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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La philosophie d’Arthur Schopenhauer

La philosophie d’Arthur Schopenhauer

La philosophie de Schopenhauer est encore assez méconnue de nos jours. Son oeuvre, trop souvent réduite à l'état d'opuscules sur les étalages des librairies (L'art d'avoir toujours raison, Sur le besion métaphysique de l'Humanité, Sur les femmes), mérite pourtant d'être lue, en particulier son ouvrage principal, aux dimensions colossales, Le Monde comme volonté et représentation, qui donne une présentation exhaustive de sa doctrine. Celle-ci, que le philosophe allemand qualifie de "Thèbes aux cent portes", et qui réclame pas moins de 2000 pages pour être exposée, peut pourtant se résumer en deux phrases : "Le monde est ma représentation. Le monde est ma volonté".

 

La lecture de Schopenhauer s’apparente à un merveilleux désenchantement. La moulinette de son pessimisme n’épargne pas les convictions pleines d’espoir de ceux qui prêtent foi à l’harmonie du monde, à la bonté de Dieu, ou même à l’amour. Schopenhauer fait partie, comme Hume, et comme Nietzsche après lui, des grands démystificateurs de l’histoire de la philosophie, des destructeurs impénitents de mirages. La noirceur de sa vision n’a de cesse de nous répéter que la vie dans ce monde, où la souffrance est omniprésente, où le bonheur n’existe qu’en sursis, ne vaut pas la peine d’être vécue.

 

La grande originalité de la philosophie de Schopenhauer est d’avoir mis la volonté à une place prépondérante, là où la philosophie classique en faisait un produit dérivé de la raison. La volonté est absolument première car elle est l’essence même de toute vie, de toute chose. Tout phénomène est la manifestation de la même volonté, depuis la pierre qui tombe, jusqu’à l’humain qui pense. Rien ne semble échapper à l’emprise de ce tyran qui ne laisse jamais de repos, d’où les peines et les souffrances indéfiniment répétées au cours de la vie, payées pour de trop fugaces instants de plaisir.

 

Mais une porte de sortie existe. D’abord, par l’art, l’être humain a la possibilité de s’extraire momentanément du joug de la volonté, en expérimentant un plaisir purement intellectuel, qui n’est donc pas dicté par les exigences de la volonté. Ensuite, par la religion. Bien que Schopenhauer rejette véhémentement le théisme, il n’en reconnaît pas moins à l’ascétisme chrétien, et plus encore à l’hindouisme et au bouddhisme, la vertu de prôner la négation de la volonté. L’ascète, le saint, est celui qui décide de ne plus être soumis à la volonté, et qui donc ne désire plus rien pour lui-même, ne recherche plus les joies éphémères de ce monde. Par là, il acquiert une sérénité que rien ne peut lui enlever.

 

L’émission ci-dessous, consacrée à Schopenhauer, est animée par Raphaël Enthoven et a pour invité Clément Rosset. Ce grand admirateur de Schopenhauer est un adversaire de la conception selon laquelle la philosophie doit donner du sens au monde et à lui trouver une intelligibilité. Une occasion pour aborder divers thèmes de la vie et de l’oeuvre de Schopenhauer.

 

 

Tags : Livres - Littérature Religions Philosophie Culture




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24 réactions à cet article    


  • 2 votes
    Gollum Gollum 21 avril 2015 15:34

    Bon c’est sans doute intéressant. J’en suis à la minute 7 mais je vais donner un conseil à Clément Rosset : Articulez bordel ! smiley


     C’est parfaitement incompréhensible bien que le son soit de qualité… Jamais vu (entendu je veux dire.. enfin, entendu.. des sons quoi) quelqu’un qui bouffe les mots à ce point. J’avais l’habitude de trouver ça chez des gens du peuple désocialisés, SDF depuis longtemps, mais là un philosophe universitaire qui est censé enseigner.. smiley

    Fin du coup de gueule. smiley

    • 1 vote
      Rounga Rounga 21 avril 2015 16:00

      @Gollum
      Tout à fait d’accord. Il est bien meilleur à l’écrit qu’à l’oral.


    • 1 vote
      DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 21 avril 2015 15:34

      Je découvre M. Schopenhauer ... très intéressant merci !
      .
      G tout de même quelques réserves sur ce qu’il dit :
      Ils me font rires tous ces philosophes qui veulent écarter la religion sous prétexte qu’elle veut nous détourner de la vérité ... Pourtant lorsque je lis de vrais bons philosophes, je remarque que leur textes véhiculent des principes que l’on retrouve dans les religieont, et leurs textes sont écris avec un langage que je nomme "technico-spirituel", le même que chez les religions ... Les philosophes qui ont une cervelle savent que la philosophie ne s’est pas engendrée toute seule et qu’elle a forcément des parents plus vieux et plus sage qu’elle qui lui ont transmis cet amour de la paix (philo-sophia) ... Devinez qui sont les parents de la philosophie ? ... Ce sont les religions ..... Je sais que çà fait mal à la tête d’entendre çà pour un philosophe ^_^ lol !
      .
      Les premiers philosophes comme Socrate, Pythagore et Platon, étaient aussi des scientifiques qui tentait leurs savoirs des anciennes religions ... Ils allaient au delà des mots pour décrire la nature, il y mettait des nombres pour décrire la nature ... Les Grecs ont pompés beaucoup de leur savoirs de l’Egypte ancienn, l’alchimie notamment, qui est une science sacrée (en relation avec Dieu) ... Quand j’étais en Terminal, je ne comprenais pas pourquoi les Terminal L en Lettres avaient autant de mathématiques dans leur cursus ... maintenant je comprends ...


      • 3 votes
        Rounga Rounga 21 avril 2015 16:13

        @DJL 93VIDEO
        Attention, Schopenhauer n’est pas, contrairement à bien des philosophes de son époque, hostile à la religion. Pour lui, la religion contient des enseignements sous forme allégorique que seuls les philosophes peuvent comprendre au sens propre, et par conséquent ces derniers peuvent s’en passer. Cependant, le commun des mortels, incapable de s’élever au niveau philosophique requis pour comprendre ce qu’il y a derrière le message des religions, doit s’en tenir à ce sens allégorique, et le prendre comme agent comptant. La religion est pour Schopenhauer bonne du point de vue social dans la mesure où elle règle les comportements dans le bon sens. Mais ce que Schopenhauer réfute, c’est le théisme, c’est-à-dire l’idée qu’il existe un Dieu, qu’il soit personnel, comme dans le monothéisme, ou substantiel, comme dans le panthéisme. Schopenhauer reproche au judaïsme l’invention de ce Dieu, et pense que le christianisme est venu pour subvertir cette religion et la remettre à l’endroit. Il était en effet persuadé que le christianisme avait des origines hindoues, et déplorait le bricolage que l’Eglise avait fait pour faire tenir ensemble l’Ancien et le Nouveau Testaments, qui sont selon lui inconciliables. Il était donc davantage du côté des chrétiens gnostiques primitifs, du style marcioniste.


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        DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 22 avril 2015 01:48

        @Rounga : Schopenhauer (1788-1860) évoluait dans un monde (Les Lumières) où c’était pas la mode de soutenir les religions ... A notre époque C pire, plus personne ne veut des religions ... C la mode de cracher sur les religions ...

        .

        Il faut savoir que les religions un ensemble de livres en vérité ... Chaque prophète est venu avec "sa bible" et les sciences sacrées qui vont avec ... "les bibles" sont faites pour parler aux illettrés et savants ... mais pour ceux qui veulent aller plus loin, il y a pleins d’autres livres beaucoup plus pointus sur le point à voire, Dieu ... Prenons l’exemple du soufisme. Je pense que le soufisme a une approche beaucoup plus fine pour trouver Allah ... A noter que les soufis mettent le Coran en No1 de leur bibliothèque, mais ils ont aussi d’autres bouquins pour expliquer Dieu, pour exprimer l’inexprimable autrement ... 

        .

        Je pense que Schopenhauer et tous ces philosophe des lumières sont dans l’erreur quand ils disent que les religions ne sont pas faites pour trouver la vérité absolue ... La volonté dont parle un des bouquins de Schopenhauer est en réalité une volonté Divine qui vient de l’être primordiale, et qui se manifeste ici-bas chez une personne par de la volonté ... Pour toucher cette volonté forte et affirmée, il faut se placer dans le sens du vent qui souffle ... Dieu souffle et l’homme est inspirée ...

        .

        Dernière chose, les solides de Platon C quoi en vérité ? ... Expliquez moi Cà messieurs les philosophe modernes ? ... Coucou Rounga, je n’ai rien contre toi fréro ;)


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        Gollum Gollum 22 avril 2015 09:17

        @DJL 93VIDEO

        On ne peut pas dire que Schopenhauer soit un philosophe des Lumières au vu de sa philosophie. Il est même assez proche des vues bouddhistes donc et de ce fait à l’opposé…

        Pour le reste Schopenhauer a quand même raison quelque part car si vous, vous parlez du soufisme et donc d’un courant ésotérique au sein de l’Islam, la grande majorité des gens l’ignore purement et simplement.. D’autre part Schopenhauer est pour les religions, contrairement aux philosophes des Lumières. Ce qu’il dit c’est qu’un génie de l’envergure d’un Goethe ne peut pas s’y laisser embrigader ce serait pour lui comme se couper les ailes..

        Si on envisage cela sur le plan de l’exotérisme il a raison.

        Tout ce que l’on pourrait reprocher à Schopenhauer éventuellement ce serait de ne pas avoir su trouver cette part qualitative, ésotérique, des différents courants religieux.

        Sinon sur les solides de Platon vous voulez en venir où ? Il s’agit d’un enseignement ésotérique c’est une évidence, mais encore ?

        Les religions sont un outil à double tranchant. On peut en faire l’éloge d’un côté et s’en méfier comme de la peste de l’autre. Lire de façon littérale que la terre a été créée en 6 jours est une ânerie. Et séduit les ânes. On en a un bon paquet ici sur Av..

        Par contre rejeter la Genèse sous prétexte que c’est une allégorie de peuples primitifs est aussi une ânerie… C’est celle des Lumières et de la modernité. Car sous des dehors assez enfantins pourraient se cacher des choses beaucoup plus fondamentales et même un très haut savoir..


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        Rounga Rounga 23 avril 2015 10:37

        Tout ce que l’on pourrait reprocher à Schopenhauer éventuellement ce serait de ne pas avoir su trouver cette part qualitative, ésotérique, des différents courants religieux

        Schopenhauer s’attaque surtout à la théologie, qu’il considère comme l’enfant bâtard de la religion et de la philosophie. Au final, ce n’est ni de la philosophie, ni de la religion, et il déplore qu’elle ait pris une si grande place dans le catholicisme. En revanche il cite abondamment les Upanishad dans ses ouvrages, ainsi que certains grands mystiques, comme Angelus Silesius. Il reconnaît donc, même s’il ne parle jamais d’exotérisme et d’ésotérisme, qu’il y a dans les religions une espèce de noyau qui donne accès à la vérité. 


      • 3 votes
        Éric Guéguen Éric Guéguen 21 avril 2015 15:38

        Pas encore écouté, mais d’avance merci.
        Clément Rosset, en tout cas, est une pointure, l’un de nos grands philosophes. Enfin je le connais un peu mieux que Schopenhauer.


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          Rounga Rounga 21 avril 2015 16:16

          @Éric Guéguen
          Clément Rosset est effectivement très intéressant, et parvient à allier la profondeur de la réflexion avec un style clair et facilement compréhensible, ce qui est toujours appréciable.


        • 1 vote
          Gollum Gollum 21 avril 2015 17:57

          Bon je suis arrivé au bout non sans peine. Avec des trous vu que nombre de propos de Rosset sont passés à la trappe à cause de son élocution déplorable.


          Je voulais aller au bout car je savais que Schopenhauer était de sensibilité quelque peu bouddhiste sur les bords…

          Quelques erreurs de Rosset quand même. Ou de Schopenhauer, ou les 2.. je sais plus.
          Notamment les religions existent à cause de la mort. Pas vraiment, non. C’est plutôt la souffrance la cause des religions. On pourrait envisager une vie mortelle sans souffrance, il n’y aurait pas de religions..

          C’est d’ailleurs l’analyse du bouddhisme : Dukkha d’abord, le reste ensuite.

          Rosset dit aussi : le bouddhisme aspire à la mort réelle. Je sais pas trop ce qu’il entend par là mais s’il nous refourgue l’idée du bouddhisme nihiliste, il fait une grossière erreur.. 

          Sinon Schopenhauer voit le même être partout, raison pour laquelle il appela ses chiens du même nom… Victor Hugo avait exactement la même idée, suffit de lire sa préface aux contemplations où il dit au lecteur : Insensé qui croit que je ne suis pas toi !

          C’est aussi assez une idée bouddhiste où le moi individuel n’existe pas et est une illusion.

          Sur sa notion de volonté. En fait il s’agit du désir individuel d’existence. Là aussi très proche du bouddhisme. Raison pour laquelle cette volonté est subie.

          Après cela finit sur l’aspect : le plaisir est une absence de douleur, vécu comme quelque chose de négatif… Pour Rosset il y aurait des plaisirs positifs. Boire un bon vin. En fait, ça se discute. Boire un bon vin peut être vu aussi comme l’absence de la douleur d’être séparé d’un nectar divin… Si l’au-delà de l’homme est jouissance absolue, tous nos plaisirs terrestres sont des tentatives désespérées d’essayer d’approcher au mieux cette plénitude.

          Je serai donc assez d’accord avec la vision traditionnelle, et donc bouddhiste, consistant à dire : supprimons la souffrance (Dukkha) et la Béatitude vient ipso facto..

          M’enfin quand on connaît bien le bouddhisme je suppose que la lecture de Schopenhauer n’apporte pas de réel plus...

          • vote
            Rounga Rounga 23 avril 2015 10:30

            Désolé pour la réponse tardive, mais j’ai été pris.

            Quelques erreurs de Rosset quand même. Ou de Schopenhauer, ou les 2.. je sais plus.
            Notamment les religions existent à cause de la mort. Pas vraiment, non. C’est plutôt la souffrance la cause des religions. On pourrait envisager une vie mortelle sans souffrance, il n’y aurait pas de religions..

            Je ne suis pas tout à fait sûr de ça. Les animaux aussi connaissent la souffrance, et pourtant ils n’ont pas de religion. Ce qui différencie l’homme des autres animaux, pour Schopenhauer, c’est que l’homme a la capacité, grâce à la raison, de se rappeler du passé et de se projeter dans le futur, et par conséquent à envisager sa propre mort. Les animaux vivent dans l’instant présent, et ne pensent à la mort que lorsqu’ils ont besoin de la fuir à cause d’un danger immédiat.
            Par ailleurs, si nous vivions sans souffrance, et donc de manière infiniment plus heureuse que la nôtre, la mort nous apparaîtrait comme une injustice et une absurdité totales. Car pourquoi faudrait-il que notre existence si heureuse prenne un jour fin ? Il y aurait besoin d’une explication, et donc d’une forme de religion.

            Rosset dit aussi : le bouddhisme aspire à la mort réelle. Je sais pas trop ce qu’il entend par là mais s’il nous refourgue l’idée du bouddhisme nihiliste, il fait une grossière erreur.. 

            Difficile en effet de savoir ce qu’il a véritablement voulu dire par là. Est-ce un raccourci de langage, ou bien pense-t-il que le bouddhisme désire vraiment l’anéantissement ? S’il a lu Schopenhauer, il doit avoir en tête la fin de la troisième partie du premier tome du Monde comme volonté et comme représentation :

            "Désormais il ne reste plus devant nous que le néant. Mais n’oublions pas que ce qui se révolte contre une pareille annihilation, c’est-à-dire notre nature, n’est autre chose que le vouloir-vivre, ce vouloir-vivre que nous sommes nous-mêmes et qui constitue notre univers. – Mais détournons notre regard de notre propre indigence et de l’horizon clos qui nous enferme : considérons ceux qui se sont élevés au-dessus du monde et chez qui la volonté, parvenue à la plus haute conscience d’elle-même, s’est reconnue dans tout ce qui existe pour se nier ensuite elle-même librement : maintenant ils n’attendent plus qu’une chose, c’est de voir la dernière trace de cette volonté s’anéantir avec le corps même qu’elle anime ; alors, au lieu de l’impulsion et de l’évolution sans fin, au lieu du passage éternel du désir à la crainte, de la joie à la douleur, au lieu de l’espérance jamais assouvie, jamais éteinte, qui transforme la vie de l’homme, tant que la volonté l’anime, en un véritable songe, nous apercevons cette paix plus précieuse que tous les biens de la raison, cet océan de quiétude, ce repos profond de l’âme, cette sérénité inébranlable, dont Raphaël et le Corrège ne nous ont montré dans leurs figures que le reflet ; c’est vraiment la bonne nouvelle, dévoilée de la manière la plus complète, la plus certaine ; il n’y a plus que la connaissance, la volonté est évanouie. Nous ressentons une profonde et douloureuse mélancolie lorsque nous comparons cet état au nôtre ; car cette comparaison met en pleine lumière ce qu’il y a dans notre condition de misérable et de désespéré. Cependant cette contemplation est la seule chose qui nous puisse consoler d’une manière durable, une fois que nous avons reconnu que le phénomène de la Volonté, l’univers, n’est essentiellement que douleur irrémédiable et misère infinie, et que d’autre part nous voyons avec la volonté le monde s’évanouir, le néant seul subsister devant nous. Il est donc bon de méditer la vie et les actes des saints, sinon en nous confrontant avec eux, ce qui serait une chance bien hasardeuse, du moins en consultant l’image que l’histoire ou que l’art nous en donne, surtout cette dernière qui est marquée d’un cachet infaillible de vérité ; tel est le meilleur moyen de dissiper la sombre impression que nous produit le néant, ce néant que nous redoutons, comme les enfants ont peur des ténèbres ; cela vaut mieux que de tromper notre terreur, comme les Hindous, avec des mythes et des mots vides de sens, tels que la résorption en Brahma, ou bien le nirvana des bouddhistes. Nous autres, nous allons hardiment jusqu’au bout : pour ceux que la Volonté anime encore, ce qui reste après la suppression totale de la Volonté, c’est effectivement le néant. Mais, à l’inverse, pour ceux qui ont converti et aboli la Volonté, c’est notre monde actuel, ce monde si réel avec tous ses soleils et toutes ses voies lactées, qui est le néant." (c’est moi qui souligne)

            Il y a donc chez Schopenhauer une positivité du néant, qui interdit de penser que le bouddhisme désire la "mort réelle" dans le sens où ce serait un néant purement négatif. Cela n’est vrai que pour ceux qui ne sont pas encore passé de l’autre côté. Pour les saints, les éveillés, ce néant n’en est pas un. Les bouddhistes et les taoïstes parlent de la plénitude du vide, et quand Eckhart dit que Dieu est un pur néant, il ne dit pas qu’il n’existe pas. 

            Sinon Schopenhauer voit le même être partout, raison pour laquelle il appela ses chiens du même nom… Victor Hugo avait exactement la même idée, suffit de lire sa préface aux contemplations où il dit au lecteur : Insensé qui croit que je ne suis pas toi !

            Il semblerait que Hugo ait lu Schopenhauer, comme bon nombre d’écrivains (Huysmans en premier lieu, mais aussi Maupassant, Flaubert, ou Céline).

            M’enfin quand on connaît bien le bouddhisme je suppose que la lecture de Schopenhauer n’apporte pas de réel plus...

            Cela dépend : c’est très enrichissant si on s’intéresse à la philosophie, car Schopenhauer a produit des pages admirables sur la beauté, le sublime, le génie, le rire, la géométrie, l’amour, la logique, la psychologie, la justice, etc. Si on s’intéresse uniquement au spirituel, en revanche, c’est vrai que ça n’apportera rien de plus par rapport à ce qu’on peut trouver aujourd’hui sur le bouddhisme ou l’hindouisme, sinon la connaissance que la philosophie rationnelle, qui passe par Kant et Platon, peut aboutir aux mêmes conclusions que les savoirs traditionnels.


          • vote
            Gollum Gollum 24 avril 2015 09:33

            @Rounga

            Par ailleurs, si nous vivions sans souffrance, et donc de manière infiniment plus heureuse que la nôtre, la mort nous apparaîtrait comme une injustice et une absurdité totales. 

            Si nous étions réellement heureux la mort nous apparaîtrait comme la meilleure des choses. Et même des souffrances éventuelles aussi… smiley

            C’est bien parce que nous sommes dans Dukkha que nous nous révoltons contre l’ordre des choses. C’est donc la souffrance perlière qui exacerbe les autres souffrances..

            Il semblerait que Hugo ait lu Schopenhauer, 

            Sans doute. Il aurait trouvé tout seul, son mysticisme naturel l’aurait guidé..

            sinon la connaissance que la philosophie rationnelle, qui passe par Kant et Platon, peut aboutir aux mêmes conclusions que les savoirs traditionnels.

            C’est assez vrai. On trouve tout chez Plotin notamment. L’affirmation d’une Béatitude totale particulièrement et bien d’autres… Chez Spinoza aussi. La religion n’est donc pas une nécessité absolue… et je rejoins assez Schopenhauer pour dire qu’elle est faite pour la masse.


          • vote
            Lisa Sion Lisa Sion 21 avril 2015 19:03

            Pour changer le monde, il suffit de vouloir changer soi même et quitter l’immense rythme de consommation ordinaire visible sur ce lien : http://www.planetoscope.com/transport
            "Biocarburants Alors qu’on estime qu’il y aura 3 milliards de bouches de plus à nourrir en 50 ans, on estime qu’ en 2010 le tiers de la récolte de maïs des USA sera consacrée à produire du bioéthanol. " c’est juste un exemple d’absurdité...



            • 2 votes
              Éric Guéguen Éric Guéguen 22 avril 2015 22:48

              A y est, c’est fait. Intéressant, merci Rounga.

              Je reconnais bien Rosset dans cette idée développée dans l’émission : la domestication de la mort a besoin de la religion, mais la religion a besoin de la domestication de la mort.
              Sur Schopenhauer, je ne suis fatalement que spectateur. Merci encore.

              • vote
                Éric Guéguen Éric Guéguen 23 avril 2015 11:06

                Ps : C’est vrai que Clément Rosset parle dans sa barbe. Si c’est un style qu’il se donne, il faut qu’il arrête. Enthoven est un pédant et parfois pénible à cause de cela, mais c’est un champion de l’élocution. Je l’ai encore écouté au dernier salon du livre s’exprimant sur Nietzsche, il est très fort à l’oral.


              • vote
                Rounga Rounga 23 avril 2015 11:26

                Enthoven fait très "bon élève" dans sa façon de parler. Pas étonnant qu’il ait écrit La dissertation de philosophie : dans sa tête il n’a toujours pas quitté l’école. 

                Rosset fait plus libre. Ça se sent non seulement au niveau de la manière dont il parle (malheureusement), mais aussi au niveau des références qu’il emploie dans ses écrits, qui sont tirées aussi bien de la philosophie que de la culture populaire.


              • vote
                Éric Guéguen Éric Guéguen 23 avril 2015 11:34

                Et de la musique. Rosset est très calé en musique.
                Je suis d’accord avec vous quant à Enthoven, mais ainsi il amène des gens à la philosophie (enfin ceux qui parviennent à supporter son intonation de dandy).


              • vote
                Rounga Rounga 23 avril 2015 11:48

                En ce qui me concerne, je le trouve assez exaspérant, mais c’est vrai qu’il peut, du point de vue de certains, se révéler pédagogue. Mais dans le genre, je préfère Luc Ferry.


              • vote
                Éric Guéguen Éric Guéguen 23 avril 2015 11:58

                Luc Ferry est pédagogue, mais alors lui c’est vraiment un livre audio. Il en a d’ailleurs produit et ça déteint sur tout ce qu’il dit. Enthoven prend parfois ses références ailleurs et ce n’est pas désagréable. Par exemple dans son émission dominicale (Le Gai Savoir), on a eu droit à des extraits de Star Wars, de Rocky ou d’autres trucs de sa génération (et de la mienne donc). Il ménage des liens entre une culture populaire et les classiques de la philosophie.


              • vote
                DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 24 avril 2015 05:18

                Questions aux philosophes modernes de mes c******s ... savent-ils expliquer les 5 solides de Platon ? ... Rounga ? ... Platon, çà te parle comme philosophe ? ... BHL çà te parle les 5 solides de Platons ... Il parlait de quoi exactement Platon avec ses putain de solides, qui semble t-ils, ne comptent pas dans votre "équation personnelle" ...


                • vote
                  Gollum Gollum 24 avril 2015 09:05

                  @DJL 93VIDEO

                  Je vous ai déjà interpellé plus haut là-dessus. Mais manifestement vous vous en battez les c******s

                  Donc on attend toujours vos lumières.

                  PS : j’ai bien évidemment ma petite idée là-dessus ça va de soi. smiley


                • vote
                  Rounga Rounga 24 avril 2015 09:56

                  D’une, je ne vois pas le rapport avec le sujet de la vidéo, et de deux, je ne vois pas où vous voulez en venir. Je vous invite donc à déballer ce que vous savez sur les 5 solides de Platon, pour que tout le monde en profite.


                • vote
                  simplesanstete 26 avril 2015 09:36

                  Shoppy a traité de l’ennui, l’ennui c’est que l’argent travail le temps, à vos copies ! 


                  • vote
                    jojocanard jojocanard 30 avril 2015 00:11

                    Merci d’avoir partagé cette vidéo. En tant que super fan de Schopenhauer (j’en suis à ma deuxième relecture du monde comme volonté et représentation) ça m’a salement frustré de ne pas pouvoir intervenir quand je les trouvais en faute ou injustes avec mon maître smiley. Mais bon, Clément Rosset connaît tout de même bien le sujet, ça se voit. Et contrairement à moi il a des références larges sur les autres philosophes donc c’est toujours bon à entendre.



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