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FRIDA (---.---.90.14) 12 février 2013 22:10
Frida

@Andalou


A)

le paragraphe allant de « 1°) Le nationalisme et le socialisme sont..... au « Ensuite, la Révolution Française inaugure la modernité dans le domaine politique » je connais,

mais en quoi cela démontre que le nationalisme n’existait pas dans le monde arabo-musulman ????? il y a bien sûr des termes qui sont modernes et ont une définition bien spécifique, bien précise, suite en rapport à l’histoire ou à leur étymologie ou l’origine idéologique.

le mot Oumma a le sens de nation si on le traduit littéralement. Oumma vient de mot Oum qui veut dire mère, donc une racine ou une matrice commune. Cette matrice peut se référer à la patrie (un territoire) ou à un territoire et l’appartenance commune à un ancêtre comme cela peut référer à l’appartenance à un corps social qui a une structure et une identité forte qui peut être soit la religion soit autre chose.

Pour les musulmans au début des conquêtes, les intellectuels et les hommes politiques ont fait appel à la religion comme ciment du corps social. Donc les gens se reconnaissent dans une appartenance, la religion, sur un territoire et un mode de gouvernement, et par conséquent il y avait bien un Etat islamique.

Ce n’est pas parce que les Européens ont dominé le monde et ont imposé leur schéma mental et leur structures idéologiques que les autres peuples n’ont pas abordé les mêmes aspects politiques et les mêmes problématiques. Vous serez étonné de découvrir la pensée politique arabe, depuis la naissance de l’islam. La terminologie n’est pas la même, ce sont des termes arabes bien sûr. Mais certaines comparaisons sont tout à fait possible, démocratie, nation, peuple etc.


Votre phrase « L’affirmation des structures étatiques se fait sous les règnes de rois européens à la fin du Moyen Age, notamment sous Philippe... » vous semblez en déduire qu’ailleurs il n’y a pas eu de structures étatiques, qu’elle n’existât nulle part qu’en Europe et c’est grâce aux Européens que les autres les ont découvertes.

Grave erreurs, vous faites de l’ethno-centrisme, ou vos lacunes sont tellement énormes que ce que vous ne connaissez pas vous le prenez pour inexistant.

Le premier Etat arabe date des Ommeyades (une dynastie arabe) 630, ce que vous dites du Roi Philippe, vous l’avez aussi chez les Arabes depuis 630, quand ils se sont inspirés des modes d’organisations des perses et des autres nations pour organiser les territoires conquis. On était en présence de structures étatiques, un vrai Etat. Ce qui est discutable, c’est la dimension tyranique ou despotique du gouvernement d’un ou d’une famille, (et cela ne fut pas toujours le cas). Entre la monarchie même absolue (fondée sur des lois fondamentales) et l’arbitraire, le despotisme il y a une différence non de degré mais de nature. Mais le despotisme nuit à la pratique de la gouvernance et touche éventuellement les structures de l’Etat mais ne peut remettre en cause la cohésion sociale. Il y a beaucoup de paramètres qui entrent en compte dans l’analyse d’un système politique ou une société. Verser dans la simplification à outrance mène tout simplement à faire de l’anachronisme et à des erreurs très graves.


Vous me citez l’Espagne classique comme exemple d’affirmation d’une nation. Et pour cause, une nation qui devait s’affirmer en réaction à l’islam et une confirmation à reconquête, devient très catholique et cherchant à éliminer de sa mémoire la mémoire musulmane et juive, une élimination même physique par l’expulsion. Mais pourquoi n’avez vous pas franchi l’autre rive de Gibraltar pour lire l’histoire d’une autre nation, celle du Maroc. Ou pensez-vous à l’instar de ceux qui ont légitimé le colonialisme que ce fut un no man’s land, des hordes de sauvages sans gouvernement, sans Etat. Il y a eu des moments de trouble social et politique voire de déliquescence de l’Etat, ce qui a entraîné la perte de territoires ou carrément la colonisation. Le monde arab-musulman est moins racialiste que le monde Européen, tout simplement parce qu’en principe la religion prime sur la race.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc

le Maroc est un exemple, mais en Asie vous trouverez aussi d’autres exemples de nations et de structures d’Etat, pas comparable à tous points à l’Etat moderne dans notre conception occidentale, mais cela ne lui enlève pas sa spécificité qui permet à un corps sociale de se gouverner par des structures politiques sur un territoire bien déterminer et que le groupe sociale soit conscient de son existence et son identité.



B)

« Je vais citer Gérard Khoury (historien spécialiste du Liban) qui, dans le livre "Un siècle pour rien", à la page 18, dit : "Pour les Ottomans, l’Occident offre le modèle qui va permettre à l’Empire de se régénérer et, pour les Arabes, de chercher leur autonomie sous forme d’une décentralisation", plus loin, à la page 57, il dit : "L’idée d’une révolte arabe est une idée qui, avant 1914, émanait autant des Français - ceux du ministère de la Guerre - que des Anglais". »


«  se régénérer » ne veut pas dire « voir le jour pour la première fois ». Vous déformez vos lectures. Les Ottomans cherchaient à contrer le déclin de leur Etat, si grand, si impérial. Les structures étatiques étaient sclérosées, les sociétés souffraient de graves problèmes d’injustice, d’arbitraire, une vraie faillite des fondements de l’Etat, et sans entrer dans trop de détails. Les responsables et certains intellectuels ont cherché à s’inspirer du renouveau européen pour corriger ce qui n’allait pas. Mais les Arabes au lieu de demander des réformes sociales et politiques tout en restant dans l’Empire, ils ont préféré faire sécession, bien sûr encourager par de fausses promesses (Sykes-Picot) d’où l’animosité des Turcs qui rendent les Arabes responsables de la perte de la Palestine, et d’avoir participer au démantèlement de l’empire ottoman. C’est un contentieux toujours vivace chez certains nationalistes turcs.



C)

« Aussi bien dans les discours de Sultan el Atrach (révolte syrienne) que dans ceux de Messali Hadj, on retrouve cette même envie d’unifier la nation arabe (Benjamin Stora "Messali Hadj", p.96).  »


Faites attention, vous interprétez. Vous partez d’un cas particulier et vous le généraliser sans argument et sans démonstration. Messali Hadj peut penser ce qu’il veut et écrire ce qu’il veut. Cela reste son point de vue et sa vision.

Pour parler concrètement, il faut qu’il y ait un courant politique ou idéologique qui fédère des masses importantes.

Les événements qui se déroulent devant nos yeux dans le monde arabe et que l’on qualifie à tort de « Printemps arabe » donne l’illustration que bien que les frères musulmans soient une force politique structurée, bien qu’ils soient aidés financièrement et logistiquement, ils n’arrivent pas à fédérer des masses. Les islamistes surfent sur le mécontentement, sur la colère, sur le désarroi des gens, l’extrême pauvreté, et ils ne pourront durer dans le pouvoir sans la violence et la répression. Vous n’allez quand même pas me dire que T Ramadan représente les suisses musulmans, et encore moins les autres suisses, il ne représente pas d’avantage les Français qu’ils soient de confession musulmane ou non, il parle en son nom même si les médias le font passer pour un représentant des musulmans. Du même l’OUIF, c’est une association qui ne représente que ses adhérents. Ne tombez pas dans les travers des médias qui biaisent la réalité sociale et politique.




D)

« Le type de nationalisme qui se développe à ce moment là est un nationalisme qui a la volonté d’unir les différents peuples arabes pour lutter contre le nationalisme => panarabisme  »


Vous voulez dire « lutter contre le colonialisme ». parce que le nationalisme pour lutter contre le nationalisme n’a pas de sens.

Le panarabisme est un aspect du nationalisme arabe, il n’est pas le seul. Avez-vous idée de la différence entre quelqu’un du Machrek et quelqu’un du Maghreb. Avant l’ère de la tv et des satellites, les gens peuvent ne pas se comprendre s’ils ne parlent et maîtrise la langue arabe classique. Les dialectes sont sous forme d’un nuancier, plus vous éloigner vers l’est ou l’ouest est plus la langue change de forme, au point de devenir quasi incompréhensible pour certains. Il ne faut pas oublié que l’analphabétisme et le faible taux d’instruction ne permet pas d’acquérir le savoir élémentaire qui peut rapprocher les peuples arabes. N’oublions pas qu’il y a des ethnies qui ne parlent presque pas l’arabe, comme les berbères. Un Pakistani a plus d’affinité avec un Indien hindou qu’il ne l’a avec un Marocain ou un Algérien. Excepté la religion, ni la cuisine, les habits, la musique etc diffèrent. L’un parle urdu et les autres le dialecte arabe maghrébin, l’urdu n’est en fait rien d’autre que le hindustani, la langue hindi qui emprunte quelques mots à l’arabe, perse, turc, (histoire des Mogols) pour le besoin de la religion, mais structurellement il n’y a pas de différence entre l’urdu et le hindi. Si un Pakistani n’apprend pas l’arabe, il ne pourra pas communiquer avec un Arabe.

Il faut abandonner les abstractions des idéologues, elles sont très néfastes et mènent à des massacres comme ce fut le cas lors du la partition de l’Inde. Je vous invite à lire cette page de l’histoire de l’humanité pour réaliser ce que c’est une construction artificielle d’un Etat et d’un peuple, pour des raisons politiques.

Mais si le panarabisme a été célèbre c’est uniquement grâce à des figures historiques. Ce fut une abstraction, loin du quotidien et de la réalité voire les aspirations des nations.


Je peux continuer sur les autres points, mais pas ce soir.

Si vous voulez que je réponde à la suite de vos commentaires faites le moi savoir.




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