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	<title>Agoravox TV</title>
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		<title>Agoravox TV</title>
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		<title>Un cauchemar climatis&#233; : &quot;Le bon sens pr&#232;s de chez vous&quot;</title>
		<link>https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/un-cauchemar-climatise-le-bon-sens-40497</link>
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		<dc:date>2013-08-30T12:25:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Zang</dc:creator>


		<dc:subject>PUBLICITE_sensible</dc:subject>

		<description>Je m'appr&#234;te &#224; m'envoler pour l'Afrique et participer aux obs&#232;ques de ma m&#232;re, qui auront lieu les 4, 5 et 6 avril. Elle sera enterr&#233;e au village de mon p&#232;re et reposera pour l'&#233;ternit&#233; &#224; ses c&#244;t&#233;s, &#224; Nyabib&#233;t&#233;, au sud du Cameroun. Ma m&#232;re avait 80 ans quand elle est morte, respectivement 18 et 20 ans quand ils se sont mari&#233;s. Je suis n&#233; presque aussit&#244;t &#8211; fils a&#238;n&#233;, enfant de l'amour. J'ai &#233;t&#233; ch&#233;ri, couv&#233;, encourag&#233; et promu aux meilleures destin&#233;es. Voil&#224; pourquoi je me suis retrouv&#233; en France &#224; 9 ans. (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;	Je m'appr&#234;te &#224; m'envoler pour l'Afrique et participer aux obs&#232;ques de ma m&#232;re, qui auront lieu les 4, 5 et 6 avril. Elle sera enterr&#233;e au village de mon p&#232;re et reposera pour l'&#233;ternit&#233; &#224; ses c&#244;t&#233;s, &#224; Nyabib&#233;t&#233;, au sud du Cameroun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;	Ma m&#232;re avait 80 ans quand elle est morte, respectivement 18 et 20 ans quand ils se sont mari&#233;s. Je suis n&#233; presque aussit&#244;t &#8211; fils a&#238;n&#233;, enfant de l'amour. J'ai &#233;t&#233; ch&#233;ri, couv&#233;, encourag&#233; et promu aux meilleures destin&#233;es. Voil&#224; pourquoi je me suis retrouv&#233; en France &#224; 9 ans. Voil&#224; aussi pourquoi je n'aurais jamais &#233;t&#233; &#233;crivain s'il avait v&#233;cu, je veux dire s'il ne s'&#233;tait pas donn&#233; la mort pendant que je passais mon Bac &#224; Rouen. Et depuis quarante ans ma m&#232;re est rest&#233;e notre seul support visible. Mais depuis quarante ans je ne l'aurais vue qu'une fois pendant quatre semaines, c'&#233;tait &#224; l'occasion des obs&#232;ques de mon fr&#232;re cadet Richard, en 2004. Huit ans plus tard me voici &#224; nouveau sur le chemin du d&#233;part, &#224; cause ou gr&#226;ce &#224; un enterrement. J'&#233;crirai et dirai l'oraison fun&#232;bre, comme toutes les autres fois (J'ai d&#233;j&#224; perdu deux petits fr&#232;res). Je prierai, pleurerai et chanterai, comme tout le monde. Le c&#339;ur empli de joie et de tristesse. Bien pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Je me sens soulag&#233;. Plus rien ne m'emp&#234;che d&#233;sormais d'&#234;tre pr&#233;sent aux obs&#232;ques de ma m&#232;re. Je voulais absolument y &#234;tre, et je serai enfin l&#224;. Le contraire e&#251;t &#233;t&#233; impensable. Moi le fils a&#238;n&#233;, le descendant de mes anc&#234;tres, l'enfant ch&#233;ri. Et je vais y passer deux mois. Oui, deux mois au Cameroun. Je prends l'avion le 2 avril et ne reviens que le 5 juin. Ce sera ou trop long ou trop court.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Quand j'ai appris la mort de ma m&#232;re je n'avais pas un centime ; je venais de d&#233;penser tout l'argent re&#231;u de mes cours d'&#233;criture th&#233;&#226;trale dans un lyc&#233;e de Nantes. Et c'est ainsi que ce que j'avais toujours redout&#233; se r&#233;alisait. Avec quoi prendre l'avion, contribuer &#224; l'organisation des obs&#232;ques et s&#233;journ&#233; sur-place pendant des semaines ? Moi le fils a&#238;n&#233;. J'ai alert&#233; et sollicit&#233; des amis, des connaissances. Quelques-uns y ont r&#233;pondu, et j'ai bient&#244;t vu appara&#238;tre des virements bancaires et des ch&#232;ques. Pas toujours des petites sommes, mais aussi parfois des sommes plus importantes. Comme une cha&#238;ne de solidarit&#233;. Mon angoisse s'est mise &#224; d&#233;cro&#238;tre et mon soulagement grandir. D'abord assurer mon billet d'avion aller-retour. C'est ce que j'ai fait. Ce sera Air France. Puis mon passeport. Il &#233;tait p&#233;rim&#233;, et comme &#231;a demandait deux mois pour &#234;tre prorog&#233; &#224; l'ambassade du Cameroun &#224; Paris, j'allais devoir me contenter d'un &#171; laisser-passer &#187;. Je l'ai pris comme une cl&#233; de tr&#233;sor.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	J'avais dit que ma contribution financi&#232;re &#224; l'organisation des obs&#232;ques serait de 1000 euros. Je suis le fils a&#238;n&#233;. J'ai promis &#224; mon fr&#232;re R&#233;my rest&#233; en Afrique que j'allais les envoyer le mardi 27 mars par mandat international. Je me suis donc rendu lundi &#224; ma banque, l'agence du Cr&#233;dit agricole Cours des 50 otages &#224; Nantes. J'y suis depuis sept ans. Rien &#224; signaler. Je viens, je fais ce que j'ai &#224; faire avec les machines pr&#233;sentes, puis je m'en retourne. Je d&#233;pose des esp&#232;ces ou un ch&#232;que, je consulte parfois, rarement, et effectue surtout des retraits. J'ai des petits revenus, pas grand-chose, &#224; peine de quoi tenir le coup pour &#233;crire et ne pas penser &#224; la mort. Je d&#233;pose ainsi un ch&#232;que et me d&#233;p&#234;che de l'encaisser un jour ou deux apr&#232;s. Sans le moindre probl&#232;me. C'est que j'en ai besoin pour vivre et vis au jour le jour, &#224; la Jean Genet, fildef&#233;riste des cieux. &lt;em&gt;&quot;La vie c'est sur le fil, le reste c'est de l'attente&quot;&lt;/em&gt;, comme dit Wallenberg.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	J'ai 300 euros en esp&#232;ces sur moi. Je dois envoyer &#224; mon fr&#232;re R&#233;my au Cameroun 1000 euros. J'ai dit, j'ai promis. Je demande donc la diff&#233;rence, c'est-&#224;-dire 700 euros. La femme &#224; l'accueil prend ma carte et regarde mon relev&#233; de comptes, puis me dit ah non ce n'est pas possible vous ne pouvez pas faire de retrait. Et pourquoi donc ? Il y a 2032 euros sur mon compte, largement de quoi couvrir 700 euros. C'est que l'essentiel de votre solde cr&#233;diteur est constitu&#233; de ch&#232;ques ; or il faut un d&#233;lai de douze jours pour effectuer un retrait dessus. Donc pas avant le 30 mars, pr&#233;cise-t-elle. Mais ce n'est pas possible&#8230; Si, c'est possible, c'est le r&#232;glement. J'insiste, je dois voyager, je dois envoyer cet argent pour les obs&#232;ques de ma m&#232;re, je dois y participer, et d'ici l&#224; j'ai des frais comme on en fait toujours avant un voyage, et &#224; l'a&#233;roport comment je ferai, faut payer ci et &#231;a, et comment je ferai puisque apr&#232;s le 30 mars il y a le pont et le lundi f&#233;ri&#233; et moi juste mardi matin je prends l'avion &#224; l'a&#233;roport de Nantes et il sera trop tard. Eu &#233;gard &#224; tout cela ne pourrait-elle faire une exception ? Pas question, c'est le r&#232;glement. J'insiste. Exc&#233;d&#233;e, elle appelle le chef d'agence &#224; la rescousse, monsieur Baril. Il s'am&#232;ne avec un sourire de chat, pas grand, plein de rondeur affable, puis jette un &#339;il sur mon relev&#233; de comptes. D&#233;sol&#233;, comme vous a dit ma coll&#232;gue vous ne pourrez faire un retrait qu'apr&#232;s le 30 mars, c'est le laps de temps n&#233;cessaire pour v&#233;rifier si un ch&#232;que nous revient impay&#233;. Il faut compter douze jours &#224; partir du moment o&#249; vous d&#233;posez un ch&#232;que. C'est le r&#232;glement. Mais l&#224;-dedans il y a des ch&#232;ques d'institutions ou de certains magazines et th&#233;&#226;tres qui pr&#233;sentent tout de m&#234;me des garanties de paiement. Rien n'y fera. Vous savez, il nous est arriv&#233; de recevoir des ch&#232;ques impay&#233;s m&#234;me de chez Bouygues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Et c'est ainsi que j'ai beau voyager, beau contribuer financi&#232;rement &#224; l'organisation des obs&#232;ques, beau y assister, rien n'y fait. C'est le r&#232;glement. Ma m&#232;re est morte, faut que j'y aille, que j'y sois, que je pr&#233;pare mon grand voyage, que j'envoie de l'argent, je suis le fils a&#238;n&#233;. Ma m&#232;re est morte, j'ai besoin de cet argent, c'est mon argent ; il y a plus de 2000 euros sur mon compte, et je n'en demande que 700 pour aujourd'hui, je dois les envoyer demain au Cameroun pour l'enterrement de ma m&#232;re. Est-ce que vous comprenez ? Ma m&#232;re est morte et il faut que j'y aille, que j'y sois. Je suis le fils a&#238;n&#233;, et j'ai besoin de cet argent, de mon argent, pour ma m&#232;re... ma m&#232;re, pour lui dire au revoir. &#199;a ne vous arrive pas d'avoir un d&#233;c&#232;s dans la famille, &#224; plus forte raison la perte d'une m&#232;re ? Ce n'est pas son probl&#232;me, me r&#233;pond-t-il. Tous les clients ont une histoire priv&#233;e et il n'a pas &#224; rentrer dedans. Quant &#224; faire une exception, il n'en est pas question, c'est le r&#232;glement. Mais quel est donc ce r&#232;glement variable o&#249; dans le pass&#233; j'ai souvent pu effectuer des retraits sur des ch&#232;ques d&#233;pos&#233;s la veille ou deux jours plus t&#244;t ? La r&#233;ponse est confuse. Vous n'&#234;tes tout de m&#234;me pas une machine, je lui dis. Alors le ton est mont&#233;. Vous sortez maintenant ou j'appelle la police. Sept ans que je suis dans cette agence ; pas le moindre incident bancaire, pas de d&#233;couvert autoris&#233;, juste une carte de retrait et un ch&#233;quier. En dehors de cela, c'est simple, on ne se parle pas, on ne se voit pas, on se croise, aimablement. Et pour d&#233;boucher soudain sur ce d&#233;ferlement d'incompr&#233;hension et d'intransigeance. Allez, allez... &#231;a suffit maintenant, vous sortez, et de toute fa&#231;on nous allons fermer votre compte. Hallucinant ! Que s'est-il donc pass&#233; ? Je bouillonne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	J'y suis retourn&#233; le mardi 26 mars, accompagn&#233; de deux amis, vieux compagnons de route et de lutte. Nous sommes re&#231;us cette fois-ci par une jeune femme, Madame Bourban - qui d&#233;boule de son bureau toutes manches retrouss&#233;es, pr&#234;te &#224; en d&#233;coudre. Vous n'avez pas compris ce qu'on vous a dit hier ? Hier c'&#233;tait hier, aujourd'hui est un autre jour, et la nuit porte conseil, je lui r&#233;ponds. Et bien s&#251;r, apr&#232;s un dialogue de sourds, les positions ne varieront pas. Tout au plus pourrai-je retirer les 400 euros provenant la veille d'un virement de Br&#234;me par mon traducteur allemand Wolfgang, insuffisant au regard des 1000 euros que je dois envoyer au Cameroun. Une bonne chose cependant : munis d'une cam&#233;ra discr&#232;te nous avons pu filmer la sc&#232;ne. Un enregistrement pr&#233;cieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Puis le mercredi 27 mars je re&#231;ois un coup de fil du Cr&#233;dit agricole. En substance : Monsieur Zang, une d&#233;cision a &#233;t&#233; prise par la direction g&#233;n&#233;rale, vous passez &#224; votre agence d&#232;s demain matin jeudi, vous retirez vos avoirs et on cl&#244;ture votre compte. Je tente de souligner le pr&#233;judice que je vais devoir subir : des versements r&#233;guliers en d&#233;but de mois, des pr&#233;l&#232;vements automatiques, etc. Il me reste trois jours, gu&#232;re de temps pour ouvrir un nouveau compte bancaire, pr&#233;venir tout ce monde et leur adresser un nouveau RIB ; et mon loyer, et mes factures, etc. Et je dois passer deux mois au Cameroun, loin de toute possibilit&#233; d'entamer certaines d&#233;marches utiles et effectuer des op&#233;rations bancaires. Cette fermeture de compte ne pourrait-elle attendre mon retour ? Non, c'est une d&#233;cision qui &#233;mane de la direction, et elle est sans appel. Effectivement, je v&#233;rifie, je ne peux plus consulter mon compte sur internet. Ferm&#233;, d&#233;j&#224;. Je ne peux m&#234;me plus retirer de l'argent d'un distributeur, en France ou en Afrique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le cauchemar climatis&#233;. C'est le titre d'un ouvrage de Henry Miller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Jeudi apr&#232;s-midi nous nous rendons donc au Cr&#233;dit agricole pour la troisi&#232;me fois en trois jours. Deux journalistes nous accompagnent. Je remarque la pr&#233;sence d'agents de s&#233;curit&#233;, chamarr&#233;s dans leurs uniformes craquants neufs. Bien la premi&#232;re fois qu'ils se signalent dans ces lieux. Nous les ignorons. Monsieur Baril, le chef d'agence, est &#224; son poste. J'entame les d&#233;bats le plus suavement possible. Je suis venu r&#233;clamer le corps de mes avoirs. Sans un mot, Madame Bourban, la jeune femme de la veille, me tend une enveloppe. Je l'ouvre et compte pos&#233;ment les billets de cinquante euros. Elle me tend ensuite un papier o&#249; j'appose ma signature. Puis, sous le regard silencieux de Monsieur Baril, la jeune femme m'annonce ensuite que mon compte est ferm&#233; d&#233;finitivement. Je lui fais remarquer que cette d&#233;cision va &#224; l'encontre de toute la r&#233;glementation en vigueur et des conventions bancaires en cours, qui stipulent que le compte d'un client ne peut &#234;tre ferm&#233; qu'apr&#232;s lui avoir adress&#233; une lettre recommand&#233;e avec accus&#233; de r&#233;ception et lui avoir laiss&#233; un d&#233;lai minimum de trente &#224; quarante-cinq jours pour trouver une autre banque. Vous allez effectivement recevoir ce courrier, me r&#233;pond-t-elle d'une petite voix. Elle semble avoir perdu sa morgue et son assurance de la veille. Alors vous ne pouvez pas dire une chose et son contraire, puisque mon compte est d&#233;j&#224; ferm&#233;. Vous n'avez cess&#233; de brandir le r&#232;glement pour m'interdire tout retrait, continuez &#224; en &#234;tre soucieux pour respecter l'ordre des choses et le processus de cl&#244;ture des comptes. Elle ne sait quoi r&#233;pondre, bafouille, s'emm&#234;le ; Monsieur Baril vole aussit&#244;t &#224; son secours sans r&#233;el enthousiasme. Est-ce la pr&#233;sence des journalistes ? Il tente de se justifier, de s'expliquer, se contredit, ment &#233;hont&#233;ment. Mais nous avons un enregistrement des propos tenus la veille. Les journalistes lui posent quelques questions ; il s'enferre et finit par confesser qu'il ne peut plus rien faire, aimerait bien mais ne peut rouvrir mon compte, que ce n'est plus de son ressort, que &#231;a vient de la direction. De toute &#233;vidence il a l'air d&#233;pass&#233; par l'ampleur que semble prendre cette histoire qu'il n'avait pas pr&#233;vue. Il a sans doute voulu botter des pauvres fesses pour montrer &#224; ses employ&#233;s qu'il tenait fermement la baraque et qu'ils pouvaient compter sur lui ; il s'est simplement tromp&#233; de cible. Il commence &#224; s'en mordre les doigts. A la fin, il me tend la main en signe d'apaisement. Je finis par la prendre, mais la rage m'&#233;touffe, mon sang bouillonne. Je suffoque en pensant &#224; ma m&#232;re, &#224; ses obs&#232;ques, dont veut me priver une seconde fois cet homme qui s'est pris un instant pour Dieu le P&#232;re. Il a dit qu'il n'en avait rien &#224; foutre de la mort de ma m&#232;re et de ses obs&#232;ques. Je ne peux le laisser passer. &lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Cette histoire b&#234;te est sans doute une mani&#232;re de saluer mon d&#233;part pour l'Afrique, vers ma m&#232;re, qui sera enterr&#233;e au village natal de mon p&#232;re, &#224; ses c&#244;t&#233;s. Je serai pr&#233;sent, mais dans quel &#233;tat. J'ai le cerveau gel&#233; ; je me sens confus, choqu&#233;, profond&#233;ment humili&#233;. Et surtout &#224; l'aube de toutes sortes de complications inutiles. Je n'imaginais pas vivre cela apr&#232;s toutes ces ann&#233;es. Tout est-il donc permis dans ce syst&#232;me ultra-lib&#233;ral, o&#249; les banques peuvent ainsi s'asseoir sur la loi et sur leurs propres conventions ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Je me sens d&#233;chir&#233;. Tiraill&#233;. Les heures me sont compt&#233;es, et tant de choses &#224; faire. Mais d'abord l'urgence, l'urgence des urgences, le plus important : m'occuper de ma m&#232;re et de mes devoirs de fils a&#238;n&#233;, ch&#233;ri. L'Afrique m'attend. &lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Marcel Zang&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;443&quot; src=&quot;//www.youtube.com/embed/Pzye8k1Qhcs&quot; width=&quot;590&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le Programme</title>
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		<dc:subject>Livres - Litt&#233;rature</dc:subject>
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		<description>&#171; Le Programme &#187; Marcel Zang Extrait de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &quot;Le Programme&quot; Peinture d'une d&#233;mocratie totalitaire &quot;Le tout est toujours le contraire du vrai&quot; (T.W. Adorno) Texte et interpr&#233;tation Marcel Zang musique Claude Turner Marcel Zang est n&#233; en 1954 au Cameroun. Dramaturge, po&#232;te et nouvelliste, nombre de ses textes sont parus dans des journaux, magazines, revues. Sa pi&#232;ce &#171; La Danse du Pharaon &#187; parue en 2004 aux &#233;ditions Actes Sud-Papiers a &#233;t&#233; (...)

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&lt;a href="https://www.agoravox.tv/Culture-264" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;	&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; width=&quot;620&quot; height=&quot;349&quot; src=&quot;//www.dailymotion.com/embed/video/x8vp2g&quot; allowfullscreen=&quot;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;hp&gt; &#171; Le Programme &#187;&lt;br /&gt; Marcel Zang&lt;br /&gt; Extrait de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &quot;Le Programme&quot;&lt;br /&gt; Peinture d'une d&#233;mocratie totalitaire&lt;br /&gt; &quot;Le tout est toujours le contraire du vrai&quot; (T.W. Adorno)&lt;br /&gt; Texte et interpr&#233;tation Marcel Zang&lt;br /&gt; musique Claude Turner&lt;/hp&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;em&gt;Marcel Zang est n&#233; en 1954 au Cameroun. Dramaturge, po&#232;te et nouvelliste, nombre de ses textes sont parus dans des journaux, magazines, revues. Sa pi&#232;ce &#171; La Danse du Pharaon &#187; parue en 2004 aux &#233;ditions Actes Sud-Papiers a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e &#224; la Com&#233;die-Fran&#231;aise (au Th&#233;&#226;tre du Vieux-Colombier) en juillet 2005. La m&#234;me ann&#233;e il est le Laur&#233;at du prix SACD de la dramaturgie francophone pour sa pi&#232;ce &quot;l'Exil&#233;'&quot; (Ed. Actes Sud-papiers, 2002). Il re&#231;oit le Prix SACD 2010 &quot;Nouveau Talent Th&#233;&#226;tre&quot;. Dernier ouvrage publi&#233;, &quot;Pure vierge&quot; (Ed. Actes sud-papiers, 2007). A para&#238;tre chez Actes Sud-papiers, &quot;Le Programme&quot;, mise en espace le 13 octobre 2010 &#224; la salle Vasse &#224; Nantes, sous la direction de Michel Valmer). Actualit&#233; r&#233;cente : lecture de &quot;Bouge de l&#224;&quot; (Ed. Actes Sud-papiers, 2002) le 8 f&#233;vrier 2011 au Th&#233;&#226;tre du Rond-point &#224; Paris, sous la direction de Jacques Descorde, avec la Compagnie des Docks. Une lecture de la pi&#232;ce &quot;Le Programme&quot; sous la direction de Christophe Rouxel (Th&#233;&#226;tre Icare/ Saint-Nazaire) a eu lieu au &quot;Grenier &#224; sel&quot; &#224; Avignon (Off) le 18 juillet 2011.&lt;br /&gt; Marcel Zang vit et travaille &#224; Nantes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;hp class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt; Extrait : Le Programme (Drame en trois actes)&lt;/strong&gt;&lt;/hp&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Prologue :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;em&gt;Le peuple ne veut pas d'un langage de la nostalgie, d'un langage de l'inachev&#233;, d'un langage de l'incertitude et de l'ind&#233;termination, qui nuit au peuple et &#224; l'affirmation de sa volont&#233;. Voil&#224; pourquoi le Programme a &#233;t&#233; con&#231;u pour combattre la nuit et les t&#233;n&#232;bres du mensonge. Le peuple veut la r&#233;alit&#233; et n'a que faire des transports de l'ivresse, des illusions et des fantasmes. Aussi le Programme se doit de montrer la seule et vraie r&#233;alit&#233; qui soit, celle qui est l&#224;, qui existe, car dans la nation-Programme tout est l&#224;, pr&#233;sent. Dans la nation-Programme il n'y a pas de vide, d'inconnu, il n'y a que l'espace occup&#233; par le peuple qui en conna&#238;t chaque parcelle jusqu'au moindre bout de plastique et chaque citoyen jusqu'&#224; la racine du nombril. Le peuple veut du visible, du concret ; le peuple veut du bien-&#234;tre et du manger ; le peuple veut l'ordre et la s&#233;curit&#233; ; le peuple veut des preuves, pas des traces ; le peuple veut du sperme, pas la fum&#233;e et le sexe ; le peuple veut des enfants, pas des anc&#234;tres et des croulants ; le peuple veut la sant&#233;, pas des handicap&#233;s, des malades et des fous ; le peuple veut le bonheur et le pr&#233;sent ici et maintenant ; le peuple veut l'immortalit&#233; ; le peuple veut le temps et l'espace &#224; plein temps, tout l'espace, tout le temps, un temps et un espace o&#249; l'incompr&#233;hensible, l'insaisissable, le flou, l'art, la po&#233;sie et la magie n'ont rien &#224; y faire. Le peuple veut du carr&#233;, pas des ronds et des diagonales. ; le peuple veut la stabilit&#233;, pas le rythme ; le peuple veut l'unit&#233;, pas le multiple ; le peuple veut du plein, du marbre, pas le nombre ; le peuple veut la puret&#233;, pas la couleur et le vice ; le peuple veut des r&#233;ponses, pas des interrogations ; le peuple veut l'instruction et le progr&#232;s, pas l'obscurantisme ; le peuple veut la ma&#238;trise et la raison, pas l'angoisse ; le peuple veut du soleil, mais pas l'ombre et ses trous ; le peuple veut la clart&#233;, la transparence ; et le Programme est l&#224; pour &#231;a, pour offrir au peuple la clart&#233; et la transparence&#8230; la lumi&#232;re&#8230; le bonheur&#8230; le miroir&#8230; la lumi&#232;re vingt-quatre heures sur vingt-quatre&#8230; le miroir &#224; flots&#8230; des rayons en abondance&#8230; le bonheur&#8230; Mais pas l'obscur et l'obscurit&#233;. Mais pas la faim et le d&#233;sir. Mais pas l'attachement et la servitude. Mais pas l'&#233;trange et l'&#233;tranger. Mais pas l'artifice, pas le mensonge. Le peuple veut une nation du jour, o&#249; seuls la forme est reine et les corps sont rois. Apprenez que vous &#234;tes arriv&#233;s au commencement du lieu pr&#233;sent et qu'il vous faut y rester ou dispara&#238;tre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;em&gt;Vous vous dites c'est des imb&#233;ciles, vous vous dites que le Programme est un imb&#233;cile, vous vous dites que le peuple est un imb&#233;cile. Mais nous sommes en r&#233;publique, en r&#233;publique du Programme, c'est ce que vous semblez ignorer. Et le Programme se doit au peuple et &#224; son bonheur. Le Programme est garant de la s&#233;curit&#233; de chaque citoyen, et chaque citoyen est garant du Programme, comme chaque suffrage exprim&#233; est garant de sa l&#233;gitimit&#233;. Nous sommes le Programme, vous &#234;tes le Programme. Vous faites le Programme, vous portez le Programme, vous enfantez le Programme, vous &#233;levez le Programme, vous nourrissez le Programme, vous prot&#233;gez le Programme, vous vous &#233;clatez au Programme et le Programme s'&#233;clate avec vous. Vous l'avez dit : c'est vous le Programme. Je suis le Programme, tu es le Programme, il est le Programme, nous sommes le Programme. Le Programme c'est vous. Vous avez vot&#233; le Programme, vous avez &#233;lu le Programme, vous avez port&#233; le Programme &#224; la charge supr&#234;me, vous avez donn&#233; les pleins pouvoirs au Programme, la parole est maintenant au Programme, c'est &#224; dire au peuple, autrement dit &#224; vous ; une parole qui va droit au c&#339;ur du Programme et retourne au peuple, autrement dit &#224; vous. Et pour vous, le Programme ne cherche pas midi &#224; quatorze heures. Vous voulez du travail, et le Programme vous offre du travail. Vous voulez le progr&#232;s, vous voulez l'ordre et la s&#233;curit&#233;, et le Programme vous fournit le progr&#232;s, le Programme vous fournit l'ordre et la s&#233;curit&#233;. Vous ne voulez plus avoir peur, vous ne voulez plus de la peur, et le Programme a &#233;radiqu&#233; la peur. Et c'est ainsi que vous pouvez dormir en paix, vous reposer en paix, vous laver en paix, vous purifier en paix, vous nourrir en paix, travailler en paix, circuler en paix, pisser en paix, procr&#233;er en paix et mourir en paix. Le Programme veille sur vous en paix, et vous veillez sur le Programme en paix. Vous &#234;tes en paix, en s&#233;curit&#233;, car vous faites confiance au Programme, parce que le Programme c'est vous. Vous &#234;tes le Programme, ne l'oubliez pas. Vous &#234;tes le Programme. Le Programme est l'expression de la volont&#233; de la majorit&#233; des citoyens, de tous les citoyens. Le programme c'est vous.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Marcel Zang&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.agoravox.tv/IMG/jpg/Totalitarisme_Le_Programme.jpg" class="spip_out"&gt;http://www.agoravox.tv/IMG/jpg/Totalitarisme_Le_Programme.jpg&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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