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maQiavel maQiavel 26 janvier 12:00

@guepe

C’est une bonne question. Non ce que j’ai écrit plus haut n’est pas en contradiction avec les valeurs que je prône ici (qui sont en réalité très machiavélienne) ou même avec les processus démocratiques.

Supposons un pays réellement démocratique (je suis plutôt en faveur d’un régime mixte mais je prends cet extrême pour mieux me faire comprendre). Supposons maintenant que des puissances étrangères l’envahissent, de telle sorte que la seule façon pour lui de survivre soit de mobiliser contre les envahisseurs toutes ses ressources (militaires, humaines, sociales, économiques etc). La particularité des décisions prises dans les régimes démocratiques, c’est qu’elles sont très lentes : il faut s’assembler, organiser la contradiction entre les différentes opinions, délibérer, voter etc. Le temps de commencer la procédure que le pays sera déjà conquis smiley . On est là dans une situation où prendre des décisions stratégiques à plusieurs millions est inefficace. Cela signifie-t-il donc que la démocratie n’est pas capable de répondre à un péril qui menace la survie de la nation ? Non, elle peut l’être mais à condition que l’on introduise dans les institutions de ce régime le paradigme de l’exception : il s’agit de suspendre momentanément le cadre ordinaire de fonctionnement du régime pour lui substituer un pouvoir suffisamment fort pour prendre des décisions rapidement et suffisamment centralisé pour mobiliser les ressources afin de répondre à une menace exceptionnelle et imminente. C’est ce que les romains appelaient « dictature » et que les sociétés modernes ont appelés « l’Etat d’urgence », « l’Etat de guerre », « l’Etat de siège » etc. Ça ne se décrèterait pas n’importe comment, il y’aurait des gardes fous comme par exemple une limitation dans le temps de cet état d’exception et des conditions à remplir comme par exemple ne disposer d’aucun autre moyen institutionnel pour répondre à la menace. Donc non, pas de contradiction, c’est beaucoup plus complexe et nuancé que ça, là je fais une synthèse simpliste mais le principe est là : un régime , même s’il s’agit d’une démocratie très radicale , doit prévoir dans ses institutions les conditions de suspension de son exercice pour un temps déterminé pour faire face à un danger qui menace la survie du pays.

C’est bien évidemment de cette perspective là que je dis que les dirigeants vénézuéliens auraient dû exterminer la faction qui a organisé le coup d’Etat de 2002, c’était un acte de guerre appuyé par l’étranger, il n’aurait donc pas s’agit d’exécution arbitraire mais de la réponse légale à un acte de guerre.




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