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Walid Haïdar 28 juin 2012 15:53

Nilasse, avant d’adouber le POI vous sembliez très fervent supporter du FdG. Attention à ne pas, en fouillant plus avant ce qu’est précisément ce POI, être trop déçu.


Sur votre déception (qui s’exprime par une grande amertume on dirait), de ce que j’ai pu lire, elle semble liée grosso-modo à deux choses :
1/ Mélenchon et le FdG ont appelé à voter Hollande, qui plus est sans rien demander en échange.
Mais, Nilasse, nous vous avions prévenu depuis longtemps, et expliqué pourquoi. Bien entendu, les militants et sympathisants du FN et d’autres encore, savaient que Mélenchon appellerait à voter Hollande, mais selon eux, c’était pour le plaisir de faire voiture balai. Allez comprendre ce qu’il y a de rationnel dans cette "théorie" (je l’appelle théorie car elle émane en partie d’un grand théoricien appelé Docteur Soral, car il porte des lunettes). Plus logique, mais un tout petit peu plus subtile, est l’explication politique de cet acte. Inutile que je l’expose de nouveau ici, cela a déjà été fait maintes fois, et on veut écouter ou on ne veut pas écouter.
Mais la question est, pourquoi n’avez vous pas cherché à comprendre avant, pourquoi le FdG appellerait à voter Hollande, alors que nous étions quelque uns ici à l’expliquer : il n’y avait pas que la grande théorie UMPS+voitug-?balai enfoncée au marteau piqueur dans les crânes.

2/ La "défaite".
C’est assez surprenant d’appeler défaite un résultat de plus de 11% dans une élection où le candidat précédent faisait moins de 3%, puis aux législatives, où une force fait 600 000 voix de plus qu’aux précédentes. Alors certes, le PS a décidé d’atomiser tous ceux qui ne se couchaient pas, et il a fait du dégât, mais donc, vous vous en prenez au faible dans cette histoire ou j’ai mal compris ? Sur Hénin-Beaumont encore, 15% à la présidentielle, plus de 20 à la législative, et 6% de progression par rapport à la législative précédente. en quoi est-ce une défaite ?
Sur tout ce plan, nous prévenions encore une fois que les sondages ne sont que des sondages. Revoyez la séquence : Mélenchon était à 11% dans les sondages. Mais un jour, BVA a décidé qu’il était à 14, puis on s’est enflammé et on l’a monté à 17, et puis on est redescendu sur 14, et même 13, puis 12 dans certains sondages. Mais, quand on avait dpassé la barre des 10, tout le monde était très content. A Hénin Beaumont, quand il a annoncé y aller, tout le monde pensait qu’il allait se faire écrabouiller, puis un sondage, et hop, tout le monde raconte les bêtises inverses...
Pensiez-vous sérieusement que Mélenchon allait remporter la présidentielle, et donc que tout autre résultat était, en dernière analyse, une défaite politique ? Pensiez-vous que Mélenchon allait battre Le Pen ? Cela, à la rigueur, passe encore, mais s’il l’avait fait, alors s’aurait été immense comme performance. Ne pas réaliser une immense performance n’est pas subir une cuisante défaite. qu’on se soit laissé grisé par des sondages et un réel engouement populaire, qu’on ait confondu tout cela avec le suffrage universel des français, ne doit pas, enfin je crois, nous conduire à nier l’engouement populaire et la victoire politique que constitue l’acquisition d’une autonomie à gauche. Après tout, Syriza faisait 4,5% en 2009 et misait sur son autonomie, trois plus tard, elle fait plus de 25%, et devient la deuxième force politique. Syriza était donnée gagnante dans les sondages : doit-elle avoir honte d’être deuxième ? Doit-on nous, à gauche, fustiger une force qui fait ces scores parce qu’elle a choisit d’être autonome ?

Bref, je ne comprend pas bien votre ressenti. Tout commence pour le Front de Gauche, et en particulier le parti de Gauche. Personnellement, je n’adhère à aucun parti et je ne considère pas que le PG corresponde à l’idée que je me fait d’une société intelligente. Mais je reconnais dans le Front de Gauche un bon appui politique pour aujourd’hui et surtout pour demain, pour faire avancer les choses dans le bon sens : ni plus, ni moins. Le reste, c’est du ressort de mon action concrète de citoyen engagé : je n’attend de miracles de personne, de révolution d’aucun parti. Mais je trouve tout aussi irrationnel de se priver d’appuis politiques dans la lutte, du moment que ces partis sont enclins à transmettre et faire vivre à leur niveau un certain nombre de revendications que je partage.

Si demain le PS souhaite mettre en place une légalisation du cannabis sérieusement ficelée (ce qui n’arrivera probablement pas), je soutiendrai ce projet. Ca ne m’empêchera pas de penser et de dire, que le projet d’interdiction de la prostitution est une ânerie profonde, ni bien entendu d’être en désaccord radical avec le PS sur à peu près tout. Et enfin, à tout cela j’ajoute que la signification et les perspectives politiques de l’alternance ne sont pas les mêmes que celle de la reconduction au pouvoir de l’UMP. La prochaine étape, dans cette relativement heureuse configuration actuelle (sans compter la croyance au père Noël) est :
- L’explosion de l’UMP et la reconfiguration de la droite en un bloc libéral et un bloc dit populaire
- Une grave crise au PS qui résultera de sa confrontation directe et violente avec les luttes sociales à venir (ô dans tellement peu de temps...), dans la vie réelle, celle où les gens qui voient leur vie détruite par des politiques "de gauche" qu’ils ont consenties, se fâchent, très fort. Sauf que juste à gauche encore, y a un appui cette fois.

Et en cas de reconduction de la droite, qu’aurait-on eu ? La victoire du Ps en 2017, en pleine forme, comme aujourd’hui : bref, on aurait perdu 5 ans.

S’enflammer ne mène à rien d’autre que la combustion si j’ose cette platitude, mais bon c’est la vérité. Il faut savoir où on va, et comment on y va, sans se faire trop de lubies.



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