Loin de cette propagande indécente une vision réaliste de la situation sociale dans la Russie de Poutine :
"Selon Forbes, la Russie compte 27 milliardaires, un nombre qui n’est dépassé qu’aux États-Unis, dont l’économie est cependant trente et une fois plus riche. Ils réalisent près d’un tiers de l’ensemble des revenus personnels dans un pays où un cinquième de la population vit en dessous de la ligne de la misère, c’est-à-dire avec moins de 38 dollars par mois. Comme on le sait, pratiquement toute leur richesse dérive des propriétés qu’ils ont prises à l’État. Ils gardent donc autant que possible leurs fortunes à l’étranger, investissent relativement peu en Russie et ils n’ont apporté aucun avantage à la masse de la population travailleuse, dont les revenus réels stagnent ou régressent, même lorsque l’économie est en période de croissance. Soit dit entre parenthèses, selon un sondage récent 36 % de la population dit vouloir revenir à « avant 1985 » — c’est-à-dire avant Gorbatchev — si c’était possible ; 28 % ont dit détester la vie d’alors tout autant que celle d’aujourd’hui et seulement 27 % préfèrent le présent (52). Selon les termes de l’historien britannique reconnu Anatol Lieven, « leur richesse s’écoule goutte-à-goutte vers le bas, mais pas en Russie, ce qui reflète le caractère extrêmement vil, injuste et, surtout, inutile des oligarques russes » (53)"