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Tchakpoum Tchakpoum 12 février 13:36

Un autre ministre, qui n’avait qu’un CAP est arrivé ministre des affaires sociales : Pierre Bérégovoy. Mais entre les mains de Mitterrand, il n’a pas eu de chance le pauvre, devenu l’exécutant de basses œuvres de la libéralisation des marchés.

 

Emporté par le plaidoyer d’Ambroise Croizat (qu’il mérite pleinement), Michel Etievent, fusionne son oeuvre avec le programme du CNR. Croizat a bien été l’artisan du régime général de la Sécu et des retraites en tant que ministre en 1945 et c’est considérable. Mais c’était une « commande » du CNR, pas une simple revendication d’un parti politique ou d’un syndical. Et les Français savaient leur retard sur le système bismarckien : assurance généralisée contre les risques maladie en 1883, contre les accidents du travail en 1884 et de vieillesse et d’invalidité en 1889. Ce qui n’enlève pas les rôles joués par les grèves de 1936, les pressions du syndicat CGT et du parti communiste.

 

" Qui a inventé les CE ? C’est Ambroise Croizat " ;

Non. C’est Philippe Pétain, avec la loi du 4 octobre 1941.

https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Loi_du_4_octobre_1941.pdf

Les comités d’entreprises (sous le titre « comités sociaux ») étaient obligatoires au-delà de 100 salariés. Les autres pouvaient être regroupés dans la région sous un même comité social de la profession. Ces comités sociaux étaient chaperonnés par des comités sociaux de branche par région et nationalement. Ce qui permettait les négociations dans l’entreprise entre employeurs et salariés, mais aussi les conventions collectives de branche (une nouveauté encore).

Dans cette même loi, le gouvernement fixe le salaire minimum vital, autre nouveauté.

Par ailleurs, les tickets restaurants ont été introduits par le régime de Vichy, parmi de nombreuses mesures sociales.

 

Ce qui a changé a été que Pétain a dissous les syndicats CGT et CFDT en 1940 (qui ont continué sous forme clandestine), car il refusait la lutte des classes. Mais il a établi les syndicats de corporations, présents dans les comités sociaux et représentant les branches professionnelles, en leur refusant toute activité politique en confessionnelle. De fait, Pétain a légitimé la participation des syndicats au fonctionnement de l’entreprise, alors qu’ils étaient encore des associations professionnelles d’ouvriers, depuis la loi Waldeck-Rousseau qui agissaient plutôt comme « lobbies » de classe, que parties prenantes aux activités sociales de l’entreprise.

Après, ce sont deux philosophies : le syndicat de classe ou le syndicat de corporation, le débat reste ouvert et les deux existent maintenant.

Et ça n’excuse pas son engagement du pays dans la soumission à l’Allemagne, qui a été son vrai désastre.




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