MA a vu l’apparition progressive de modules de traitement de sources d"informations, d’abord issues de perceptions cutanés, puis les divers sens, puis des modules d’analyse de comportement des autres de l’espèce et des autres espèces, etc...
Ces trains d’informations exigeant une réponse arrivaient dans un centre de triage primitif qui chez nous a évolué en centre d’arbitrage assez sophistiqué.
Ce que je sais de mon propre cerveau, c’est qu’il est un parlement (je l’ai assez étudié pour le savoir) dont le "je" peux être comparé au président de l’assemblée dans nos parlements politiques. Il peux certes fixer l’ordre du jour et imposer une orientation aux débats, mais il doit composer avec les groupes parlementaires, les factions, les parlementaires vociférant, les tentatives de dénaturation des débats, etc... Mais, surtout il fixe l’ordre du jour en fonction des propositions qui lui sont faites... Ouah, le libre-arbitre trop cool ! ...
Il n’est certes pas impossible de choisir dix ans d’abstinence sexuelle juste pour voir, de devenir boudhiste en pays musulman, de devenir végétalien quand tout le monde autour mange des "bouts de cadavres" pudiquement rebaptisés "viande", etc... Mais la somme des obstacles mis en travers de la route de notre libre-arbitre, fait qu’en pratique, très peu exercent ce genre de choix à contre-courant. Nous sommes bel et bien fortement conditonnés pour aller dans le sens du courant, et ce dernier n’a pas plus été décidé par nous que le cours de la rivière et son sens d’écoulement quand nous sommes dessus en canoe. Alors oui, on peux décider "librement" de passer à droite du rochet 100 m plus bas, mais quand nous y serons notre "libre-arbitre" aura juste choisis dans une sphère de quelques mètres le point passé en oubliant que de toute façon on a modifié marginalement l’endroit où la rivière nous obligeait à passer.
Bonne chance pour le livre !


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