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Tchakpoum Tchakpoum 1er mars 07:20

Tatiana Ventôse aurait dû entamer différemment le sujet sur la nation.

Je ne parle bien sûr ici pas du mot nation en tant que synonyme de pays ou d’état comme quand on dit l’Organisation des Nation Unies.

Dommage. Un concept, on explique sa raison d’être, ou sa nécessité, avant d’aborder ses limites et ses ambiguïtés. Sinon, c’est comme ça qu’on nous la fait à l’envers. Ce qu’elle ne fait pas dans la vidéo qui a son intérêt, mais la nation est un peu plus qu’une question de psychologie ou d’idéologie. 

 

La nation est la cellule fondamentale à la reconnaissance mutuelle de distribution géographique des peuples et territoires qui couvrent la planète. C’est le fondement du droit international. 193 pays sont reconnus à l’Organisation des Nations Unies. Et que je sache, il n’existe pas de peuple qui souhaite renoncer à sa définition faite par sa nation (soudanais, péruvien, indonésien…). Même si la création de celles-ci a posé et pose encore des problèmes irrédentistes, cette entité est le principe d’intégration le plus puissant à l’imaginaire commun et la mieux à même de remplacer la force par le droit (inter-national, comme de juste). L’évidence des nations devrait pleinement éclairer les activités scandaleuses que sont les ingérences et les velléités impériales.

 

Le natio :

C’est là où les gens sont nés, là où ils y vivent, l’endroit où ils y sont leur appartient naturellement. Les humains ne sont pas des êtres solitaires, mais sociaux. La sociabilité n’est pas automatique. Elle nécessite du temps générationnel, si ce n’est plus, pour se comprendre, organiser la façon de vivre ensemble, décider les conventions communes, fabriquer l’imaginaire cohésif nécessaire. La nation reconnait le peuple comme source de souveraineté et non pas le chef/le roi comme propriétaire de son domaine. Le seul pays au monde qui a pris le nom du clan des chefs est l’Arabie Saoudite : le pays d’un clan, les Saoud, n’est pas une nation. Et on peut toujours discuter d’Israël, des Etats-Unis : des nations créées de toutes pièces à partir d’une population déplacée sur le territoire. Raison pour laquelle la Saoudie, Israël et les Etats Unis au principe mal digéré de la nation sont aussi les violenteurs habituels du droit international.

 

Les frontières :

La reconnaissance commune des frontières est justement ce qui permet la fin des guerres. Et là, on nous la fait complètement à l’envers. Nier les frontières, c’est nier à l’autre sa part, et par extension à soi-même et à la dignité de ses compatriotes. Les frontières contrarient les empires, qu’elles viennent d’un autre pays comme l’histoire l’a écrit ou d’entités apatrides, particulières, coagulantes, qui souhaitent s’emparer du principe d’une nation ou vampiriser le droit international. Les frontières filtrent les déplacements de populations, sans lesquels la sociabilité acquise par la natio est abimée, voire détruite.

 

Le nationalisme est une source du droit positif à promouvoir.

 

Après, chacune des nations décide comment elle vit cette réalité. Mais ça, c’est chacun sa tambouille. Et c’est en respect des autres nations qui n’expriment pas d’envies de conquête (auquel cas, c’est du ressort du droit international d’en convenir la riposte et non pas d’équipées sauvages et métalliques).




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