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Commentaire de Conférençovore

sur Julien Rochedy : Dieu ou Nietzsche ?


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Conférençovore Conférençovore 6 avril 10:42

"Certes, nos élites ne sont pas reluisantes mais à qui la faute ? Pourquoi
le peuple français continue-t-il de subir ce qu’il déteste au fond de lui ?
Pour la simple et bonne raison que les français ne s’aiment pas.

Le mal français moderne : la haine de soi !"

Il y a plusieurs éléments ici. Le premier c’est la critique des dites élites : c’est un peu ce que j’explique avec le cas de Branco et tous ceux qui nous disent qu’il suffirait de dégager les élites, redonner le pouvoir au peuple et tout rentrerait dans l’ordre. C’est également ce que l’on retrouve dans le communisme si l’on remplace "élite" par "bourgeoisie". Oui, une partie de l’ED rejoint bien l’EG dans cette quête de bouc-émissaire.

Plus largement, je suis évidemment d’accord avec la limite de cette critique de la
critique des élites et le dégagisme naïf qui en résulte, ce "yaka faucon les
vire et ce sera réglé". Je le répète depuis des années : 80% des Français sont responsables de la politique qu’ils subissent aujourd’hui. 80% ont reconduit les gens qui les ont trahi, ou alors s’en sont foutu et parmi eux, bcp déplorent le résultat. Avant 2000, ils avaient l’excuse de la pensée unique véhiculée par le monopole des omnipotents MSM. Depuis 15-20 ans, nous n’avons plus aucune excuse : c’est de la servitude volontaire. Après la quenelle du traité de Lisbonne, en principe, 80% des Français auraient du se détourner de l’UMPS et se reporter soit vers l’extrême-gauche radicale (en France, il n’y a qu’un parti sérieux sur le plan doctrinal : LO), soit vers des gens qui n’ont aucune responsabilité dans le merdier et donc ce que l’on nomme ED, souverainiste, populiste, nationaliste, peu importe, patriote soit encore vers une autre forme de radicalité (anar). Les Français sont 0,5% a avoir opté pour les premiers, 25% pour les seconds et peanuts pour les 3ième qui sont un noman’s land idéologique où ils rejoignent les ninis, les désabusés de tout, bref, les gens qui ne représentent plus aucun danger parce que démoralisés et inactifs.

Deuxièmement, et on aurait du commencer par cela, "le peuple français", désolé, mais cela n’existe plus. Il existe désormais plusieurs peuples présents sur le territoire administratif France. Le peuple de France organique, charnel, que ce soit des FDS ou des FDB pleinement intégrés, est probablement déjà devenu une minorité. Le reste est constitué de déracinés de l’intérieur (notamment par l’exode rural au 20ième) ou de l’extérieur.

"La France est un pays magnifique avec une Histoire exceptionnelle, dont l’apport entre autres du christianisme, or nous ne faisons que la dénigrer en nous dénigrant nous-mêmes en permanence.". Du coup j’ai envie de demander... "qui ça, "nous" ?"

La haine de soi n’est pas uniformément répartie. Nombre de Français récents ne la ressentent en rien et pour cause... ils ne sentent même pas français. Pour eux, être français, c’est juste une entrée dans un registre administratif et des droits mais en aucun cas un projet, une histoire, de toutes façons pas leurs racines et parfois même pas leur culture. Les terroirs, ils ne savent même pas ce qu’ils sont. Ensuite, il faut bien préciser de qui l’on parle quand on parle de "haine de soi" et dire explicitement que c’est celle des FDS. Oui, cette haine de soi existe bien et elle porte un nom : l’ethno-masochisme et là il faut un peu creuser pour en expliquer l’origine.

- Le déracinement : tout le monde parle de celui des allogènes mais l’exode rural a conduit à la formation de conurbations indifférenciées, des villes sans identité où s’enchaînent quartiers pavillonnaires, immeubles et cités, avec les mêmes centres commerciaux partout en périphérie et des centres-villes musées. Ces zones sont juste des empilements de pop de provinces mélangées à des pop issues de vagues migratoires plus les couches des suivantes avec parfois des gens qui ne parlent même plus la même langue. Avant le covid, ils avaient déjà tous la tête sur leur smartphone et les écouteurs en permanence dans les oreilles.
- L’hyper-individualisme qui est lié
- L’idéologie multi-culturaliste/mondialiste qui nivelle toutes les cultures et relativise celle française voire la rabaisse sous les autres au point même que "la culture française n’existe pas" (Macron... je pense que ce mec est sincère : dans sa tête, la nation France n’existe déjà plus). Cette idéologie formate les jeunes dès l’enfance via tout un tas de vecteurs comme l’EN, la "culture" de masse, l’université, etc.

 L’absence de grands projets : depuis l’épopée des années 50-70, il n’y a plus rien pour faire rêver le Français. Mélenchon et LFI avait proposé un grand prog autour de l’espace maritime et c’était une excellente idée. Cela pourrait être autre chose autour du numérique mais sans grand projet, il est difficile de faire rêver les gens.

Evidemment il y a d’autres origines et causes, certaines plus simples (globalement tous les pays ayant un certain niv de dév entrent en phase de dénatalité : nous sommes en plein de dedans), d’autres plus complexes, mais ce serait trop long.

Bref, je trouve à la fois pertinent de faire cette critique de la critique des élites mais l’on peut aussi admettre qu’il existe bien des forces dont le projet est clair : le mondialisme. Ce projet est parfaitement assumé et dans celui-ci, il y a quelques gagnants (au moins temporaires) qui, logiquement, y adhèrent. Et dans ce projet, la France n’est plus qu’une province.


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