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Commentaire de medialter

sur Julien Rochedy : Dieu ou Nietzsche ?


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medialter medialter 6 avril 14:43

"Ainsi, la morale chrétienne ne serait pas seulement une "morale des faibles" mais peut également être une "morale de forts" car nécessaire à l’accomplissement individuel permettant de canaliser la puissance vitale"

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Je comprends que tous les chrétiens veuillent s’affranchir de cette image de faible, lourde comme un fardeau en plomb, mais je la trouve pleinement justifiée, au sens au Nietzsche l’entend : le christianisme est par essence la religion de la soumission au dogme du péché, de la soumission à la caste des Brahmanes dont l’imposture a été de convaincre les ouailles que le prêtre était l’intermédiaire incontournable entre l’homme (souillé originellement) et Dieu (quand on part du principe qu’il existe, ce qui n’est pas mon cas, enfin pas au sens consensuellement admis)

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Toutefois je pense que Nietzsche s’est arrêté à mi-chemin. Là où il a totalement raison, à mon sens, sur le fait que le christianisme a plongé l’humanité dans 2 millénaires d’obscurantisme, et a fait des chrétiens des larves d’obéissances (le fait qu’ils soient partis guerroyer à tort et à travers pour exporter leurs salades, n’en fait pas des guerriers, mais en fait des sudras, la plus basse des castes, comme les militaires d’aujourd’hui), donc si Nietzsche a eu raison, c’est sur le plan dogmatique de cette "religion", qui ne fut rien d’autre que l’ingénierie sociale de ces époques

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Nietzsche s’est arrêté là, parce qu’il exécrait toute forme d’ésotérisme. Pourtant, c’est cet aspect qui fait toute la force du christianisme. Quand Nietzsche oppose le crucifié à Dionysos, il a raison sur le plan exotérique, mais tort sur le plan ésotérique ; on a compris depuis l’antiquité, et de nombreux travaux récents ont mis en exergue ce parallèle, que le Christ est une figure appauvri et réarrangée de Dionysos. Ce que Nietzsche n’a pas vu, c’est qu’il y a un lien continu entre Dionysos et le Christ, notamment dans la Gnose, ce qui explique pourquoi l’institution scatho a procédé à un nettoyage de fond de la littérature antique. Dit autrement, le Christianisme est un paganisme appauvri, une sorte de resto du coeur théologique, dont la soupe servie à la masse ne deviendra au fil du temps qu’une simple politique populaire de l’espoir, en particulier avec sa parousie

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Un guerrier ne se soumet à aucune doctrine, et encore moins ne sert la moindre institution. Un guerrier ne travaille exclusivement qu’à son compte. Qu’une Doctrine de Kshatriya se cache au fin-fond du Christianisme, oui, mais l’interprétation exotérique du NT, et la propangade qui en découla ne fit de ses ouailles que des milliards de sudras, des milliards de petits vers de terre. Pour ma part, je préfère m’en remettre aux originaux plutôt qu’aux copies (on sait aujourd’hui que la figure du Christ se retrouve dans de nombreuses religions qui l’ont précédé). Le paganisme me semble nettement plus approprié pour "canaliser la puissance vitale"


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