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Baston Labaffe Baston Labaffe 1er mars 20:28

@maQiavel
Est-ce que tout le monde se rend bien compte du fait que l’humour puisse être utilisé comme un outil de dénigrement social ? Et pas seulement à l’encontre d’un individu mais d’une catégorie de personnes ?
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Je m’en rends très bien compte, et cet humour est pratiqué dès la maternelle, les enfants peuvent être si méchants entre eux (ouin ouin c’est trop injuste, Caliméro) sans forcément s’en rendre compte d’ailleurs.
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Première question : est-ce que cette configuration ne relèverait pas d’un mépris social ?


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Oui et il est très pratiqué en privé dans ce monde là, à tel point qu’il déborde jusque dans les "bons mots" présidentiels, "cass’ toi pov’con" de l’érudit Sarkozy au "Sans dent" du très hilarant Hollande jusqu’aux "Illettrés qui ne sont que des feignasses et de ces rien qu’on croise dans les gares" du philosophe Macron.
Et alors, c’est pas nouveau, c’est la nature humaine comme on dit, quand on ne souffre pas dans sa chair on peut se prendre de haut et se moquer de tous les maux dont souffrent autrui, c’est notre époque décomplexée et surtout ça tient à la société du spectacle ou seule la com compte aujourd’hui, pas la volonté politique puisqu’il n’y en a plus, nos politiques étant eux mêmes des guignols entre des mains argentées, ils peuvent donc se moquer des gueux ouvertement, la belle affaire...
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Il faut donc bien distinguer ce qui relève de la société du spectacle et de la vie des gens au quotidien qui financent cette société du spectacle qui se fout de leur gueule depuis 40 ans. A un moment, ça peut en énerver certains et les GJ en sont l’émanation et le symptôme. Il y a un adage qui dit, plus la plaisanterie est courte plus elle est meilleure, après 40 ans, on aimerait bien changer de comiques au sommet de l’état si tant est qu’il reste un état...
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Deuxième question : est ce qu’il est compréhensible que des gens s’offusquent de cette situation ?

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Oui. Quand on met un affamé devant la devanture d’une boucherie, à un moment il aura envie de casser la vitrine et de bouffer le jambon qui le nargue depuis 40 ans sans jamais pouvoir le toucher ou ne serait ce que le sentir, d’autant plus que ceux qui peuvent l’acheter et s’empiffrer avec se fournissent dans ses poches, entre autres, là encore ça peut en énerver quelques uns... Nature humaine encore une fois... Comme ça peut énerver certains qu’on se foute de la gueule des pyjamas rayés dans des camps polonais il y a longtemps, sauf que les GJ n’ont pas d’association pour faire interdire le fils de Guy Bedos de spectacle ni les moyens de le traîner en justice pour l’atteindre au porte monnaie, seul organe vital de cette caste d’en haut, il semblerait...
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Troisième question : est ce que cette offuscation relèverait du politiquement correct ? Questions annexes : qu’est ce que le politiquement correct ? Est-il mauvais ?

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Oui et non, là il est question de réelles questions sociales et de déséquilibre trop flagrant entre ceux qui se gavent et ceux qui rament pour financer les gavages d’une infime minorité. La vulgarité comme disait Bigard ou Coluche, ce n’est pas de dire que quelqu’un c’est une merde ou un fumier, la vraie vulgarité c’est que dans un pays aussi riche que la France des gens ne peuvent vivre décemment en travaillant pendant que d’autres (finance spéculative) suce l’économie réelle, le politiquement correct serait de dire que ces salauds de pauvres en plus d’être fascistes ne veulent pas crever en silence, de surcroît... Pour ne pas troubler les repas mondains des idéologues de pacotilles qui gravitent autour du nouveau Versailles qu’est la petite cour de fils de putes qui squattent l’Elysée et l’espace médiatique depuis des décennies (revoir Ridicule, le film de Patrice Leconte, c’est la même chose) ... Les paysans, rien que leur évocation provoque l’ennui (Abbé De Villecourt) pendant que Ponceludon de Malavoy luit rétorque que les paysans ne font pas que mourir des fièvres dans des marais insalubres, ils nourrissent aussi les aristocrates...
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Le politiquement correct était dans les années 80, un moyen de ne pas dire de vulgarités à la télévision après la parenthèse années 70 et les émissions genre droit de réponse de Polak ou on fumait et on s’insultait copieusement, après est venue l’ère Dechavanne ou tout devenait aseptisé au niveau des idées et du langage qui a donné ensuite la fameuse pensée unique de gauche, comme le disait Lucchini quand on posait la question à un invité ou un artiste : Vous êtes de gauche ? Evidemment, c’est ce évidemment qui est vulgaire mais il faut bien bouffer et vendre sa soupe, demandez donc comment va la carrière de Jean Roucas depuis son coming out FN... Donc non, le politiquement correct n’est pas bon, il est mauvais car il empêche de nommer les choses et entasse la poussière sous le tapis, jusqu’à l’explosion de la cocotte minute, comme aujourd’hui, parce que ça suffit les conneries...

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Je précise que même dans cette configuration, je serais contre la répression étatique de l’expression de Nicolas Bedos et de ses amis parisiens, mon propos ne se situe pas sur le terrain judiciaire, je demande simplement si le fait de s’offusquer d’un humour ressenti comme un outil de dénigrement d’une catégorie sociale est en soit du totalitarisme politiquement correct et toussa …

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Tout le monde a le droit de s’exprimer, seulement il y a une différence de traitement, un GJ qui se sentirait insulté par Bedos n’a pas les moyens de lui faire un procès mais Bedos qui se sentirait offusqué par une quenelle aura les moyens de mettre le GJ en tôle... Ce n’est pas une question de politiquement correct mais de différence entre les moyens de défense des uns et des autres, Schiappa qui se fait traiter de grosse pute, à raison, pourra poursuivre le compte twitter en justice, l’inverse non, ce sera classé sans suite, on a le droit de traiter Morano de pute, ce sera classé sans suite, si on traite Bedos de youpin c’est de la prison ferme...
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Il est où le politiquement correct là dedans ?




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