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Joe Chip Joe Chip 3 décembre 2020 10:40

@sls0

Se gaver d’heures d’extraits de télévision sur internet, c’est regarder la télévision.

Ne pas regarder la télévision, ce n’est pas ne pas avoir un poste de télé chez soi pour éviter de payer la redevance ou pour faire preuve de snobisme sur les forums, c’est ne consommer aucun programme de télévision ou de manière très occasionnelle.

Les statistiques sont éloquentes, le nombre d’heures de visionnage de programme télé tout support confondu a explosé ces dernières années. La pseudo indépendance d’esprit qu’est censé conférer le fait de commenter ces émissions via les réseaux sociaux et le web est une pure illusion cognitive, puisque l’on participe dans tous les cas à la "matrice" en générant du trafic pour la publicité (y’a bien de la pub sur ago non ?), en alimentant des polémiques et des buzz sans fin, en relayant qu’on le veuille ou non l’agenda dicté par les "médias mainstream". Le web dissident et les préposés aux commentaires sont les meilleurs alliés des émissions d’actualité et des chaînes qu’ils prétendent combattre.
Les gens qui ne regardent pas la télévision sont généralement des personnes désinvesties sur le plan idéologique, autonomes sur le plan économique et qui ne passent pas leur vie sur internet à poster des commentaires sur les émissions qu’ils prétendent détester. Car il y a évidemment un lien entre internet et la télévision, c’est en réalité un continuum : plus on passe de temps sur le net et plus on regarde la télévision.
Le comble de l’hypocrisie consiste à condamner de manière générale la télévision, ceux qui la font et la regardent, tout en passant soi-même des heures à animer et participer à ce que l’on appelait à l’époque la "société du spectacle".
Il y a même une sorte d’aveuglement sectaire dans cette attitude car il existe en réalité d’excellents programmes télévisés, notamment dans le genre documentaire, quand on s’efforce de garder l’esprit ouvert et de ne pas s’emmurer dans une attitude péremptoire et prescriptrice.
Personnellement je ne regarde plus aucune émission de "débats" à la noix car je sais que ce type de programme est privilégié aujourd’hui par les chaînes pour une seule et simple raison : c’est ce qu’il y a de moins cher à produire. C’est l’équivalent informationnel du fast food et ceux qui prétendent ne pas regarder ces émissions tout en les commentant obsessionnellement sur le net sont aussi hypocrites que les antiaméricains de pacotille qui mangent au macdo car c’est "pratique" et "pas cher" et les charlots qui pontifient sur la "matrice" et 1984 tout en passant leur temps à jouer aux jeux vidéos et à consommer les artefacts culturels de la société du divertissement généralisé.
La recette est simple : mettez un journaliste "vedette" un poil controversé autour d’une table avec deux "chroniqueurs" sortis d’une rédaction ou d’une école de commerce, lancez un sujet d’actualité polarisant, et voilà, vous avez une émission prête à être enfournée sur les réseaux sociaux et dont les extraits les plus polémiques permettront de créer des buzz artificiels et d’accentuer les divisions et le morcellement identitaire de la société, puisque chacun est désormais sommé prendre position et se déterminer idéologiquement par rapport à ce flux d’infirmation incessant et contradictoire.
C’est évident en ce moment sur le thème de la sécurité où on est passé en quelques jours de la communication sécuritariste de Darmanin (les vieilles ficelles de la sarkozie, en parler fort pour ne rien faire) à la surenchère antiflic d’une gauche totalement discréditée qui n’existe plus qu’à travers ses luttes sociétales. 

Comme disait Godard, la télé est un robinet : mettez de l’eau, ça coule, mettez du poison, le poison se diffuse partout.




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